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Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin

La Vierge Marie et sa mission

Marie, la Femme de la Nouvelle Alliance

La désobéissance d’Adam et Ève a rompu l’Alliance avec Dieu, Marie, par son adhésion au plan divin est devenue la femme de la Nouvelle Alliance. À l’Annonciation, Marie reçoit en sa chair et son âme la touche délicate et mystérieuse de l’Esprit de Dieu, son divin Époux.En accueillant l’Esprit-Saint en elle, Marie, Vierge et Mère, a donné naissance à Jésus, le Fils de Dieu venu rétablir l’Alliance entre Dieu et nous. Parce que Marie nous donne Jésus, avec elle, nous entrons dans la Nouvelle Alliance. Marie, nouvelle Ève nous offre les prémices de l’amour, de la Bonne Nouvelle de Jésus. Le consentement de Saint-Joseph au plan de Dieu donne à Jésus une descendance; l’humanité de Jésus s’inscrit dans la lignée de David.

Ce corps qui devait être livré à notre contemplation et à notre adoration s’est formé peu à peu dans les entrailles de Marie. Cependant, ce petit corps divin dans le sein d’une Vierge Mère a été engendré non par le vouloir d’un homme mais par l’Esprit Saint, par une même volonté divine du Père et du Fils : Jésus prend chair dans notre humanité pour révéler à cette humanité de quel amour infini est elle aimée.

Jésus, ayant été engendré par l’Esprit Saint, la vie du Fils de Dieu sur terre ne pouvait être que le don de l’amour de Dieu pour cette humanité. Sans le fiat de Marie, sans son consentement empreint d’une fidélité et d’une foi inébranlables, Jésus n’aurait pu prendre chair dans le sein très chaste de la Vierge. Si le divin corps de Jésus s’est développé dans le sein de Marie, l’âme de la Vierge fut le premier berceau visité par l’amour du Père qui, de toute éternité, avait choisi et préparé le Temple immaculé dans lequel son divin Fils devait naître.

La Vierge Marie fut le premier ostensoir dans lequel Jésus reposa. Jésus est venu dans le sein virginal de sa Sainte Mère avec toute son humanité et sa divinité. Portant en sa chair et son âme, la vie de Jésus, Marie lui était unie dans le plus parfait amour, au cœur de la Trinité Sainte. Marie n’a pas vécu pour s’accaparer de Jésus, elle n’a pas cherché à le garder jalousement pour elle. Marie connaissait les saintes Écritures, sans en comprendre toute la portée, « Marie gardait fidèlement tous ces souvenirs dans son coeur » (Lc, 2, 51) L’ombre de la croix couvrait le Fils de Marie, elle lui avait donné la vie pour que cette vie offerte sur une croix donne à son tour la vie éternelle à l’humanité.

Marie nous aime autant qu’elle aime Jésus. Marie a participé à la passion de son Fils; avec lui, elle a accepté ses indicibles souffrances, en son cœur, elle a ressenti les douleurs infligées à Jésus; elle a vécu ce drame humain et divin dans l’oblation la plus totale : « Une épée te transpercera l’âme »lui avait prédit le vieillard Siméon. (Luc, 2, 35) Parce que l’Immaculée, unie à son divin Fils, a accueilli le projet miséricordieux du Père, comment pouvait-elle nous aimer moins alors que nous sommes au cœur du salut accordé, au coeur de la miséricorde infinie!

Le véritable amour, ce feu de l’Esprit qui anime et féconde Marie ne peut se mesure, se soustraire ou s’augmenter, l’amour de Marie à l’image de celui de Jésus est un don total, irréversible, inconditionnel, comblé de la joie de l’Esprit; Marie a tout donné, elle participe à la rédemption. Étant née immaculée dès sa conception, son âme limpide, toute imprégnée de l’amour de Dieu ne peut aimer que du même amour que Dieu aime. Aussi, le Christ l’a unie à son sacerdoce royal, Marie collabore au salut de l’humanité.

Lorsque Jésus a quitté la terre, ses apôtres ont poursuivi sa mission dans l’annonce du Royaume et la célébration de l’Eucharistie : « Faites ceci en mémoire de moi» (Lc, 22,19) La Vierge Marie a été le premier reposoir de son Enfant. Avant de communier au corps ressuscité de Jésus, elle a communié à la vie humaine et divine qui s’est développée en elle, elle a chéri et nourri son Dieu. Mère et disciple de Jésus, ses entrailles ont reçu le baiser chrismal, le don de Dieu. Nous ne pouvons concevoir avec quel amour et quel bonheur la Mère de Dieu recevait de la main des apôtres le corps et le sang de son divin Fils ressuscité! Marie, Mère du bel Amour, donne-nous faim de ton Jésus Eucharistie.

Sur la croix, à l’heure de rendre l’âme, une lance a percé le côté de Jésus d’où ont jailli le sang et l’eau de notre enfantement. Jésus nous donne sa Mère; nous devenons les enfants de Marie, mère de tous les humains rassemblés dans le corps mystique du Christ devenu Église. Au jour de la Pentecôte, en présence de la Vierge Marie, les apôtres reçoivent l’effusion de l’Esprit-Saint; sous la mouvance de l’Esprit divin naît l’Église du Christ.

La Vierge Marie, à la suite de Jésus est le modèle exemplaire de la parfaite missionnaire. Par sa vocation de fille du Père, mère de Jésus, épouse de l’Esprit-Saint, la Vierge Marie communie à la vie de la Sainte Trinité. Du Ciel et lors de ses nombreuses apparitions sur terre, Marie poursuit sa mission en appelant inlassablement ses enfants à la conversion afin qu’ils trouvent leur bonheur dans l’amour de Dieu. Marie accompagne chacun de ses enfants dans leur mission afin de les conduire dans les pas de Jésus, sur le chemin de la sainteté. Dans la continuité de la mission de son divin Fils, Marie est Mère de l’Église.

