Archives pour la catégorie Trésors des religions

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Responsable de la chronique : Bruno Demers, o.p.

Barou’h chéamar – Béni soit celui qui a dit…

Selon la légende, les Sages de la Grande Assemblée qui siégeaient à Jérusalem à l’époque du Temple, chargés de légiférer, ont rédigé ces louanges en copiant un texte inspiré par le ciel. Dans cette bénédiction, le mot Barou’h «Béni» est répété à treize reprises, qui correspondent aux treize attributs divins de miséricorde. Avec cette prière commence la deuxième partie de l’office du matin, pessouké de zimra, versets des chants qui ont pour but de glorifier l’Éternel pour mieux préparer le fidèle à la prière, le mettre en situation d’invoquer le Créateur.

Barou’h chéamar est récité debout et les tsitsit à la main pour marquer qu’il s’agit là de glorifier le divin, ce que l’homme peut en percevoir à travers ses attributs.

Cette prière doit également son importance au fait qu’elle donne des indications sur la signification du Tétragramme. Il participe die la dimension de miséricorde qui implique que le Créateur est proche de ses créatures. Car, promet-Il, «Je serai avec toi et Je te protégerai» (cf. Ps 91,14).

Béni soit celui qui a dit et le monde fut.
Béni soit celui qui dit et accomplit. Béni soit-il!
Béni soit celui qui décrète et réalise.
Béni soit l’auteur de la création.
Béni soit celui qui prend la terre en pitié.
Béni soit celui qui prend les créatures en pitié.
Béni soit celui qui récompense ceux qui le craignent.
Béni, celui qui vit pour l’éternité, celui qui existe pour toujours!
Béni soit celui qui rachète et qui sauve; béni soit son nom!
Béni soit-tu, Éternel, Roi du monde, Dieu, père miséricordieux, célébré par la bouche de son peuple, loué, glorifié par ceux qui l’aiment, ses serviteurs.
Par les psaumes de David, ton serviteur, nous te louons, ô Éternel, notre Dieu.
Par des louanges et des cantiques, nous célébrons ta grandeur, nous te louons, nous te glorifions, nous te proclamons roi et mentionnons ton Nom, ô notre Roi, notre Dieu Unique, éternellement Vivant. Roi révéré dont le grand Nom est glorifié à jamais.
Béni sois-tu, ô Dieu, Souverain magnifié par les louanges.

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Ahava – D’un amour éternel

 

Dans la bénédiction suivante, le fidèle tutoie son Créateur, et l’on passe sans transition du récit de la prière des anges attachés au trône céleste – les séraphins bien connus du public occidental – à la prière de l’homme qui s’adresse directement à Dieu, le Père miséricordieux. Et cette prière est celle de l’homme souffrant qui entretient l’espérance eschatologique. Elle se fonde sur l’événement initiatique du don de la Torah au mont Sinaï et l’acceptation de ce joug par Israël. Le Talmud Bera’hot précise bien que la Torah n’est pas dans le ciel (avec les anges précisément) mais que, depuis la Révélation au Sinaï, elle appartient aux hommes.

Ainsi, cette bénédiction prélude à une profession de foi réitérée chaque jour à deux reprises et également au moment du coucher, la prière : « Écoute Israël! »


Tu nous aimes d’un amour éternel, ô Éternel notre Dieu!

Tu as pour nous une tendresse immense et excessive.

Ô notre Père et notre Roi, pour l’amour de ton grand Nom

et pour l’amour de nos ancêtres qui eurent foi en Toi

et à qui tu enseignas les règles de vie

qui permettent d’accomplir ta volonté d’un cœur entier.

Prends-nous en grâce, ô notre Père, à la source de la Miséricorde.

Miséricordieux, aie pitié de nous,

mets en notre cœur l’intelligence et la sagesse nécessaire pour entendre, apprendre, enseigner, observer, pratique et accomplir les paroles de ta Torah avec amour.

