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Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Marie, Mère de l’Église

Au jour de la Pentecôte, les apôtres reçoivent l’effusion de l’Esprit-Saint en présence de la Vierge Marie. À l’Annonciation, Marie avait déjà reçu en sa chair et son âme la touche délicate et mystérieuse de l’Esprit de Dieu, son divin Époux. Au jour de la Pentecôte, sous la mouvance de l’Esprit divin naît l’Église du Christ.

   Lorsque les apôtres eurent reçu l’Esprit de Jésus, ces hommes peureux et sans instruction devinrent des apôtres au cœur de feu, habités de l’amour que Jésus leur avait témoigné tout au long de son périple terrestre. Les paroles et les actions qu’ils avaient vues et entendues de leur Maître devinrent en eux source féconde de vie éternelle. La lumière du Christ illumine le cœur des apôtres, la peur a fait place à la joie, à l’enthousiasme, rien ne les arrête, l’Évangile doit se propager à travers le monde. Leur foi ayant été purifiée et renouvelée, ils sont devenus missionnaires de l’Amour. À la suite du Christ, le cœur brûlant, ils partirent vers leurs frères annoncer la Bonne Nouvelle.

   Avant son Ascension vers le Père, Jésus avait promis à ses apôtres de leur envoyer l’Esprit de sainteté qui leur rappellerait tout ce qu’il avait enseigné. Du don de l’Esprit-Saint aux apôtres et à ceux qui croiront au Fils de Dieu, l’Église accueille la grandeur, la profondeur et l’amplitude de la vie du Christ Sauveur, elle reçoit les dons célestes et acquière la plénitude de sa mission : le salut de tout être humain racheté dans la croix du Christ afin qu’il puisse goûter et partager le bonheur de Dieu dans la Maison du Père. Puissions-nous être des ferments dans l’Église et vivre de nouvelles Pentecôtes qui nous mettrons en marche vers nos frères et sœurs dans la charité du Christ ressuscité.

   Au pied de la croix, Jésus nous donne sa Mère, avec l’apôtre Jean, nous devenons les enfants de Marie. Marie est mère de tous les humains rassemblés dans le corps mystique du Christ devenu l’Église. L’Église en marche reçoit en son sein les enfants de Dieu, L’Église ayant reçu sa mission de l’Esprit-Saint, guide et sanctificateur, l’Église du Christ reconnaît et confère à Marie le titre de Mère de l’Église. Dès sa conception, la Vierge Marie est le temple parfait de la Trinité sainte. La mission de Marie est d’éduquer et de conduire l’Église jusqu’à sa pleine réalisation, c’est-à-dire, la perfection du corps du Christ en chacun de ses membres. Si la Vierge Marie est Reine, elle est avant tout une Mère aimante, attentive à chacun de ses enfants. Aussi, l’Église de son divin Fils est invitée à avoir les mêmes attributs que Marie, Mère de l’Église.

   L’Église se veut maternelle, compatissante et sainte à l’image de la Vierge Marie. Tout comme Jésus est venu sur terre pour servir, l’Église doit se faire humble, ouverte aux souffrances et aux besoins de ses fils et de ses filles, dans le service, à l’image de Marie. Dans les épreuves de la purification, l’Église peut se confier à la Vierge Marie, elle est Celle qui soigne les blessures, l’Étoile qui lui montre le chemin. Par son consentement total au projet de Dieu, Marie a réalisé la volonté du Père, elle a accueilli en elle Jésus, le Fruit de ses entrailles. Marie a été la sainte demeure de Jésus, aussi, elle est la figure de l’Église triomphante du Christ en qui elle continue d’enfanter chacun de ses enfants pour les conduire à son divin Fils. L’Église participe aux douloureux enfantements du monde et de la terre, elle est intimement associée à la vie de tous. Missionnaire pour la gloire de Dieu, ses enfantements sont aussi les nôtres lorsque notre vie donne à l’Évangile un cœur et des mains pour la vie de l’Église.

   L’Église de Jésus-Christ se doit d’être incarnée comme Jésus s’est incarné pour faire connaître l’amour du Père. C’est avec un cœur de chair qu’elle doit servir le peuple de Dieu, un cœur qui bat au rythme du Cœur de Jésus et de Marie. L’Église du Christ doit vibrer à la Parole et la rendre vivante en souffrant avec ceux qui souffrent, en se réjouissant avec ceux qui se réjouissent, en étant le bon Pasteur qui accueille, pardonne et redonne vie dans la vérité de l’Esprit Saint. « Quand il viendra lui, l’Esprit de Vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière. » (Jn, 16, 13)

   L’Église doit respirer de la vie même de Jésus, s’identifier à sa Personne. Jésus est son fondement, sa raison d’être, il est le Coeur de l’Église dont elle est l’Épouse. « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église et les forces de mort ne l’emporteront pas sur elle. Je te donne les clés du Royaume des cieux. » (Mt, 16, 18-19) Pour vaincre les tempêtes qu’Elle traverse, l’Église doit se faire prière : une prière humble, suppliante, aimante, miséricordieuse, une prière d’offrande, de louange, d’action de grâces dans une foi inébranlable en la Parole de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt, 28, 20) Dans ses faiblesses, l’Église entend la Parole de Dieu : « Ma toute-puissance se déploie dans la faiblesse. » (2 Co. 12, 9) Dieu agissant est présent au cœur des faiblesses de l’Église, c’est-à-dire au cœur de nos faiblesses, de nos fragilités, là où l’Esprit construit chaque jour un monde meilleur lorsque nous le laissons agir en nous et avec nous.

   Pour plusieurs, l’esprit du mal semble triompher devant les scandales qui ont parcouru l’Église ces dernières années; ils sont réels et il est important de les reconnaître. Les disciples du Christ reconnaissent leurs faiblesses mais leur foi et leur espérance ne sont pas basées sur le péché des hommes mais sur le Christ vainqueur du mal; ils savent que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre partout dans le monde et que de nouveaux disciples se lèvent chaque jour pour proclamer l’amour d’un Père qui nous aime et qui ne veut perdre aucun de ses enfants. Caché aux regards du monde, le règne de Dieu continue à s’établir au cœur de ses enfants, là où le bon grain et l’ivraie se côtoient. Comme son Fondateur, l’Église doit traverser la passion du Christ pour le salut de l’humanité, pour ressusciter avec le Christ, pour témoigner de l’Évangile en étant visage du Christ dans le service et l’amour donnés à nos frères et sœurs. L’Esprit de Pentecôte est présent pour célébrer la gloire de Dieu dans les cœurs mais il faut que le grain meure pour porter du fruit, un fruit qui demeure.