L’Église reçoit sa mission : « Jésus dit à ses disciples : « Allez donc et faites-moi des disciples de toutes les nations. Vous les baptiserez au nom du Père et du Fils et de l’Esprit-Saint, et vous leur enseignerez, pour qu’ils l’observent, tout ce que je vous ai ordonné. Voici que je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du temps. » (Mt, 28, 19-20) L’Esprit-Saint guide et sanctifie l’Église. L‘Église du Christ reconnaît et confère à Marie le titre de Mère de l’Église. Dès sa conception, la Vierge Marie est le temple parfait de la Trinité sainte. La mission de Marie est d’éduquer et de conduire l’Église jusqu’à sa pleine réalisation, c’est-à-dire, à la perfection du corps du Christ en chacun de ses membres. Si la Vierge Marie est Reine, elle est avant tout une Mère aimante, attentive à chacun de ses enfants. Aussi, l’Église de son divin Fils est invitée à avoir les mêmes attributs que Marie, Mère de l’Église.

L’Église se veut maternelle, compatissante et sainte à l’image de la Vierge Marie. Tout comme Jésus est venu sur terre pour servir, l’Église doit se faire humble, ouverte aux souffrances et aux besoins de ses fils et de ses filles, dans le service, à l’image de Marie. Dans les épreuves de la purification, l’Église peut se confier à Marie, elle est Celle qui soigne les blessures, l’Étoile qui lui montre le chemin. Marie a été la sainte demeure de Jésus, elle l’a porté en elle tout comme elle continue de porter, en tant que Mère de l’Église, le corps mystique de son Fils. Marie, Mère de l’Église est la figure de l’Église triomphante du Christ, elle continue d’enfanter spirituellement chacun de ses enfants pour les conduire à son divin Fils.

La vie de Jésus comme celle de la Vierge Marie perpétue la beauté et la richesse du rosaire, ce qui donne à la terre une couleur céleste, un baume d’espérance sur la route d’exil que nous parcourons. Le Magnificat de la Vierge Marie veut retentir dans toute l’Église, au cœur de tous les fidèles. Marie accompagne et protège ses fils de prédilection, les âmes sacerdotales, ils sont le souffle de l’Église par lequel le peuple de Dieu se sanctifie. La Vierge Marie a assisté les apôtres au jour de la Pentecôte alors qu’ils recevaient l’Esprit de son divin Fils, elle continue d’accompagner ses fils de prédilection afin qu’ils soient à l’image de Jésus, imprégnés de l’amour du Père.

Que l’on soit un homme ou une femme, nous sommes tous appelés à vivre une maternité spirituelle. Nous avons tous reçu la vie pour la donner à notre tour; la mère donne une vie corporelle à l’enfant conçu en elle, tout au long du développement de son enfant, elle contribuera à parfaire sa santé physique, mentale et spirituelle. Ainsi, notre âme doit être prête à être fécondée par l’Esprit-Saint pour donner de notre vie à ceux que l’Amour met sur notre chemin. L’offrande de notre vie, de nos prières, de nos sacrifices donnés par amour à Jésus pour la conversion des pécheurs, -en commençant par notre propre conversion- s’inscrit dans la mission d’une fécondité spirituelle. Marie invite ses enfants à poursuivre sa mission qui devient la nôtre, à être une terre fertile à l’action de l’Esprit-Saint afin de vivre de l’amour de Dieu avec nos frères et sœurs.

Laissons-nous enfanter à la vie du Christ, par Marie, sa Mère et notre Mère afin que l’Église soit une, sainte, catholique et apostolique, image vivante de Celui qui nous donne le salut. La victoire de l’Église est assurée par le cœur immaculé de la Vierge Marie qui ramène le cœur de ses enfants à son fils Jésus. Sur les eaux troubles de notre monde, elle tient en main le gouvernail du vaisseau porté par la croix de son divin Fils.

Marie est Mère de l’Église, Mère du corps mystique de Jésus, elle nous accompagne sur nos chemins de vie, nos chemins de croix. Si l’eucharistie nous recrées en la vie divine du Christ, la Vierge Marie nous enfante spirituellement à la vie de son Fils à chaque eucharistie, son sang présent avec celui de Jésus, elle enfante Jésus en nos âmes et son désir le plus cher est de nous voir toujours plus conformes et plus unis à son divin Fils pour que nous puissions nous aussi, par notre union à Dieu, enfanter les âmes de nos frères et sœurs afin qu’ils reviennent vers Dieu. C’est là notre maternité spirituelle.

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1er mystère : La Résurrection

 

Le troisième jour, Jésus ressuscite d’entre les morts
(Mt,28,1à8)

Une dizaine du rosaire récitée avec la Parole de Dieu

Chant : Ton visage ô Vierge immaculée

La grandeur du mystère blesse et éblouit
Sa splendeur trouve écho au Cœur de Marie

De la volonté du Père s’achemine la Rédemption
Du souffle de son désir éclate la Résurrection

Chant : Béni sois-tu notre Père (bis)
Notre Père qui es aux cieux…
Béni sois-tu notre Père (bis)
Pause

(fond musical)

Narrateur : Après le jour du sabbat, comme le premier jour de la semaine commençait à poindre, Marie de Magdala et l’autre Marie vinrent visiter le sépulcre.
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

Narrateur : Et voilà qu’il se fit un grand tremblement de terre : l’ange du Seigneur descendit du ciel et vint rouler la pierre, sur laquelle il s’assit.
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

Narrateur : L’ange avait l’aspect de l’éclair, et sa robe était blanche comme neige.
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

Narrateur : À la vue de l’ange, les gardes tressaillirent d’effroi et devinrent comme morts.
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

Narrateur : Mais l’ange prit la parole et dit aux femmes :
L’Ange : «Ne craignez point, vous : je sais bien que vous cherchez Jésus, le Crucifié.
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

L’Ange : Jésus n’est pas ici, car il est ressuscité comme il l’avait dit.
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

L’Ange : Venez voir le lieu où Jésus gisait, et vite allez dire à ses disciples : «Jésus est ressuscité d’entre les morts
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

L’Ange : Et voilà que Jésus vous précède en Galilée;
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

L’Ange : C’est en Galilée que vous verrez Jésus.» Voilà, je vous l’ai dit.»
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce

Narrateur : Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, les femmes coururent porter la nouvelle aux disciples de Jésus.
Je vous salue Marie, Mère glorieuse, pleine de grâce…

…………..…………………………………………

Vierge Marie, Mère de Dieu, dans la lumière du Christ ressuscité, je veux marcher dans tes pas, toi la première disciple de Jésus, toi qui a cru en sa Parole. Que la présence de Jésus en mon âme témoigne du Vivant.

