Archives pour la catégorie Le rosaire dans la ville

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Marie au pied de la croix

 

Une lance s’enfonce dans la chair du Bien Aimé
Du sang et de l’eau jaillissent de son côté
Du Coeur de l’Amour transpercé
Naît l’Église pour l’humanité

Au pied de la croix
L’Immaculée recueille la rosé immortelle
Au vase virginal de son âme.
Les mains qui ont caressé l’Enfant-Dieu
Ouvertes comme des pétales éclos
Reçoivent la sève rougie
D’un Dieu engendrant dans la mort la Vie.

L’expiration de l’Agneau immolé
A fait éclater la mort
Une sève nouvelle coule maintenant
Sur la terre des vivants
Son divin sang a tracé nos sillons d’éternité
Sur nos routes empoussiérées du péché.
Sa Mère boit à même la douleur
Son baiser trempé aux plaies du Bien Aimé.

Se tissent entre ciel et terre les filaments de sang
Qui élèvent le pécheur jusqu’au trône céleste.
Tout près d’Elle, le disciple entend la promesse de vie :
«Femme, voici ton fils, Jean, voici ta Mère»
L’offrande fait éclater la tendresse
D’un Dieu offrant l’ultime amour
Alors que la mort perce les ténèbres déchaînées
La Lumière traverse les abîmes
S’allume le grand brasier du «consummatum est»

Marie, au pied de la Vie
Reçoit le glaive de l’Amour
Un même sang glorifie le Père
L’Esprit est venu jusqu’à nous
La mort agenouillée
Contemple, vaincue,
L’Amour immolé.

Sur l’autel de l’Eucharistie
Lit nuptial d’un Dieu en croix
Dans la chair et le sang du Fils glorifié
L’humanité épousée reçoit l’Esprit.

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Notre-Dame des Neiges

 

Les jardins isolés récoltent de leur silence les grâces multiples des jours animés. Venus de tous les horizons, nos frères et sœurs ont enraciné en ta terre bénie, ô Vierge, la prière incessante d’une Église en marche. Aujourd’hui, le paysage silencieux retient en ses éléments naturels, le mouvement sacré de l’âme humaine tournée vers son Dieu et sa tendre Mère.

Les teintes automnales ont livré le froid aux jardins découverts pour enfin laisser place peu à peu aux premiers flocons qui nous entraînent avec eux dans leur ascension hivernale. Le silence envahissant apparaît plus pénétrant, plus bleuté; le froid transit tout décor créant enfin une nouvelle unification de solitude bienheureuse. En quelques jours, quelques nuits, la vie a joué son interminable mémorial à perpétuer la fidélité des saisons. Alors que nos visions temporelles se transforment, notre appartenance à la Vierge traverse les saisons sous le cachet invisible d’une floraison mariale ininterrompue. Du dehors, la nature joue de ses ébats, du dedans, la présence de Marie illumine paisiblement notre joie.

Les premières neiges étalent leur beauté. Mille et un diamants brillent sous le soleil nourricier, sur les vastes étendues de croûtons de neige vierge où le pas humain n’a pas encore enfoncé son empreinte. Puis, quelques passants imprégneront au sol des traces nouvelles jusqu’au jour où des rafales blanchies, soulevées sous le soleil emporteront dans un tourbillon d’étincelles, leur caresse blanche, jusqu’à ton trône, ô Vierge Mère!

Les hauts faîtes des arbres argentés s’élèvent dans l’azur, ouvrant leurs bras à l’immensité qui les recouvre : la terre est baignée de soleil : «Une femme vêtue de soleil, la lune est sous ses pieds et douze étoiles couronnent sa tête.» (Apoc. 12, 1) Ô Vierge, splendeur de Dieu, douce lumière baignant de ta présente beauté la vallée de nos larmes, tu demeures le tremplin de notre espérance. Puissions-nous boire avec toi et en toi au don de la glorieuse création divine! En ce lieu béni où tes yeux se sont ouverts, prodige de ta délicate tendresse maternelle, je te vénère Marie, ma douce Mère. Du dehors, la toiture du petit sanctuaire recouverte d’une épaisse couche blanche demeure uniforme, aucune imperfection ne ternit la beauté de la vision, aucune lésion ne rebute la droiture de ses nappes. Le clocher avec ses croix émergent de la vision, élèvent notre regard vers les blancs nuages se baladant au milieu de l’azur. Dans ce ciel royal au bleu pénétrant, le manteau de la Vierge recouvre la terre.

