Archives pour la catégorie Le rosaire dans la ville

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

La première Messe : Le Pain vivant de Dieu

 

Entre ciel et terre, le Christ célèbre la première Messe. Son corps élevé en croix psalmodie la volonté du Père ; ses lèvres brûlantes ont trempé au sol rougi, le firmament fermé le prive de tous secours divins : ciel et terre immobilisent en croix ses deux bras grands ouverts. L’étendue du geste rassemble en son Cœur transpercé les immondices des hommes. Entre ciel et terre, Dieu célèbre la Messe sur le monde. Les genoux fléchissent, les poitrines sanglotent, le sol poussiéreux du Golgotha tremble de fièvre, les cratères terreux défigurent la création, les obscurités célestes couvrent leurs voûtes, l’air vicieux empoisonne les hommes pour que le Fils de l’Homme, quelques instants encore, puisse respirer. De terre, ils ont élevé leur Créateur, du vide béant où ils l’ont érigé, l’Amour les a sanctifiés.

………………………….

Au dôme céleste, archanges, chérubins et séraphins ont tu leur hymne. Le silence adorateur des anges emplit l’espace azuré… muette contemplation : la douleur de Dieu traverse le Corps et le Cœur de son Enfant, les anges recueillent l’agonie du Père, l’Esprit a désormais épousé la terre. Dans le sein de Dieu germe la Résurrection.

Les écluses du Ciel s’ouvrent à nouveau ; l’homme guéri s’achemine vers la Patrie ; sur lui, les anges caressent le regard de Dieu. Témoins du don suprême de leur Seigneur, anges et hommes, sur terre comme au Ciel, s’unissent à la première Messe de Dieu.

L’Eucharistie, une apparence humble, ordinaire
qui cache l’extraordinaire Présence

Après chaque messe, je remercie le Seigneur
de m’avoir accueillie une fois encore
dans son eucharistie

Seigneur Jésus, je viens dorer mon cœur
Sous tes rayons eucharistiques
Recevoir les touches du Soleil divin
Afin que brûlé au feu de ton Esprit-Saint
Mon cœur se consume au Brasier divin.

Devenir eucharistie avec Jésus-Hostie
pour s’offrir au Père

Le silence n’est pas une absence de parole
mais la plénitude de la sainte Présence
que l’âme expérimente dans la communion
au coeur de Jésus-Eucharistie

La vraie louange appelle l’offrande de soi,
hostie vivante à la gloire de Dieu

L’Eucharistie est la faim de Dieu
qui rassasie la nôtre

Chaque banquet eucharistique auquel nous participons
nous approche des Noces éternelles.

«Je vous exhorte donc, frères, par la miséricorde de Dieu,
à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu.
C’est là le culte spirituel que vous avez à rendre.» (Ro, 12, 1)

 

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

Les noces de Cana – Deuxième mystère lumineux

Le banquet eucharistique

Jésus et Marie sont invités à des noces. Le vin vint à manquer. Marie s’adresse à Jésus : «ils n’ont plus de vin.» Marie ne cherche pas à convaincre Jésus, elle lui fait confiance, elle sait en qui elle a mis sa foi. Jésus répond : «femme que me veux-tu, mon heure n’est pas encore venue.» Que veux dire Jésus, son heure n’est pas encore venue? Il veut fortifier notre foi. Marie sait que la bonté de Jésus n’est pas emmurée dans le temps, elle connaît le coeur de son Fils, elle l’a mis au monde, elle est la Mère immaculée, son cœur bat au rythme de celui de Jésus. «Faites tout ce qu’il vous dira dit Marie aux serviteurs.» Il y avait là six bacs de pierre, Jésus dit aux serviteurs : «remplissez ces bacs avec de l’eau,» ils les remplirent jusqu’au bord. Jésus leur dit : «Prenez maintenant et portez-en au responsable de la fête.» Le responsable de la fête goûta l’eau changée en vin mais il ne savait pas d’où venait le vin, seuls les servants qui avaient puisé l’eau le savaient. Le maître du repas appelle le marié et lui dit : «Tout le monde sert d’abord le bon vin, et quand les gens ont bien bu, on donne le moins bon.» C’est ainsi que Jésus fit son premier miracle, à Cana en Galilée. (Jn, 2, 1-11) Il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui.

Que nous apprend la demande de la Mère de Jésus, la réponse et les gestes posés par Jésus? Voyant la situation embarrassante des mariés, Marie intercède auprès de son Fils. Marie est aussi notre Mère, elle intercède pour nous auprès de Jésus comme elle l’a fait aux noces de Cana. Jésus ne peut rien refuser à sa Mère. Comme une bonne maman, Marie est sensible aux besoins de ses enfants. Devant l’embarras des époux, Marie s’adresse à Jésus avec son cœur de Mère : «faites tout ce qu’il vous dira.» Marie nous montre le chemin de la confiance inconditionnel pour nous garder dans l’espérance et nous faire entrer dans la joie de Dieu. Le récit des noces de Cana nous invite à une prospective intérieure. Ces noces pendant lesquelles Jésus manifeste sa miséricorde et sa bonté nous amène à regarder comment nous réagissons devant le désarroi des personnes rencontrées. Sommes-nous prêts à leur tendre la main ? Que pouvons-nous faire pour eux?

«Femme, que me veux-tu, mon heure n’est pas encore venue.» Ce n’est pas encore l’heure de Jésus pour manifester sa gloire. Mais le temps presse, les enfants des hommes ont besoin d’être secourus, la miséricorde ne peut se faire attendre, Jésus est sensible aux besoins de ses frères et sœurs. À la demande de sa Mère, Jésus ne peut que satisfaire le désir de son cœur, un même désir les unit : se mettre au service des enfants de Dieu. «Faites tout ce qu’il vous dira.» Marie sait que la parole de son Fils est féconde, elle produit de bons fruits, elle donne ses bienfaits. Jésus ne s’attarde pas à savoir si les mariés méritent ou non ce qu’il s’apprête à faire, le don de Dieu est gratuit, il donne parce qu’il aime.