   Si les blessures de l’Église sont celles des disciples du Christ, sa victoire sur le péché est aussi la leur. Lorsque les blessures des frères et des sœurs en Jésus résonnent dans la chair et le coeur de ceux qui les aiment, l’Église se purifie. L’Église composée de saints et de pécheurs en marche vers la sainteté du Christ vit une perpétuelle conversion jusqu’à sa pleine réalisation dans le Christ. Aussi, dans son apogée  vers le Père, l’Église est appelée à actualiser les paroles de Saint Paul : «À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité de la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. (Éph,4, 7, 11-13)    L’Église veut réaliser en chacun de ses membres le désir suprême du Saint des saints. «Que tous soient un. Comme toi, Père tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé. »  (Jn, 17, 21)

  À l’eucharistie, l’Église perpétue la mission du Christ qui se donne chaque jour dans un mouvement d’amour, perpétuant le mémorial du jeudi saint. À l’eucharistie, par le corps et le sang du Christ, l’Église est purifiée en ses membres, elle soigne les blessures, pardonne les péchés. Par la victoire du Christ sur la mort et le péché, la communauté réunie prie pour l’Église souffrante, les âmes du purgatoire, pour l’Église militante dont nous faisons partie. L’Église célèbre dans la louange et l’action de grâce la résurrection du Christ et la vie éternelle donnée aux enfants de Dieu. L’Église se fait mère lorsque chaque jour, elle offre sa liturgie au peuple de Dieu. Le rosaire en ses vingt mystères sont toujours présents dans la vie de l’Église. Dans sa liturgie, l’Église rappelle et fête tout au long de l’année les mystères du rosaire : mystère joyeux, douloureux, glorieux ou lumineux, l’Église nous les rappelle; l’Annonciation, le baptême de Jésus, sa mort sur la croix, son Ascension au ciel ainsi que tous les autres. L’Église célèbre les saints et les saintes qui nous ont précédés et qui ont sanctifié l’Église par leur amour de Dieu. La vie de Jésus comme celle de la Vierge Marie perpétue la beauté et la richesse du rosaire, ce qui donne à la terre une couleur céleste, un baume d’espérance sur la route d’exil que nous parcourons.

   Le Magnificat de la Vierge Marie veut retentir dans toute l’Église, au cœur de tous les fidèles. Marie accompagne et protège ses fils de prédilection, les âmes sacerdotales, ils sont le souffle de l’Église par lequel le peuple de Dieu se sanctifie. Jésus a fondé son Église sur ses apôtres, des hommes imparfaits qui ont témoigné jusqu’à la mort leur amour du Christ. Comme Marie a assisté les apôtres au jour de la Pentecôte, elle continue d’accompagner ses fils de prédilection afin qu’ils soient à l’image de son Fils, imprégnés de l’amour de Dieu et du prochain. Puissent-ils devenir des âmes fécondées par l’Esprit de Pentecôte, des pasteurs au visage de Dieu, visage de l’Amour incarné, humbles serviteurs appelés à perpétuer le don de Dieu au cœur de l’Église.

   Par la Vierge Marie, laissons-nous enfanter à la vie du Christ afin que l’Église soit une, sainte, catholique et apostolique, image vivante de Celui qui nous donne le salut. La victoire de l’Église est assurée par le cœur immaculé de la Vierge Marie qui ramène le cœur de ses enfants à son fils Jésus. Sur les eaux troubles de notre monde, elle tient en main le gouvernail du vaisseau porté par la croix de son Fils Jésus. Aimons notre Mère l’Église, défendons-la toujours avec générosité et si nous croyons au Christ Sauveur, croyons en elle, soyons un levain dans l’Église de Dieu, solidaires les uns aux autres dans l’adversité comme dans la joie, dans la mission qui nous est confiée. Dieu a besoin de chacun de nous.

Le rosaire dans la ville

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

Troisième mystère lumineux : L’annonce du Royaume de Dieu

Pape François avec un enfant malade

Nous pouvons apprendre beaucoup de choses sur Dieu mais pour connaître une personne dans la vérité de son être, il faut d’abord vivre une réelle rencontre. Dieu n’est véritablement accessible que par le coeur puisqu’il est l’Amour. Avant de parler de Dieu, il faut avoir parlé à Dieu dans la prière du cœur,  avoir pris le temps de l’écouter dans le silence. Se nourrir de sa Parole, en vivre dans le quotidien de sa vie. La connaissance de Dieu, don de son Esprit, se révèle au cœur humble alors qu’il y a relation, communion véritable de part et d’autre. La prière venant du cœur relie l’être humain à Dieu dans une complicité amoureuse et personnelle. Jésus nous le dit: «Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.» (Lc, 10, 22)

Annoncer le Royaume de Dieu ne signifie pas nécessairement faire des œuvres éclatantes, reconnues de tous. C’est l’amour qui donne aux œuvres leur véritable valeur. Comme le dit Saint-Paul, « si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… »(1Cor. 13, 2) Tant de petites gens inconnues témoignent d’une charité parfois héroïque auprès des autres; à leur façon, elles annoncent la venue du Royaume de Dieu, elles donnent à leurs œuvres leur valeur d’éternité. Des personnes avec des déficiences intellectuelles témoignent et enseignent Dieu non par des paroles mais par la tendresse et l’authenticité de leur cœur.

Les œuvres accomplies par amour de Dieu témoignent du Ressuscité, du Vivant parmi nous. Dieu veut avoir besoin de nous pour établir son Royaume sur la terre. Aussi Saint-Pierre ne dit-il pas : « L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé….. » (Act. 15 -22-31) Dieu se communique aux autres par nos gestes, notre cœur, nos paroles, notre fiat irrévocable comme celui de la Vierge Marie à l’Annonciation. L’Esprit-Saint sanctifie nos œuvres afin d’étendre le Royaume de Dieu par toute la terre. Nous sommes appelés à être missionnaire dans notre milieu de vie, auprès de ceux que le Seigneur met sur notre route. Il s’agit parfois d’un sourire, d’une main tendue, d’un peu de chaleur humaine pour redonner espoir à ceux qui manquent d’amour. Et les personnes malades, âgées! Souvent, devant la perte de leur autonomie, elles croient ne plus avoir rien à réaliser, à offrir, elles se sentent inutiles aux yeux de la société mais aux yeux de Dieu, c’est différent; en offrant leur vie, leurs souffrances unies à celles du Christ en croix, elles deviennent de véritables missionnaires dans l’âme, des paratonnerres pour l’Église du Christ. Lorsqu’il y a de l’amour, rien n’est perdu.

