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Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

Saint-Joseph, l’époux de la Vierge Marie

Saint Joseph, je veux apprendre à te connaître pour mieux t’aimer, pour mieux servir notre Père céleste en regardant tes vertus. Tu as dit oui au projet du Père, renonçant à tes projets personnels pour répondre à celui de Dieu et l’accomplir de tout ton cœur. Tu aimais Marie, ton épouse, tu désirais fonder une famille avec elle. Mais Dieu en avait décidé autrement, il avait pour toi un projet de vie immensément plus grand. Il te voulait père non d’une famille humaine, ce qui aurait été très bien mais d’une famille céleste. Il voulait te confier son Enfant, son divin Fils, il comptait sur toi, il croyait en toi, tu es un homme juste et humble, ouvert au projet de Dieu. 

Devant la grossesse inattendue de ton épouse, ton projet d’amour avec elle s’effondrait. Tu aimais Marie pour la beauté de son âme, comment pouvait t-elle t’avoir trompé! Quelle douleur profonde a envahi ton âme! Que de doutes ont blessé ton cœur aimant lorsque tu as constaté que Marie était enceinte alors que vous n’aviez pas encore habité ensemble. Tu avais formulé de beaux projets, une vie heureuse et familiale avec elle et voilà que ta bien aimée est enceinte. Tu te retrouvais devant l’inconcevable, l’impensable. Comme tu es un homme juste, tu n’as pas voulu la dénoncer publiquement, tu as préféré la renvoyer en secret, ne voulant pas nuire à sa réputation. Mais voici que l’ange t’avertit dans ton sommeil : «Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi, Marie, ton épouse puisque l’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit-Saint; elle enfantera un fils et tu lui donneras le nom de Jésus (c’est-à-dire : le Seigneur sauve), car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés.» (Mt, 1, 20-21) Ainsi la parole du prophète s’accomplit : «Voici que la Vierge concevra, et elle enfantera un fils; on lui donnera le nom d’Emmanuel, qui se traduit : «Dieu avec nous» (Mt, 1, 23)  Aux paroles de l’ange, tu as pris Marie chez toi. Sans tout comprendre, tu accueillais le plan de Dieu.

Marie n’a rien dit, confiante, elle s’en est remise à Dieu, elle a laissé à Dieu le soin de rétablir la vérité si tel était son désir, s’abandonnant à sa sainte volonté. Mais Dieu ne pouvait aller à l’encontre de son plan de vie et d’amour qu’il avait formulé de toute éternité pour sa sainte Mère et pour toi. Tu étais son élu, le choix de son cœur. Alors, il t’a révélé ce qu’il attendait de toi et tu as obéi à sa volonté. Tu es devenu à l’instant même le saint protecteur du fils de Dieu et de la Vierge Marie, celui qui a pu contempler Jésus dans le sein très chaste de la Vierge Marie.  

 Le jour de la naissance approchait. Tu voulais offrir à ton épouse un endroit décent pour la naissance de l’Enfant mais les hommes de ton temps vous ont fermé leur porte, aucun endroit n’était disponible pour vous. Mais le projet de Dieu était tout autre. Son divin Fils venait pour servir et sauver l’humanité. Il ne voulait pas entrer dans le monde avec les honneurs qui lui revenaient en tant que roi, aussi, il a choisi la pauvreté d’une étable, une mangeoire pour naître afin de nous approcher avec la fragilité d’un Enfant. Et toi, bon saint Joseph, tu as été témoin des merveilles de Dieu. Tu as accueilli les bergers et les mages venus adorer l’Enfant-Dieu. Un Dieu qui épouse notre terre au creux d’une mangeoire pour que nous devenions nous aussi, nourriture de vie les uns pour les autres. Un Dieu qui veut guérir le genre humain non par la force mais par la vulnérabilité d’un Enfant qui a aimé le premier en se faisant mendiant du cœur humain, du cœur des siens. Avec Marie, tu fus sur cette terre le premier à adoré Jésus, tu t’es prosterné devant cet Enfant que le Père céleste te confiait. Quelle contemplation devait être la tienne, unie à celle de la Mère de Dieu! Que de louanges ont jailli de ton cœur!

Durant ta vie terrestre, bon saint-Joseph, tu as pris soin de Jésus et de sa sainte Mère et je veux te remercier pour ton dévouement auprès d’eux. Aux paroles de l’ange envoyé pour t’avertir de ce que tu devais faire devant les menaces d’Hérode qui voulait tuer l’Enfant, tu n’as pas crains de  prendre avec toi la Mère et l’Enfant pour fuir en Égypte, un pays étranger. Dans ta foi, tu savais que le Père veillait sur vous, qu’il te guidait chaque jour dans ta mission de protecteur auprès de ceux qu’il te confiait.

Le Ciel te révélait la beauté du mystère de la sainte Famille. Que de moments d’intimité tu as connus avec l’Enfant Jésus alors que tu remplissais ton rôle de père auprès de lui; tu l’éduquais à sa vie d’enfant et d’adulte, lui enseignant le métier de charpentier. Lorsqu’il était petit, tu l’as certainement pris dans tes bras, lui prodiguant tous les soins et l’amour de ton cœur de père nourricier. Et lorsque Jésus épanchait son cœur dans le tien, combien ces temps privilégiés ont dû être un baume de douceur et de tendresse à ton cœur de père. Jésus t’aimait, il te respectait et te vénérait pour ton amour filial à la volonté de son Père céleste. En Jésus, tu voyais l’Envoyé de Dieu. Tu ne comprenais pas tout mais tu demeurais disponible à la réalisation du projet de Dieu en son Fils Jésus qui venait sur terre prendre notre humanité pour nous révéler l’amour de son Père, nous réconcilier avec Lui, faisant de nous ses enfants bien aimés.

Bon saint-Joseph, maintenant, tu contemples la Trinité sainte, tu vénères la sainteté de la Vierge Marie dans toute sa splendeur de Mère du Christ et notre Mère, tu reçois la récompense de ton amour filial pour avoir accompli ta mission auprès de ceux que le Père t’avait confiés, alors que tu baignes dans la béatitude céleste, jette un regard sur notre terre. Il me semble que Jésus a pour toi un regard de tendresse particulier, tu as pris soin de lui sur terre alors qu’il n’était qu’un enfant, tu as veillé sur la Vierge Marie, sa Mère, tu as renoncé à tes projets pour accomplir celui de Dieu. J’entrevois une douce complicité, de l’émerveillement dans ce regard que Jésus pose sur toi aujourd’hui alors que tu l’as rejoint auprès de son Père, de notre Père. 

Bon saint-Joseph, tu as collaboré à la réalisation du salut de l’humanité en accomplissant la volonté de Dieu dans ta vie. Auprès de la Vierge Marie, tu reçois la couronne de gloire, tu prends la place qui te revient et tu continues d’intercéder pour nous auprès de Dieu. Comme en ces jours passés, alors que tu bénissais l’Enfant et sa Mère, laisse descendre sur nous ta bénédiction, sur les enfants de Marie, les enfants du Père.