Les noces de Cana préfigurent le don de l’eucharistie. À l’eucharistie, aux paroles de la consécration, sous la mouvance de l’Esprit-Saint, le vin est changé au sang de Jésus. Le vin de la noce a abreuvé les mariés et leurs invités, le sang de Jésus, sous l’apparence du vin, abreuve, nourrit et sanctifie tous les communiants en état de grâce. Jésus présent dans l’eucharistie se donne tout entier à tous, prodiguant ses grâces et ses bénédictions, il redonne force et vigueur à nos âmes et à nos corps. Le vin devenu le sang de Jésus est celui de l’amour. Un vin nouveau, une Alliance nouvelle se prépare. Jésus est l’Époux de la Nouvelle Alliance, il veut s’unir à chaque personne, la faire pénétrer de plus en plus en son mystère divin. Jésus se plaît à la combler, à lui faire découvrir les délices de l’amour divin. Unie à Jésus, elle expérimente la croix, un chemin douloureux et amoureux tout à la fois. Jésus veut se donner totalement jusqu’à devenir Un avec elle dans l’amour de son Père : «Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn, 17, 21)

Le miracle des noces de Cana préfigure les noces de l’âme avec l’Époux, l’union parfaite scellée par le Christ, Époux de l’Église. En chemin vers les épousailles, Jésus creuse l’âme de la faim de Dieu, une faim et une soif que rien ne peut étancher ici-bas, la soif même de Jésus sur la croix. «J’ai soif.» Sur ce chemin, à la rencontre de l’Époux, l’âme tendra sans cesse vers Dieu, elle réclamera son Bien Aimé qui lui semblera parfois inaccessible : dans la foi et l’amour, la souffrance et la contemplation, l’Époux l’introduira peu à peu aux noces éternelles. Les invités aux noces de Cana représentent l’Église; nous sommes l’Église. À l’eucharistie, Jésus se donne corps et âme pour nous revêtir de l’habit de noces.

Dès ici-bas, nous commençons à vivre et à bénéficier des noces éternelles préparées pour nous de toute éternité. Au banquet eucharistique, nous sommes à la table de Dieu mangeant et buvant son corps et son sang. Comme aux noces de Cana, sa Parole nous sanctifie, elle porte des fruits. Le vin nouveau de la nouvelle Alliance nous invite aux noces de l’Agneau. Du don de sa vie, il vient nous fortifier et soigner nos blessures, nous donner son Esprit, établir une Alliance d’amour et de fidélité avec chacun de nous. L’Époux nous donne un avant-goût du banquet céleste. Chaque banquet eucharistique auquel nous participons nous approche des Noces éternelles. Aujourd’hui, nous vivons de foi mais viendra le jour où le voile tombera, nous le verrons tel qu’il est. Dans un éternel ravissement, nous nous délecterons de sa Présence.

Lève ton regard vers l’Époux
Avance à sa rencontre
Laisse-toi saisir par sa joie
Laisse sa tendresse te prendre par la main
L’aube éclairer ton visage
Laisse monter de ton cœur le flot de tes espérances
Et l’aurore te baigner de sa rosée
Laisse-toi aimer dans la beauté de ta Lumière.
L’Époux émerveillé de sa toute belle
Ouvrira la Noce pour toi
Il traversera l’océan de tes peurs
Pour te prendre dans sa joie.

Vierge Marie, par ton Cœur maternel,
nous présentons à Jésus tous les couples de la terre.
Dans les peines comme dans les joies,
qu’ils puisent force, générosité et sérénité
à la source du sacrement de leur mariage.

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La Pâques de nos vies

-Le «je» représente chacun de nous-

La Pâques de nos vies

(premier mystère glorieux)

Au milieu des réalités de ce monde

Sur les chemins au parcours épineux

Alors que nous cheminons sans comprendre

Nous poursuivons notre marche vers toi Seigneur

À la recherche de ta sainte volonté

Quand l’ombre s’épaissit sous nos pas

Cherchant un signe de ta présence

Nous marchons vers toi Seigneur

Au tournant de la route

Quand la prière allège nos peines

Une lueur allume notre espérance

Sur un monde qui se meure de froid

À l’intime de l’âme jaillit une flamme 

S’allume de nouveau le brasier

D’un feu qui ne voulait s’éteindre

Le regard de Jésus pénètre mon coeur

Le temps s’arrête

C’est l’instant sublime

L’Amour me prend

Il m’offre son bonheur

Les alléluia retentissent de par toute la terre

Chante mon cœur, chante avec le choeur des anges

La gloire du Seigneur a mis la mort au pied de la croix

Le Ressuscité relève la Vie en son divin Corps

L’âme des justes magnifie le Christ ressuscité

Sa Vie circule dans les entrailles de la terre

Les ténèbres bannies s’agenouillent devant la Lumière

L’univers contemple la gloire de Dieu.

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Le portement de la croix

Tiziano Vecellio dit Titien
portement de la croix

Le portement de la croix

Quatrième mystère douloureux

-Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix-

 «Comme les soldats emmenèrent Jésus, ils arrêtèrent un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs et lui firent porter la croix derrière Jésus.»  (Luc, 23,26) Jésus est en chemin vers le Calvaire où il sera crucifié.  La croix blesse ses épaules meurtris, par trois fois, il tombe en chemin sous le poids de la lourde croix qui nous donne le salut. Les soldats qui accompagnent Jésus vers le lieu du supplice craignent qu’il meurt avant d’atteindre le Golgotha. Lorsqu’ils voient Simon de Cyrène revenir des champs, les soldats l’obligent à porter la croix derrière Jésus. Des paroles dont Simon de Cyrène aurait préféré ne pas entendre. Il revient des champs, il a travaillé toute la journée, nous pouvons imaginer qu’il est fatigué, cet homme aspire certainement au repos, à se retrouver chez lui au milieu des siens. Mais quelque chose d’inattendu l’attend, sous le regard de Jésus, sa vie va être transformée. Aujourd’hui, il porte un fardeau derrière Jésus mais désormais, Jésus portera en lui les fardeaux de Simon de Cyrène.

L’homme sait que s’il refuse de se soumettre aux soldats, il peut être violenté. Simon de Cyrène va s’exécuter, derrière Jésus, il porte la lourde croix. Le fait-il pour l’aider ou par crainte des soldats, on ne sait pas vraiment. L’homme est fort, il aide Jésus. Que se passe t-il dans son cœur! Lui aussi a entendu parler de Jésus, de ses miracles, de ses œuvres, de ce qu’il a fait par bonté pour les autres. Et pourtant, celui que le peuple Juif attendait pour les délivrer de l’empire romain est là, sans apparence humaine, un homme châtié, prisonnier des romains. 

