Category Archives: Trésors des religions

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

Ahava – D’un amour éternel

Dans la bénédiction qui suit, le fidèle tutoie son Créateur, et l’on passe sans transit du récit de la prière des anges attachés au trône céleste – les séraphins bien connus du public occidental – à la prière de l’homme qui s’adresse directement à Dieu, le Père miséricordieux. Et cette prière est celle de l’homme souffrant qui entretient l’espérance eschatologique. Elle se fonde sur l’événement initiatique du don de la Torah au mont Sinaï et l’acceptation de ce joug par Israël. Le Talmud Bera’hot précise bien que la Torah n’est pas dans le ciel (avec les anges précisément) mais que, depuis la Révélation au Sinaï, elle appartient aux hommes. Ainsi cette bénédiction prélude à une profession de foi réitérée chaque jour à deux reprises et également au moment du coucher, la prière : «Écoute Israël!»

Tu nous aimes d’un amour éternel, ô Éternel notre Dieu!
Tu as pour nous une tendresse immense et excessive.
Ô notre Père et notre Roi, pour l’amour de ton grand Nom
et pour l’amour de nos ancêtres qui eurent foi en Toi
Et à qui tu enseignas les règles de vie
Qui permettent d’accomplir ta volonté d’un cœur entier.
Prends-nous en grâce, ô notre Père, à la source de la Miséricorde.
Miséricordieux, aie pitié de nous,
Mets en notre cœur l’intelligence et la sagesse nécessaire pour entendre, apprendre,
enseigner, observer, pratiquer et accomplir les paroles de ta Torah avec amour.
Éclaire nos yeux par ta Torah, attache notre cœur à tes Commandements,
Unifie notre cœur dan la crainte et l’amour de ton Nom.
Que nous n’ayons nulle honte ni humiliation et que nous ne trébuchions jamais.
Car nous avons foi en ton Saint Nom, Grand Fort et Redoutable,
Et nous nous réjouissons de ton Secours.
Que ta Miséricorde et tes bienfaits, ô Éternel notre Dieu, ne nous fassent jamais défaut,
Séla! Fais rapidement venir sur nous la bénédiction et la paix
et brise le joug des nations qui pèse sur notre cou.
Conduis-nous dans une rapide victoire vers notre pays,
Car tu es Dieu, l’artisan des délivrances.
Tu nous as choisis parmi tous les peuples et les nations
Pour te rendre grâce, proclamer ton Unité, craindre et aimer ton Nom.
Béni sois-tu, ô Éternel qui, dans l’Amour, a choisi son peuple Israël!

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

Pour le bonheur de tous

 

Le «Sutta de la bonté bienveillante» est fréquemment récité publiquement par le sangha à la demande des laïcs, surtout là où se trouve l’ancienne école du Theravâda (École des Anciens)

_______________________________

Voici ce qui doit être accompli par celui qui est sage,
qui recherche le bien et a obtenu la Paix.

Qu’il soit appliqué, droit, parfaitement droit, sincère, humble, doux, sans orgueil, content de toute chose et joyeux; qu’il ne se laisse pas submerger par les soins du monde, qu’il ne se charge pas du fardeau des richesses, que ses sens soient maîtrisés; qu’il soit sage, sans être hautain, et ne convoite pas des biens de famille.

Qu’il ne fasse rien qui soit mesquin et que les sages puissent réprouver.
Que tous les êtres soient heureux.
Qu’ils soient en joie et en sûreté.

Toute chose qui est vivante, faible ou forte, élevée, moyenne ou basse, petite ou grande, visible ou invisible, près ou loin, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux.

Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit : que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre.

Ainsi qu’une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans entraves doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au-dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante et infinie.

Étant debout ou marchant, étant assis ou couché, tant que l’on est éveillé on doit cultiver la pensée que cela est la manière de vivre la meilleure du monde.

Abandonnant les discussions oiseuses, ayant la vision intérieure profonde, débarrassé des appétits des sens, celui qui est perfectionné ne connaîtra plus de renaissances.

