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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Éditorial

« Un peu de science éloigne de Dieu, beaucoup de science y ramène. * »

Imprimer Par Jacques Marcotte & Anne Saulnier

Tout récemment, la découverte d’un système planétaire complet, comprenant sept exoplanètes, suscitait le plus grand intérêt dans la communauté scientifique. En effet, de ces sept planètes que leurs caractéristiques apparentent à la terre, trois d’entre-elles retiennent plus particulièrement l’attention à cause de la distance qui les sépare de leur étoile. Cette distance équivaut à celle de la terre gravitant autour du soleil. Cette situation suggère la possibilité de l’existence de certaines formes de vie sur ces planètes. Nous serons sans doute en mesure d’obtenir des réponses à ce sujet d’ici quelques décennies, étant donné l’avancement de la science et l’amélioration des moyens d’observation.

Cette découverte extraordinaire nous fait réfléchir à une question vieille comme le monde : sommes les seuls dans le cosmos ? La vie existe-t-elle ailleurs, tout au moins sur des astres offrant les conditions d’atmosphère et de température similaires à nos climats terrestres? Si oui, nous serions amenés à faire des remises en question tout à fait inédites et assez bouleversantes quant à notre compréhension du monde.

Déjà, les grands philosophes de l’Antiquité se posaient la question sur l’existence d’un monde vivant extraterrestre. Au fil du temps, cette préoccupation a été reprise par les théologiens du Moyen-Âge, puis par les scientifiques de notre époque au fil de la progression fulgurante des découvertes scientifiques.

Nous sommes tous un peu fascinés par l’ampleur et la profondeur des découvertes scientifiques actuelles. La science et les technologies ont fait des bonds de géant depuis plus d’un siècle. Tellement de mystères de la nature ont été explorés et expliqués que notre vision du monde en est grandement influencée. Nous ne voyons plus les choses de la même façon. De là à penser que la science va toute seule répondre bientôt à toutes nos questions, il n’y a qu’un pas.

Il se trouve des gens pour penser que seule la science appuyée sur des faits peut offrir la réponse à tous nos questionnements sur la vie et les êtres. Certains en concluent que l’approche biblique des origines du monde n’a ni sens ni valeur, n’étant pas fondée sur une observation scientifique; ils en profitent pour dénigrer la religion et ridiculiser le discours biblique. Cette attitude rigide les empêche de faire une lecture corrigée des textes bibliques et de réfléchir sur le fait que la Parole de Dieu s’est mariée pour ainsi dire à notre condition humaine. Malgré les apparences, le langage imagé et symbolique des Écritures ne vient pas en contradiction avec les progrès de la science. La Bible se penche sur le pourquoi de l’existence et la science sur le comment. L’une et l’autre se penchent sur le même mystère, celui de l’existence et de l’être. Le message de Dieu nous dit que la réponse au pourquoi ne vient pas entièrement de nous, mais il nous invite à continuer notre réflexion et nos interrogations et à chercher. En agissant ainsi nous faisons honneur et au Créateur et à l’intelligence humaine.

Il y a donc un saut à faire pour passer du comment au pourquoi, et c’est ce que les différentes religions essaient de faire avec les écrits sacrés. Pour les chrétiens, les textes sur le commencement regroupés dans le livre de la Genèse sont d’une richesse inouïe et sont l’écho d’une sagesse millénaire; ils traduisent en des images toutes simples la foi inébranlable en un Dieu créateur, un Dieu qui finalement se fait tout proche en son incarnation dans le Christ Jésus. Lire ces écrits pour en accueillir le sens réel et les relire pour les méditer, pour les prier, nous rend non seulement plus humbles devant la perfection de la création, mais aussi plus ouverts face à toutes ces découvertes récentes qui ne cessent de se multiplier et de nous surprendre.

Anne Saulnier et Jacques Marcotte, op
En collaboration.
Québec, QC


*  Francis Bacon et Louis Pasteur

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