Seigneur Jésus, j’adore tes plaies glorifiées.
Jésus ressuscité, Source de vie éternelle,
mon Seigneur et mon Dieu.

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Le couronnement d’épines

Troisième mystère douloureux

Comme il nous importe à nous de sauver la face, les apparences! Il est si important de faire belle figure en toutes occasions, être apprécié et reconnu pour ce que nous accomplissions.

Et lui, Jésus, il s’avance sur le chemin du Calvaire avec une couronne d’épines sur la tête. On le salue bien bas : «Salue ô roi des Juifs», on se moque de lui, il ne dit rien, il continue d’avancer, l’Amour ne peut s’arrêter. Les épines creusent des trous béants dans sa tête, le sang coule sur son visage mutilé. Chacune de ses plaies purifie notre orgueil, notre égoïsme, notre amour-propre, nos suffisances, nos trahisons, nos moqueries, notre peur de témoigner de notre appartenance au Christ-Roi. L’humilité de Dieu est vainqueur de l’orgueil de Satan. «Jésus de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu mais il s’anéantit lui-même prenant la condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes, s’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix. Aussi Dieu l’a exalté, lui donnant le Nom qui est au-dessus de tout nom.»(Ph. 2, 6-9) Par son obéissance au Père, Jésus est consacré Christ-Roi, il reçoit de son Père la gloire et donne le salut à l’humanité. L’abaissement de Jésus nous élève vers le Père. De sa royauté, Jésus se fait le Serviteur des petits, des pauvres, de ceux qui souffrent pour nous dire que nous ne sommes pas seuls, il est avec nous, il comprend nos souffrances, nos angoisses, nos peurs, il les a vécus et pour nous en délivrer,  il est allé jusqu’au supplice de la croix.

La royauté de Dieu se manifeste dans sa miséricorde : Lui, le Roi, il se fait le Serviteur de tous, il se laisse approcher par le pécheur, il veut le guérir, il l’attend patiemment, ne ménage rien pour ramener au bercail les enfants qui se sont éloignés de lui. Sa couronne baignée de sang est tissée des pardons donnés. Les petits, les humbles de cœur,  ceux qui se confient en son amour allègent la couronne d’épines que porte Jésus, leur amour le console. Leur fidélité soigne les plaies de Jésus et Celui-ci se plaît à les couvrir de sa tendresse, de sa présence.

Son règne est un règne d’amour, de compassion, de service, de communion avec ceux qui veulent s’ouvrir au don de Dieu, se laisser aimer et combler par son amour. Saint Paul affirme : «Lorsque je suis faible, c’est alors que je suis fort,» alors que Jésus lui avait déclaré : «Ma grâce te suffit; car ma puissance se déploie dans la faiblesse.» (2 Cor, 12, 9-10) Pour saint Paul comme pour nous, la gloire de Jésus s’exerce par ce qu’il opère de saint en chacun de nous. Jésus connaît nos pauvretés, nos faiblesses, nos blessures; alors que nous reconnaissons notre besoin de sa miséricorde, Jésus nous ouvre les bras pour nous faire entrer dans l’intimité de son cœur, nous en faire goûter les délices. Les blessures offertes par amour nous fait pénétrer plus profondément dans le mystère de la croix qui nous identifie au Christ-Jésus, nous faisant participer à sa Vie. Jésus n’a pas attendu que ses apôtres soient parfaits pour les envoyer en mission; l’Esprit-Saint les accompagnait dans leur humanité, agissant en eux et par eux, sanctifiant leurs œuvres. Il en est de même pour nous si nous acceptons de nous laisser transformer, de donner à Dieu la liberté d’agir en nous et par nous, selon sa sainte volonté. De la couronne d’épines porté librement par Jésus naissent les fruits pour la gloire du Père. Jésus édifie sa couronne de gloire à laquelle il nous fait participer en nous associant à sa passion.

« Seigneur Jésus, apprends-nous la véritable humilité, celle qui attire le cœur des petits, qui donne sans attendre en retour, qui s’efface devant les honneurs, qui accueille le mépris et l’indifférence en priant pour ceux qui nous offensent. Accepter d’être compté pour rien. Lui, le Créateur du ciel et de la terre, de tous biens, il s’est abaissé à ce moins que rien. En route vers la croix, il est considéré comme un homme châtié, sans apparence humaine, un malfaiteur alors qu’il n’a cessé de faire du bien aux autres. Nous qui avons péché, pouvons-nous accepter les humiliations, unir nos souffrances aux siennes? Dans son abaissement, il nous relève et nous fait chair avec Lui dans l’eucharistie, don suprême de l’abaissement de Dieu par amour pour tous les humains. »

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Le couronnement de Marie au ciel 

Cinquième mystère glorieux

 Les hommes réalisent des exploits en différents domaines, ils obtiennent la gloire, la reconnaissance des autres, ils sont rétribués pour leurs mérites, ils reçoivent des médailles, des trophées. Ils mettent à profit leurs talents par des découvertes, médicales et autres.

Qu’est-ce qui t’a valu, ô Marie, humble fille de Nazareth, d’être couronnée Reine du ciel! Lors de ta vie sur terre, tu n’as réalisé aucun exploit, tu n’étais pas reconnue de tes contemporains, tu as même été considérée comme la mère d’un malfaiteur alors que l’on conduisait ton Fils Jésus à la croix. Qu’est-ce qui t’a valu de recevoir un tel honneur, Vierge Marie! Tu ne reçois pas ta couronne pour avoir triomphé de défis humains ni pour avoir remporté une victoire sur d’autres participants ni pour avoir été l’héroïne d’une découverte. Non. Ta royauté, Vierge Marie est teintée de la gloire de Dieu. La cour céleste s’émerveille devant le rayonnement de la Mère du Christ, elle honore l’humble Servante du Seigneur; alors que tu es couronnée dans les Cieux,, les bienheureux et les anges te célèbrent.