Le rosaire dans la ville

Les autres chroniques du mois

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

Hosanna pour l’Emmanuel !

     Seigneur, viens sauver ce qui était perdu, guérir ce qui était blessé, reconstruire ce qui était détruit.

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     En ton souffle de vie, Seigneur Jésus, l’allégresse transperce l’espace brumant, les étoiles se balancent aux carillonnements de la Bonne Nouvelle, les éclairs dansent entre les astres sous l’enchantement de la Promesse réalisée. Ciel et terre, exultez, l’attente fébrile des millénaires voit le Verbe de Dieu, son Nom jubile en toute vie créée de par l’univers, sa gloire vient jusqu’à nous, l’Amour se fait chair. 

     Cymbales retentissantes, nuées débordantes, déversez le trop plein du Cœur de Dieu sur la terre des hommes ; chacune de ses œuvres, chantez d’allégresse, ondées célestes, descendez parcourir mers et monts sur la terre des vivants. L’âme de Dieu habite Marie. Pleurez de joie tous les fauves de la terre, brillez jusqu’à l’extase, astres de toutes galaxies, répandez vos plus suaves fragrances plantes vivaces ; fleurs et arbres fruitiers, chantez l’Éternel. Cimes blanchies sous la caresse de nuages floconneux, agenouillez-vous et adorez ; toutes chairs vivantes, laissez-vous glisser jusqu’à Lui, laissez-vous aimer par l’innocence ; hommes trempés dans les larmes et les sueurs du péché, laissez-vous sauver par les balbutiements d’un Enfant et la beauté d’une Vierge Mère, laissez-vous émerveiller par la tendresse qui vous regarde, laissez-vous saisir par ce Dieu incarné, prendre par l’Amour ; laissez-vous aimer à la dimension du Cœur de Dieu. 

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   Chut… frères et sœurs, recueillons les premiers rêves de l’Enfant Roi. Il dort de son premier sommeil terrestre. Taillons, du cristal de notre cœur, au cœur de notre chair, le marchepied de la terre jusqu’au trône de Dieu. Reviens Seigneur Jésus, reviens Emmanuel, reprendre les enfants de la terre.

Le rosaire dans la ville

Les autres chroniques du mois

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

L’Ascension de Jésus au Ciel

Jésus est vivant, il est ressuscité. Pendant quarante jours, il se fait voir à ses apôtres, à plusieurs personnes avant son départ pour le Ciel. Ses apôtres aimeraient bien qu’il demeure auprès d’eux, Marie Madeleine aurait bien voulu le retenir alors qu’elle retrouve son bien aimé ressuscité mais Jésus doit retourner vers son Père : « Jésus lui dit : «Ne me retiens pas! Je ne suis pas encore monté vers le Père. Va donc vers mes frères et dis-leur : Je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu .» (Jn, 20, 17) Oh Jésus! Quelles sublimes paroles tu nous dis là. Nous avons le même Père, le même Dieu que toi, son divin Fils! Parce que tu as donné ta vie sur une croix pour nous, nous sommes devenus tes frères, tes sœurs, nous avons le même Papa, le même Dieu que toi! Quel don incommensurable tu nous as faits! Comme toi, nous avons la même demeure, la Maison de notre Père où tu nous attends. Nous sommes ta famille. Tu es venu nous le dire :  « Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là m’est un frère, une sœur, une mère. »(Mt, 12, 50) 

   Jésus ne laisse pas les siens dans la peine, ils ne seront pas orphelins, il les console, les rassure, leur fait une promesse. «Votre cœur s’est rempli de tristesse en entendant ce que je vous ai dit. Pourtant je vous ai dit la vérité : il est bon pour vous que je m’en aille, car si je ne m’en vais pas, le Paraclet ne viendra pas. Et si je pars, c’est pour vous l’envoyer.» (Jn, 16, 6-7) « Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière; car il ne parlera pas de lui-même; mais tout ce qu’il entendra, il le dira, et il vous annoncera les choses à venir. Il me glorifiera, car c’est de mon bien qu’il prendra pour vous en faire part. » (Jn, 16, 13-14) La Parole de Dieu est vivante, elle sera source de vie dans les cœurs fidèles, l’Esprit de Jésus fera fructifier la Parole dans les cœurs, elle témoignera de la Présence de Jésus parmi nous. Jésus n’abandonne jamais les siens, sa mission sur terre étant terminée, sous la mouvance de l’Esprit du Père et du Fils, les disciples de Jésus poursuivent sa mission : annoncer au monde entier la Bonne Nouvelle. Baptisez-les au nom du  Père et du Fils et du Saint Esprit. (Mt, 28, 19-20)  

   Je m’en vais vous préparer une place. (Jn, 14, 1 à 4) Déjà, tu nous dis que tu nous attends dans ton Royaume, quelle espérance tu as mis en nous Seigneur! Tu crois en nous, tu nous veux près de toi pour nous partager ton bonheur. «Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés : demeurez dans mon amour. Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, tout comme j’ai gardé les commandements de mon Père et je demeure en son amour. Je vous dis tout cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit entière. » (Jn, 15, 9-10-11) Sur terre, tu as fait la volonté du Père, tu es demeuré en son amour jusqu’à la croix, dans le don de ton corps et de ton sang. Tu nous a aimés du même amour que le Père t’a aimé, d’un amour total qui ne calcule pas, un amour entier qui nous fait vivre et nous fait aimer tes commandements, ta loi d’amour afin que ta joie en nous soit parfaite. «Père, je leur ai fait connaître ton Nom, et je le ferai encore pour que l’amour que tu as pour moi soit en eux, et que je sois moi aussi en eux. » (Jn, 17, 25) Aucune division, l’unité parfaite dans l’Esprit afin que tous soient Un. « Qu’ils soient tous Un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi. Qu’ils soient eux aussi en nous, pour que le monde croie que tu m’as envoyé. » (Jn, 17, 20) Cet amour qui nous est déjà donné sur la terre nous attends, en sa plénitude. «Lorsque nous verrons Jésus tel qu’il est, nous serons semblables à lui. » (1Jn, 3, 2) Nous jouirons pleinement de sa sainte Présence et nous goûterons pleinement son amour. Jésus est allé préparer notre place auprès de lui. Il attend les siens, les petits, les humbles, ceux qui l’auront servi dans leurs frères et sœurs.