Éclaire nos yeux par ta Torah, attache notre cœur à tes Commandements,

unifie notre cœur dans la crainte et l’amour de ton Nom.

Que nous n’ayons nulle honte ni humiliation et que nous ne trébuchions jamais.

Car nous avons foi en ton Saint Nom, Grand Fort et Redoutable,

et nous nous réjouissons de ton Secours.

Que ta Miséricorde et tes bienfaits, ô Éternel notre Dieu,

ne nous fassent jamais défaut, Séla!

Fais rapidement venir sur nous la bénédiction et la paix

et brise le joug des nations qui pèse sur notre cou.

Conduis-nous dans une rapide victoire vers notre pays,

car tu es Dieu, l’artisan des délivrances.

Tu nous as choisis parmi tous les peuples et les nations pour te rendre grâce,

proclamer ton Unité, craindre et aimer ton Nom

Béni sois-tu, ô Éternel qui, dans l’Amour, a choisi son peuple Israël!

 

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Une prière du pèlerinage : Aspiration à la lumière

Dans les demandes lancées vers Dieu pendant le pèlerinage se manifeste une aspiration à la lumière venue de Dieu, sans laquelle ou hors laquelle il n’y a pas de science.


Mon Dieu, fais-moi sortir des ténèbres vers la lumière.
Éclaire mon cœur par la science.
Donne-nous la lumière pour laquelle nous serons dirigés vers Toi.
Mon Dieu, mets la lumière en mon cœur, la lumière dans mes oreilles,
la lumière dans mes yeux, la lumière sur ma langue,
la lumière à ma droite, la lumière à ma gauche,
la lumière au-dessus de moi, la lumière en dessous de moi,
la lumière devant moi, la lumière derrière moi.
Mets dans mon âme la lumière; inonde-moi de lumière;
Seigneur, dilate mon cœur et aide-moi à bien agir.
Mon Dieu, je t’en prie, mets la lumière en notre vie, la lumière à notre mort;
que la lumière soit dans nos tombes et au jour de la résurrection…

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Platon : Universalité de la prière

Dans le préambule du livre X des Lois, Platon (429-347 av. J.C.), le disciple de Socrate, présente le caractère universel de la prière comme une preuve de l’existence du divin puisque cette démarche existe même chez les Barbares, c’est-à-dire ceux qui ne parlent pas grec.


Comment sans colère, parlerait-on pour dire qu’il existe des Dieux? Forcément en effet, nous supportons à coup sûr malaisément et nous haïssons ces gens qui nous ont obligés, qui nous obligent aujourd’hui, à parler là-dessus, faute pour eux d’ajouter foi aux discours que, dès leurs plus jeunes ans, encore à la mamelle, ils ont entendu tenir à leurs nourrices comme à leurs mères; sortes d’incantations qu’accompagne une intention de divertissement, tout autant qu’une intention sérieuse; ceux aussi qu’on entend dans les prières qui accompagnent les sacrifices;

lorsqu’on a devant les yeux ces visions qui suivent les paroles rituelles; spectacle dont le charme, joint à celui des paroles entendues, est on ne peut plus grand pour la jeunesse, tandis qu’y procèdent les sacrificateurs;

quand cette jeunesse voit avec quel extrême sérieux ses père et mère s’adressent à la Divinité en leur propre faveur comme en faveur de leurs enfants, qu’elle les entend, dans des prières et des supplications, tenir sérieusement aux Dieux des propos impliquant la foi la plus profonde en leur existence;

quand enfin, lorsque se lèvent le soleil et la lune, ou qu’ils vont vers leur couchant, on entend parler ou que l’on est témoin oculaire, chez tous les peuples grecs ou barbares, d’agenouillements et de prosternations, chaque fois qu’ils sont la proie de malheurs de toute nature, ou, aussi bien, que tout leur réussit; ce qui suppose, non point qu’à leurs yeux ces astres ne sont pas des Dieux, mais qu’ils le sont au contraire au plus haut point et ne donnent lieu, d’aucune manière, au moindre soupçon quant à la réalité de leur nature divine;

quand, dis-je, tous ceux qui, sans s’appuyer, ainsi que l’affirmerait quiconque a le moindre brin d’intelligence, sur une seule raison qui vaille, font fi de toutes ces constatations, nous forçant à dire ce que nous disons, comment serait-il possible, en leur adressant des remontrances courtoises, de leur enseigner, pour commencer à traiter des Dieux, l’existence de ceux-ci? Il faut pourtant s’y résoudre!