Ta gloire ô Marie, est intimement liée à celle de Jésus, ta victoire est d’avoir embrassé la croix de ton divin Fils, ta disponibilité au projet du Père. Sous la mouvance de l’Esprit-Saint, tu as accueilli en ta chair et âme, Jésus, le Fils de Dieu, tout en demeurant Vierge. Tu connaissais les prophéties au sujet de ton Enfant, sans tout comprendre, tu les as accueillies, ton cœur de maman, avec Jésus, ira jusqu’au consummatum est de l’amour. Du jour de l’annonciation jusqu’à ton assomption, ta vie fut intimement liée à celle de ton Enfant. Le vieillard Simon te l’avait prédit : «Un glaive te transpercera l’âme.» (Lc, 2, 35) Tout au long de ta vie, Marie, tu as communié aux souffrances physiques et morales de Jésus en vivant chaque étape : la fuite en Égypte, la perte de ton Enfant à Jérusalem, le refus de ton peuple à reconnaître en Jésus le Messie, le chemin de croix, la mort de Jésus en croix, sa mise au tombeau. Tu as toujours été là, conservant en ton cœur immaculé les richesses du salut, richesses inconnues des hommes. Le glaive de l’amour, de l’amour non compris, non partagé, a percé ton âme. Comme Jésus, tu as tout donné, ce qui t’a valu Vierge Marie, la couronne du martyre et Dieu t’a glorifiée.

Aujourd’hui, la cour céleste tout entière te célèbre. Ta couronne est tissée du don de ta vie, de tes prières, de tes offrandes, de tes intercessions pour nous, des grâces accordées par ton Fils. Les saints et les anges te vénèrent, tes enfants de la terre te prient et t’aiment, ils sont les joyaux de ta couronne. Tu règnes auprès de Jésus, tu es Mère et Reine auprès du Christ-Roi, tu intercèdes pour tes enfants afin que chacun d’eux te rejoigne un jour au Paradis. Bienheureuse au cœur de la Trinité Sainte, tu jouis du bonheur de Dieu. Ta fidélité à ta mission de Mère du Christ et notre Mère te couronne Vierge Mère.

De ton amour pour nous rejaillit ta gloire, ton rayonnement s’étend de par toute la terre, tes enfants chantent tes louanges, nos cœurs proclament ta glorieuse sainteté, ta céleste beauté fait la joie de Dieu et la nôtre. Marie, le saint Berceau du Christ, tu continues à collaborer à l’oeuvre de Dieu en tant que Mère du Christ et de l’Église.

Aujourd’hui, Vierge Marie, tu rayonnes dans les Cieux tout en demeurant présente à tes enfants; les fruits de ta mission sur terre prolongent ton couronnement dans les cieux et tes enfants en bénéficient; ils reconnaissent en toi leur Souveraine bien aimée. Servante du Seigneur. tu fais la gloire de Dieu en nous conduisant à la plénitude de l’Amour. Ton couronnement trouve son apogée dans celui du Christ Roi; en toi, Vierge Mère, l’oeuvre de Dieu atteint sa perfection.

 

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Premier mystère joyeux : L’Annonciation

L’ange vint à Marie et lui dit : «Réjouis-toi, pleine de grâce, le Seigneur est avec toi.» Marie était toute troublée de ces paroles et se demandait ce que voulait dire cette salutation. Mais l’ange lui dit : Ne crains pas Marie! Tu as trouvé grâce auprès de Dieu.Tu vas être enceinte et tu mettras au monde un fils que tu appelleras du nom de Jésus. Il sera grand, il sera appelé fils du Très-Haut, et c’est à lui que le Seigneur Dieu donnera le trône de David, son père. Il régnera pour toujours sur la maison de Jacob, et son règne n’aura pas de fin.

Marie dit à l’ange : Comment cela se fera t-il puisque je n’ai pas de relations avec un homme? L’ange lui répondit : L’Esprit-Saint viendra sur toi, la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. C’est pourquoi le saint enfant qui naîtra de toi sera appelé Fils de Dieu. Rien n’est impossible à Dieu! Marie dit alors : Je suis la servante du Seigneur, qu’il m’arrive selon ta parole! Et l’ange se retira d’auprès d’elle. (Lc, 1, 28-38)

Une jeune fille juive, vierge, promise en mariage à Joseph. Mais voilà qu’un ange lui apparaît avec un message de la part de Dieu. C’est inattendu comme le sont pour nous les appels qui viennent parfois chambouler notre vie, déranger nos projets. La demande de l’ange vient du Ciel et la réponse de Marie va changer l’histoire de l’humanité. Comment réagissons-nous aux imprévues du Seigneur lorsqu’il nous invite à changer notre regard, nos manières de vivre?

Marie est fidèle à la loi du Seigneur; elle connaît les prophètes et leurs prophéties, ses parents lui ont enseigné les commandements de Dieu, Marie observe les préceptes de la loi juive. Et voilà qu’un ange vient lui parler, à elle, une toute jeune fille. Marie connaissait cette parole prophétique : «Voici que la Vierge est enceinte et met au monde un fils. On l’appellera Emmanuel, ce qui veut dire : Dieu-avec-nous.» (Mt, 1, 23) Marie ne savait pas que Dieu, par l’intermédiaire d’un ange, lui demanderait d’être sa Mère. Dans sa très grande humilité, Marie entrevoyait certainement de servir Dieu dans l’ombre, dans un amour très pur. Et voilà qu’un ange la visite de la part de Dieu!

Une jeune fille simple à qui l’entourage ne prête pas attention, elle n’a rien fait d’extraordinaire mais son cœur est humble, fidèle à son Dieu qu’elle aime et qu’elle prie avec amour, de tout son cœur. «Tu as trouvé grâce auprès de Dieu.» Ce que les hommes ne peuvent percevoir existe de toute éternité, le projet de Dieu sur Marie : il l’a revêtue d’une beauté céleste, la prédestinant à être la Mère de son divin Fils et de l’humanité. Avant même qu’elle soit révélée au monde, Marie portera en son sein très chaste l’Enfant du Père; elle partagera la vie de Jésus, ses souffrances, elle le couvrira de la pureté de son amour. Marie est le premier Tabernacle vivant, Jésus se sait aimer, elle sera son plus fidèle disciple. Il fallait à Jésus une Mère sainte, immaculée, préservée du péché originel et rachetée avant toute créature par le sang de Jésus. Dieu désirait pour son divin Fils une humble et sainte Demeure, une Vierge-Mère infiniment aimante dont toute la vie serait consacrée, donnée à l’amour de Dieu et des êtres humains.