   «Je m’en vais vers le Père vous préparer une place, je reviendra vous prendre avec moi afin que là où je suis, vous soyez vous aussi. » (Jn, 14, 2-3) « Maintenant, vous connaissez le chemin, je suis Moi, je Chemin, la Vérité, la Vie.  Qui m’a vu a vu le Père. Je suis dans le Père et le Père est en moi.» (Jn, 14, 9 -10) Nous sommes en Dieu et Dieu est en nous, nous le voyons en nos frères et sœurs en Jésus, nous communion à la vie du Père et du Fils lorsque nous mangeons le corps et le sang du Christ, transsubstantiation par leur Esprit-Saint. À l’heure choisie de notre Père, quand nous quitterons la terre après avoir rempli la mission qui tu nous a été confiée, nous pourrons rentrer chez nous, dans la Maison de notre Père, dans la grande famille de Dieu. Un jour, Jésus, tu nous as dit :  « là où je suis, je veux que vous y soyez aussi.» (Jn, 14, 1-4) Tu n’as oublié personne. Notre Credo nous instruit encore, il nous l’affirme : «…a été crucifié, est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, le troisième jour, est ressuscité… » Le Christ mort, dans son âme unie à sa personne divine, est descendu au séjour des morts. Il a ouvert aux justes qui L’avaient précédé les portes du ciel. (catéchisme catholique, nu. 637) Les justes de l’Ancien Testament attendaient la rédemption, ils ont cru à la parole des prophètes, à la promesse faite à Abraham, le père d’une multitude, aussi, tu les as pris avec toi dans ton Royaume. «Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, qu’ils soient aussi avec moi pour qu’ils contemplent la gloire que tu m’as donnée. » (Jn, 17, 24) 

En ton Paradis, assis à la droite du Père, tu gardes dans ton corps les marques de ta crucifixion qui
nous rappellent le prix de notre salut; tu as tout donné par amour pour nous afin que nous puissions
vivre auprès de toi et partager ta gloire. Nous te bénissons Seigneur Jésus et nous t’adorons pour le don
de ta vie. Que l’Esprit-Saint que tu nous a envoyé nous instruise et nous guide vers toi qui est le
Chemin qui nous conduit au Père, la Vérité, Parole de Vie et la Vie par laquelle nous vivons en
marchant dans tes pas. Au Paradis des bienheureux où tu nous attends pour nous partager ton bonheur,
puissions-nous être au rendez-vous pour prendre notre place auprès de toi.

Le rosaire dans la ville

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Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Marie, Mère de l’Église

Au jour de la Pentecôte, les apôtres reçoivent l’effusion de l’Esprit-Saint en présence de la Vierge Marie. À l’Annonciation, Marie avait déjà reçu en sa chair et son âme la touche délicate et mystérieuse de l’Esprit de Dieu, son divin Époux. Au jour de la Pentecôte, sous la mouvance de l’Esprit divin naît l’Église du Christ.

   Lorsque les apôtres eurent reçu l’Esprit de Jésus, ces hommes peureux et sans instruction devinrent des apôtres au cœur de feu, habités de l’amour que Jésus leur avait témoigné tout au long de son périple terrestre. Les paroles et les actions qu’ils avaient vues et entendues de leur Maître devinrent en eux source féconde de vie éternelle. La lumière du Christ illumine le cœur des apôtres, la peur a fait place à la joie, à l’enthousiasme, rien ne les arrête, l’Évangile doit se propager à travers le monde. Leur foi ayant été purifiée et renouvelée, ils sont devenus missionnaires de l’Amour. À la suite du Christ, le cœur brûlant, ils partirent vers leurs frères annoncer la Bonne Nouvelle.

   Avant son Ascension vers le Père, Jésus avait promis à ses apôtres de leur envoyer l’Esprit de sainteté qui leur rappellerait tout ce qu’il avait enseigné. Du don de l’Esprit-Saint aux apôtres et à ceux qui croiront au Fils de Dieu, l’Église accueille la grandeur, la profondeur et l’amplitude de la vie du Christ Sauveur, elle reçoit les dons célestes et acquière la plénitude de sa mission : le salut de tout être humain racheté dans la croix du Christ afin qu’il puisse goûter et partager le bonheur de Dieu dans la Maison du Père. Puissions-nous être des ferments dans l’Église et vivre de nouvelles Pentecôtes qui nous mettrons en marche vers nos frères et sœurs dans la charité du Christ ressuscité.

   Au pied de la croix, Jésus nous donne sa Mère, avec l’apôtre Jean, nous devenons les enfants de Marie. Marie est mère de tous les humains rassemblés dans le corps mystique du Christ devenu l’Église. L’Église en marche reçoit en son sein les enfants de Dieu, L’Église ayant reçu sa mission de l’Esprit-Saint, guide et sanctificateur, l’Église du Christ reconnaît et confère à Marie le titre de Mère de l’Église. Dès sa conception, la Vierge Marie est le temple parfait de la Trinité sainte. La mission de Marie est d’éduquer et de conduire l’Église jusqu’à sa pleine réalisation, c’est-à-dire, la perfection du corps du Christ en chacun de ses membres. Si la Vierge Marie est Reine, elle est avant tout une Mère aimante, attentive à chacun de ses enfants. Aussi, l’Église de son divin Fils est invitée à avoir les mêmes attributs que Marie, Mère de l’Église.

   L’Église se veut maternelle, compatissante et sainte à l’image de la Vierge Marie. Tout comme Jésus est venu sur terre pour servir, l’Église doit se faire humble, ouverte aux souffrances et aux besoins de ses fils et de ses filles, dans le service, à l’image de Marie. Dans les épreuves de la purification, l’Église peut se confier à la Vierge Marie, elle est Celle qui soigne les blessures, l’Étoile qui lui montre le chemin. Par son consentement total au projet de Dieu, Marie a réalisé la volonté du Père, elle a accueilli en elle Jésus, le Fruit de ses entrailles. Marie a été la sainte demeure de Jésus, aussi, elle est la figure de l’Église triomphante du Christ en qui elle continue d’enfanter chacun de ses enfants pour les conduire à son divin Fils. L’Église participe aux douloureux enfantements du monde et de la terre, elle est intimement associée à la vie de tous. Missionnaire pour la gloire de Dieu, ses enfantements sont aussi les nôtres lorsque notre vie donne à l’Évangile un cœur et des mains pour la vie de l’Église.

   L’Église de Jésus-Christ se doit d’être incarnée comme Jésus s’est incarné pour faire connaître l’amour du Père. C’est avec un cœur de chair qu’elle doit servir le peuple de Dieu, un cœur qui bat au rythme du Cœur de Jésus et de Marie. L’Église du Christ doit vibrer à la Parole et la rendre vivante en souffrant avec ceux qui souffrent, en se réjouissant avec ceux qui se réjouissent, en étant le bon Pasteur qui accueille, pardonne et redonne vie dans la vérité de l’Esprit Saint. « Quand il viendra lui, l’Esprit de Vérité, il vous conduira vers la vérité tout entière. » (Jn, 16, 13)

   L’Église doit respirer de la vie même de Jésus, s’identifier à sa Personne. Jésus est son fondement, sa raison d’être, il est le Coeur de l’Église dont elle est l’Épouse. « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église et les forces de mort ne l’emporteront pas sur elle. Je te donne les clés du Royaume des cieux. » (Mt, 16, 18-19) Pour vaincre les tempêtes qu’Elle traverse, l’Église doit se faire prière : une prière humble, suppliante, aimante, miséricordieuse, une prière d’offrande, de louange, d’action de grâces dans une foi inébranlable en la Parole de Jésus : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Mt, 28, 20) Dans ses faiblesses, l’Église entend la Parole de Dieu : « Ma toute-puissance se déploie dans la faiblesse. » (2 Co. 12, 9) Dieu agissant est présent au cœur des faiblesses de l’Église, c’est-à-dire au cœur de nos faiblesses, de nos fragilités, là où l’Esprit construit chaque jour un monde meilleur lorsque nous le laissons agir en nous et avec nous.