Puis, l’inattendu arrive. Jésus regarde Simon, un regard que celui-ci ne pourra jamais oublié. En un instant, la vie de Simon bascule, son cœur s’ouvre, Celui qui est devant lui l’aime d’un amour jamais ressenti auparavant. Le cœur de Simon est touché par les souffrances du Christ, la douleur de Jésus le rejoint dans son cœur d’homme. L’Homme-Dieu souffrant est toute tendresse et compassion alors que ceux qui l’on condamné demeurent indifférents. Dans le regard de Jésus, Simon peut-il entrevoir le don de Dieu! Une percée de ciel et de douleur rejoint son cœur. Avec une clarté indicible, Simon comprend que c’est pour lui que Jésus donne sa vie, qu’il est infiniment aimé. Simon est touché au plus profond de son être, il est tout remué à l’intérieur de lui, blessé et soigné par cet amour qu’il n’avait pas compris. Il comprend que ce n’est pas tellement lui qui aide Jésus mais que c’est Jésus qui le porte dans sa croix, son compagnon de route, Celui qui dans ses plaies soigne son cœur et le guérit. Simon contemple le visage mutilé de son Sauveur, en Jésus, il reconnaît le Messie qui devait venir. Le regard de Jésus a percé toutes ses peurs, il a pardonné tous ses péchés. Celui qui porte la croix derrière Jésus est un homme libre et heureux. Dans sa croix, Jésus lui a rendu sa liberté d’enfant de Dieu. 

Nous ne savons ce que Simon de Cyrène a vécu en portant la croix derrière Jésus. Le regard de Jésus a certainement transformé sa vie. Ce regard aimant qui nous transforme et nous donne des ailes pour continuer le chemin, si difficile qu’il peut être parfois. Ce regard qui nous pousse à aller de l’avant, vers Dieu et vers les autres. Ce regard que nous voudrions avoir sur chaque personne que nous rencontrons pour aider l’autre à porter sa croix comme Simon de Cyrène a aidé Jésus et a bénéficié de son regard de tendresse. Acceptons-nous d’être dérangé, de s’arrêter, comme Simon qui retournait chez lui, pour être à l’écoute de l’autre! Voudrions-nous être ce Simon qui aide Jésus à porter la croix de nos frères et sœurs qui souffrent? Voulons-nous consoler Jésus sur le chemin du Calvaire alors que tous l’abandonnent? Jésus n’exige pas de nous de grandes œuvres mais de donner à l’Amour son vrai visage : nous laisser aimer par le Christ qui réalise en nous et par nous son œuvre rédemptrice en lui redonnant chaque jour notre oui à sa sainte volonté, à l’accueil de son immense amour pour chacun de nous.

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Le baptême de Jésus

Premier mystère lumineux

Au baptême de Jésus, les cieux s’ouvrirent : l’Esprit, comme une colombe, reposa sur lui, la voix du Père se fit entendre : «Celui-ci est mon fils bien-aimé; en lui, j’ai mis tout mon amour.» (Mt, 3, 16-17) Au baptême de Jésus, le ciel s’ouvre pour rejoindre notre humanité dans le Fils bien-aimé du Père. La Trinité Sainte est présente, elle se révèle dans les trois Personnes divines; lors du ministère de Jésus, elles manifesteront leur présence au cœur de l’Évangile, une présence tangible dans notre monde. «Je te bénis, Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux habiles et de l’avoir révélé aux tout petits.» (Mt, 11, 25) «Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous guidera vers la vérité tout entière Il me glorifiera car c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part.» (Jn, 16, 13, 14)  

  En soi, Jésus n’a pas besoin d’être baptisé, il est le Saint de Dieu mais il est venu parmi nous, il s’identifie à nous, sauf le péché. À son baptême jusqu’à sa mort sur la croix et dans sa résurrection,  Jésus accomplit sa mission de Sauveur, le Messie envoyé pour nous sauver de la mort éternelle. Lorsque nous recevons l’eau baptismale, nous sommes plongés dans la mort et la résurrection du Christ pour renaître à la vie divine de la sainte Trinité. À chaque personne baptisée, le Père redit comme à son divin Fils : tu es mon fils, ma fille bien-aimée en qui j’ai mis tout mon amour. L’enfant de Dieu entre dans la grande famille chrétienne, frère et sœur de Jésus, ayant le même Père dans les cieux.

    Lorsque Jésus se fit baptiser, il n’avait pas encore commencé son ministère. Le ministère de Jésus débute par son baptême; il reçoit du Père son envoie en mission. Son Père l’accompagne de son amour. Jésus l’affirme : «Je suis dans le Père et le Père est en moi. Tout l’enseignement que je vous ai donné ne vient pas de moi, mais le Père demeure en moi, pour accomplir ses propres œuvres » (Jn, 14, 10) L’Esprit-Saint repose sur Jésus, il l’accompagne et le soutient dans sa mission de Rédempteur. La manifestation du Père et de l’Esprit lors du baptême de Jésus est significative. À son baptême, Jésus identifie sa nature humaine : il est le Fils de Marie et de Joseph le charpentier, il se fait baptiser comme ses contemporains. Mais il y a beaucoup plus : de son Père et de l’Esprit-Saint, Jésus reçoit le témoignage dû à sa nature divine : il est l’Envoyé de Dieu pour répandre la Bonne Nouvelle, faire connaître au monde l’amour de son Père.  

   Jean le Baptiste envoyé pour préparer le chemin du Seigneur dira : «moi, je baptise dans l’eau en vue de la conversion. » (Mt, 3, 11)  Jean le Baptiste proclame la conversion du cœur, le renoncement au péché, le retour des enfants d’Israël vers Dieu. L’ouverture du cœur envers le prochain, l’attachement  aux commandements de Dieu. «Convertissez-vous car le Royaume de Dieu est proche. Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.»  Jean connaissait les Écritures, les prophètes, mais il ne savait pas encore qui était ce Messie envoyé par le Père. Jean avait beaucoup entendu parler des œuvres réalisées par le Christ. De sa prison, il envoya ses disciples demander à Jésus : «Es-tu  celui  qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre? » (Mt,11, 3) La réponse de Jésus annonce l’accomplissement du Royaume de Dieu parmi son peuple : «Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez : les aveugles retrouvent la vue, les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés et les sourds entendent, les morts ressuscitent et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute! » (Mt, 11, 4-5-6) 

  Jean rend témoignage à Jésus : «C’est lui le Fils de Dieu » lorsqu’il affirme : «Celui qui m’a envoyé baptisé dans l’eau m’a dit : Celui sur qui tu verras descendre l’Esprit et demeurer, Celui-là baptise dans l’Esprit-Saint.» (Jn, 1, 33)   Aussi, Jean le Baptiste dira en voyant Jésus : «Voici l’agneau de Dieu, celui qui enlève les péchés du monde.» (Jn, 1, 29) Jean Baptiste prophétise : l’Agneau de Dieu, Celui qui ira jusqu’à la mort sur la croix comme un agneau que l’on conduit à l’abattoir. Mais ce n’est pas la fin. Sur la croix, Jésus vit un baptême de sang, il a tout donné : de son côté transpercé sortiront du sang et de l’eau. Si Jésus a porté dans sa croix l’humanité pécheresse, c’est lui aussi qui la relèvera dans sa croix et sa résurrection pour la guérir de son péché.  La victoire de Jésus sur la mort est déjà annoncée : «L’Esprit du Père et du Fils conduit le peuple de Dieu. «Je vais vous envoyer d’auprès du Père le Protecteur, et quand il sera là, l’Esprit de Vérité, qui vient du Père, il me rendra témoignage.» (Jn, 15, 26) «Jésus baptise dans l’Esprit-Saint et dans le feu,» (Mt, 3, 11) Ce même Esprit-Saint qui guide l’Église de Jésus-Christ est ce feu qui purifie, illumine, répand l’amour dans les âmes, ce feu qui enflamme les cœurs du désir brûlant de travailler pour le Royaume de Dieu. Aussi, Jésus dira à Nicodème : «En vérité, en vérité, je te le dis : si l’on n’est pas né de l’eau et de l’Esprit, on ne peut pas entrer dans le Royaume de Dieu.  (Jn, 3, 5)