Nous sommes les enfants du Père et il veut avoir besoin de nous, non à cause de nos mérites mais pour nous associer à son œuvre, l’avènement du Royaume de Dieu. Plus l’âme est unie à Dieu et accepte de se laisser transformer par son amour, plus le Seigneur la purifiera et l’utilisera pour rejoindre les âmes. Le serviteur n’est pas plus grand que le Maître. À la suite de Jésus, il aura  à souffrir pour le Royaume, l’amour sera teinté de souffrances, de joie, il connaîtra la paix promise par le Christ au cœur même des tribulations. Un jour, au sujet de ses disciples, Jésus a dit : « Si eux se taisent, les pierres crieront. » (Lc, 19, 40) C’est ce feu de l’Esprit-Saint qui anime les âmes, les brûle du désir de faire connaître et aimer Jésus-Christ. Comme le Père a tout remis au Fils, le Fils a promis à ceux qui vivent pour le Royaume : « Cherchez d’abord le Royaume des Cieux et le reste vous sera donné par surcroît » (Lc, 12, 31)

   Avant de s’adresser aux foules pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume des Cieux, Jésus se retirait souvent dans la montagne pour prier son Père. Jésus nous l’affirme : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. » (Jn 14, 10)       Jésus, ne faisant qu’un avec le Père, il accomplit les œuvres qu’il voit faire par le Père. « L’oeuvre de Dieu est que vous croyez en celui que le Père a envoyé. » (Jn, 6,29) Jésus nous le dit : «Je vous ai choisis, je vous ai pris dans le monde afin que vous partiez, que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn, 15, 16) Les âmes généreuses qui veulent travailler au règne de Dieu se nourrissent de l’amour de Dieu, Source de toutes connaissances, de toute bonté, de tous biens afin de porter du fruit en abondance.

L’avènement du Royaume est l’espérance qui nous met en marche au milieu des souffrances de ce monde. Travailler pour le Royaume de Dieu comprend des renoncements, des victoires du bien sur le mal, d’apparents échecs; ce qui ne semble pas porter de fruit à notre regard, Dieu le rend fructueux lorsque nous sommes unis aux souffrances du Christ en croix, offerts à sa miséricorde. Plus nous devenons malléables entre les mains de Dieu comme un enfant, confiant et abandonné à l’amour de son Père, plus il peut construire en nous et par nous un Royaume fraternel, de paix et d’amour. Le Royaume des Cieux est déjà là.

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

À Marie, Sanctuaire Notre-Dame du Cap

Tes jardins, ô Marie…

Tes jardins ô Marie sont Musique

Plus mélodieux qu’une ode lyrique

Quand le Silence enveloppe de son chant

La prière incessante de tes enfants

Tes jardins ô ma Mère sont Prière

Quand la brise du soir descend

Dans la pacifiante douceur de ton Sanctuaire

Sur les derniers ave des passants

Tes jardins ô Marie son Lumière

Les rayonnements de ta vie nous éclairent

Quand la reposante beauté de tes parures

Chante l’hymne de la nature

Tes jardins ô ma Mère sont Caresse

Quand la symphonie des oiseaux magnifie

L’intimité discrète de ta tendresse

Confessant la maternelle présence de Marie

Tes jardins ô Marie sont Fragrance

Dans l’air marial se célèbre l’Alliance

Parfums de sainteté de l’Immaculée

Odorante pureté embaumant les allées

Tes jardins ô ma Mère sont Fontaine

Quand dans tes bras reposent nos fardeaux

Jésus désaltère nos soifs humaines

Tes enfants boivent l’eau vive en ton berceau

Tes jardins ô Myriam sont Mystère

Quand sous le regard de Dieu prie la terre

Pour nous s’offre le Coeur d’une Mère

Au Jardin de Dieu, au Jardin du Père

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

L’institution de l’eucharistie

  La fête de l’Eucharistie, fête du Très Saint Sacrement est la fête de l’Amour par excellence, la fête de Celui qui se fait pauvre, de la charité suprême, fête du Don de Dieu pour la vie du monde dans sa plus parfaite oblation. Pouvait-il y avoir une manière plus intime à Dieu, en Jésus-Christ, de demeurer parmi nous en nous livrant lui-même son corps, son sang, son humanité et sa divinité que nous recevons en notre cœur lorsque nous communions à sa Vie!

  Plus le désir de communier à la vie du Christ est profond, plus le Seigneur comble l’âme de ses grâces, de sa Présence. Pendant la célébration de la messe, le prêtre prononce les paroles de Jésus laissées aux apôtres lors de la dernière scène avant d’entrer librement dans sa passion. «Ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites cela en mémoire de moi.» (Mc. 14, 22-24) Aux paroles de Jésus prononcées par le prêtre, l’Esprit de Dieu transforme le pain et le vin au corps et au sang de Jésus. L’Église tout entière célèbre le mystère de notre rédemption.

  l’Eucharistie perpétue l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu et l’humanité. Que le prêtre célèbre la  messe seul ou avec plusieurs personnes, cela ne change en rien au mystère de la foi. L’Église tout entière y est présente, l’Église triomphante composée des bienheureux du ciel, l’Église souffrante des âmes du purgatoire ainsi que l’Église militante dont nous faisons partie demeure présente en Jésus-Christ par sa mort et sa résurrection célébrées dans l’Eucharistie.

 Avant de prononcer les paroles de la consécration, le prêtre verse une goutte d’eau dans le vin. Cette petite goutte d’eau en elle-même n’est rien mais mêlée à ce qui deviendra le sang de Jésus, elle reçoit sa valeur d’éternité dans le Christ Sauveur, participe au mystère de la croix. Cette goutte d’eau représente chacun de nous qui adhérons à la vie divine. La vie de Jésus qui se donne et se reçoit dans une âme aimante à laquelle Jésus veut se donner pleinement. «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui » (Jn, 6, 56)

   L’Eucharistie est le signe de l’unité du Corps du Christ, elle rassemble en un seul Corps l’Église du Christ mort et ressuscité pour nous. Jésus prie son Père : «Comme toi Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé.» ( Jn, 17, 21) En son corps et son sang, Jésus rassemble tous les peuples de la terre, de tous les temps, ce qui est divisé est unifié en Lui pour une seule foi, une seule espérance, un seul Pasteur.