   Pour plusieurs, l’esprit du mal semble triompher devant les scandales qui ont parcouru l’Église ces dernières années; ils sont réels et il est important de les reconnaître. Les disciples du Christ reconnaissent leurs faiblesses mais leur foi et leur espérance ne sont pas basées sur le péché des hommes mais sur le Christ vainqueur du mal; ils savent que l’Esprit du Seigneur est à l’oeuvre partout dans le monde et que de nouveaux disciples se lèvent chaque jour pour proclamer l’amour d’un Père qui nous aime et qui ne veut perdre aucun de ses enfants. Caché aux regards du monde, le règne de Dieu continue à s’établir au cœur de ses enfants, là où le bon grain et l’ivraie se côtoient. Comme son Fondateur, l’Église doit traverser la passion du Christ pour le salut de l’humanité, pour ressusciter avec le Christ, pour témoigner de l’Évangile en étant visage du Christ dans le service et l’amour donnés à nos frères et sœurs. L’Esprit de Pentecôte est présent pour célébrer la gloire de Dieu dans les cœurs mais il faut que le grain meure pour porter du fruit, un fruit qui demeure.

   Si les blessures de l’Église sont celles des disciples du Christ, sa victoire sur le péché est aussi la leur. Lorsque les blessures des frères et des sœurs en Jésus résonnent dans la chair et le coeur de ceux qui les aiment, l’Église se purifie. L’Église composée de saints et de pécheurs en marche vers la sainteté du Christ vit une perpétuelle conversion jusqu’à sa pleine réalisation dans le Christ. Aussi, dans son apogée  vers le Père, l’Église est appelée à actualiser les paroles de Saint Paul : «À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ. Et les dons qu’il a faits, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent. De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité de la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude. (Éph,4, 7, 11-13)    L’Église veut réaliser en chacun de ses membres le désir suprême du Saint des saints. «Que tous soient un. Comme toi, Père tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé. »  (Jn, 17, 21)

  À l’eucharistie, l’Église perpétue la mission du Christ qui se donne chaque jour dans un mouvement d’amour, perpétuant le mémorial du jeudi saint. À l’eucharistie, par le corps et le sang du Christ, l’Église est purifiée en ses membres, elle soigne les blessures, pardonne les péchés. Par la victoire du Christ sur la mort et le péché, la communauté réunie prie pour l’Église souffrante, les âmes du purgatoire, pour l’Église militante dont nous faisons partie. L’Église célèbre dans la louange et l’action de grâce la résurrection du Christ et la vie éternelle donnée aux enfants de Dieu. L’Église se fait mère lorsque chaque jour, elle offre sa liturgie au peuple de Dieu. Le rosaire en ses vingt mystères sont toujours présents dans la vie de l’Église. Dans sa liturgie, l’Église rappelle et fête tout au long de l’année les mystères du rosaire : mystère joyeux, douloureux, glorieux ou lumineux, l’Église nous les rappelle; l’Annonciation, le baptême de Jésus, sa mort sur la croix, son Ascension au ciel ainsi que tous les autres. L’Église célèbre les saints et les saintes qui nous ont précédés et qui ont sanctifié l’Église par leur amour de Dieu. La vie de Jésus comme celle de la Vierge Marie perpétue la beauté et la richesse du rosaire, ce qui donne à la terre une couleur céleste, un baume d’espérance sur la route d’exil que nous parcourons.

   Le Magnificat de la Vierge Marie veut retentir dans toute l’Église, au cœur de tous les fidèles. Marie accompagne et protège ses fils de prédilection, les âmes sacerdotales, ils sont le souffle de l’Église par lequel le peuple de Dieu se sanctifie. Jésus a fondé son Église sur ses apôtres, des hommes imparfaits qui ont témoigné jusqu’à la mort leur amour du Christ. Comme Marie a assisté les apôtres au jour de la Pentecôte, elle continue d’accompagner ses fils de prédilection afin qu’ils soient à l’image de son Fils, imprégnés de l’amour de Dieu et du prochain. Puissent-ils devenir des âmes fécondées par l’Esprit de Pentecôte, des pasteurs au visage de Dieu, visage de l’Amour incarné, humbles serviteurs appelés à perpétuer le don de Dieu au cœur de l’Église.

   Par la Vierge Marie, laissons-nous enfanter à la vie du Christ afin que l’Église soit une, sainte, catholique et apostolique, image vivante de Celui qui nous donne le salut. La victoire de l’Église est assurée par le cœur immaculé de la Vierge Marie qui ramène le cœur de ses enfants à son fils Jésus. Sur les eaux troubles de notre monde, elle tient en main le gouvernail du vaisseau porté par la croix de son Fils Jésus. Aimons notre Mère l’Église, défendons-la toujours avec générosité et si nous croyons au Christ Sauveur, croyons en elle, soyons un levain dans l’Église de Dieu, solidaires les uns aux autres dans l’adversité comme dans la joie, dans la mission qui nous est confiée. Dieu a besoin de chacun de nous.

Le rosaire dans la ville

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

Troisième mystère lumineux : L’annonce du Royaume de Dieu

Pape François avec un enfant malade

Nous pouvons apprendre beaucoup de choses sur Dieu mais pour connaître une personne dans la vérité de son être, il faut d’abord vivre une réelle rencontre. Dieu n’est véritablement accessible que par le coeur puisqu’il est l’Amour. Avant de parler de Dieu, il faut avoir parlé à Dieu dans la prière du cœur,  avoir pris le temps de l’écouter dans le silence. Se nourrir de sa Parole, en vivre dans le quotidien de sa vie. La connaissance de Dieu, don de son Esprit, se révèle au cœur humble alors qu’il y a relation, communion véritable de part et d’autre. La prière venant du cœur relie l’être humain à Dieu dans une complicité amoureuse et personnelle. Jésus nous le dit: «Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.» (Lc, 10, 22)

Annoncer le Royaume de Dieu ne signifie pas nécessairement faire des œuvres éclatantes, reconnues de tous. C’est l’amour qui donne aux œuvres leur véritable valeur. Comme le dit Saint-Paul, « si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… »(1Cor. 13, 2) Tant de petites gens inconnues témoignent d’une charité parfois héroïque auprès des autres; à leur façon, elles annoncent la venue du Royaume de Dieu, elles donnent à leurs œuvres leur valeur d’éternité. Des personnes avec des déficiences intellectuelles témoignent et enseignent Dieu non par des paroles mais par la tendresse et l’authenticité de leur cœur.