   Le baptême laisse dans l’âme une marque indélébile qui ne peut être effacée même si la personne renie sa foi, son adhésion à la vie chrétienne. Le baptême ouvre la porte aux autres sacrements dont peut bénéficier l’âme fidèle; ainsi, elle fait fructifier la grâce reçue lors de son baptême et dans les sacrements mis à sa disposition. Ceux qui meurent sans avoir connu le Christ et n’ayant pu être baptisés, si leur vie à été conforme aux valeurs morales inscrites dans leur cœur,  à l’heure de la mort, ils peuvent être sauvés en reconnaissant en Jésus, le Fils de Dieu, leur Sauveur. 

   À plusieurs reprises dans l’Évangile, Jésus redit l’importance de croire en lui comme étant le Fils de Dieu pour être sauvé. «C’est moi qui suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il vient à mourir, vivra. Le vivant, celui qui croit en moi ne mourra pas pour toujours. Crois-tu cela? Marthe répondit : «Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le Fils de Dieu, celui qui vient dans le monde.» (Jn, 11, 25-26-27) Ou encore : «celui qui croira et sera baptisé sera sauvé; celui qui refusera de croire sera condamné.» (Mc, 16, 16) Les personnes qui meurent martyres en répandant leur sang par fidélité au Christ reçoivent un baptême de sang. Les saints innocents, par exemple, tués par Hérode ont vécu un baptême de sang. Il existe également un baptême de désir. Ceux qui meurent avant d’avoir pu être baptisés alors qu’ils le désiraient sincèrement dans leur cœur auront vécu un baptême de désir. 

  1. C’est dans sa Pâque que le Christ a ouvert à tous les hommes les sources du baptême. En effet, il avait déjà parlé de sa passion qu’il allait souffrir à Jérusalem comme d’un «baptême » dont il devait être baptisé (Mc, 10, 38) Le sang et l’eau qui ont coulé du côté transpercé de Jésus crucifié (Jn, 19, 34) sont des types du baptême et de l’eucharistie, sacrements de la vie nouvelle : dès lors, il est possible «de naître de l’eau et de l’Esprit » pour entrer dans le Royaume de Dieu. (Jn, 3, 5) 
  1. Réf. : catéchisme catholique, nu. 1225

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Saint-Joseph, l’époux de la Vierge Marie

Saint Joseph, je veux apprendre à te connaître pour mieux t’aimer, pour mieux servir notre Père céleste en regardant tes vertus. Tu as dit oui au projet du Père, renonçant à tes projets personnels pour répondre à celui de Dieu et l’accomplir de tout ton cœur. Tu aimais Marie, ton épouse, tu désirais fonder une famille avec elle. Mais Dieu en avait décidé autrement, il avait pour toi un projet de vie immensément plus grand. Il te voulait père non d’une famille humaine, ce qui aurait été très bien mais d’une famille céleste. Il voulait te confier son Enfant, son divin Fils, il comptait sur toi, il croyait en toi, tu es un homme juste et humble, ouvert au projet de Dieu. 

Devant la grossesse inattendue de ton épouse, ton projet d’amour avec elle s’effondrait. Tu aimais Marie pour la beauté de son âme, comment pouvait t-elle t’avoir trompé! Quelle douleur profonde a envahi ton âme! Que de doutes ont blessé ton cœur aimant lorsque tu as constaté que Marie était enceinte alors que vous n’aviez pas encore habité ensemble. Tu avais formulé de beaux projets, une vie heureuse et familiale avec elle et voilà que ta bien aimée est enceinte. Tu te retrouvais devant l’inconcevable, l’impensable. Comme tu es un homme juste, tu n’as pas voulu la dénoncer publiquement, tu as préféré la renvoyer en secret, ne voulant pas nuire à sa réputation. Mais voici que l’ange t’avertit dans ton sommeil : «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint; elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : le Seigneur sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.» (Mt, 1, 20-21) Ainsi la parole du prophète s’accomplit : «Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : «Dieu avec nous» (Mt, 1, 23)  Aux paroles de l’ange, tu as pris Marie chez toi. Sans tout comprendre, tu accueillais le plan de Dieu.

Marie n’a rien dit, confiante, elle s’en est remise à Dieu, elle a laissé à Dieu le soin de rétablir la vérité si tel était son désir, s’abandonnant à sa sainte volonté. Mais Dieu ne pouvait aller à l’encontre de son plan de vie et d’amour qu’il avait formulé de toute éternité pour sa sainte Mère et pour toi. Tu étais son élu, le choix de son cœur. Alors, il t’a révélé ce qu’il attendait de toi et tu as obéi à sa volonté. Tu es devenu à l’instant même le saint protecteur du fils de Dieu et de la Vierge Marie, celui qui a pu contempler Jésus dans le sein très chaste de la Vierge Marie.  

 Le jour de la naissance approchait. Tu voulais offrir à ton épouse un endroit décent pour la naissance de l’Enfant mais les hommes de ton temps vous ont fermé leur porte, aucun endroit n’était disponible pour vous. Mais le projet de Dieu était tout autre. Son divin Fils venait pour servir et sauver l’humanité. Il ne voulait pas entrer dans le monde avec les honneurs qui lui revenaient en tant que roi, aussi, il a choisi la pauvreté d’une étable, une mangeoire pour naître afin de nous approcher avec la fragilité d’un Enfant. Et toi, bon saint Joseph, tu as été témoin des merveilles de Dieu. Tu as accueilli les bergers et les mages venus adorer l’Enfant-Dieu. Un Dieu qui épouse notre terre au creux d’une mangeoire pour que nous devenions nous aussi, nourriture de vie les uns pour les autres. Un Dieu qui veut guérir le genre humain non par la force mais par la vulnérabilité d’un Enfant qui a aimé le premier en se faisant mendiant du cœur humain, du cœur des siens. Avec Marie, tu fus sur cette terre le premier à adoré Jésus, tu t’es prosterné devant cet Enfant que le Père céleste te confiait. Quelle contemplation devait être la tienne, unie à celle de la Mère de Dieu! Que de louanges ont jailli de ton cœur!