 

Platon, Œuvres complètes, Lois, X, 887 d-888 a, trad. J. Moreau,

Paris, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, 1950, p. 444-445.

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Les vœux du Bouddha de la Vie infinie

 

Le bouddhisme de la Terre Pure, peu connu en Europe, est une des formes du bouddhisme les plus vivantes en Asie. Là, des dizaines de millions de bouddhistes font confiance au Bouddha Amida qui a promis de les accueillir en sa Terre où ils arriveront immédiatement à l’Éveil. Voici quelques-uns des 48 vœux prononcés il y a très longtemps par Dharmâkara et qui se trouvent dans le Grand sûtra du Bouddha de la vie infinie (IIIème siècle de notre ère). Le fait que Dharmâkara soit devenu le Bouddha Amitabha (Amida) est la garantie que ses vœux sont déjà réalisés, d’où l’importance de ce Bouddha pour l’homme aujourd’hui qui est incapable d’accomplir les pratiques difficiles proposées par d’autres écoles du bouddhisme.


Le moine Dharmâkara dit au Bouddha Lokesvararâja :
Aie maintenant la bonté de m’écouter avec attention, car je vais maintenant exposer quel est mon vœu :
Si, moi devenu Bouddha, il y a dans ma Terre des Enfers, des esprits affamés et des naissances animales, je ne veux pas du Parfait-Éveil.
Si, moi devenu Bouddha, les hommes et les dieux en ma Terre, après la fin de leur vie, doivent retourner dans les trois mauvaises destinées, je ne veux pas du Parfait Éveil.
(…)
Si, moi devenu Bouddha, tous les Bouddha sans nombre des mondes des dix directions ne prêchent et ne louent pas complètement mon Nom, je ne veux pas du Parfait Éveil.
Si, moi devenu Bouddha, tous les êtres vivants dans les dix directions qui, de tout leur cœur, se réjouissent dans la foi et désirent renaître en ma Terre n’y renaissent pas, même avec seulement dix pensées, je ne veux pas du Parfait Éveil.
Je ne parle pas de ceux qui commettent les cinq fautes impardonnables ou blasphèment contre la Bonne Loi.
Si, moi devenu Bouddha, tous les êtres vivants dans les dix directions déclarent dédier tous leurs mérites en vue d’atteindre l’Éveil, et, de tout leur cœur, émettent le vœu de renaître en ma Terre; si, au moment de leur mort, je n’apparais pas devant eux entouré par une foule d’assistants, je ne veux pas du Parfait Éveil.
Si, moi devenu Bouddha, tous les êtres vivants dans les dix directions qui, entendant mon Nom, dirigent leur pensée vers ma Terre, cultivent la Source de toutes les Vertus et, de tout leur cœur, développent le désir de renaître en ma Terre, n’obtiennent pas cet effet, je ne veux pas du Parfait Éveil.


Jean Éracle, « Grand sûtra du bouddha de la Vie infinie »,
dans La doctrine bouddhique de la Terre Pure; introduction à trois sûtras bouddhiques, Paris, Éd. Dervy-Livres, 1973, p. 92-93.