Un jour, à la proclamation de l’Évangile, Jésus dira : «Tu es béni, Père, Seigneur du ciel et de la terre, tu as révélé aux tout-petits les mystères du Royaume.» (Mt, 11, 25) Dieu a posé son regard sur Marie, la comblant de toutes grâces, l’âme de la Vierge Marie est la bonne terre fertile en qui Dieu s’est plu à se révéler, lui ouvrant les trésors de son divin Coeur. Tout au long de sa vie terrestre, Marie méditait les paroles, les événements qui entouraient la vie de son divin Fils. Dans la souffrance, la joie, l’accueil du quotidien, Marie entrait dans le plan divin, participait à la rédemption de l’humanité. Elle suivit Jésus jusqu’à la croix, son âme meurtrie intimement unie à celle de son Enfant mourant a partagé ses souffrances, son amour de l’humanité dont elle est devenue la Mère.

Marie a répondu oui à la demande de l’ange envoyé par Dieu, son fiat était sans équivoque, sincère et totale. La Parole de Dieu nous invite à être clair et décisif dans nos engagements : que votre oui soit un oui, votre non un non. (Jc, 5,12) Dieu n’a cessé au cours des siècles de nous faire ses demandes, ses invitations à le suivre, à être témoin de l’Évangile. Dieu ne force jamais la porte de notre cœur, il nous a créés libres et il respecte notre liberté comme il a respecté celle de Marie à la demande de l’ange Gabriel. À l’exemple de la Vierge Marie, choisirons-nous de dire oui aux invitations de Dieu, à suivre Jésus dans la joie comme dans la peine, même jusqu’à la croix, au don total de notre vie?

Nous te remercions et te bénissons, ô Vierge Mère pour ton oui à la volonté de Dieu. Tu as consenti à entrer dans le projet de Dieu sans en connaître le prix, seul l’amour, dans une confiance absolue te portait. Ton fiat a précédé les nôtres, ton amour maternel conduit nos pas sur les chemins où l’Amour se fait chair au cœur de notre cœur. Que la réponse de Marie à la demande de l’ange résonne en nous comme au jour de l’Annonciation afin de nous associer à son âme missionnaire, au cœur de nos frères et sœurs. Comme Marie, laisserons-nous l’Esprit de Dieu nous féconder, nous ouvrir aux dons et aux grâces dont il veut nous combler?

Aimons et vénérons notre Sainte Mère, contemplons en Elle les merveilles de Dieu. Comme elle, soyons cette terre fertile où Dieu veut établir son Règne. Laissons-nous aimer à la dimension du Coeur de Dieu. La jeune fille de Nazareth est devenue la Mère de Dieu… À Dieu, rien n’est impossible. Marie, donne-nous tes bras pour accueillir ton Enfant-Dieu. Soyons des phares lumineux dans le monde que nous côtoyons. Avec Marie, nous pourrons dire et chanter son Magnificat : «Le Seigneur a fait pour moi des merveilles, Saint est son Nom.»

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Troisième mystère joyeux : La Nativité

La puissance de sa fragilité

    Pourquoi une fête comme Noël mobilise t-elle la terre entière, suscite t-elle chez les êtres humains une telle force de partage? Pourquoi la Nuit de Noël vient-elle remuer les cœurs et raviver la flamme de nos vies? Pourquoi, même les incroyants sont-ils entraînés dans le mystère et les ignorants boivent-ils à même l’enchantement du mystère? Pourquoi ce réveil dans l’âme, à une présence indéfinissable, insoupçonnée, à ce quelque chose d’inintelligible qui vient confronter les cœurs endurcis à la fragilité et à la grandeur de leur être? Pourquoi la passivité a t-elle fait place à l’émerveillement et les yeux s’ouvrent-ils à la Nouvelle?

   Tant de belles fêtes sillonnent le calendrier liturgique tout au long de l’année; des fêtes importantes, revêtues d’un sens profond, relatant la foi chrétienne et alimentant la vie de l’âme; mais combien en ignorent à peu près l’existence et le véritable sens.

   À Noël, les peuples en guerre sont tenus de s’arrêter, plus que jamais les familles sont invitées à se réconcilier et les gens isolés se voient visiter et comblés. De quelle magie s’habille Noël, quelle féerie vient ébranler ce monde blessé, aux prises avec les conséquences du péché! Ce n’est certes pas une création sortie de l’imaginaire de l’homme; c’est le plus grand don de Dieu donné à l’homme : son divin Fils Jésus.

   Un Enfant est né, le Fils de Dieu né d’une Vierge, Dieu se faisant chair pour que nous puissions vivre de son Esprit. Celui qui a tout créé, le Dieu tout-puissant vient en notre monde, il se fait l’un des nôtres pour que nous puissions   être avec lui. La puissance d’un Dieu qui a choisi la fragilité d’un tout-petit, pauvre, reçu dans une étable, épousant notre terre au creux d’une mangeoire pour que nous devenions nous aussi, nourriture de vie les uns pour les autres. La fragilité d’un Enfant qui vient ébranler nos certitudes humaines et nous ouvrir à notre propre mystère d’enfant de Dieu. La fragilité d’un Dieu qui réveille l’enfant blessé en nous en voulant nous ramener à l’essence même de notre être : « En vérité, je vous le dis, si vous ne retournez à l’état des enfants, vous ne pourrez entrer dans le Royaume des Cieux. » (Mt, 18, 3) Un Dieu qui veut guérir le genre humain non par la force mais par la vulnérabilité d’un Enfant qui a aimé le premier en se faisant mendiant du cœur humain, du cœur des siens.

La force de ceux qui ont cru

   Devant l’Enfant, la terre est ébranlée, l’Enfant veut révéler à tout être humain l’amour dont il est aimé. Marie et Joseph ont accueilli le projet de Dieu, avec eux, les cœurs pauvres et humbles entrent dans le mystère de Noël; le Sauveur Enfant rejoint leur fragilité et les élève à la joie de l’amour donné. La joie des tout-petits baigne du mystère de Noël : l’incompréhension intellectuelle laisse place aux effets de la grâce baptismale; aussi, les tout-petits accueillent avec un cœur pur et sensible la manifestation d’un Enfant-Sauveur. 

   Ce n’est pas la force de nos mentalités humaines qui vient libérer la vie en nous, qui vient nous réconcilier avec nous-mêmes, avec Dieu, avec les autres. Ce n’est pas la puissance physique ni intellectuelle qui vient nous rendre la force de continuer et la joie d’espérer; c’est la fragilité d’un Dieu si petit, si pauvre, si vulnérable qui, malgré nos endurcissements et nos résistances, nous met en présence des blessures et des fragilités de notre condition humaine.