Durant ta vie terrestre, bon saint-Joseph, tu as pris soin de Jésus et de sa sainte Mère et je veux te remercier pour ton dévouement auprès d’eux. Aux paroles de l’ange envoyé pour t’avertir de ce que tu devais faire devant les menaces d’Hérode qui voulait tuer l’Enfant, tu n’as pas crains de  prendre avec toi la Mère et l’Enfant pour fuir en Égypte, un pays étranger. Dans ta foi, tu savais que le Père veillait sur vous, qu’il te guidait chaque jour dans ta mission de protecteur auprès de ceux qu’il te confiait.

Le Ciel te révélait la beauté du mystère de la sainte Famille. Que de moments d’intimité tu as connus avec l’Enfant Jésus alors que tu remplissais ton rôle de père auprès de lui; tu l’éduquais à sa vie d’enfant et d’adulte, lui enseignant le métier de charpentier. Lorsqu’il était petit, tu l’as certainement pris dans tes bras, lui prodiguant tous les soins et l’amour de ton cœur de père nourricier. Et lorsque Jésus épanchait son cœur dans le tien, combien ces temps privilégiés ont dû être un baume de douceur et de tendresse à ton cœur de père. Jésus t’aimait, il te respectait et te vénérait pour ton amour filial à la volonté de son Père céleste. En Jésus, tu voyais l’Envoyé de Dieu. Tu ne comprenais pas tout mais tu demeurais disponible à la réalisation du projet de Dieu en son Fils Jésus qui venait sur terre prendre notre humanité pour nous révéler l’amour de son Père, nous réconcilier avec Lui, faisant de nous ses enfants bien aimés.

Bon saint-Joseph, maintenant, tu contemples la Trinité sainte, tu vénères la sainteté de la Vierge Marie dans toute sa splendeur de Mère du Christ et notre Mère, tu reçois la récompense de ton amour filial pour avoir accompli ta mission auprès de ceux que le Père t’avait confiés, alors que tu baignes dans la béatitude céleste, jette un regard sur notre terre. Il me semble que Jésus a pour toi un regard de tendresse particulier, tu as pris soin de lui sur terre alors qu’il n’était qu’un enfant, tu as veillé sur la Vierge Marie, sa Mère, tu as renoncé à tes projets pour accomplir celui de Dieu. J’entrevois une douce complicité, de l’émerveillement dans ce regard que Jésus pose sur toi aujourd’hui alors que tu l’as rejoint auprès de son Père, de notre Père. 

Bon saint-Joseph, tu as collaboré à la réalisation du salut de l’humanité en accomplissant la volonté de Dieu dans ta vie. Auprès de la Vierge Marie, tu reçois la couronne de gloire, tu prends la place qui te revient et tu continues d’intercéder pour nous auprès de Dieu. Comme en ces jours passés, alors que tu bénissais l’Enfant et sa Mère, laisse descendre sur nous ta bénédiction, sur les enfants de Marie, les enfants du Père.

Le rosaire dans la ville

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Hosanna pour l’Emmanuel !

     Seigneur, viens sauver ce qui était perdu, guérir ce qui était blessé, reconstruire ce qui était détruit.

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     En ton souffle de vie, Seigneur Jésus, l’allégresse transperce l’espace brumant, les étoiles se balancent aux carillonnements de la Bonne Nouvelle, les éclairs dansent entre les astres sous l’enchantement de la Promesse réalisée. Ciel et terre, exultez, l’attente fébrile des millénaires voit le Verbe de Dieu, son Nom jubile en toute vie créée de par l’univers, sa gloire vient jusqu’à nous, l’Amour se fait chair. 

     Cymbales retentissantes, nuées débordantes, déversez le trop plein du Cœur de Dieu sur la terre des hommes ; chacune de ses œuvres, chantez d’allégresse, ondées célestes, descendez parcourir mers et monts sur la terre des vivants. L’âme de Dieu habite Marie. Pleurez de joie tous les fauves de la terre, brillez jusqu’à l’extase, astres de toutes galaxies, répandez vos plus suaves fragrances plantes vivaces ; fleurs et arbres fruitiers, chantez l’Éternel. Cimes blanchies sous la caresse de nuages floconneux, agenouillez-vous et adorez ; toutes chairs vivantes, laissez-vous glisser jusqu’à Lui, laissez-vous aimer par l’innocence ; hommes trempés dans les larmes et les sueurs du péché, laissez-vous sauver par les balbutiements d’un Enfant et la beauté d’une Vierge Mère, laissez-vous émerveiller par la tendresse qui vous regarde, laissez-vous saisir par ce Dieu incarné, prendre par l’Amour ; laissez-vous aimer à la dimension du Cœur de Dieu. 

………………………………..

   Chut… frères et sœurs, recueillons les premiers rêves de l’Enfant Roi. Il dort de son premier sommeil terrestre. Taillons, du cristal de notre cœur, au cœur de notre chair, le marchepied de la terre jusqu’au trône de Dieu. Reviens Seigneur Jésus, reviens Emmanuel, reprendre les enfants de la terre.

Le rosaire dans la ville

Les autres chroniques du mois

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

L’Ascension de Jésus au Ciel

Jésus est vivant, il est ressuscité. Pendant quarante jours, il se fait voir à ses apôtres, à plusieurs personnes avant son départ pour le Ciel. Ses apôtres aimeraient bien qu’il demeure auprès d’eux, Marie Madeleine aurait bien voulu le retenir alors qu’elle retrouve son bien aimé ressuscité mais Jésus doit retourner vers son Père : « Jésus lui dit : «Ne me retiens pas! Je ne suis pas encore monté vers le Père. Va donc vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu .» (Jn, 20, 17) Oh Jésus! Quelles sublimes paroles tu nous dis là. Nous avons le même Père, le même Dieu que toi, son divin Fils! Parce que tu as donné ta vie sur une croix pour nous, nous sommes devenus tes frères, tes sœurs, nous avons le même Papa, le même Dieu que toi! Quel don incommensurable tu nous as faits! Comme toi, nous avons la même demeure, la Maison de notre Père où tu nous attends. Nous sommes ta famille. Tu es venu nous le dire :  « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m’est un frère, une sœur, une mère. »(Mt, 12, 50) 