La pureté du silence envahit. Le décor transfigure les images. Une douce poudrerie a habillé le paysage d’une blancheur irréelle. Aux arbres argentés, de longues aiguilles garnies de filets blancs soyeux émergent dans le bleu du ciel; collés aux branches, les amas de neige entassés amoureusement gardent la douceur d’une caresse prolongée. L’uniformité des arbres givrés d’une blancheur incandescente perce d’éclat sous les rayons solaires; l’irréelle vison du décor s’illumine, le tout semble figé dans le temps. En cette blancheur qui nous projette hors du temps, j’accueille le don de Dieu. Où le décor enveloppe d’un seul repli de blanc, où les horizons semblent s’arrêter aux confins de la neige accumulée, au cœur du silence imposant, j’ai foi en ta présence ô ma Mère, plus belle que toute création. J’aime Celle qui veille dans le silence. La vie de Marie coule comme une sève miraculeuse au cœur de toute immobilité, elle nourrit tout élément naturel de ses jardins, animant de sa fructueuse présence toute vie qui la regarde. L’immaculée blancheur, impassible dans le temps, garde en secret la beauté de son mystère pour ne le révéler qu’aux petits, aux pécheurs retournés aux sources cristallines du Coeur virginal de Marie.

La vie baigne enfin de gel blanchi sous les rigoureux froids de l’hiver. En quelle contemplation silencieuse nous projette les jardins de Marie! Quelle pureté de silence! Au cœur du frimas inédit surgissent les stations du Chemin de Croix et du Rosaire, les personnages élevés dans la solitude des neiges immaculées se voient emmailloter, de toutes parts, de blancheurs inviolées. Alors que l’immobilité des jardins retient le souffle des glaces cristallines, taillées au contour de dame nature, elles sillonnent le fleuve; une descente chevaleresque de mouvements imposants qui pourtant, sous la mutation des saisons, se dissoudront dans le berceau fluvial.

Et lorsque la noirceur descend dans la nuit glaciale, le décor se transforme de nouveau. Il est venu le temps de la nativité de Jésus. Au mur arrière du petit sanctuaire s’élèvent, illuminés, les personnages de la crèche; l’étoile de Bethléem, transparente des feux de la nuit, surplombe les saints de Noël : la Vierge et l’Enfant, Joseph et les mages, le berger et son mouton. Dans la nuit hivernale, une lumière filtrant le fibre de verre blanc et fin des statues perce la nuit d’une douce clarté.

Gloria in excelsis Deo! Le Christ est né. Sous la pleine lune illustrée d’étoiles scintillantes, tout semble demeurer inerte… j’approche des eaux fluviales; les glaces gisant sous le froid polaire craquent à grands crocs dans la brunante où l’étendue d’eau vaporeuse se colore des reflets bleutés d’un phare élevé entre ciel et terre. Rien ne semble résister à la fascination du froid; la vie elle-même en nos corps s’intensifie d’une vigueur nouvelle. Les poumons s’extasient à respirer l’air vivifiant qui soûle l’âme et le corps, suscitant l’ivresse que veut s’approprier ce souffle vertigineux, embrassant à lui seul la présence palpable du Créateur. Dans ce décor désertique, je vous bénis ô mon Dieu et tendre Mère, en ce silence inviolable qui protège ma joie de me sentir vivante en votre Sanctuaire.

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Je t’ai donné ma Mère

 

Les entrailles de Dieu au cœur de père et mère habitent les entrailles de Marie, Vierge et Mère de qui prend chair le Fils de Dieu. «Une femme oublie-t-elle l’enfant qu’elle nourrit, cesse-t-elle de chérir l’enfant de ses entrailles? Même s’il s’en trouvait une pour l’oublier, moi je ne t’oublierai jamais! Vois donc, je t’ai gravé sur les paumes de mes mains, tes remparts sont constamment devant moi.» (Esa, 49, 15-16)  «Je vous salue Marie…et le fruit de vos entrailles est béni.» Par un attouchement divin, Marie reçoit le baiser créateur du Père par lequel l’Esprit-Saint manifeste la toute-puissance de Dieu : l’incarnation du Fils de Dieu conçue en une Vierge Mère préparée de toute éternité pour recevoir le Don de Dieu donné au monde.