   L’adoration du Très Saint Sacrement est un acte d’amour gratuit. Demeurer devant Dieu, accepter de perdre du temps devant le Seigneur sans rien faire, sans rien dire parfois, simplement être présent à Celui que nous contemplons afin de devenir ce que nous contemplons. Contempler le Visage du Seigneur caché dans l’Hostie sainte est un acte de foi, Adorer son Seigneur et son Dieu tout en lui présentant l’humanité. Perdre du temps à se laisser regarder par Jésus présent dans la sainte Hostie, apprendre à aimer, à se laisser aimer dans l’intimité du cœur à cœur. Saint Paul ne nous invite t-il pas à devenir une hostie de louange à la gloire de Dieu! Lors de la fête de l’Eucharistie, la prière du temps présent nous invite à prendre conscience de la grâce inestimable que Dieu nous fait en devenant ce que nous mangeons : « Prenez son corps dès maintenant, Il vous convie à devenir Eucharistie; et vous verrez que Dieu vous prend, qu’il vous héberge dans sa vie et vous fait hommes de son sang. »

    À cause de la maladie, des inconvénients de l’âge, des personnes ne peuvent se rendre à la messe ou à l’adoration. Lorsque cela nous est impossible, le Seigneur Jésus nous a donné une parole de réconfort et d’espérance : «Les vraies adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Ils seront les adorateurs du Père comme lui-même le désire. » (Jn, 4, 23) Dans l’Esprit de Jésus, tous sans exception peuvent adorer le Père dans la vérité et la sincérité de leur cœur. Dieu se donne à qui veut le recevoir, il ne fait aucune différence entre les peuples; l’important est le désir sincère de rencontrer Dieu dans un un cœur à cœur.

  L’Eucharistie est la Parole faite chair, le Christ vivant parmi nous. Dans le don de sa Personne, Jésus nous invite à la charité envers nos frères et sœurs en Jésus-Christ. Lors du dernier repas de Jésus avant d’entrer dans sa passion, le lavement des pieds est un enseignement de l’amour de Dieu et du prochain. En se faisant le serviteur de tous, Jésus nous invite à faire de même pour les autres et nous rend participants à sa vie divine : « Si je ne te lave pas les pieds dit Jésus à Pierre, tu n’auras pas de part avec moi. » (Jn, 13, 8) Dans le mot Eucharistie, n’y a t-il pas le mot Charité. eu CHARI s T i E

   Le prêtre est le ministre de l’Eucharistie, sans le prêtre, nous ne pourrions manger le corps et le sang de Jésus. Ce n’est que dans le Royaume des Cieux que nous comprendrons la grandeur et la beauté du sacerdoce, le privilège indélébile que Dieu a donné à ces hommes qu’il a appelés. Personne ne devient prêtre par lui-même, il le devient par un appel personnel de Dieu qui lui offre sa grâce. Par le prêtre, Dieu se manifeste dans les sacrements; aux paroles de la consécration, Jésus est présent dans le pain et le vin devenus son corps et son sang, il pardonne et distribue avec largesse ses grâces aux fidèles par le sacerdoce de ses prêtres. Par sa consécration et son union au Christ, le prêtre doit être sur terre un autre Jésus qui, indépendamment des faiblesses de sa nature humaine, poursuit la mission du Christ, le Prêtre par excellence. Saint  François d’Assise disait: «si je rencontre un prêtre et un ange, je m’inclinerai d’abord devant le prêtre.»

 Jésus est le Prêtre par excellence. Durant toute sa vie sur terre et sur la croix, Jésus a consommé son Sacerdoce royal que le Père lui avait confié en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Le Christ, premier Prêtre est à la fois Celui qui célèbre et Celui qui est célébré, il est en même temps le Prêtre et l’Hostie; le don total de sa vie pour la rédemption du monde fait de Lui le Célébrant et la Victime parfaite, Celui qui donne et Celui qui est donné dans l’accomplissant de la volonté du Père. Aussi, le Père glorifie son divin Fils; Jésus poursuit dans le monde sa mission sacerdotale par le sacerdoce des hommes qu’il appelle à commémorer et à perpétuer, particulièrement par l’Eucharistie, la mission que le Père lui a confiée.   

  Par leur baptême, les baptisés sont reliés au Sacerdoce royal du Christ et par le fait même, aux âmes sacerdotales qui perpétuent l’Alliance de Dieu avec son peuple. Par notre baptême, notre adhésion au Christ, nous sommes un peuple de prêtres, de prophètes et de rois intimement associés au sacerdoce du Christ-Roi et à ses ministres. Nous avons une responsabilité envers toute âme consacrée dans le sacerdoce; dans le monde où il y a de nombreuses tentations, ils ont besoin de nos prières et de notre appui dans leur sublime vocation. Prions chaque jour pour les prêtres. Jésus n’a t-il pas dit : « À qui on aura donné beaucoup, on réclamera davantage» (Lc, 12, 48) Le prêtre ne se sauve pas seul et ne se perd pas seul, nous y sommes associés dans le Christ.

  Lorsque Jésus a quitté la terre, ses apôtres ont poursuivi sa mission dans l’annonce du Royaume et la célébration de l’Eucharistie. « Faites ceci en mémoire de moi» (Lc, 22,19)La Vierge Marie a été le premier tabernacle de Dieu, le premier ostensoir à porter la vie de  son Fils, elle l’a reçu en elle, elle l’a chéri en ses entrailles et a participé intimement à sa mission sur terre. Nous ne pouvons concevoir avec quel amour et quel bonheur la Mère de Dieu recevait de la main des apôtres le corps et le sang de son divin Fils ressuscité! Marie, Mère du bel Amour, donne-nous faim de l’Eucharistie.

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

Marie, Femme de foi

 

Sommes-nous vraiment conscients des réalités que la Mère de Jésus a vécues tout au long de sa vie sur la terre? Les Évangiles nous disent peu à son sujet; nous savons qu’elle méditait tout en son cœur. Mais ce coeur, comment le scruter avec nos pauvres limites humaines! Posons un regard sur Marie, à la lumière de la Parole de Dieu. Dans un acte de foi et d’amour, laissons-nous saisir par le feu de l’Esprit. L’Époux divin nous fait entrer dans l’intimité de Marie, Sanctuaire privilégié de Dieu.