   Jésus ne laisse pas les siens dans la peine, ils ne seront pas orphelins, il les console, les rassure, leur fait une promesse. «Votre cœur s’est rempli de tristesse en entendant ce que je vous ai dit. Pourtant je vous ai dit la vérité : il est bon pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra pas. Et si je pars, c’est pour vous l’envoyer.» (Jn, 16, 6-7) « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière; car il ne parlera pas de lui-même; mais tout ce qu’il entendra, il le dira, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part. » (Jn, 16, 13-14) La Parole de Dieu est vivante, elle sera source de vie dans les cœurs fidèles, l’Esprit de Jésus fera fructifier la Parole dans les cœurs, elle témoignera de la Présence de Jésus parmi nous. Jésus n’abandonne jamais les siens, sa mission sur terre étant terminée, sous la mouvance de l’Esprit du Père et du Fils, les disciples de Jésus poursuivent sa mission : annoncer au monde entier la Bonne Nouvelle. Baptisez-les au nom du  Père et du Fils et du Saint Esprit. (Mt, 28, 19-20)  

   Je m’en vais vous préparer une place. (Jn, 14, 1 à 4) Déjà, tu nous dis que tu nous attends dans ton Royaume, quelle espérance tu as mis en nous Seigneur! Tu crois en nous, tu nous veux près de toi pour nous partager ton bonheur. «Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés : demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis tout cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit entière. » (Jn, 15, 9-10-11) Sur terre, tu as fait la volonté du Père, tu es demeuré en son amour jusqu’à la croix, dans le don de ton corps et de ton sang. Tu nous a aimés du même amour que le Père t’a aimé, d’un amour total qui ne calcule pas, un amour entier qui nous fait vivre et nous fait aimer tes commandements, ta loi d’amour afin que ta joie en nous soit parfaite. «Père, je leur ai fait connaître ton Nom, et je le ferai encore pour que l’amour que tu as pour moi soit en eux, et que je sois moi aussi en eux. » (Jn, 17, 25) Aucune division, l’unité parfaite dans l’Esprit afin que tous soient Un. « Qu’ils soient tous Un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu’ils soient eux aussi en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn, 17, 20) Cet amour qui nous est déjà donné sur la terre nous attends, en sa plénitude. «Lorsque nous verrons Jésus tel qu’il est, nous serons semblables à lui. » (1Jn, 3, 2) Nous jouirons pleinement de sa sainte Présence et nous goûterons pleinement son amour. Jésus est allé préparer notre place auprès de lui. Il attend les siens, les petits, les humbles, ceux qui l’auront servi dans leurs frères et sœurs.

   «Je m’en vais vers le Père vous préparer une place, je reviendra vous prendre avec moi afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. » (Jn, 14, 2-3) « Maintenant, vous connaissez le chemin, je suis Moi, je Chemin, la Vérité, la Vie.  Qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi.» (Jn, 14, 9 -10) Nous sommes en Dieu et Dieu est en nous, nous le voyons en nos frères et sœurs en Jésus, nous communion à la vie du Père et du Fils lorsque nous mangeons le corps et le sang du Christ, transsubstantiation par leur Esprit-Saint. À l’heure choisie de notre Père, quand nous quitterons la terre après avoir rempli la mission qui tu nous a été confiée, nous pourrons rentrer chez nous, dans la Maison de notre Père, dans la grande famille de Dieu. Un jour, Jésus, tu nous as dit :  « là où je suis, je veux que vous y soyez aussi.» (Jn, 14, 1-4) Tu n’as oublié personne. Notre Credo nous instruit encore, il nous l’affirme : «…a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour, est ressuscité… » Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui L’avaient précédé les portes du ciel. (catéchisme catholique, nu. 637) Les justes de l’Ancien Testament attendaient la rédemption, ils ont cru à la parole des prophètes, à la promesse faite à Abraham, le père d’une multitude, aussi, tu les as pris avec toi dans ton Royaume. «Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, qu’ils soient aussi avec moi pour qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée. » (Jn, 17, 24) 

En ton Paradis, assis à la droite du Père, tu gardes dans ton corps les marques de ta crucifixion qui
nous rappellent le prix de notre salut; tu as tout donné par amour pour nous afin que nous puissions
vivre auprès de toi et partager ta gloire. Nous te bénissons Seigneur Jésus et nous t’adorons pour le don
de ta vie. Que l’Esprit-Saint que tu nous a envoyé nous instruise et nous guide vers toi qui est le
Chemin qui nous conduit au Père, la Vérité, Parole de Vie et la Vie par laquelle nous vivons en
marchant dans tes pas. Au Paradis des bienheureux où tu nous attends pour nous partager ton bonheur,
puissions-nous être au rendez-vous pour prendre notre place auprès de toi.

Le rosaire dans la ville

Les autres chroniques du mois

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Marie, Mère de l’Église

Au jour de la Pentecôte, les apôtres reçoivent l’effusion de l’Esprit-Saint en présence de la Vierge Marie. À l’Annonciation, Marie avait déjà reçu en sa chair et son âme la touche délicate et mystérieuse de l’Esprit de Dieu, son divin Époux. Au jour de la Pentecôte, sous la mouvance de l’Esprit divin naît l’Église du Christ.

   Lorsque les apôtres eurent reçu l’Esprit de Jésus, ces hommes peureux et sans instruction devinrent des apôtres au cœur de feu, habités de l’amour que Jésus leur avait témoigné tout au long de son périple terrestre. Les paroles et les actions qu’ils avaient vues et entendues de leur Maître devinrent en eux source féconde de vie éternelle. La lumière du Christ illumine le cœur des apôtres, la peur a fait place à la joie, à l’enthousiasme, rien ne les arrête, l’Évangile doit se propager à travers le monde. Leur foi ayant été purifiée et renouvelée, ils sont devenus missionnaires de l’Amour. À la suite du Christ, le cœur brûlant, ils partirent vers leurs frères annoncer la Bonne Nouvelle.

   Avant son Ascension vers le Père, Jésus avait promis à ses apôtres de leur envoyer l’Esprit de sainteté qui leur rappellerait tout ce qu’il avait enseigné. Du don de l’Esprit-Saint aux apôtres et à ceux qui croiront au Fils de Dieu, l’Église accueille la grandeur, la profondeur et l’amplitude de la vie du Christ Sauveur, elle reçoit les dons célestes et acquière la plénitude de sa mission : le salut de tout être humain racheté dans la croix du Christ afin qu’il puisse goûter et partager le bonheur de Dieu dans la Maison du Père. Puissions-nous être des ferments dans l’Église et vivre de nouvelles Pentecôtes qui nous mettrons en marche vers nos frères et sœurs dans la charité du Christ ressuscité.