   La fragilité d’un Dieu fait homme est si puissante qu’elle féconde, des fruits de son Esprit, nos âmes que le mal avait entraîné dans le désespoir et la perdition. La fragilité de Dieu Enfant est si puissante qu’elle élève les âmes humbles et abaissent celles qui s’enorgueillissent. La Vierge Marie le proclame en son Magnificat : «Il a renversé les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.» (Lc, 1, 52-53)

   L’abaissement de Dieu en Jésus-Christ a valu à l’être humain son élévation jusqu’à Dieu. Voilà pourquoi Noël, après deux mille ans, Dieu est toujours présent dans l’eucharistie. La Présence réelle de Jésus dans l’eucharistie met à nue sa vulnérabilité. Jésus se met à notre service, il est, comme un poupon, démuni entre nos mains, dépendant de notre vouloir humain, de notre réceptivité à recueillir l’offrande de sa vie. Dieu vulnérable, dépouillé de sa puissance, prêt à se donner, ranime dans le cœur humain le don du Père dans le Fils pour qu’en Lui, nous devenions, avec Jésus, les fils et filles du Père. L’Hostie sainte, l’Amour incarné comble de ses grâces, revêt de sa beauté celui et celle qui l’accueillent. C’est ce regard d’amour que le Père a posé et continue de poser sur chacun de nous.

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

Hommage à la Vierge Marie

PRIÈRE

Les perles se cachent dans les huîtres
Les plus grands trésors, au silence du cœur
Et toi, ma Mère, tu as porté ton Jésus
Au temple saint de ton âme virginale.
Toi, Marie, le premier ostensoir vivant
À contenir, dans le dépouillement le plus absolu
Le Pain de Vie pétri aux douleurs de la Croix.
Du silence du Ciel enfermée en ton sein
Naissait la Parole de Chair :
Contemplation secrète de l’humble Marie.

Les anges chantent encore le «oui» de Myriam
Livrant au grand jour, en pleine lumière
La magnificence d’un Dieu livré à l’amour.

Ô Vierge toute belle
Montre-moi les espaces virginales
De la liberté de Dieu cachée au fond de mon cœur
Fais-moi toucher l’étendue de la Croix
Me prosterner à la gloire de la pauvreté de Dieu.
Ô Dieu, je suis mendiante de ta tendresse!

………………………………………….

Mon âme enrichie du dénuement de son Seigneur
Exalte sa liberté d’enfant de Dieu

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

La folie d’amour du don de Dieu : L’eucharistie

JÉSUS ESTUNE PERSONNE

Certains diront que ce langage n’est pas populaire. Ils ont raison. Ce langage du cœur s’adressant à Jésus, mon Bien Aimé, en surprendra plus d’un. Il serait mieux accepté si ces mots d’amour étaient adressés à un homme provenaient de sa bien aimée. 

  Jésus est le Fils de Dieu, il est parfaitement Dieu et parfaitement homme, un homme venu sur la terre pour rencontrer notre humanité, pour la vivre pleinement, il a épousé notre condition humaine, sauf le péché.  Il est une PERSONNE avec un cœur de chair qui bat dans sa poitrine, un cœur qui aime comme jamais personne ne pourra aimer. Sur la terre, Jésus a connu la tendresse mais aussi la souffrance, le rejet, l’abandon, l’indifférence, lui qui aimait tous les êtres humains avec une sensibilité et une délicatesse extrêmes. Dans un amour gratuit et total, il soignait, consolait, guérissait ceux qui souffraient. Jésus savait qu’il risquait de ne pas être aimé en retour mais il respecte notre liberté, jamais il ne forcera la porte de notre cœur. Jésus désire des cœurs qui l’accueillent librement afin de pouvoir les combler, leur partager son bonheur, son amour du Père dans l’Esprit. Jésus est patient envers ses frères et sœurs en humanité, il connaît nos souffrances, nos combats et malgré nos indifférences et nos rejets, il demeure avec nous, il ne nous abandonnera jamais même si nous, nous l’abandonnions. 

   Un jour, parmi ceux qui le suivaient, plusieurs décidèrent de ne plus le suivre. Jésus a demandé à ses apôtres : « Et vous, allez-vous partir vous aussi? » (Jn, 6,67) Comme Jésus, nous ne voulons pas voir partir ceux que nous aimons! Jésus savait que ceux qui partaient s’éloignaient de leur propre salut. Dieu, en Jésus ne veut perdre aucun de ses enfants, c’est ce qui blesse son cœur aimant. À la demande de Jésus, l’apôtre Pierre lui a répondu : « Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle, et nous, nous croyons et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » (Jn, 6, 67 -68- 69) Parce que Jésus a osé leur parler du don de sa vie : « Ma chair est vraiment une nourriture et mon sang est vraiment une boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui. » (Jn, 6, 55-56) Ces gens qui l’ont quitté n’avaient pas encore compris que Jésus a tellement voulu se faire proche de nous en se donnant tout entier, ce don d’un amour absolu les a rebutés, c’était trop pour plusieurs, ils n’ont pas été capables d’accueillir autant d’amour, leur foi était trop faible. Et nous, savons-nous accueillir avec amour ce don sublime à chaque eucharistie!

    Avec un coeur de père et de mère, peut-on dire aussi, de grand-maman, de grand-papa, Jésus manifestait sa tendresse aux petits enfants : « Laissez venir à moi les enfants. Si vous ne redevenez pas comme des enfants, vous n’entrerez pas dans le Royaume des Cieux. » (Mt, 19, 14) Jésus avait une prédilection pour les petits et ceux qui leur ressemblent, les cœurs purs, simples et humbles. Jésus était rempli de compassion pour les foules qui voulaient l’entendre; il leur enseignait sa Parole, nourrissant leur cœur et aussi, leur faim corporelle. (Mt, 14, 13-21)

   Jésus, parfaitement humain, réagit devant le mal qui le blesse. Devant la violation des vendeurs du temple qui profanaient la Maison de son Père, Jésus entra dans une grande colère : « Jésus entra dans le Temple et mit dehors tous ceux qui vendaient ou achetaient dans le Temple. Il retournait les tables des changeurs de monnaie et les sièges des vendeurs de colombes. Il leur disait : »Il est écrit : Ma maison sera appelée Maison de Prière mais vous, vous en avez fait une caverne de voleurs. »  Comme Jésus, nous avons parfois à témoigner du Nom de Dieu, au nom de notre foi, défendre sa Parole.