Don du Père aux entrailles d’une Mère, le Fils s’incarne pour accomplir la mission qui lui est confiée. Suivant la volonté de son Père, Jésus proclamera jusqu’à la croix la tendresse de Dieu pour que l’humanité trouve en Lui son bonheur. Sur la croix, du côté transpercé du Sauveur naît l’Église de Jésus-Christ; dans la mort de son Fils, Marie enfante l’humanité, tout a été donné. Les entrailles de la Vierge Mère reçoivent le don de Dieu. «Voyant sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère : Femme, voici ton fils. Puis il dit au disciple : voici ta mère. À partir de cette heure, le disciple la prit chez lui. » (Jn, 19, 26-27) Marie reçoit une mission, elle sera éducatrice auprès de ses enfants tout comme elle le fut pour l’Enfant-Jésus; elle sera l’Étoile qui guide et accompagne les enfants de Dieu devenus ses enfants. Marie, Mère de l’Église la soutiendra dans sa marche vers son Rédempteur. Au pied de la croix, seules les entrailles bénies de l’Immaculée qui avaient porté l’Enfant-Dieu en son sein pouvaient encore accueillir avec un amour divin les enfants rachetés dans le sang de son divin Fils.

Marie nous aime du même amour qu’elle aime Jésus. Les entrailles maternelles qui ont porté Jésus nous portent, nous conduisent sur le chemin de la foi et de l’amour, à la rencontre du Dieu vivant. Avec Marie, nous sommes entrés dans la Nouvelle Alliance, marchant dans ses pas pour accomplir le projet de Dieu tout comme Marie est entrée dans le projet du Père. Comme elle l’a fait pour son Enfant Jésus, Marie se met au service de chacun et chacune de nous afin de rendre ses enfants le plus conformes à l’Enfant né de l’Esprit en elle afin que nous devenions, sous son regard maternel et dans la fidélité de son fiat, des enfants nés de l’Esprit de Dieu. Contemplons le regard émerveillé de Dieu sur la beauté virginale de Marie. Laissons-nous enfanter dans le sein virginal de notre Mère. Par son intercession auprès de son divin Fils, Marie prie pour nous, elle intercède pour nous, elle nous éduque à la vie de Jésus.

Si je prends Marie chez moi, j’accueille avec reconnaissance le don du Père qui me gratifie d’une Mère aimante penchée sur son enfant. J’entre dans l’intimité de Marue pour entendre les battements de son Cœur uni au Cœur de Jésus. Je prends Marie chez moi, je regarde et contemple sa vie auprès de son divin Fils; j’aime ma Mère, je la vénère dans sa fidélité à la volonté de Dieu. Prendre Marie chez soi, c’est vouloir marcher avec elle dans les pas de Jésus et demeurer dans l’action de grâce et la louange, c’est vouloir chanter avec Marie son Magnificat. Prendre Marie chez soi signifie aussi d’accueillir avec amour mes frères et sœurs, comme Marie m’accueille, être pour eux, à l’image de ma Mère, une présence aimante.

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Avec Marie, prendre soin de Jésus

 

Dans la grâce de Noël

Prendre soin de Jésus avec les bras de Marie et le Coeur du Père. Prendre soin de Jésus, sachant ce que le ciel ne peut contenir veut habiter en moi son enfant, son frère, sa sœur, sa mère, son père. Le Fils de Dieu veut habiter mon âme, mon âme plus précieuse que tout berceau orné de rubis, plus précieuse que toute couche satinée d’or, que tout royaume étincelant sous les feux des richesses de ce monde.

Prendre soin de Jésus dans la contemplation de sa beauté cachée au cœur de ma fragilité, de son humilité au cœur de mes suffisances, de sa toute-puissance livrée à ma liberté de l’aimer ou de le refuser.

Prendre soin de Jésus en me laissant chérir au feu de sa tendresse, en le laissant me prendre par la main, ma main dans la sienne, mes pas épousant ses pas et mon cœur reposant sur son Coeur, faisant mien chacun des battements qui soulève sa poitrine où j’entends sa Vie ne faire plus qu’une avec la mienne.