   Au pied de la croix, Jésus nous donne sa Mère, avec l’apôtre Jean, nous devenons les enfants de Marie. Marie est mère de tous les humains rassemblés dans le corps mystique du Christ devenu l’Église. L’Église en marche reçoit en son sein les enfants de Dieu, L’Église ayant reçu sa mission de l’Esprit-Saint, guide et sanctificateur, l’Église du Christ reconnaît et confère à Marie le titre de Mère de l’Église. Dès sa conception, la Vierge Marie est le temple parfait de la Trinité sainte. La mission de Marie est d’éduquer et de conduire l’Église jusqu’à sa pleine réalisation, c’est-à-dire, la perfection du corps du Christ en chacun de ses membres. Si la Vierge Marie est Reine, elle est avant tout une Mère aimante, attentive à chacun de ses enfants. Aussi, l’Église de son divin Fils est invitée à avoir les mêmes attributs que Marie, Mère de l’Église.

   L’Église se veut maternelle, compatissante et sainte à l’image de la Vierge Marie. Tout comme Jésus est venu sur terre pour servir, l’Église doit se faire humble, ouverte aux souffrances et aux besoins de ses fils et de ses filles, dans le service, à l’image de Marie. Dans les épreuves de la purification, l’Église peut se confier à la Vierge Marie, elle est Celle qui soigne les blessures, l’Étoile qui lui montre le chemin. Par son consentement total au projet de Dieu, Marie a réalisé la volonté du Père, elle a accueilli en elle Jésus, le Fruit de ses entrailles. Marie a été la sainte demeure de Jésus, aussi, elle est la figure de l’Église triomphante du Christ en qui elle continue d’enfanter chacun de ses enfants pour les conduire à son divin Fils. L’Église participe aux douloureux enfantements du monde et de la terre, elle est intimement associée à la vie de tous. Missionnaire pour la gloire de Dieu, ses enfantements sont aussi les nôtres lorsque notre vie donne à l’Évangile un cœur et des mains pour la vie de l’Église.

   L’Église de Jésus-Christ se doit d’être incarnée comme Jésus s’est incarné pour faire connaître l’amour du Père. C’est avec un cœur de chair qu’elle doit servir le peuple de Dieu, un cœur qui bat au rythme du Cœur de Jésus et de Marie. L’Église du Christ doit vibrer à la Parole et la rendre vivante en souffrant avec ceux qui souffrent, en se réjouissant avec ceux qui se réjouissent, en étant le bon Pasteur qui accueille, pardonne et redonne vie dans la vérité de l’Esprit Saint. « Quand il viendra lui, l’Esprit de Vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière. » (Jn, 16, 13)

   L’Église doit respirer de la vie même de Jésus, s’identifier à sa Personne. Jésus est son fondement, sa raison d’être, il est le Coeur de l’Église dont elle est l’Épouse. « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église et les forces de mort ne l’emporteront pas sur elle. Je te donne les clés du Royaume des cieux. » (Mt, 16, 18-19) Pour vaincre les tempêtes qu’Elle traverse, l’Église doit se faire prière : une prière humble, suppliante, aimante, miséricordieuse, une prière d’offrande, de louange, d’action de grâces dans une foi inébranlable en la Parole de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt, 28, 20) Dans ses faiblesses, l’Église entend la Parole de Dieu : « Ma toute-puissance se déploie dans la faiblesse. » (2 Co. 12, 9) Dieu agissant est présent au cœur des faiblesses de l’Église, c’est-à-dire au cœur de nos faiblesses, de nos fragilités, là où l’Esprit construit chaque jour un monde meilleur lorsque nous le laissons agir en nous et avec nous.

   Pour plusieurs, l’esprit du mal semble triompher devant les scandales qui ont parcouru l’Église ces dernières années; ils sont réels et il est important de les reconnaître. Les disciples du Christ reconnaissent leurs faiblesses mais leur foi et leur espérance ne sont pas basées sur le péché des hommes mais sur le Christ vainqueur du mal; ils savent que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre partout dans le monde et que de nouveaux disciples se lèvent chaque jour pour proclamer l’amour d’un Père qui nous aime et qui ne veut perdre aucun de ses enfants. Caché aux regards du monde, le règne de Dieu continue à s’établir au cœur de ses enfants, là où le bon grain et l’ivraie se côtoient. Comme son Fondateur, l’Église doit traverser la passion du Christ pour le salut de l’humanité, pour ressusciter avec le Christ, pour témoigner de l’Évangile en étant visage du Christ dans le service et l’amour donnés à nos frères et sœurs. L’Esprit de Pentecôte est présent pour célébrer la gloire de Dieu dans les cœurs mais il faut que le grain meure pour porter du fruit, un fruit qui demeure.

   Si les blessures de l’Église sont celles des disciples du Christ, sa victoire sur le péché est aussi la leur. Lorsque les blessures des frères et des sœurs en Jésus résonnent dans la chair et le coeur de ceux qui les aiment, l’Église se purifie. L’Église composée de saints et de pécheurs en marche vers la sainteté du Christ vit une perpétuelle conversion jusqu’à sa pleine réalisation dans le Christ. Aussi, dans son apogée  vers le Père, l’Église est appelée à actualiser les paroles de Saint Paul : «À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité de la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. (Éph,4, 7, 11-13)    L’Église veut réaliser en chacun de ses membres le désir suprême du Saint des saints. «Que tous soient un. Comme toi, Père tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé. »  (Jn, 17, 21)

  À l’eucharistie, l’Église perpétue la mission du Christ qui se donne chaque jour dans un mouvement d’amour, perpétuant le mémorial du jeudi saint. À l’eucharistie, par le corps et le sang du Christ, l’Église est purifiée en ses membres, elle soigne les blessures, pardonne les péchés. Par la victoire du Christ sur la mort et le péché, la communauté réunie prie pour l’Église souffrante, les âmes du purgatoire, pour l’Église militante dont nous faisons partie. L’Église célèbre dans la louange et l’action de grâce la résurrection du Christ et la vie éternelle donnée aux enfants de Dieu. L’Église se fait mère lorsque chaque jour, elle offre sa liturgie au peuple de Dieu. Le rosaire en ses vingt mystères sont toujours présents dans la vie de l’Église. Dans sa liturgie, l’Église rappelle et fête tout au long de l’année les mystères du rosaire : mystère joyeux, douloureux, glorieux ou lumineux, l’Église nous les rappelle; l’Annonciation, le baptême de Jésus, sa mort sur la croix, son Ascension au ciel ainsi que tous les autres. L’Église célèbre les saints et les saintes qui nous ont précédés et qui ont sanctifié l’Église par leur amour de Dieu. La vie de Jésus comme celle de la Vierge Marie perpétue la beauté et la richesse du rosaire, ce qui donne à la terre une couleur céleste, un baume d’espérance sur la route d’exil que nous parcourons.