Les œuvres accomplies par amour de Dieu témoignent du Ressuscité, du Vivant parmi nous. Dieu veut avoir besoin de nous pour établir son Royaume sur la terre. Aussi Saint-Pierre ne dit-il pas : « L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé….. » (Act. 15 -22-31) Dieu se communique aux autres par nos gestes, notre cœur, nos paroles, notre fiat irrévocable comme celui de la Vierge Marie à l’Annonciation. L’Esprit-Saint sanctifie nos œuvres afin d’étendre le Royaume de Dieu par toute la terre. Nous sommes appelés à être missionnaire dans notre milieu de vie, auprès de ceux que le Seigneur met sur notre route. Il s’agit parfois d’un sourire, d’une main tendue, d’un peu de chaleur humaine pour redonner espoir à ceux qui manquent d’amour. Et les personnes malades, âgées! Souvent, devant la perte de leur autonomie, elles croient ne plus avoir rien à réaliser, à offrir, elles se sentent inutiles aux yeux de la société mais aux yeux de Dieu, c’est différent; en offrant leur vie, leurs souffrances unies à celles du Christ en croix, elles deviennent de véritables missionnaires dans l’âme, des paratonnerres pour l’Église du Christ. Lorsqu’il y a de l’amour, rien n’est perdu.

Nous sommes les enfants du Père et il veut avoir besoin de nous, non à cause de nos mérites mais pour nous associer à son œuvre, l’avènement du Royaume de Dieu. Plus l’âme est unie à Dieu et accepte de se laisser transformer par son amour, plus le Seigneur la purifiera et l’utilisera pour rejoindre les âmes. Le serviteur n’est pas plus grand que le Maître. À la suite de Jésus, il aura  à souffrir pour le Royaume, l’amour sera teinté de souffrances, de joie, il connaîtra la paix promise par le Christ au cœur même des tribulations. Un jour, au sujet de ses disciples, Jésus a dit : « Si eux se taisent, les pierres crieront. » (Lc, 19, 40) C’est ce feu de l’Esprit-Saint qui anime les âmes, les brûle du désir de faire connaître et aimer Jésus-Christ. Comme le Père a tout remis au Fils, le Fils a promis à ceux qui vivent pour le Royaume : « Cherchez d’abord le Royaume des Cieux et le reste vous sera donné par surcroît » (Lc, 12, 31)

   Avant de s’adresser aux foules pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume des Cieux, Jésus se retirait souvent dans la montagne pour prier son Père. Jésus nous l’affirme : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. » (Jn 14, 10)       Jésus, ne faisant qu’un avec le Père, il accomplit les œuvres qu’il voit faire par le Père. « L’oeuvre de Dieu est que vous croyez en celui que le Père a envoyé. » (Jn, 6,29) Jésus nous le dit : «Je vous ai choisis, je vous ai pris dans le monde afin que vous partiez, que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn, 15, 16) Les âmes généreuses qui veulent travailler au règne de Dieu se nourrissent de l’amour de Dieu, Source de toutes connaissances, de toute bonté, de tous biens afin de porter du fruit en abondance.

L’avènement du Royaume est l’espérance qui nous met en marche au milieu des souffrances de ce monde. Travailler pour le Royaume de Dieu comprend des renoncements, des victoires du bien sur le mal, d’apparents échecs; ce qui ne semble pas porter de fruit à notre regard, Dieu le rend fructueux lorsque nous sommes unis aux souffrances du Christ en croix, offerts à sa miséricorde. Plus nous devenons malléables entre les mains de Dieu comme un enfant, confiant et abandonné à l’amour de son Père, plus il peut construire en nous et par nous un Royaume fraternel, de paix et d’amour. Le Royaume des Cieux est déjà là.

Le rosaire dans la ville

Les autres chroniques du mois

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

À Marie, Sanctuaire Notre-Dame du Cap

Tes jardins, ô Marie…

Tes jardins ô Marie sont Musique

Plus mélodieux qu’une ode lyrique

Quand le Silence enveloppe de son chant

La prière incessante de tes enfants

Tes jardins ô ma Mère sont Prière

Quand la brise du soir descend

Dans la pacifiante douceur de ton Sanctuaire

Sur les derniers ave des passants

Tes jardins ô Marie son Lumière

Les rayonnements de ta vie nous éclairent

Quand la reposante beauté de tes parures

Chante l’hymne de la nature

Tes jardins ô ma Mère sont Caresse

Quand la symphonie des oiseaux magnifie

L’intimité discrète de ta tendresse

Confessant la maternelle présence de Marie

Tes jardins ô Marie sont Fragrance

Dans l’air marial se célèbre l’Alliance

Parfums de sainteté de l’Immaculée

Odorante pureté embaumant les allées

Tes jardins ô ma Mère sont Fontaine

Quand dans tes bras reposent nos fardeaux

Jésus désaltère nos soifs humaines

Tes enfants boivent l’eau vive en ton berceau

Tes jardins ô Myriam sont Mystère

Quand sous le regard de Dieu prie la terre

Pour nous s’offre le Coeur d’une Mère

Au Jardin de Dieu, au Jardin du Père

Le rosaire dans la ville

Les autres chroniques du mois

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

L’institution de l’eucharistie

  La fête de l’Eucharistie, fête du Très Saint Sacrement est la fête de l’Amour par excellence, la fête de Celui qui se fait pauvre, de la charité suprême, fête du Don de Dieu pour la vie du monde dans sa plus parfaite oblation. Pouvait-il y avoir une manière plus intime à Dieu, en Jésus-Christ, de demeurer parmi nous en nous livrant lui-même son corps, son sang, son humanité et sa divinité que nous recevons en notre cœur lorsque nous communions à sa Vie!

  Plus le désir de communier à la vie du Christ est profond, plus le Seigneur comble l’âme de ses grâces, de sa Présence. Pendant la célébration de la messe, le prêtre prononce les paroles de Jésus laissées aux apôtres lors de la dernière scène avant d’entrer librement dans sa passion. «Ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites cela en mémoire de moi.» (Mc. 14, 22-24) Aux paroles de Jésus prononcées par le prêtre, l’Esprit de Dieu transforme le pain et le vin au corps et au sang de Jésus. L’Église tout entière célèbre le mystère de notre rédemption.

  l’Eucharistie perpétue l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu et l’humanité. Que le prêtre célèbre la  messe seul ou avec plusieurs personnes, cela ne change en rien au mystère de la foi. L’Église tout entière y est présente, l’Église triomphante composée des bienheureux du ciel, l’Église souffrante des âmes du purgatoire ainsi que l’Église militante dont nous faisons partie demeure présente en Jésus-Christ par sa mort et sa résurrection célébrées dans l’Eucharistie.

 Avant de prononcer les paroles de la consécration, le prêtre verse une goutte d’eau dans le vin. Cette petite goutte d’eau en elle-même n’est rien mais mêlée à ce qui deviendra le sang de Jésus, elle reçoit sa valeur d’éternité dans le Christ Sauveur, participe au mystère de la croix. Cette goutte d’eau représente chacun de nous qui adhérons à la vie divine. La vie de Jésus qui se donne et se reçoit dans une âme aimante à laquelle Jésus veut se donner pleinement. «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui » (Jn, 6, 56)

   L’Eucharistie est le signe de l’unité du Corps du Christ, elle rassemble en un seul Corps l’Église du Christ mort et ressuscité pour nous. Jésus prie son Père : «Comme toi Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé.» ( Jn, 17, 21) En son corps et son sang, Jésus rassemble tous les peuples de la terre, de tous les temps, ce qui est divisé est unifié en Lui pour une seule foi, une seule espérance, un seul Pasteur.