Prendre soin de Jésus en pardonnant à ceux qui m’offensent, en accueillant ceux qui souffrent, en souriant au visage sans sourire, en aimant celui qui n’aime plus, en ouvrant mon cœur et mes bras à celui qui a refermé son cœur et ses bras, en donnant ma vie à ceux dont la vie se meurt de ne pas aimer ou d’être mal aimé. Prendre soin de Jésus lorsque, dans la tendresse de mon regard, le plus petit devient le plus grand, le plus misérable devient le plus beau, le plus triste devient le plus joyeux.

Prendre soin de Jésus lorsque la Vierge Marie, ouvrant ses bras maternels, me remets, confiante, son Petit. Prendre soin de Jésus lorsque les yeux émerveillés de Marie, transparents de la beauté de Dieu, me confient son Enfant-Dieu. Prendre soin de Jésus lorsque le Coeur immaculé de Marie, du baiser créateur de l’Esprit, enlace d’une seule et même étreinte le Fils de Dieu, Fils de Marie et l’enfant de Dieu, l’enfant de Marie que je suis.

Dans le Coeur de Marie, dans l’intimité de son amour, prendre soin de Jésus, mon Seigneur et mon Dieu, comme Marie prend soin de moi.

 

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L’Esprit et Marie

 

L’Esprit et Marie
Couple virginal
Attouchement d’un Dieu
L’Époux embrasse la Vierge

L’Esprit et Marie
Transcendant baiser donné à l’Immaculée
La nature humaine est divinisée
Du corps d’une Vierge naît la Vie incarnée

L’Esprit et Marie
Le Ciel s’est ouvert aux hommes
Le Feu céleste rejoint la terre
Descendu en une Mère virginale

L’Esprit et Marie
L’onction divine
Touche l’incandescente Vierge
Éclate silencieuse la Beauté incréée

L’Esprit et Marie
Fleuve de fécondité spirituelle
Au Coeur de Marie bat le Coeur de Dieu
L’humble Servante enfante le Roi

L’Esprit et Marie
S’illumine le mystère
Le don de Dieu engendre
Le Feu est donné à la terre

L’Esprit et Marie
Une même louange chante l’Éternel
Sur terre et au Ciel
La Grâce brille dans les yeux de Marie

Miracle d’amour inédit
Seul le cœur des petits
Communie à l’heureuse offrande
Révélée pour la joie de l’Amour

L’Esprit et Marie
L’Amour exulte
De l’onction de l’Esprit
Se répand le parfum de Marie

Le cœur des petits
Goûte le Fruit de la Vie
De l’Esprit et de Marie

Le mouvement de l’Éternel
Donne son Verbe
De l’Esprit à Marie

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Magnificat

 

La Vierge Marie a reçu la visite de l’ange Gabriel, il lui annonce qu’elle mettra au monde le Fils de Dieu car le Seigneur s’est penché sur l’humble Marie. Le fiat de Marie est total, un oui inconditionnel qui devient Magnificat. Apprenant que sa cousine Élisabeth attend un enfant dans sa vieillesse, Marie, modèle de gratuité et de générosité se rend chez sa cousine pour lui apporter son aide.

Deux femmes d’Israël se rencontrent, portant un enfant; toutes deux ont reçu du Ciel une faveur divine; l’une comme l’autre seront mère et l’Esprit du Seigneur les habite. Lorsque Élisabeth voit venir Marie, l’enfant tressaille en elle. L’approche est au-delà du lien de parenté, au souffle de l’Esprit-Saint, la femme âgée reconnaît en Marie Celle qui donnera au monde le Fils de Dieu, Salut de l’humanité. Sa salutation n’est pas une parole humaine, elle est l’action de l’Esprit en elle. «Dès qu’Élisabeth a entendu la salutation de Marie, l’enfant tressaillit dans son sein; Élisabeth remplie de l’Esprit-Saint s’écria : «Salut Marie pleine de grâce, le Seigneur est avec toi, tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni.» (Lc, 1, 42)

L’exaltation d’Élisabeth retentit par toute la terre, inspirée de l’Esprit du Père et du Fils, elle donne un visage à la Nouvelle Alliance. Élisabeth annonce pour les temps à venir, sur toute la surface de la terre, la prière d’une multitude d’âmes qui vénéreront et béniront leur Mère du Ciel. « Je vous salue Marie… » L’âme de Marie préservée du péché originel contient les grâces, les dons et les fruits donnés par l’Esprit-Saint, son divin Époux. Aussi, Marie est remplie de la Grâce, de Jésus son Enfant porté en ses entrailles, enfanté en son âme et son corps virginals; en Lui, tout lui est donné : Mère de Dieu et des enfants de Dieu rachetés dans la croix de son Fils, Marie peut enfanter et faire renaître dans les âmes l’amour de Jésus.