  L’Annonciation. Lors de l’Annonciation, Marie accueille la volonté de Dieu dans un fiat irrévocable. «Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole,» (Lc, 1, 38)répondit-elle à l’ange. Pourtant, Marie ne connaissait pas les implications de ce consentement dans sa vie mais elle a foi en Dieu et en son projet d’amour. Marie se rend disponible à vivre selon les désirs de Dieu.

Avec l’ange du Seigneur, je te salue Marie
Ouvre mon cœur à la Parole de Dieu

La Nativité. Viendra le temps de la naissance du Fils de Dieu : la sainte Famille est refusée, il n’y a pas de place pour eux dans la salle commune. «Marie enfantera son fils, elle l’emmaillotera dans une mangeoire, réchauffé par un bœuf et un âne.»(Lc, 2, 7) Notre Dieu est un Dieu qui se fait pauvre et mendiant de notre amour. C’est ce même Dieu pauvre et démunie que nous mangeons dans l’Hostie sainte. Saurons-nous le réchauffer de notre amour?

Vierge Marie, avec toi, je veux adorer ton divin Enfant
pour qu’il naisse dans tous les cœurs des enfants de Dieu.

 La fuite en Égypte.Hérode veut tuer l’Enfant. Le projet d’Hérode est révélé en songe à Joseph : «Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et va te réfugier au pays d’Égypte. Tu y resteras jusqu’à ce que je te le dise, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » (Mt, 2, 13) La sainte Famille doit s’exiler en Égypte pour sauver l’Enfant-Jésus. Marie et Joseph connaissent la fatigue, le dépaysement, les difficultés rencontrées lors de ce long voyage dans un pays étranger. Marie sait par sa foi que la  Providence veille sur eux, elle actualise les projets de Dieu dans l’abandon et la confiance.

Vierge Marie, nous te confions tous les enfants de la terre
 Nous te confions ceux qui blessent et ceux qui sont blessés

  Marie visite Élisabeth.La foi de Marie est vivante, concrète, elle est charitable. « Marie se rend auprès de sa cousine Élisabeth vers une ville de Juda, dans la région montagneuse. »(Lc 1, 39) Élisabeth est âgée et enceinte, Dieu lui a prodigué sa miséricorde. À la salutation de Marie, Élisabeth remplie de l’Esprit-Saint reconnaît en Marie la Mère de Dieu, bénie entre toutes les femmes. La grandeur du projet de Dieu sur Marie ouvre l’âme d’Élisabeth à la beauté du mystère mariale.

Du cœur de Marie jaillit son Magnificat
« Le Seigneur a fait pour moi des merveilles »

 Présentation de Jésus au temple.Jésus, premier né masculin est présenté au temple. Marie est fidèle aux coutumes de son temps. « Au temple se tenait un homme pieux appelé Siméon. L’Esprit-Saint était sur lui, l’Esprit lui avait révélé qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Siméon dit à Marie : » (Lc,2, 25-26) « Cet enfant sera un signe de division et de relèvement en Israël, toi-même, un glaive te transpercera l’âme. » (Lc, 2, 34-35)  Que sera l’avenir pour toi Marie! L’amour de ton Dieu est si grand pour toi qu’il t’a intimement unie à la rédemption de l’humanité, il ne pouvait en être autrement, tu es indissociable de ton Enfant.Tu es la Mère de ton Seigneur et des enfants de Dieu. Devant l’Enfant-Jésus et l’Homme des douleurs, jamais ton fiat n’a défaillit.

  Marie, à ta suite, je veux dire oui à la volonté de Dieu sur ma vie
Si je tombe, Marie, relève-moi dans tes bras.

  Recouvrement de Jésus au temple.Suite à trois jours de recherche et d’angoisse, Marie et Joseph retrouve le jeune « Jésus au temple, assis au milieu des maîtres de la loi; il les écoutait et les interrogeait. » (Lc, 2, 46) En le voyant, Marie lui dit : «Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela; ton père et moi, nous te cherchions, très inquiets? »Jésus leur répond : «Pourquoi me cherchiez-vous? Ne savez-vous pas que je dois être chez mon Père.» (Lc,2,48-49) Terrible réponse pour des parents qui ont cherché leur enfant pendant trois jours. Marie est une maman, une maman avec un cœur humain dotée de grâces célestes. Il est dit que Marie méditait tout en son cœur. Marie ne compris pas les paroles de Jésus mais dans sa foi, elle les accueillait, les intégrait et les priait.

  Marie, lorsque je ne comprends pas les paroles de Jésus
Apprends-moi à les accueillir, à les prier avec ta foi et ta confiance.

   Les noces de Cana.«Ils n’ont plus de vin.»(Jn, 2, 3) Marie est sensible aux besoins des jeunes mariés. Aussi, s’adresse t-elle à son Fils mais l’heure de Jésus n’est pas arrivée. Au-delà des règles, Marie croit, elle connaît le cœur de son Enfant, elle lui fait confiance. « Tout ce qu’il vous dira, faites-le, »(Jn, 2,  5) dit-elle aux  serviteurs. Que se passe t-il? L’eau est changé en vin et ce vin est supérieur à tout ce qui a été servi jusqu’alors. Étonnement du maître du repas… Il est ainsi Jésus, il donne toujours plus que ce que l’on espère et en surabondance. Mais le voyons-nous? Sommes-nous attentifs à ce qu’il fait pour nous?

Marie, femme de foi, apprends-moi à croire au Dieu de l’impossible
 Présente nos demandes à ton Fils Jésus.

   Qui est ma mère, ma sœur… « Ta mère et tes frères sont là dehors, ils voudraient te parler »      Jésus répondit : « Qui est ma mère, qui sont mes frères. Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux Cieux est pour moi un frère, une sœur, une mère »(Mt, 12, 46 à 50)Comme nous sommes importants pour toi Jésus malgré nos pauvretés et nos ingratitudes. Alors que ta Mère et tes frères te demandent, tu dis que nous sommes ta famille lorsque nous te suivons. Nous sommes les enfants du Père, la famille de Dieu qui nous appelle à vivre de sa vie divine pour nous partager son bonheur.