   L’adoration du Très Saint Sacrement est un acte d’amour gratuit. Demeurer devant Dieu, accepter de perdre du temps devant le Seigneur sans rien faire, sans rien dire parfois, simplement être présent à Celui que nous contemplons afin de devenir ce que nous contemplons. Contempler le Visage du Seigneur caché dans l’Hostie sainte est un acte de foi, Adorer son Seigneur et son Dieu tout en lui présentant l’humanité. Perdre du temps à se laisser regarder par Jésus présent dans la sainte Hostie, apprendre à aimer, à se laisser aimer dans l’intimité du cœur à cœur. Saint Paul ne nous invite t-il pas à devenir une hostie de louange à la gloire de Dieu! Lors de la fête de l’Eucharistie, la prière du temps présent nous invite à prendre conscience de la grâce inestimable que Dieu nous fait en devenant ce que nous mangeons : « Prenez son corps dès maintenant, Il vous convie à devenir Eucharistie; et vous verrez que Dieu vous prend, qu’il vous héberge dans sa vie et vous fait hommes de son sang. »

    À cause de la maladie, des inconvénients de l’âge, des personnes ne peuvent se rendre à la messe ou à l’adoration. Lorsque cela nous est impossible, le Seigneur Jésus nous a donné une parole de réconfort et d’espérance : «Les vraies adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Ils seront les adorateurs du Père comme lui-même le désire. » (Jn, 4, 23) Dans l’Esprit de Jésus, tous sans exception peuvent adorer le Père dans la vérité et la sincérité de leur cœur. Dieu se donne à qui veut le recevoir, il ne fait aucune différence entre les peuples; l’important est le désir sincère de rencontrer Dieu dans un un cœur à cœur.

  L’Eucharistie est la Parole faite chair, le Christ vivant parmi nous. Dans le don de sa Personne, Jésus nous invite à la charité envers nos frères et sœurs en Jésus-Christ. Lors du dernier repas de Jésus avant d’entrer dans sa passion, le lavement des pieds est un enseignement de l’amour de Dieu et du prochain. En se faisant le serviteur de tous, Jésus nous invite à faire de même pour les autres et nous rend participants à sa vie divine : « Si je ne te lave pas les pieds dit Jésus à Pierre, tu n’auras pas de part avec moi. » (Jn, 13, 8) Dans le mot Eucharistie, n’y a t-il pas le mot Charité. eu CHARI s T i E

   Le prêtre est le ministre de l’Eucharistie, sans le prêtre, nous ne pourrions manger le corps et le sang de Jésus. Ce n’est que dans le Royaume des Cieux que nous comprendrons la grandeur et la beauté du sacerdoce, le privilège indélébile que Dieu a donné à ces hommes qu’il a appelés. Personne ne devient prêtre par lui-même, il le devient par un appel personnel de Dieu qui lui offre sa grâce. Par le prêtre, Dieu se manifeste dans les sacrements; aux paroles de la consécration, Jésus est présent dans le pain et le vin devenus son corps et son sang, il pardonne et distribue avec largesse ses grâces aux fidèles par le sacerdoce de ses prêtres. Par sa consécration et son union au Christ, le prêtre doit être sur terre un autre Jésus qui, indépendamment des faiblesses de sa nature humaine, poursuit la mission du Christ, le Prêtre par excellence. Saint  François d’Assise disait: «si je rencontre un prêtre et un ange, je m’inclinerai d’abord devant le prêtre.»

 Jésus est le Prêtre par excellence. Durant toute sa vie sur terre et sur la croix, Jésus a consommé son Sacerdoce royal que le Père lui avait confié en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Le Christ, premier Prêtre est à la fois Celui qui célèbre et Celui qui est célébré, il est en même temps le Prêtre et l’Hostie; le don total de sa vie pour la rédemption du monde fait de Lui le Célébrant et la Victime parfaite, Celui qui donne et Celui qui est donné dans l’accomplissant de la volonté du Père. Aussi, le Père glorifie son divin Fils; Jésus poursuit dans le monde sa mission sacerdotale par le sacerdoce des hommes qu’il appelle à commémorer et à perpétuer, particulièrement par l’Eucharistie, la mission que le Père lui a confiée.   

  Par leur baptême, les baptisés sont reliés au Sacerdoce royal du Christ et par le fait même, aux âmes sacerdotales qui perpétuent l’Alliance de Dieu avec son peuple. Par notre baptême, notre adhésion au Christ, nous sommes un peuple de prêtres, de prophètes et de rois intimement associés au sacerdoce du Christ-Roi et à ses ministres. Nous avons une responsabilité envers toute âme consacrée dans le sacerdoce; dans le monde où il y a de nombreuses tentations, ils ont besoin de nos prières et de notre appui dans leur sublime vocation. Prions chaque jour pour les prêtres. Jésus n’a t-il pas dit : « À qui on aura donné beaucoup, on réclamera davantage» (Lc, 12, 48) Le prêtre ne se sauve pas seul et ne se perd pas seul, nous y sommes associés dans le Christ.

  Lorsque Jésus a quitté la terre, ses apôtres ont poursuivi sa mission dans l’annonce du Royaume et la célébration de l’Eucharistie. « Faites ceci en mémoire de moi» (Lc, 22,19)La Vierge Marie a été le premier tabernacle de Dieu, le premier ostensoir à porter la vie de  son Fils, elle l’a reçu en elle, elle l’a chéri en ses entrailles et a participé intimement à sa mission sur terre. Nous ne pouvons concevoir avec quel amour et quel bonheur la Mère de Dieu recevait de la main des apôtres le corps et le sang de son divin Fils ressuscité! Marie, Mère du bel Amour, donne-nous faim de l’Eucharistie.

Le rosaire dans la ville

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Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

Marie, Femme de foi

 

Sommes-nous vraiment conscients des réalités que la Mère de Jésus a vécues tout au long de sa vie sur la terre? Les Évangiles nous disent peu à son sujet; nous savons qu’elle méditait tout en son cœur. Mais ce coeur, comment le scruter avec nos pauvres limites humaines! Posons un regard sur Marie, à la lumière de la Parole de Dieu. Dans un acte de foi et d’amour, laissons-nous saisir par le feu de l’Esprit. L’Époux divin nous fait entrer dans l’intimité de Marie, Sanctuaire privilégié de Dieu.

  L’Annonciation. Lors de l’Annonciation, Marie accueille la volonté de Dieu dans un fiat irrévocable. «Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole,» (Lc, 1, 38)répondit-elle à l’ange. Pourtant, Marie ne connaissait pas les implications de ce consentement dans sa vie mais elle a foi en Dieu et en son projet d’amour. Marie se rend disponible à vivre selon les désirs de Dieu.