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« Sans commencement, Tu te maintiens par ta toute puissance »

 

Le Veda prie un dieu Rudra, figure terrible, qui se tient à la marge de la société divine, connu aussi sous le nom de Pashupati, le «Maître des animaux sauvages», roi de la nature vierge et indomptée. Pour le rendre propice, les hymnes l’appellent shiva, «le gracieux» ou shamkara, «le compatissant». Ces adjectifs vont devenir noms propres et, au moment où naissent les courants dévotionnels, Rudra devenu Shiva accède, avec Vishnu, au rang de grand dieu.

La Shvetâshvatara Upanishad est, en quelque sorte, le texte fondateur de la bhakti shivaïte; elle occupe une place analogue à celle de la Bhagavad Gîtà pour le vishnouisme, bien qu’elle soit moins célèbre. Shiva y apparaît en créateur du monde (v. 1), omni présent et omnipénétrant, sur le plan humain comme sur le plan cosmique. Providence qui soutient chaque existence (v. 11 ou 15), il se cache au plus intime des êtres. Mais le cœur de l’homme n’est pas occupé par un absolu neutre comme le brahman, plutôt par une divinité qui se manifeste comme Volonté supérieure et Amour universel. Célébrer Shiva, c’est célébrer tous les aspects de la réalité, car il est à la fois le transcendant et l’immanent. Le texte revêt une forme solennelle, déclarative, conformément à la tradition védique.


1. Cet Être unique, sans forme, qui, maîtrisant ses pouvoirs, pour un but donné et de bien des manières ordonne les multiples formes, celui en qui, à la fin et au commencement, l’univers se résout, puisse ce dieu nous conférer une intelligence bénéfique.
2. Il est le feu, il est le soleil, il est le vent, il est la lune, il est Vishnu, il est le Brahman, il est les eaux, il est Prajapati.
3. Tu es la femme et tu es l’homme, tu es l’éphèbe et tu es la vierge; vieillard, c’est toi qui trébuches sur ton bâton; tu viens à l’existence, le visage tourné en tous sens.
4. Tu es l’oiseau bleu sombre et jaune aux yeux flamboyants; tu es la matrice de l’éclair, tu es les saisons, les océans. Sans commencement, tu te maintiens par ta toute-puissance, toi de qui tous les êtres sont nés. […]
10. Il faut savoir que la Nature originelle est magie, que le grand seigneur Siva est le magicien et que ce monde des vivants tout entier est peuplé d’êtres qui sont parcelles.
11. Celui qui régit chaque matrice, en qui tout s’assemble et se disperse, lorsqu’on l’a reconnu, ce maître, dieu bienfaiteur et digne de louanges, on obtient cette paix qui ne connaît pas de fin.
12. Cause et origine des dieux, souverain de l’univers entier, Rudra le grand voyant qui a vu l’embryon d’or à sa naissance, puisse-t-il nous conférer une intelligence bénéfique.
13. Souverain des dieux, sur qui les mondes prennent appui, qui régit les bipèdes et quadrupèdes, quel est ce dieu à qui nous présentons les oblations?

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Birkot Hacha’Har – Les bénédictions de l’aube

Parmi les prières du matin, à la synagogue, on récite les «bénédictions de l’aube». Après les bénédictions qui concernent les divers aspects du quotidien, le texte de la prière magnifie l’étude de la Torah que le juif doit placer au centre de son existence puisqu’elle constitue son horizon de sens.


Ô mon Dieu, l’âme que tu as mise en moi est pure. C’est Toi qui l’as créée, Toi qui l’as formée, Toi qui l’as insufflée en moi, Toi qui la protèges en mon sein. Plus tard, tu me l’enlèveras pour me la restituer dans l’avenir. Tant que l’âme est en moi, je veux te remercier, ô Éternel mon Dieu et Dieu de mes pères, Maître de tous les événements, Seigneur de toutes les âmes, Gouverneur de toutes les créatures, Vivant pour l’éternité. Béni sois-Tu, ô Éternel, qui fait revenir les âmes dans les corps morts.

Béni sois-Tu, ô Éternel, notre Dieu, roi du monde, qui redresse ceux qui sont courbés.