Nous avons le même Père que Jésus, incroyable mais vrai
Merci Jésus pour la grande famille de Dieu

     Marie rencontre Jésus sur le chemin de croix. Il avait perdu toute apparence humaine. «C’est par ses blessures que nous sommes guéris »(1 P, 2, 24) Cet enfant devenu un homme, Marie l’a pris dans ses bras, elle l’a regardé, leur cœur battait à l’unisson. Sous les traits défigurés de son Enfant, Marie reconnaît la beauté de Dieu défigurée par nos péchés. Quelle douleur devait être la tienne Marie en voyant ton Fils! L’épée a traversé ton âme! Tu reconnais Celui que tes entrailles ont porté, ces mêmes entrailles portent la souffrance du Fils adoré. Ton amour reconnaît chaque trait du Visage défiguré de ton Fils, ce Visage qui nous a tant aimés et qui nous regarde toujours avec le même amour. Tu iras jusqu’à la croix Marie, en ton âme, tu l’as portera avec Lui. Le silence de l’Agneau de Dieu crie sa soif d’amour de l’homme, une soif d’amour que Marie veut étancher.

Jésus, j’adore ton Visage défiguré, j’y vois la beauté de ton amour pour moi
Marie, donne-moi soif des âmes pour les offrir à Jésus.

   Marie à la croix. Qui peut sonder la douleur du Coeur de Marie! Cette douleur nous échappe, elle dépasse les limites de nos compréhensions humaines. Si nous la percevons quelque peu, alors, elle nous est révélée par la grâce de Dieu. Seul le Père pouvait soutenir Marie dans une si violente blessure. Les grandes douleurs sont silencieuses, elles sont sans mot, seule une force de vie mystérieuse nous projette vers un amour indicible pour l’Aimé. Marie se tient debout à la croix, pas de cri, de lamentation, seule une douleur silencieuse baignée dans les larmes. Marie prie la croix avec Jésus, tout est accompli.

Vierge Marie, lorsque la douleur étreint tout mon être
Montre-moi Jésus sur la croix qui a tout donné pour moi

  Marie prie avec les apôtres.«D’un seul cœur, les Apôtres participaient fidèlement à la prière avec Marie, la mère de Jésus »(Ac, 1, 14) Jésus est ressuscité, il est le Vivant. Dans la prière, avec les Apôtres, Marie attendait la venue de l’Esprit-Saint promis par Jésus. Les Apôtres réunis en prière avec Marie est le modèle de l’Église en prière pour le salut de tous les hommes. La foi de Marie rayonne au cœur des Apôtres, la louange monte vers Dieu. Marie mère de l’Église la conduit jusqu’au retour glorieux du Christ.

Marie, donne-moi ton amour de l’Église du Christ
née de la mort et de la résurrection de ton divin Fils.

Du Ciel, la Vierge Marie continue de prier pour nous, d’intercéder auprès de son divin Fils. Comme une Maman voulant le bonheur de ses enfants, elle vient sur terre nous visiter, elle nous appelle avec insistance à la conversion du cœur, nous invite à nous ouvrir à l’amour de Dieu.

Vierge Marie, Femme de foi, nous voulons répondre à tes appels
 montre-nous ton Fils Jésus, conduis-nous à la plénitude de l’Amour.  

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Pâques! Le Christ est ressuscité!

 

Pâques! Le Christ est vivant! Les chaînes de l’esclavage sont tombées. Il a vaincu la mort et le péché. Jusqu’à la fin de son existence terrestre, le Christ accompli la volonté de son Père pour nous montrer le chemin. Dans sa mort et sa résurrection, avec Lui, nous entrons dans la Vie. Dans la résurrection de l’Homme-Dieu, notre chair est sanctifiée, appelée à la vie éternelle, sa résurrection appelle notre propre résurrection.

Avant de monter vers son Père et notre Père, Jésus ressuscité se fait voir à plusieurs de ses contemporains. Ses disciples n’en croient pas leurs yeux, alors qu’ils croyaient que tout était fini, le voici vivant au milieu d’eux en chair et en os. Sa victoire n’est pas à la mesure des hommes mais à la mesure de l’amour de Dieu, du don de soi. Jésus a tout donné, dans l’Esprit-Saint, le Père l’a glorifié.

Les siens s’ouvrent à une vie nouvelle. Du doute renaît la foi, la peur laisse la place à la joie : Celui qu’ils ont suivi et aimé est vivant, il prendra place auprès de son Père et l’Esprit du Père et du Fils leur sera envoyés. Jésus leur avait promis : «Je ne vous laisserai pas orphelins. (Jn, 14,18) Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps.» (Mt, 28,20) L’Esprit-Saint les assistera, ils témoigneront de la résurrection du Christ par le don de leur vie, jusqu’au martyre.

Au Ciel, Jésus ressuscité a conservé sur son corps glorifié les marques des clous de sa crucifixion; ses mains et ses pieds en témoignent ainsi que son côté transpercé d’une lance. Jésus nous montre les preuves de son amour. La Parole de Dieu ne nous dit-elle pas! «Dans ses blessures, nous trouvons la guérison.» (Esa, 53,5) Par ses marques d’amour éternellement visibles, Jésus se fait solidaire de ses frères et sœurs souffrants portant dans leur chair, leur cœur et leur esprit, les signes de leurs souffrances. Entrons avec Lui au cœur du mystère divin. Les détachements du monde, de soi, de notre volonté, toutes ces morts, petites et grandes que nous rencontrons tout au long de notre existence terrestre nous amènent jusqu’à notre mort corporelle; à la suite de Jésus, il faut mourir pour ressusciter et goûter au bonheur de la Vie éternelle. Dans la résurrection du Christ est inscrite notre propre résurrection. Baignés dans la mort de l’Homme-Dieu crucifié et ressuscité, avec Lui, nous entrons dans la gloire et la joie de Pâques.

Pâques est le cœur de la vie chrétienne. Si le Christ n’était pas ressuscité, nous serions encore esclaves du péché, laissés à nous-mêmes, condamnés à une mort sans issue. Mais le Christ est vivant, avec Lui, nous le sommes aussi, nous sommes appelés à partager sa vie et à témoigner de sa résurrection. Les marques de la crucifixion du Christ perpétuent au Ciel et sur terre le don de Dieu, ils sont les signes tangibles du triomphe de son amour, le triomphe de Pâques.

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Marie au pied de la croix

 

Une lance s’enfonce dans la chair du Bien Aimé
Du sang et de l’eau jaillissent de son côté
Du Coeur de l’Amour transpercé
Naît l’Église pour l’humanité

Au pied de la croix
L’Immaculée recueille la rosé immortelle
Au vase virginal de son âme.
Les mains qui ont caressé l’Enfant-Dieu
Ouvertes comme des pétales éclos
Reçoivent la sève rougie
D’un Dieu engendrant dans la mort la Vie.