  Tout au long de sa passion, Jésus a été abandonné, rejeté, humilié. Dans son humanité meurtri, il a poursuivi seul le chemin qui le menait au Calvaire. Comme nous parfois, il s’est senti abandonné de son Père, de son Dieu.« Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné? » (Mt, 27, 46) ) alors qu’il expirait d’amour. Son amour était trop grand pour que les hommes comprennent qu’il marchait  librement vers le Calvaire, qu’il les portait tous dans sa croix avec un amour infini. Sa vie donnée par amour fait de nous les enfants du Père, « Je monte vers mon Père et votre Père, mon Dieu et votre Dieu. » (Jn, 20, 17) Dans la mort et la résurrection de Jésus, nous sommes devenus les enfants de l’Amour mis au monde par le corps et le sang de Jésus toujours présents parmi nous dans l’eucharistie, avec toute son humanité et sa divinité. Sa vie, il nous la donne encore et encore dans l’eucharistie pour nous nourrir de l’abondance de son amour. Plus nous nous conformons à l’humanité de Jésus, plus sa divinité nous humanise sous le regard du Père qui reconnaît son Christ en nous. Avec Lui, nous pouvons être eucharistie pour la vie du monde.

   Tant d’événements pourraient encore nous faire comprendre la profonde humanité de l’Homme-Dieu! Si quelqu’un peut comprendre notre besoin d’amour, c’est bien Jésus. N’oublions jamais que Jésus est une Personne bien vivante au milieu de nous et qu’il est bon de lui parler, de lui exprimer nos difficultés, notre amour, nos peurs, nos joies, tout ce que nous sommes. De son cœur transpercé par la lance ont jailli les dernières gouttes de son sang et d’eau. Seule la folie d’un tel amour vécu pour nous, pour son Père pouvait transformer la mort en Vie, offrir la joie du don qui transforme tout si nous lui en donnons la permission. Plus notre humanité s’attachera à celle du Christ-Jésus, plus notre humanité divinisée revêtira celle de Jésus, plus nous entrerons profondément dans la connaissance amoureuse du Père, du Fils et de leur Esprit d’amour. Jésus est la joie du Père, soyons-le avec lui.

  À l’annonce de l’ange venu de la part de Dieu, Marie a accepté d’être la Maman de Jésus, elle a dit oui, elle a accueilli la volonté du Père, elle a mis au monde la Personne de Jésus, son divin Fils pour l’aimer et le donner au monde au pied de la croix. À notre tour, disons oui  à  l’amour du Fils de Marie. Parlons à Jésus à cœur ouvert, sans crainte, qui que nous soyons, importe ce que nous vivons, importe notre passé, il est toujours là pour nous. Alors, oui, je peux écrire et parler d’amour à la Personne de Jésus, mon Bien Aimé, il reçoit toutes les confidences de mon cœur. À votre tour de lui parler ou de lui écrire.

Toute ma vie, je vais te bénir
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin, je serai rassasiée;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.
(Ps, 63,5)  

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La Transfiguration

La transfiguration
quatrième mystère lumineux

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et il les emmena à l’écart, sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux; son visage devint brillant comme le soleil, et ses vêtements blancs comme la lumière. Voici que leur apparurent Moïse et Élie, qui s’entretenaient avec lui. Pierre prit alors la parole et dit à Jésus : «Seigneur, il est bon que nous soyons ici! Si tu le veux, je vais dresser trois tentes, une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie.» Il parlait encore, lorsqu’une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : «Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis tout mon amour : écoutez-le.»

Quand ils entendirent cela, les disciples tombèrent face contre terre et furent saisis d’une grande crainte. Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : «Relevez-vous et soyez sans crainte! Levant les yeux, ils ne virent plus personne, sinon lui, Jésus, seul. En descendant de la montagne, Jésus leur donna cet ordre : Ne parlez de cette vision à personne, avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts.» (Mt, 17, 1- 9)

Les trois apôtres voient Jésus transfiguré, enveloppé d’une luminosité jusque là inconnue. Et voici que Jésus s’entretient avec Élie et Moïse. Élie dont les paroles brûlaient comme une torche, ce prophète prédestiné, élevé au ciel dans un tourbillon et Moïse, l’élu de Dieu qui a acheminé le peuple d’Israël vers la terre promise, le faisant traverser à pied sec la mer Rouge, deux figures dominantes de l’Ancienne Alliance établie par Dieu avec son peuple. Et voici que le Fils de Dieu s’entretient avec eux. Les apôtres sont déroutés par les événements.

Jésus savait que sa passion et sa mort provoqueraient un grand bouleversement dans le cœur de ses apôtres. Ces moments privilégiés vécus avec Jésus lors de la transfiguration les préparaient aux événements tragiques de sa passion. Accentuant ainsi sa divinité, son appartenance à la vie de Dieu, se faisant voir dans une céleste luminosité, Jésus préparait le cœur de ses disciples. Après la résurrection de Jésus, les témoins de sa transfiguration donneront le témoignage de ce qu’ils ont vu et vécu, un événement qui affermira l’espérance des disciples. En présence de Moïse et d’Élie, Jésus leur signifiait le lien existant entre l’Ancien et le Nouveau Testament. En la Personne de Jésus se relient l’Ancienne et la Nouvelle Alliance par laquelle Jésus est venu accomplir les paroles des prophètes, réaliser le projet du Père pour le salut de l’humanité.