Béni sois-Tu, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui redonne la force à celui qui est épuisé.

Béni sois-Tu, ô Éternel, notre Dieu, roi du monde, qui a étendu la terre sur les eaux.

Béni sois-Tu, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui affermit les pas de l’homme.

Béni sois-Tu, ô Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui fait disparaître les chaînes du sommeil de nos yeux et la somnolence de nos paupières.

Qu’il te plaise, ô Éternel notre Dieu et Dieu de nos pères, de nous accoutumer à ta Torah, de nous attacher à tes commandements.

Ne nous livre pas aux mains de la faute, du péché, de l’épreuve ou de la honte.
Éloigne-nous du mauvais instinct et attache-nous au bien.

Fais-nous trouver grâce, bienfait et miséricorde aux yeux de tous ceux qui nous voient. Comble-nous de bienfaits. Béni sois-Tu Éternel, qui comble de bienfaits son peuple Israël.

Béni sois-Tu, Éternel, notre Dieu, Roi du monde, qui nous sanctifie par ses commandements et nous ordonne d’étudier les paroles de sa Torah.

Éternel notre Dieu, que les paroles de la Torah soient agréables à notre bouche et à celles de ton peuple Israël. Que nous soyons, nous, nos descendants et les descendants de nos descendants, nous tous, des connaisseurs de ton Nom, étudiant ta Torah pour elle-même.

Béni sois-Tu, Éternel, qui enseigne la Torah à ton peuple Israël.
Béni sois-Tu, Éternel, qui donne la Torah.

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Prière particulière d’Abraham en faveur de la lignée du désert

Cette prière d’Abraham, dont les éléments sont eux-mêmes dispersés dans diverses sourates, est vraisemblablement la plus significative.

Il convient d’abord de remarquer que, dans les récits communs avec la Bible, jamais le Coran ne met en opposition les deux lignées, issues des deux femmes du patriarche : son épouse et sa servante. La différence n’y est rendue sensible qu’à travers cette prière en faveur de la lignée du désert, autre composante de l’unique témoignage monothéiste. Or le choix de ce lieu « écarté et impropre à la culture » est motivé par un culte au Dieu unique, caractéristique du désert, à travers le symbole de la pierre, le « bétyle » ou « maison de Dieu ». Il s’agissait vraisemblablement d’un lieu de culte traditionnel consacré au Dieu Créateur, que le Patriarche a refondé et restauré avec l’aide de son fils Ismaël.

Le caractère fondateur du geste dans le Coran se trouve largement amplifié et universalisé par les termes mêmes de la prière qui comporte plusieurs séquences : l’établissement d’une lignée abrahamique à La Mecque; la restauration du Temple pour les croyants à venir et leurs rites; prière pour cette ville au désert qui, à la différence des cités sédentaires, devra dépendre du don pour survivre et de la bienveillance des hommes; prière enfin pour que Dieu lui envoie un prophète issu d’elle pour restaurer le témoignage au Dieu unique, le culte pur.


Notre Seigneur, j’ai établi une partie de ma descendance dans une vallée impropre à quelque récolte que ce soit [mais] tout près de Ta Maison [bayt] consacrée. Notre Seigneur, [cela] pour qu’ils accomplissent la prière./Fais que des cœurs parmi les hommes se précipitent vers eux. Octroie-leur des fruits! J’espère qu’ils [T’en] seront reconnaissants./
Louange à Dieu qui, malgré la vieillesse, m’a accordé Ismaël et Isaac.
Mon Seigneur est enclin à exaucer l’invocation./
Mon Seigneur, fais de moi celui qui accomplit la prière, fais-le aussi de mes descendants. Seigneur, accepte mon invocation [du’â’î]/
Notre Seigneur, pardonne-moi, ainsi qu’à mes parents et aux croyants, le Jour où se dressera le Rendement de compte/ [C 14, 37,39-41).