   Le Magnificat de la Vierge Marie veut retentir dans toute l’Église, au cœur de tous les fidèles. Marie accompagne et protège ses fils de prédilection, les âmes sacerdotales, ils sont le souffle de l’Église par lequel le peuple de Dieu se sanctifie. Jésus a fondé son Église sur ses apôtres, des hommes imparfaits qui ont témoigné jusqu’à la mort leur amour du Christ. Comme Marie a assisté les apôtres au jour de la Pentecôte, elle continue d’accompagner ses fils de prédilection afin qu’ils soient à l’image de son Fils, imprégnés de l’amour de Dieu et du prochain. Puissent-ils devenir des âmes fécondées par l’Esprit de Pentecôte, des pasteurs au visage de Dieu, visage de l’Amour incarné, humbles serviteurs appelés à perpétuer le don de Dieu au cœur de l’Église.

   Par la Vierge Marie, laissons-nous enfanter à la vie du Christ afin que l’Église soit une, sainte, catholique et apostolique, image vivante de Celui qui nous donne le salut. La victoire de l’Église est assurée par le cœur immaculé de la Vierge Marie qui ramène le cœur de ses enfants à son fils Jésus. Sur les eaux troubles de notre monde, elle tient en main le gouvernail du vaisseau porté par la croix de son Fils Jésus. Aimons notre Mère l’Église, défendons-la toujours avec générosité et si nous croyons au Christ Sauveur, croyons en elle, soyons un levain dans l’Église de Dieu, solidaires les uns aux autres dans l’adversité comme dans la joie, dans la mission qui nous est confiée. Dieu a besoin de chacun de nous.

Le rosaire dans la ville

Les autres chroniques du mois

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

Troisième mystère lumineux : L’annonce du Royaume de Dieu

Pape François avec un enfant malade

Nous pouvons apprendre beaucoup de choses sur Dieu mais pour connaître une personne dans la vérité de son être, il faut d’abord vivre une réelle rencontre. Dieu n’est véritablement accessible que par le coeur puisqu’il est l’Amour. Avant de parler de Dieu, il faut avoir parlé à Dieu dans la prière du cœur,  avoir pris le temps de l’écouter dans le silence. Se nourrir de sa Parole, en vivre dans le quotidien de sa vie. La connaissance de Dieu, don de son Esprit, se révèle au cœur humble alors qu’il y a relation, communion véritable de part et d’autre. La prière venant du cœur relie l’être humain à Dieu dans une complicité amoureuse et personnelle. Jésus nous le dit: «Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.» (Lc, 10, 22)

Annoncer le Royaume de Dieu ne signifie pas nécessairement faire des œuvres éclatantes, reconnues de tous. C’est l’amour qui donne aux œuvres leur véritable valeur. Comme le dit Saint-Paul, « si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… »(1Cor. 13, 2) Tant de petites gens inconnues témoignent d’une charité parfois héroïque auprès des autres; à leur façon, elles annoncent la venue du Royaume de Dieu, elles donnent à leurs œuvres leur valeur d’éternité. Des personnes avec des déficiences intellectuelles témoignent et enseignent Dieu non par des paroles mais par la tendresse et l’authenticité de leur cœur.

Les œuvres accomplies par amour de Dieu témoignent du Ressuscité, du Vivant parmi nous. Dieu veut avoir besoin de nous pour établir son Royaume sur la terre. Aussi Saint-Pierre ne dit-il pas : « L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé….. » (Act. 15 -22-31) Dieu se communique aux autres par nos gestes, notre cœur, nos paroles, notre fiat irrévocable comme celui de la Vierge Marie à l’Annonciation. L’Esprit-Saint sanctifie nos œuvres afin d’étendre le Royaume de Dieu par toute la terre. Nous sommes appelés à être missionnaire dans notre milieu de vie, auprès de ceux que le Seigneur met sur notre route. Il s’agit parfois d’un sourire, d’une main tendue, d’un peu de chaleur humaine pour redonner espoir à ceux qui manquent d’amour. Et les personnes malades, âgées! Souvent, devant la perte de leur autonomie, elles croient ne plus avoir rien à réaliser, à offrir, elles se sentent inutiles aux yeux de la société mais aux yeux de Dieu, c’est différent; en offrant leur vie, leurs souffrances unies à celles du Christ en croix, elles deviennent de véritables missionnaires dans l’âme, des paratonnerres pour l’Église du Christ. Lorsqu’il y a de l’amour, rien n’est perdu.

Nous sommes les enfants du Père et il veut avoir besoin de nous, non à cause de nos mérites mais pour nous associer à son œuvre, l’avènement du Royaume de Dieu. Plus l’âme est unie à Dieu et accepte de se laisser transformer par son amour, plus le Seigneur la purifiera et l’utilisera pour rejoindre les âmes. Le serviteur n’est pas plus grand que le Maître. À la suite de Jésus, il aura  à souffrir pour le Royaume, l’amour sera teinté de souffrances, de joie, il connaîtra la paix promise par le Christ au cœur même des tribulations. Un jour, au sujet de ses disciples, Jésus a dit : « Si eux se taisent, les pierres crieront. » (Lc, 19, 40) C’est ce feu de l’Esprit-Saint qui anime les âmes, les brûle du désir de faire connaître et aimer Jésus-Christ. Comme le Père a tout remis au Fils, le Fils a promis à ceux qui vivent pour le Royaume : « Cherchez d’abord le Royaume des Cieux et le reste vous sera donné par surcroît » (Lc, 12, 31)

   Avant de s’adresser aux foules pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume des Cieux, Jésus se retirait souvent dans la montagne pour prier son Père. Jésus nous l’affirme : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. » (Jn 14, 10)       Jésus, ne faisant qu’un avec le Père, il accomplit les œuvres qu’il voit faire par le Père. « L’oeuvre de Dieu est que vous croyez en celui que le Père a envoyé. » (Jn, 6,29) Jésus nous le dit : «Je vous ai choisis, je vous ai pris dans le monde afin que vous partiez, que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn, 15, 16) Les âmes généreuses qui veulent travailler au règne de Dieu se nourrissent de l’amour de Dieu, Source de toutes connaissances, de toute bonté, de tous biens afin de porter du fruit en abondance.

L’avènement du Royaume est l’espérance qui nous met en marche au milieu des souffrances de ce monde. Travailler pour le Royaume de Dieu comprend des renoncements, des victoires du bien sur le mal, d’apparents échecs; ce qui ne semble pas porter de fruit à notre regard, Dieu le rend fructueux lorsque nous sommes unis aux souffrances du Christ en croix, offerts à sa miséricorde. Plus nous devenons malléables entre les mains de Dieu comme un enfant, confiant et abandonné à l’amour de son Père, plus il peut construire en nous et par nous un Royaume fraternel, de paix et d’amour. Le Royaume des Cieux est déjà là.

Le rosaire dans la ville

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