Mettasutta (Sutta de la bonté bienveillante), dans Pirit Nula : le fil de Pirit, trad. du pâli par Marguerite la Fuente, Paris, Adrien Maisonneuve, 1951, p. 23-24.

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

L’indispensable vigilance

 

Nous trouvons dans le Dhammapada (recueil d’aphorismes du canon d’écritures bouddhistes le plus ancien – avant notre ère) des versets sur l’importance de la vigilance pour un bouddhiste qui veut avancer sur le chemin conduisant à l’Éveil.

La vigilance est le sentier du Nibbâna. La négligence est le sentier de la mort. Ceux qui sont vigilants ne meurent pas. Ceux qui sont négligents sont déjà morts.

Bien établis dans cette connaissance, ceux qui sont avancés dans la vigilance s’y délectent et ils se complaisent dans la façon de vivre des Ariyas.

Ceux qui sont sages, méditatifs, persévérants, luttant contre eux-mêmes sans relâche, atteignent au Nibbâna qui est la félicité suprême.

Quiconque sait entretenir son zèle, rester pur en ses actions, agir d’une manière réfléchie, restreindre ses passions, vivre selon la morale, celui-là verra grandir sa bonne renommée.

Par sa diligence, sa vigilance, sa maîtrise de soi, l’homme éclairé doit se faire une île que les flots ne pourront jamais submerger.

Les insensés, dans leur manque de sagesse, s’abandonnent à la négligence. Le vrai sage conserve la vigilance comme son trésor le plus précieux.

Ne vous laissez pas aller à l’insouciance, ni aux plaisirs des sens. Celui qui est adonné à la méditation fait une ample moisson d’allégresse.

Lorsque l’homme vigilant se débarrasse de la négligence, monté sur les terrasses de la sagesse, il regarde d’en haut les insensés. Il contemple avec sérénité les foules affligées, comme un montagnard aperçoit les gens de la plaine.

Zélé parmi les insoucieux, éveillé parmi les somnolents, le sage avance comme un coursier laissant derrière lui la pauvre haridelle.

La vigilance est admirée. La négligence est blâmée. Par la vigilance, Indra s’est élevé au plus haut des rangs des dieux.

Il se meut comme la flamme, le Bhikkhu qui redoute la négligence et se réjouit dans la vigilance, et il voit bientôt ses entraves tomber, grandes et petites, comme consumées.

Le Bhikkhu qui se plaît dans la vigilance, et redoute la négligence, ne peut plus déchoir. Il se rapproche du Nibbâna.

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Yves Bériault, o.p.

Prière pour demander conseil à Dieu

Nous avons ici un exemple de l’attitude d’abandon actif dans l’islam. Le croyant doit savoir supporter ce qui advient et se contenter de ce qui lui est imparti, mais il est nécessairement mis en demeure par les circonstances de prendre des décisions, d’opérer des choix. Le musulman pieux, lorsqu’il s’agit d’une affaire d’importance, prie Dieu de l’éclairer sur le parti à prendre. C’est surtout durant la nuit qu’il attend, par quelque suggestion, la réponse divine, qui peut également revêtir d’autres formes. C’est là une sunna ou tradition du Prophète : «Si tu as l’intention d’entreprendre quelque chose d’important, fais cette prière le soir avant de te coucher; demande conseil à ton Seigneur et fais ce qu’Il te suggère.»

Seigneur Dieu, je me fie à Ta science pour choisir le meilleur, c’est dans Ta décision que je cherche la mienne. Je Te fais cette demande en m’appuyant sur Ta bienveillance infinie. Toi, Tu as la capacité que je n’ai pas, Tu sais alors que moi je ne sais pas. Tu es Celui qui connaît parfaitement les choses cachées.