Avec l’ange du Seigneur, je te salue Marie
Ouvre mon cœur à la Parole de Dieu

La Nativité. Viendra le temps de la naissance du Fils de Dieu : la sainte Famille est refusée, il n’y a pas de place pour eux dans la salle commune. «Marie enfantera son fils, elle l’emmaillotera dans une mangeoire, réchauffé par un bœuf et un âne.»(Lc, 2, 7) Notre Dieu est un Dieu qui se fait pauvre et mendiant de notre amour. C’est ce même Dieu pauvre et démunie que nous mangeons dans l’Hostie sainte. Saurons-nous le réchauffer de notre amour?

Vierge Marie, avec toi, je veux adorer ton divin Enfant
pour qu’il naisse dans tous les cœurs des enfants de Dieu.

 La fuite en Égypte.Hérode veut tuer l’Enfant. Le projet d’Hérode est révélé en songe à Joseph : «Lève-toi, prends l’enfant et sa mère et va te réfugier au pays d’Égypte. Tu y resteras jusqu’à ce que je te le dise, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. » (Mt, 2, 13) La sainte Famille doit s’exiler en Égypte pour sauver l’Enfant-Jésus. Marie et Joseph connaissent la fatigue, le dépaysement, les difficultés rencontrées lors de ce long voyage dans un pays étranger. Marie sait par sa foi que la  Providence veille sur eux, elle actualise les projets de Dieu dans l’abandon et la confiance.

Vierge Marie, nous te confions tous les enfants de la terre
 Nous te confions ceux qui blessent et ceux qui sont blessés

  Marie visite Élisabeth.La foi de Marie est vivante, concrète, elle est charitable. « Marie se rend auprès de sa cousine Élisabeth vers une ville de Juda, dans la région montagneuse. »(Lc 1, 39) Élisabeth est âgée et enceinte, Dieu lui a prodigué sa miséricorde. À la salutation de Marie, Élisabeth remplie de l’Esprit-Saint reconnaît en Marie la Mère de Dieu, bénie entre toutes les femmes. La grandeur du projet de Dieu sur Marie ouvre l’âme d’Élisabeth à la beauté du mystère mariale.

Du cœur de Marie jaillit son Magnificat
« Le Seigneur a fait pour moi des merveilles »

 Présentation de Jésus au temple.Jésus, premier né masculin est présenté au temple. Marie est fidèle aux coutumes de son temps. « Au temple se tenait un homme pieux appelé Siméon. L’Esprit-Saint était sur lui, l’Esprit lui avait révélé qu’il ne mourrait pas avant d’avoir vu le Messie du Seigneur. Siméon dit à Marie : » (Lc,2, 25-26) « Cet enfant sera un signe de division et de relèvement en Israël, toi-même, un glaive te transpercera l’âme. » (Lc, 2, 34-35)  Que sera l’avenir pour toi Marie! L’amour de ton Dieu est si grand pour toi qu’il t’a intimement unie à la rédemption de l’humanité, il ne pouvait en être autrement, tu es indissociable de ton Enfant.Tu es la Mère de ton Seigneur et des enfants de Dieu. Devant l’Enfant-Jésus et l’Homme des douleurs, jamais ton fiat n’a défaillit.

  Marie, à ta suite, je veux dire oui à la volonté de Dieu sur ma vie
Si je tombe, Marie, relève-moi dans tes bras.

  Recouvrement de Jésus au temple.Suite à trois jours de recherche et d’angoisse, Marie et Joseph retrouve le jeune « Jésus au temple, assis au milieu des maîtres de la loi; il les écoutait et les interrogeait. » (Lc, 2, 46) En le voyant, Marie lui dit : «Mon enfant, pourquoi nous as-tu fait cela; ton père et moi, nous te cherchions, très inquiets? »Jésus leur répond : «Pourquoi me cherchiez-vous? Ne savez-vous pas que je dois être chez mon Père.» (Lc,2,48-49) Terrible réponse pour des parents qui ont cherché leur enfant pendant trois jours. Marie est une maman, une maman avec un cœur humain dotée de grâces célestes. Il est dit que Marie méditait tout en son cœur. Marie ne compris pas les paroles de Jésus mais dans sa foi, elle les accueillait, les intégrait et les priait.

  Marie, lorsque je ne comprends pas les paroles de Jésus
Apprends-moi à les accueillir, à les prier avec ta foi et ta confiance.

   Les noces de Cana.«Ils n’ont plus de vin.»(Jn, 2, 3) Marie est sensible aux besoins des jeunes mariés. Aussi, s’adresse t-elle à son Fils mais l’heure de Jésus n’est pas arrivée. Au-delà des règles, Marie croit, elle connaît le cœur de son Enfant, elle lui fait confiance. « Tout ce qu’il vous dira, faites-le, »(Jn, 2,  5) dit-elle aux  serviteurs. Que se passe t-il? L’eau est changé en vin et ce vin est supérieur à tout ce qui a été servi jusqu’alors. Étonnement du maître du repas… Il est ainsi Jésus, il donne toujours plus que ce que l’on espère et en surabondance. Mais le voyons-nous? Sommes-nous attentifs à ce qu’il fait pour nous?

Marie, femme de foi, apprends-moi à croire au Dieu de l’impossible
 Présente nos demandes à ton Fils Jésus.

   Qui est ma mère, ma sœur… « Ta mère et tes frères sont là dehors, ils voudraient te parler »      Jésus répondit : « Qui est ma mère, qui sont mes frères. Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux Cieux est pour moi un frère, une sœur, une mère »(Mt, 12, 46 à 50)Comme nous sommes importants pour toi Jésus malgré nos pauvretés et nos ingratitudes. Alors que ta Mère et tes frères te demandent, tu dis que nous sommes ta famille lorsque nous te suivons. Nous sommes les enfants du Père, la famille de Dieu qui nous appelle à vivre de sa vie divine pour nous partager son bonheur.

Nous avons le même Père que Jésus, incroyable mais vrai
Merci Jésus pour la grande famille de Dieu

     Marie rencontre Jésus sur le chemin de croix. Il avait perdu toute apparence humaine. «C’est par ses blessures que nous sommes guéris »(1 P, 2, 24) Cet enfant devenu un homme, Marie l’a pris dans ses bras, elle l’a regardé, leur cœur battait à l’unisson. Sous les traits défigurés de son Enfant, Marie reconnaît la beauté de Dieu défigurée par nos péchés. Quelle douleur devait être la tienne Marie en voyant ton Fils! L’épée a traversé ton âme! Tu reconnais Celui que tes entrailles ont porté, ces mêmes entrailles portent la souffrance du Fils adoré. Ton amour reconnaît chaque trait du Visage défiguré de ton Fils, ce Visage qui nous a tant aimés et qui nous regarde toujours avec le même amour. Tu iras jusqu’à la croix Marie, en ton âme, tu l’as portera avec Lui. Le silence de l’Agneau de Dieu crie sa soif d’amour de l’homme, une soif d’amour que Marie veut étancher.