L’expiration de l’Agneau immolé
A fait éclater la mort
Une sève nouvelle coule maintenant
Sur la terre des vivants
Son divin sang a tracé nos sillons d’éternité
Sur nos routes empoussiérées du péché.
Sa Mère boit à même la douleur
Son baiser trempé aux plaies du Bien Aimé.

Se tissent entre ciel et terre les filaments de sang
Qui élèvent le pécheur jusqu’au trône céleste.
Tout près d’Elle, le disciple entend la promesse de vie :
«Femme, voici ton fils, Jean, voici ta Mère»
L’offrande fait éclater la tendresse
D’un Dieu offrant l’ultime amour
Alors que la mort perce les ténèbres déchaînées
La Lumière traverse les abîmes
S’allume le grand brasier du «consummatum est»

Marie, au pied de la Vie
Reçoit le glaive de l’Amour
Un même sang glorifie le Père
L’Esprit est venu jusqu’à nous
La mort agenouillée
Contemple, vaincue,
L’Amour immolé.

Sur l’autel de l’Eucharistie
Lit nuptial d’un Dieu en croix
Dans la chair et le sang du Fils glorifié
L’humanité épousée reçoit l’Esprit.

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Notre-Dame des Neiges

 

Les jardins isolés récoltent de leur silence les grâces multiples des jours animés. Venus de tous les horizons, nos frères et sœurs ont enraciné en ta terre bénie, ô Vierge, la prière incessante d’une Église en marche. Aujourd’hui, le paysage silencieux retient en ses éléments naturels, le mouvement sacré de l’âme humaine tournée vers son Dieu et sa tendre Mère.

Les teintes automnales ont livré le froid aux jardins découverts pour enfin laisser place peu à peu aux premiers flocons qui nous entraînent avec eux dans leur ascension hivernale. Le silence envahissant apparaît plus pénétrant, plus bleuté; le froid transit tout décor créant enfin une nouvelle unification de solitude bienheureuse. En quelques jours, quelques nuits, la vie a joué son interminable mémorial à perpétuer la fidélité des saisons. Alors que nos visions temporelles se transforment, notre appartenance à la Vierge traverse les saisons sous le cachet invisible d’une floraison mariale ininterrompue. Du dehors, la nature joue de ses ébats, du dedans, la présence de Marie illumine paisiblement notre joie.

Les premières neiges étalent leur beauté. Mille et un diamants brillent sous le soleil nourricier, sur les vastes étendues de croûtons de neige vierge où le pas humain n’a pas encore enfoncé son empreinte. Puis, quelques passants imprégneront au sol des traces nouvelles jusqu’au jour où des rafales blanchies, soulevées sous le soleil emporteront dans un tourbillon d’étincelles, leur caresse blanche, jusqu’à ton trône, ô Vierge Mère!

Les hauts faîtes des arbres argentés s’élèvent dans l’azur, ouvrant leurs bras à l’immensité qui les recouvre : la terre est baignée de soleil : «Une femme vêtue de soleil, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête.» (Apoc. 12, 1) Ô Vierge, splendeur de Dieu, douce lumière baignant de ta présente beauté la vallée de nos larmes, tu demeures le tremplin de notre espérance. Puissions-nous boire avec toi et en toi au don de la glorieuse création divine! En ce lieu béni où tes yeux se sont ouverts, prodige de ta délicate tendresse maternelle, je te vénère Marie, ma douce Mère. Du dehors, la toiture du petit sanctuaire recouverte d’une épaisse couche blanche demeure uniforme, aucune imperfection ne ternit la beauté de la vision, aucune lésion ne rebute la droiture de ses nappes. Le clocher avec ses croix émergent de la vision, élèvent notre regard vers les blancs nuages se baladant au milieu de l’azur. Dans ce ciel royal au bleu pénétrant, le manteau de la Vierge recouvre la terre.

La pureté du silence envahit. Le décor transfigure les images. Une douce poudrerie a habillé le paysage d’une blancheur irréelle. Aux arbres argentés, de longues aiguilles garnies de filets blancs soyeux émergent dans le bleu du ciel; collés aux branches, les amas de neige entassés amoureusement gardent la douceur d’une caresse prolongée. L’uniformité des arbres givrés d’une blancheur incandescente perce d’éclat sous les rayons solaires; l’irréelle vison du décor s’illumine, le tout semble figé dans le temps. En cette blancheur qui nous projette hors du temps, j’accueille le don de Dieu. Où le décor enveloppe d’un seul repli de blanc, où les horizons semblent s’arrêter aux confins de la neige accumulée, au cœur du silence imposant, j’ai foi en ta présence ô ma Mère, plus belle que toute création. J’aime Celle qui veille dans le silence. La vie de Marie coule comme une sève miraculeuse au cœur de toute immobilité, elle nourrit tout élément naturel de ses jardins, animant de sa fructueuse présence toute vie qui la regarde. L’immaculée blancheur, impassible dans le temps, garde en secret la beauté de son mystère pour ne le révéler qu’aux petits, aux pécheurs retournés aux sources cristallines du Coeur virginal de Marie.

La vie baigne enfin de gel blanchi sous les rigoureux froids de l’hiver. En quelle contemplation silencieuse nous projette les jardins de Marie! Quelle pureté de silence! Au cœur du frimas inédit surgissent les stations du Chemin de Croix et du Rosaire, les personnages élevés dans la solitude des neiges immaculées se voient emmailloter, de toutes parts, de blancheurs inviolées. Alors que l’immobilité des jardins retient le souffle des glaces cristallines, taillées au contour de dame nature, elles sillonnent le fleuve; une descente chevaleresque de mouvements imposants qui pourtant, sous la mutation des saisons, se dissoudront dans le berceau fluvial.

Et lorsque la noirceur descend dans la nuit glaciale, le décor se transforme de nouveau. Il est venu le temps de la nativité de Jésus. Au mur arrière du petit sanctuaire s’élèvent, illuminés, les personnages de la crèche; l’étoile de Bethléem, transparente des feux de la nuit, surplombe les saints de Noël : la Vierge et l’Enfant, Joseph et les mages, le berger et son mouton. Dans la nuit hivernale, une lumière filtrant le fibre de verre blanc et fin des statues perce la nuit d’une douce clarté.