Seigneur Dieu, si Tu sais que cette entreprise est bonne pour moi, en conformité avec mes devoirs dans la vie présente et bonne pour ma vie future, alors destine-la moi. [Par contre] si Tu sais qu’elle est néfaste pour moi, contraire à mes devoirs dans la vie présente et nuisible pour ma vie future, alors écarte-la de moi et écarte-moi d’elle. Destine-moi le bien là où il se trouve et fais que je m’y complaise.

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

Prière amérindienne : Ojibwa

Ô Grand Esprit, dont j’entends la voix dans les vents et dont le souffle donne vie à toutes choses, écoute-moi. Je viens vers toi comme l’un de tes nombreux enfants; je suis faible… je suis petit… j’ai besoin de ta sagesse et de ta force.

Laisse-moi marcher dans la beauté, et fais que mes yeux aperçoivent toujours les rouges et pourpres couchers de soleil.

Fais que mes mains respectent les choses que tu as crées, et rends mes oreilles fines pour qu’elles puissent entendre ta voix.

Fais-moi sage, de sorte que je puisse comprendre ce que tu as enseigné à mon peuple et les leçons que tu as cachées dans chaque feuille et chaque rocher.

Je te demande force et sagesse, non pour être supérieur à mes frères, mais afin d’être capable de combattre mon plus grand ennemi, moi-même.

Fais que je sois toujours prêt à me présenter devant toi avec des mains propres et un regard droit.

Ainsi, lorsque ma vie s’éteindra comme s’éteint un coucher de soleil, mon esprit pourra venir à toi sans honte.

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Yves Bériault, o.p.

Le Dieu caché de Sénèque

Sénèque (1 av. J.C. – 65 ap. J.C.), qui répand la doctrine stoïcienne à Rome, est en matière religieuse un spiritualiste que préoccupent les questions métaphysiques. Deux aspects caractérisent cet extrait d’une lettre à Lucilius : la nature sacrée de l’âme et le pressentiment de Dieu dans la solitude, qui se rattache à la fois aux vieux cultes latins et au climat romantique de l’époque de Néron.

___________________________________________

Dieu est près de toi, avec toi, en toi. Oui, Lucilius, en nous-mêmes, réside un esprit saint, auquel n’échappe rien de ce que nous faisons, bien ou mal; et comme nous le traitons, il nous traite. Personne n’est honnête sans Dieu : quelqu’un pourrait-il sans son aide, se hausser au-dessus de la fortune? C’est lui qui nous inspire les résolutions grandes et hardies. Au cœur de tout homme de bien «réside un dieu; lequel on l’ignore».

Si tu trouves une forêt où se pressent de vieux arbres d’une hauteur extraordinaire, dont les branches, en étages de verdure dérobent la vue du ciel, la vigueur de cette poussée sylvestre, le mystère du lieu, l’épaisseur continue de cette ombre au milieu d’une campagne t’imposent l’idée d’une puissance divine. Une grotte qui ronge profondément la base d’un mont, et dont l’étonnante ampleur n’est pas due à la main des hommes, mais à des causes naturelles, frappera ton esprit d’un pressentiment religieux.

Nous vénérons les sources des grands fleuves; le flux soudain d’une eau cachée s’accompagne d’autels; un culte s’attache aux sources d’eaux chaudes; et des lacs ont dû à leur noirceur ou à leur profondeur sans mesure un caractère sacré. Et si un homme se présente inaccessible à la peur, à l’abri des désirs, heureux dans l’adversité, serein au milieu des tempêtes, dominant l’humanité, de plain-pied avec les dieux, vous ne sentirez pas pour lui de la vénération, vous ne direz pas : «Ceci est trop grand et sublime pour être à la mesure de ce corps chétif; une force divine est descendue en lui?»

Une âme d’élite, équilibrée, qui passe, dédaigneuse des choses, et rit de nos craintes et de nos vœux, est mue par une puissance divine. Sans l’assistance d’une divinité, une si grande merveille ne saurait subsister : aussi tient-elle pour la meilleure partie d’elle-même au lieu d’où elle est descendue.