Jésus, j’adore ton Visage défiguré, j’y vois la beauté de ton amour pour moi
Marie, donne-moi soif des âmes pour les offrir à Jésus.

   Marie à la croix. Qui peut sonder la douleur du Coeur de Marie! Cette douleur nous échappe, elle dépasse les limites de nos compréhensions humaines. Si nous la percevons quelque peu, alors, elle nous est révélée par la grâce de Dieu. Seul le Père pouvait soutenir Marie dans une si violente blessure. Les grandes douleurs sont silencieuses, elles sont sans mot, seule une force de vie mystérieuse nous projette vers un amour indicible pour l’Aimé. Marie se tient debout à la croix, pas de cri, de lamentation, seule une douleur silencieuse baignée dans les larmes. Marie prie la croix avec Jésus, tout est accompli.

Vierge Marie, lorsque la douleur étreint tout mon être
Montre-moi Jésus sur la croix qui a tout donné pour moi

  Marie prie avec les apôtres.«D’un seul cœur, les Apôtres participaient fidèlement à la prière avec Marie, la mère de Jésus »(Ac, 1, 14) Jésus est ressuscité, il est le Vivant. Dans la prière, avec les Apôtres, Marie attendait la venue de l’Esprit-Saint promis par Jésus. Les Apôtres réunis en prière avec Marie est le modèle de l’Église en prière pour le salut de tous les hommes. La foi de Marie rayonne au cœur des Apôtres, la louange monte vers Dieu. Marie mère de l’Église la conduit jusqu’au retour glorieux du Christ.

Marie, donne-moi ton amour de l’Église du Christ
née de la mort et de la résurrection de ton divin Fils.

Du Ciel, la Vierge Marie continue de prier pour nous, d’intercéder auprès de son divin Fils. Comme une Maman voulant le bonheur de ses enfants, elle vient sur terre nous visiter, elle nous appelle avec insistance à la conversion du cœur, nous invite à nous ouvrir à l’amour de Dieu.

Vierge Marie, Femme de foi, nous voulons répondre à tes appels
 montre-nous ton Fils Jésus, conduis-nous à la plénitude de l’Amour.  

Le rosaire dans la ville

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Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Pâques! Le Christ est ressuscité!

 

Pâques! Le Christ est vivant! Les chaînes de l’esclavage sont tombées. Il a vaincu la mort et le péché. Jusqu’à la fin de son existence terrestre, le Christ accompli la volonté de son Père pour nous montrer le chemin. Dans sa mort et sa résurrection, avec Lui, nous entrons dans la Vie. Dans la résurrection de l’Homme-Dieu, notre chair est sanctifiée, appelée à la vie éternelle, sa résurrection appelle notre propre résurrection.

Avant de monter vers son Père et notre Père, Jésus ressuscité se fait voir à plusieurs de ses contemporains. Ses disciples n’en croient pas leurs yeux, alors qu’ils croyaient que tout était fini, le voici vivant au milieu d’eux en chair et en os. Sa victoire n’est pas à la mesure des hommes mais à la mesure de l’amour de Dieu, du don de soi. Jésus a tout donné, dans l’Esprit-Saint, le Père l’a glorifié.

Les siens s’ouvrent à une vie nouvelle. Du doute renaît la foi, la peur laisse la place à la joie : Celui qu’ils ont suivi et aimé est vivant, il prendra place auprès de son Père et l’Esprit du Père et du Fils leur sera envoyés. Jésus leur avait promis : «Je ne vous laisserai pas orphelins. (Jn, 14,18) Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps.» (Mt, 28,20) L’Esprit-Saint les assistera, ils témoigneront de la résurrection du Christ par le don de leur vie, jusqu’au martyre.

Au Ciel, Jésus ressuscité a conservé sur son corps glorifié les marques des clous de sa crucifixion; ses mains et ses pieds en témoignent ainsi que son côté transpercé d’une lance. Jésus nous montre les preuves de son amour. La Parole de Dieu ne nous dit-elle pas! «Dans ses blessures, nous trouvons la guérison.» (Esa, 53,5) Par ses marques d’amour éternellement visibles, Jésus se fait solidaire de ses frères et sœurs souffrants portant dans leur chair, leur cœur et leur esprit, les signes de leurs souffrances. Entrons avec Lui au cœur du mystère divin. Les détachements du monde, de soi, de notre volonté, toutes ces morts, petites et grandes que nous rencontrons tout au long de notre existence terrestre nous amènent jusqu’à notre mort corporelle; à la suite de Jésus, il faut mourir pour ressusciter et goûter au bonheur de la Vie éternelle. Dans la résurrection du Christ est inscrite notre propre résurrection. Baignés dans la mort de l’Homme-Dieu crucifié et ressuscité, avec Lui, nous entrons dans la gloire et la joie de Pâques.

Pâques est le cœur de la vie chrétienne. Si le Christ n’était pas ressuscité, nous serions encore esclaves du péché, laissés à nous-mêmes, condamnés à une mort sans issue. Mais le Christ est vivant, avec Lui, nous le sommes aussi, nous sommes appelés à partager sa vie et à témoigner de sa résurrection. Les marques de la crucifixion du Christ perpétuent au Ciel et sur terre le don de Dieu, ils sont les signes tangibles du triomphe de son amour, le triomphe de Pâques.

Le rosaire dans la ville

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Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Marie au pied de la croix

 

Une lance s’enfonce dans la chair du Bien Aimé
Du sang et de l’eau jaillissent de son côté
Du Coeur de l’Amour transpercé
Naît l’Église pour l’humanité

Au pied de la croix
L’Immaculée recueille la rosé immortelle
Au vase virginal de son âme.
Les mains qui ont caressé l’Enfant-Dieu
Ouvertes comme des pétales éclos
Reçoivent la sève rougie
D’un Dieu engendrant dans la mort la Vie.

L’expiration de l’Agneau immolé
A fait éclater la mort
Une sève nouvelle coule maintenant
Sur la terre des vivants
Son divin sang a tracé nos sillons d’éternité
Sur nos routes empoussiérées du péché.
Sa Mère boit à même la douleur
Son baiser trempé aux plaies du Bien Aimé.

Se tissent entre ciel et terre les filaments de sang
Qui élèvent le pécheur jusqu’au trône céleste.
Tout près d’Elle, le disciple entend la promesse de vie :
«Femme, voici ton fils, Jean, voici ta Mère»
L’offrande fait éclater la tendresse
D’un Dieu offrant l’ultime amour
Alors que la mort perce les ténèbres déchaînées
La Lumière traverse les abîmes
S’allume le grand brasier du «consummatum est»

Marie, au pied de la Vie
Reçoit le glaive de l’Amour
Un même sang glorifie le Père
L’Esprit est venu jusqu’à nous
La mort agenouillée
Contemple, vaincue,
L’Amour immolé.

Sur l’autel de l’Eucharistie
Lit nuptial d’un Dieu en croix
Dans la chair et le sang du Fils glorifié
L’humanité épousée reçoit l’Esprit.

Le rosaire dans la ville

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