«Une nuée lumineuse les couvrit de son ombre, et voici que, de la nuée, une voix disait : «Celui-ci est mon Fils bien aimé, en qui j’ai mis tout mon amour : écoutez-le.» Le Père se prononce devant les apôtres : «écoutez-le.» Jésus est l’Envoyé de Dieu, Celui qui a les paroles de la vie éternelle. À la voix du Père, les disciples sont saisis d’une grande frayeur, plus tard, ils se rappelleront les paroles de Jésus : «Qui m’a vu a vu le Père» (Jn,14, 9) Mais aujourd’hui, ils ne comprennent pas, ils ont peur et Jésus les rassure : «Soyez sans crainte» Jésus vient leur offrir le don de Dieu. Plus tard, les apôtres se rappelleront les paroles de Jésus : «Ne crois-tu pas que je suis dans le Père, et que le Père est en moi? Tout l’enseignement que je vous ai donné ne vient pas de moi, mais le Père demeure en moi pour accomplir ses propres oeuvres » (Jn, 14, 10) Jésus et son Père ne font qu’Un. En écoutant Jésus et en vivant de sa vie, ses disciples connaîtront le Père, ils entreront dans la vie de l’Esprit qui révèle le don de Dieu, les faisant pénétrer dans l’intimité amoureuse du Père et du Fils dans l’Esprit.

Qu’est-ce que la transfiguration? Quand notre humanité et la divinité du Christ se rencontrent, ils s’épousent. Écoutons ce que nous dit Saint Paul dans sa lettre aux Romains (8, 28-30) «Ceux que, d’avance, le Père connaissait, il les a aussi destinés d’avance à être configurés à l’image de son Fils, pour que ce fils soit le premier-né d’une multitude de frères. Ceux qu’il avait destinés d’avance, il les ai aussi appelés; ceux qu’il a appelés, il en a fait des justes; et ceux qu’il a rendus justes, il leur a donné sa gloire.» Nous laisser transfigurer par le Christ pour devenir un être de lumière afin que l’espérance jaillisse de notre humanité. Nous aussi, dans la connaissance amoureuse du Fils, un jour, nous vivrons sa glorieuse victoire du bien sur le mal, de la vie sur la mort. Dans une gloire éternelle, nous pourrons le contempler, Lui qui nous associe à la gloire de Dieu.

L’événement de la transfiguration nous projette dans l’adoration. Pierre, Jacques et Jean contemplent Jésus transfiguré, ils le voient dans la beauté lumineuse de sa divinité et de son humanité; pour quelques instants, le voile est tombé, ils contemplent la gloire de Dieu, cette gloire qu’ils contempleront à nouveau à la résurrection du Seigneur Jésus.

N’est-ce pas cette présence lumineuse offerte à notre foi que nous pouvons contempler et adorer dans le Saint Sacrement où Jésus est réellement présent. Comme au jour de la transfiguration sur le mon Tabor, Jésus est pleinement présent dans l’Hostie consacrée, dans sa divinité et dans son humanité glorifiée. Il veut nous rassurer comme il l’a fait pour ses apôtres : «soyez sans crainte» il veut nous soigner et nous faire entendre une fois encore les paroles du Père : «Celui-ci est mon Fils Bien Aimé, écoutez-Le.» Alors, je fais silence de tout bruit extérieur, me présentant tel que je suis et j’écoute Jésus parler à mon cœur. Je me laisser aimer par Celui qui est tout Amour, qui veut me transfigurer à son image si j’accepte de me laisser aimer tel que je suis. Le Père me reconnaît en son divin Fils, Il me dit à moi aussi : Tu es mon fils bien aimé, tu es ma fille bien aimée.

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Responsable de la chronique : Francine Paquin

Je vous salue Marie…

« Je vous salue Marie…! » Je récite le rosaire avec des distractions plein la tête; Marie est Mère, elle sait comment sont les enfants, elle m’accueille avec mes pensées volages, elle connaît ma bonne volonté, mon désir d’être attentif aux paroles que je prononce.

Je recommence…  « Je vous salue Marie pleine de grâces. » Marie m’a rejoint, elle a des grâces à me donner. Je scrute le Coeur de Marie, elle me regarde, elle veut entendre ma prière, elle a des choses à me dire. Je me reprends.. « Pleine de Grâce. » Marie, tu es habitée par la vie divine, le Dieu trois fois Saint. Cette Grâce, c’est Jésus en toi, c’est lui que tu veux me donner!

« Le Seigneur est avec toi. » Marie, s’il est avec toi, il est aussi avec moi, tu es ma Mère, ce qui appartient à la Mère appartient aussi à son enfant et Jésus est mon frère, alors, moi aussi je suis avec toi et avec ton Fils Jésus, mon frère.

« Tu es bénie entre toutes les femmes. » Marie, tu as été choisie entre toutes les femmes, ta beauté a séduit le Coeur de Dieu, tu es la Mère de Jésus, tu es la mienne aussi. Quel bonheur! Je peux continuer, vous êtes ma famille.

« Jésus le fruit de tes entrailles est béni. » Il est béni, Jésus, le Saint des saints, il a pris chair en toi sous la mouvance de l’Esprit-Saint. De toi, l’Esprit d’amour s’est emparé, toi le Temple de Dieu! Marie, fais-moi temple de l’Esprit, qu’il m’embrase de son feu d’amour comme il a fait pour toi. Apprends-moi Marie. Bénis-moi comme tu as béni ton Enfant quand tu étais sur la terre.

« Sainte Marie, Mère de Dieu, prie pour nous, prie pour moi pauvre pécheur. » Une mère veut du bien à son enfant! Si tu pries pour moi, pour chacun de tes enfant, c’est pour nous rassembler tous dans le Coeur de notre Dieu, dans la Maison de notre Père. Tu connais nos faiblesses, nos manques mais malgré nos péchés, tu nous aimes tant, tu pries toujours pour nous, tu ne te décourages pas, tu es certaine que le Père écoute la prière de la Maman de son divin Fils! Comme ta foi, ta confiance me donne des ailes Marie! Je suis moins seul maintenant que tu pries avec moi, nous sommes deux, nous sommes plusieurs à nous adresser à notre Père du Ciel, comme c’est réconfortant.

« Maintenant et à l’heure de notre mort. » Ho Marie, ta prière est continuelle, tu ne t’arrêtes jamais, tu pries sans cesse pour nous, tu nous prépares à te rencontrer, à rencontrer ton Fils Jésus au moment de notre mort corporelle pour entrer dans la vraie Vie.Tu viens à notre rencontre avec ton divin Fils! C’est la Fête, la Noce, le Banquet de la rencontre si attendue pour nous prendre avec Jésus, dans tes bras célestes, nous garder sur ton Cœur de Maman. Je ne suis plus seul, le Seigneur est avec toi et je suis avec toi moi aussi parce que tu as prié pour moi. Merci Maman Marie.

Francine Paquin

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