Comme les rayons du soleil touchent sans doute la terre, mais sans quitter le centre d’où ils partent, ainsi un esprit sublime et sacré, descendu pour nous faire de plus près connaître les choses divines, vit en nous, mais demeure attaché à son origine; c’est d’elle qu’il relève, vers elle qu’il élève ses désirs, ses efforts, supérieur à cette vie humaine à laquelle il se mêle.

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Buron Demers, o.p.

«Frappe de Tes coups notre conscience endormie»

Rabindranath Tagore (1861-1941), romancier de talent, premier Asiatique à avoir reçu le prix Nobel de littérature (en 1913), fut aussi un grand réformateur, qui a cherché à arracher l’hindouisme aux pesanteurs inhumaines de certaines coutumes traditionnelles, et à promouvoir une éducation «moderne». Il avait un tempérament enclin au mysticisme, et n’eut aucun mal à exprimer en poète ses élans religieux. Adepte d’un Être suprême, le brahman neutre et irreprésentable, qu’il rapproche volontiers du dieu des philosophes des Lumières, il accorde, comme Gandhi, une grande place à la «Vérité» (le vrai, l’être et le bien étant, un peu comme chez Platon, étroitement articulés dans les philosophies indiennes). Les deux extraits choisis sont des passages lyriques enchâssés sans solution de continuité dans un exposé discursif sur la sagesse, mais le passage du discours à la prière ne pose pas de problème.

Ô Toi qui dispenses l’initiation, Toi qui montres la voie, si notre âme n’est pas prête encore, rends-la apte à T’accueillir. Frappe de Tes coups notre conscience endormie, afin qu’elle s’éveille et éclaire notre être. Mais ne Te détourne pas de nous ! Oh! Ne Te détourne pas! Si faibles que nous soyons, ne nous repousse pas au loin, derrière Tes Élus. Nous voulons faire nôtre la Vérité, en cette vie, sans hésitation et sans crainte. Permets que nous ne rendions pas vaine notre existence, que nous ne la laissions pas se perdre parmi les rebuts du non-vrai. Notre être entier appelle l’initiation à Ta Vérité. Oh! Donne-nous la force de nous ouvrir à elle!

En ce monde où Tu es Roi, Ton pouvoir est sans limites.
De nos cœurs aussi, que Tu veux pour Toi seul,
Tu es le Seigneur,
Et l’immensité de Ton ciel de Lumière
S’étend sous Tes pas.
Les foules angoissées, ne connaissant que Ta Loi,
Détournent le regard.
Mais ceux qui t’aiment abritent,
Dans la solitude de leur âme,
Une image de Toi toute de Grâce et d’Amour,
Et dans leurs veines coule le miel de Ta compassion.
Eux, les pauvres en esprit, sont délivrés de la peur.

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

Elohénou – Notre Dieu et Dieu de nos Pères

 

Beaucoup de textes de la liturgie hébraïque commencent par cette invocation qui place le fidèle dans la continuité d’une filiation. C’est par le mérite des pères, eux aussi constitués en intercesseurs auprès du Trône divin, que peuvent être pardonnés les enfants «prisonniers de l’espérance».
Ce poème anonyme fait par ailleurs référence au sanhédrin, la Haute Cour de justice qui siégeait à l’époque du second Temple et dans les siècles suivants.


Ô notre père, père miséricordieux.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Notre Dieu, Dieu de nos pères.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Dans notre détresse nous t’invoquons.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Fais déferler sur nous la multitude de tes miséricordes.
Délivre-nous en faveur de ton nom
Nous te cherchons, laisse-moi te trouver.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Exauce-nous en ce jour et chaque jour par nos prières.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Ne déçois pas notre espérance.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Souviens-toi de nous de manière favorable.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Aie pitié et sois miséricordieux.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Purifie-nous des impuretés de nos fautes.
Délivre-nous en faveur de ton nom.
Que tes miséricordes s’ébranlent en notre faveur.
Délivre-nous en faveur de ton nom.