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Prière à Amon, dispensateur de vie

 

À Thèbes, durant le Nouvel Empire, les marques du développement d’une dévotion personnelle envers Amon sont nombreuses. Cette prière d’un scribe royal, Amenopé, qui y associe sa sœur (ou épouse?), invoque Amon pour obtenir tombe et offrandes, et s’assurer une heureuse destinée après la mort. C’est le dieu sauveur, attentionné envers le faible, celui qui fait vivre en tant qu’astre solaire, qu’implore cette statue de couple adossée à la stèle portant la prière.

 

 

I. Formule d’offrande funéraire

Offrande que donne le roi et Amon-Rê, seigneur des Trônes du Double Pays,
Dieu auguste qui se complaît en la vérité (Maât),
Primordial, qui vient à l’existence au commencement,
Unique, sans pareil,
qui a fait le ciel, qui a affermi le Double Rivage,
qui façonna les dieux et fit les hommes,
Seigneur prestigieux, à l’amour immense,
dont la puissance est grande au sein de l’Ennéade.

Qu’il donne une bonne sépulture après la vieillesse
dans le vénérable occident de Thèbes.

Pour le ka du chef des travaux dans la Place de vérité,
Amenopé, justifié, fils du prêtre d’Amon,
seigneur des Trônes du Double Pays à Kouch, Nakht.

II. Hymne et prière

Qu’il est heureux celui qui se repose parfaitement sur le bras d’Amon,
le protecteur du silencieux, qui sauve l’humble,
qui donne le souffle à qui que ce soit qu’il aime
et lui prépare une heureuse vieillesse à l’occident de Thèbes.

Pour le ka du scribe royal, directeur du Double Trésor
dans la place de vérité, Amenopé justifié. Il dit :
Ô mon dieu, seigneur des dieux,
Amon-Rê, seigneur des Trônes du Double Pays,
tends-moi la main; sauve-moi!
Lève-toi pour moi, fais-moi vivre!
Tu es le dieu unique, qui n’a pas de pareil.
C’est Rê qui se lève dans le ciel lointain,
Atoum qui a fait les rekhyt ,
qui écoute les prières de celui qui crie vers lui,
qui arrache l’homme de la main du violent,
qui amène le Nil à ceux qui s’en nourrissent,
guide parfait de tout homme.

Lorsqu’il se lève les rekhyt vivent,
leurs cœurs vivent chaque fois qu’ils le voient.
Il donne le souffle à ce qui est dans l’oeuf,
fait vivre hommes et oiseaux
fabrique ce dont ont besoin les souris dans leurs trous
et pareillement les vers et les puces.
Qu’il me donne un beau tertre funéraire après la vieillesse;
maintenant que je suis sauvé dans ta main.

Pour le ka du scribe royal Amenopé (et de) sa sœur,
la dame de maison Hathor, justifiée, surnommée Henro [?].


A. Barucq, F. Daumas, Hymnes et prières de l’Égypte ancienne,
Paris, Le Cerf, « LAPO » no 10, 1980, p. 201, 203, no 70.

 

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Tout provient du mental

Ces deux premiers versets du Dhammapada – recueil d’aphorismes du canon d’écritures bouddhistes le plus ancien (avant notre ère) – expriment bien pourquoi la discipline mentale est absolument essentielle à la démarche de ceux et celles qui suivent la voie du bouddha.

 

 

En toutes choses, l’élément primordial est le mental; le mental est prédominant; tout provient du mental. Si un homme parle ou agit avec un mauvais mental, la souffrance le suit d’aussi près que la roue suit le sabot du bœuf tirant le char.

En toutes choses, l’élément primordial est le mental; le mental est prédominant. Tout se fait par le mental. Si un homme parle ou agit avec un mental purifié, le bonheur l’accompagne d’aussi près que son ombre inséparable.

 


Dhammapada, les Stances du Dhamma, trad. R. et M. de Maratray, Paris, Éd. Les Deux Océans, 1989. (première édition Librairie orientale Paul Geuthner, 1931), p. 9

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