Gloria in excelsis Deo! Le Christ est né. Sous la pleine lune illustrée d’étoiles scintillantes, tout semble demeurer inerte… j’approche des eaux fluviales; les glaces gisant sous le froid polaire craquent à grands crocs dans la brunante où l’étendue d’eau vaporeuse se colore des reflets bleutés d’un phare élevé entre ciel et terre. Rien ne semble résister à la fascination du froid; la vie elle-même en nos corps s’intensifie d’une vigueur nouvelle. Les poumons s’extasient à respirer l’air vivifiant qui soûle l’âme et le corps, suscitant l’ivresse que veut s’approprier ce souffle vertigineux, embrassant à lui seul la présence palpable du Créateur. Dans ce décor désertique, je vous bénis ô mon Dieu et tendre Mère, en ce silence inviolable qui protège ma joie de me sentir vivante en votre Sanctuaire.

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Je t’ai donné ma Mère

 

Les entrailles de Dieu au cœur de père et mère habitent les entrailles de Marie, Vierge et Mère de qui prend chair le Fils de Dieu. «Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle de chérir l’enfant de ses entrailles? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi je ne t’oublierai jamais! Vois donc, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains, tes remparts sont constamment devant moi.» (Esa, 49, 15-16)  «Je vous salue Marie…et le fruit de vos entrailles est béni.» Par un attouchement divin, Marie reçoit le baiser créateur du Père par lequel l’Esprit-Saint manifeste la toute-puissance de Dieu : l’incarnation du Fils de Dieu conçue en une Vierge Mère préparée de toute éternité pour recevoir le Don de Dieu donné au monde.

Don du Père aux entrailles d’une Mère, le Fils s’incarne pour accomplir la mission qui lui est confiée. Suivant la volonté de son Père, Jésus proclamera jusqu’à la croix la tendresse de Dieu pour que l’humanité trouve en Lui son bonheur. Sur la croix, du côté transpercé du Sauveur naît l’Église de Jésus-Christ; dans la mort de son Fils, Marie enfante l’humanité, tout a été donné. Les entrailles de la Vierge Mère reçoivent le don de Dieu. «Voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : voici ta mère. À partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. » (Jn, 19, 26-27) Marie reçoit une mission, elle sera éducatrice auprès de ses enfants tout comme elle le fut pour l’Enfant-Jésus; elle sera l’Étoile qui guide et accompagne les enfants de Dieu devenus ses enfants. Marie, Mère de l’Église la soutiendra dans sa marche vers son Rédempteur. Au pied de la croix, seules les entrailles bénies de l’Immaculée qui avaient porté l’Enfant-Dieu en son sein pouvaient encore accueillir avec un amour divin les enfants rachetés dans le sang de son divin Fils.

Marie nous aime du même amour qu’elle aime Jésus. Les entrailles maternelles qui ont porté Jésus nous portent, nous conduisent sur le chemin de la foi et de l’amour, à la rencontre du Dieu vivant. Avec Marie, nous sommes entrés dans la Nouvelle Alliance, marchant dans ses pas pour accomplir le projet de Dieu tout comme Marie est entrée dans le projet du Père. Comme elle l’a fait pour son Enfant Jésus, Marie se met au service de chacun et chacune de nous afin de rendre ses enfants le plus conformes à l’Enfant né de l’Esprit en elle afin que nous devenions, sous son regard maternel et dans la fidélité de son fiat, des enfants nés de l’Esprit de Dieu. Contemplons le regard émerveillé de Dieu sur la beauté virginale de Marie. Laissons-nous enfanter dans le sein virginal de notre Mère. Par son intercession auprès de son divin Fils, Marie prie pour nous, elle intercède pour nous, elle nous éduque à la vie de Jésus.

Si je prends Marie chez moi, j’accueille avec reconnaissance le don du Père qui me gratifie d’une Mère aimante penchée sur son enfant. J’entre dans l’intimité de Marue pour entendre les battements de son Cœur uni au Cœur de Jésus. Je prends Marie chez moi, je regarde et contemple sa vie auprès de son divin Fils; j’aime ma Mère, je la vénère dans sa fidélité à la volonté de Dieu. Prendre Marie chez soi, c’est vouloir marcher avec elle dans les pas de Jésus et demeurer dans l’action de grâce et la louange, c’est vouloir chanter avec Marie son Magnificat. Prendre Marie chez soi signifie aussi d’accueillir avec amour mes frères et sœurs, comme Marie m’accueille, être pour eux, à l’image de ma Mère, une présence aimante.

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Avec Marie, prendre soin de Jésus

 

Dans la grâce de Noël

Prendre soin de Jésus avec les bras de Marie et le Coeur du Père. Prendre soin de Jésus, sachant ce que le ciel ne peut contenir veut habiter en moi son enfant, son frère, sa sœur, sa mère, son père. Le Fils de Dieu veut habiter mon âme, mon âme plus précieuse que tout berceau orné de rubis, plus précieuse que toute couche satinée d’or, que tout royaume étincelant sous les feux des richesses de ce monde.

Prendre soin de Jésus dans la contemplation de sa beauté cachée au cœur de ma fragilité, de son humilité au cœur de mes suffisances, de sa toute-puissance livrée à ma liberté de l’aimer ou de le refuser.

Prendre soin de Jésus en me laissant chérir au feu de sa tendresse, en le laissant me prendre par la main, ma main dans la sienne, mes pas épousant ses pas et mon cœur reposant sur son Coeur, faisant mien chacun des battements qui soulève sa poitrine où j’entends sa Vie ne faire plus qu’une avec la mienne.

Prendre soin de Jésus en pardonnant à ceux qui m’offensent, en accueillant ceux qui souffrent, en souriant au visage sans sourire, en aimant celui qui n’aime plus, en ouvrant mon cœur et mes bras à celui qui a refermé son cœur et ses bras, en donnant ma vie à ceux dont la vie se meurt de ne pas aimer ou d’être mal aimé. Prendre soin de Jésus lorsque, dans la tendresse de mon regard, le plus petit devient le plus grand, le plus misérable devient le plus beau, le plus triste devient le plus joyeux.

Prendre soin de Jésus lorsque la Vierge Marie, ouvrant ses bras maternels, me remets, confiante, son Petit. Prendre soin de Jésus lorsque les yeux émerveillés de Marie, transparents de la beauté de Dieu, me confient son Enfant-Dieu. Prendre soin de Jésus lorsque le Coeur immaculé de Marie, du baiser créateur de l’Esprit, enlace d’une seule et même étreinte le Fils de Dieu, Fils de Marie et l’enfant de Dieu, l’enfant de Marie que je suis.

Dans le Coeur de Marie, dans l’intimité de son amour, prendre soin de Jésus, mon Seigneur et mon Dieu, comme Marie prend soin de moi.

 

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