Aie pitié de ton peuple, sois miséricordieux à l’égard de ton héritage. Compatis à la hauteur de tes miséricordes. Prends-nous en grâce, ô notre Roi, et exauce-nous.P

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

«Vœux» bouddhistes. Partage des bénédictions

 

Cette prière, par laquelle le pratiquant exprime son souhait (ou vœu) de «transférer» aux autres le mérite inhérent à sa propre pratique, est comme un antidote au poison que représente toute tendance égocentrique (ou égotique). Elle est récitée régulièrement par les pratiquants de la forme la plus ancienne du bouddhisme. Plus tard, dans certaines écoles du Grand Véhicule (tout particulièrement les écoles amidistes), la notion de «transfert de mérite» sera placée au cœur même de la voie bouddhique, le pratiquant devenant bénéficiaire du «transfert de mérite» des brands bodhisattvas, et surtout du bouddha Amitabha.

Par le mérite né de ma pratique
Puissent mes maîtres spirituels et guides de grande vertu
Ma mère, mon père et toute ma famille,
Le soleil et la lune, et tous les gourvernants vertueux du monde…
Puissent les dieux Brahma, Indra et Mara,
Les êtres célestes, esprits gardiens de la terre et le seigneur de la mort…
Puissent ceux qui sont aimables, indifférents ou hostiles…
Puissent tous les êtres recevoir les bénédictions de ma vie de pratique!
Puissent-ils réaliser rapidement la joie du Nibbâna!
Par la vertu qui naît de ma pratique
Et par cet acte de partage
Que tous les désirs, attachements et mauvaises pensées cessent rapidement!
Jusqu’à ce que je réalise le Nibbâna,
À l’occasion de chacune de mes naissances,
Puissé-je avoir un esprit droit, vigilant et sage, doté d’austérité et de vigueur!
Que les forces de l’Illusion ne prennent pas naissance ni n’affaiblissent ma résolution!
Le Bouddha est mon excellent refuge.
Suprême est la protection du Dhamma.
Le Bouddha est mon Noble Seigneur.
Le Sangha est mon Noble Soutien.
Qu’Illusion et Ignorance soient dissipées
Par le pouvoir de ces trois Refuges!
Que ceux qui souffrent soient consolés!
Que ceux qui ont peur soient rassurés!
Que les affligés soient réconfortés!
Que tous les êtres soient heureux!

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois

Trésors des religions,

Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

Bénédiction avant de tailler une pirogue

 

Quand mon père va couper le caïlcédrat pour en faire une pirogue, il emmène ses haches dans son sac, et va s’asseoir auprès de l’arbre en question. Il dit :

Ce travail, c’est Dieu lui-même qui l’a remis à son ancêtre,
et son ancêtre à son tour l,a transmis à son père,
puis aujourd’hui c’est arrivé sur sa tête à lui, son fils.
Le caïlcédrat qu’il couper là, qu’il aille sur l’eau,
que ceux qui sont montés dedans prennent du poisson,
que ceux qui sont montés dedans prennent du gibier,
que le lion n’attrape personne dans cette pirogue,
que le monstre marin n’attrape personne dans cette pirogue,
que cette pirogue ne se perde pas sous l’eau.
Et s’il ne parle pas selon l’ordre de Dieu à son ancêtre,
que le malheur tombe sur lui-même
et non pas sur quelqu’un d’autre.

Ainsi, quand mon père prononce cette bénédiction, il invoque le nom de Dieu avant de tailler la pirogue.

Voici la hache,
je la mets sur la racine de l’arbre.
Que personne ne soit blessé,
que la hache ne coupe personne,
que les bêtes n’attrapent personne,
que personne n’ait à souffrir.
Je n’ai pas usurpé ce pouvoir,
ni ne l’ai inventé de toutes pièces :
c’est mon père lui-même qui m’a remis la hache,
disant que s’il venait à mourir,
que je pose la hache à la racine de l’arbre
et le coupe pour mes frères.

Trésors des religions

Les autres chroniques du mois