Éditorial,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Éditorial

Le partage des richesses

Imprimer Par Jacques Marcotte & Anne Saulnier

Le 16 janvier dernier, un reportage à l’émission RDI économie nous montrait une entrevue réalisée avec Paul Makdissi, professeur au département de science économique de l’Université d’Ottawa. À une époque où nous sommes de plus en plus conscients de l’écart dans la répartition des richesses entre les riches et les pauvres, monsieur Makdisse tentait d’expliquer pourquoi cet écart ne cesse d’augmenter malgré les efforts déployés par diverses instances gouvernementales. Il allait même jusqu’à prédire une fracture sociale si rien n’était fait pour changer le cours des choses.

Dans le contexte où nous sommes présentement, la situation mérite qu’on s’y attarde. La nouvelle administration américaine est en train de définir ses politiques économiques. Ce qui s’annonce de ce côté va nécessairement se répercuter à l’échelle mondiale, étant donné l’importance du géant américain sur les marchés internationaux. Des politiques comme le protectionnisme, le désengagement par rapport aux ententes internationales, la relance de l’exploitation des énergies fossiles ne sont que quelques éléments qui viennent modifier le modèle dans lequel s’étaient engagés ces derniers temps les pays industrialisés, y compris les États-Unis. Ce modèle allait dans le sens d’une prise de conscience des inégalités économiques et sociales à travers le monde et il promettait des efforts concertés pour y remédier.

Il fallait faire plus et mieux cependant. L’ouverture des marchés, les accords de libre-échange et la mondialisation ont certes permis à des millions de personnes de sortir de la pauvreté, mais ces mesures ont eu aussi comme effet pervers d’accroître les inégalités et d’accentuer la tension sociale. De grands efforts ont été faits mais il semble bien que la solution n’était pas parfaite, puisque certains individus monopolisent encore une trop grande partie des avoirs. Rappelons à cet effet, que les huit personnes les plus riches dans le monde détiennent l’équivalent de la richesse de la moitié de la population de la terre. C’est scandaleux! Cela met en évidence le problème de la redistribution des richesses sur laquelle il devient urgent d’agir par des politiques qui tiennent comptent des besoins de la classe moyenne et de la classe la plus pauvre. De plus en plus nombreux sont ceux qui se sentent délaissés.

Selon le professeur Makdissi, les mesures actuelles prises par les gouvernements pour corriger cette situation d’inégalité ne sont pas suffisantes. Pour bien faire, il faudrait une entente internationale entre les différents pays industrialisés pour renverser le phénomène des inégalités inacceptables et amener une meilleure équité dans la redistribution des richesses. Il ne s’agit pas seulement de corriger les niveaux d’imposition, mais aussi de revoir les dérèglementations qui ont donné des pouvoirs de marchés seulement à certaines personnes au détriment de l’ensemble de la société, permettant ainsi à quelques individus de s’enrichir démesurément sans, pour autant, faire augmenter la production globale des biens.

L’équité, le juste partage des biens, l’accès de chacun et chacune à la richesse collective devraient être au cœur des préoccupations de tous les gouvernants et de tout projet de société. Il s’agit d’une responsabilité majeure qui nous incombe à tous. La juste répartition des richesses et le service du bien commun ne sont-elles pas des composantes majeures de la justice sociale que nous recherchons?


En collaboration
Anne Saulnier et Jacques Marcotte, op
Québec, QC

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Éditorial

Les autres chroniques du mois