La Vierge Marie ne retint pas pour elle-même les paroles de sa cousine, ces paroles font jaillir en elle la louange, son Magnificat. L’âme de Marie baigne en Dieu, humblement soumise, elle a mis en Lui toute sa confiance, accueillant le projet de Dieu reçu lors de l’Annonciation. Comment Marie pourrait-elle se regarder alors que l’Esprit de Dieu a engendré en elle le Sauveur de l’humanité! Marie connaît la parole de Dieu donnée aux prophètes, elle l’a méditée, l’Ancien testament lui est familier, elle croit sans tout comprendre. Marie, Femme de silence contemple en elle Celui qu’elle aime. De son union intime mûri au silence de son cœur, Marie laisse échapper son hymne de louange, de son silence contemplatif surgit un chant d’amour : «Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon Sauveur»

Dans la croix de son divin Fils, Marie est sauvée avant toute créature par une grâce unique faisant d’elle la Mère de son Sauveur; tout son être glorifie Dieu. «Il s’est penché sur son humble Servante, désormais, tous les âges me diront bienheureuse. Le Puissant fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom.» Marie accueille la grandeur du mystère, elle célèbre la gloire de Dieu; le Magnificat de Marie résonne à travers les âges : «Toutes les générations me diront bienheureuse.» Marie reconnaît sa petitesse devant l’action amoureuse de Dieu qui a posé sur elle son regard. Son cœur chante le Saint Nom de Dieu, elle est la plus humble de toutes les créatures et aussi la plus donnée à l’amour de son Dieu. Au Saint Nom de Dieu, Marie tressaille de joie, comme une flamme intégrée au feu, Marie est en Dieu comme Dieu est en elle.

«Son amour s’étend d’âge en âge sur ceux qui le craignent. Déployant la force de son bras, il disperse les superbes. Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles, Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides.» La Vierge Marie pose un regard sur les générations à venir, elle rend témoignage à l’amour de Dieu, ceux qui se confieront à lui ne seront pas déçus, elle reconnaît le Juste et le Miséricordieux, sa bonté pour toutes ses créatures.

«Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour, de la promesse faite à nos pères, en faveur d’Abraham et de sa race à jamais. » Marie se reconnaît dans la lignée de ceux qui l’ont précédés, elle affirme la fidélité de Dieu, des promesses faites à son peuple, elle évoque sa descendance dans la reconnaissance d’Abraham, notre père dans la foi.

La prière de Marie se fait proche de nous, par notre foi en Dieu, nous sommes de la descendance d’Abraham, elle est une des nôtres. Par Marie, l’Ancienne Alliance fait place à la Nouvelle Alliance, de son Fiat naîtra Jésus, le Nouvel Adam qui rachète l’humanité. À la venue de Jésus, la Miséricorde inonde la terre, Marie est l’Étoile qui conduit ses enfants vers le parfait Amour. Avec elle et par elle, nous pouvons chanter la gloire de Dieu en son Magnificat. Rien n’altère sa virginité et sa maternité divine. Parce que Marie est proche de nous, elle nous approche de Dieu. Parce que Marie a enfanté Jésus en son sein virginal, elle peut l’enfanter en nos âmes, nous le faire connaître et aimer dans la pureté de son Coeur immaculé.

Francine Paquin

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Notre-Dame des Écoles

Septembre annonce la rentrée des classes. N’est-ce pas le temps de faire connaître la Patronne de ces jeunes et des personnes qui sont greffées à l’éducation des ces jeunes!  Il est venu le temps de prier la Vierge Marie sous le vocable de Notre-Dame des Écoles, Notre-Dame de toutes les écoles de la vie et de la foi, Étoile de la Nouvelle Évangélisation!  Sous la plume de Marguerite, présidente de l’association de N.D.É., voyons comment Marie conduit elle-même ses enfants à la réalisation de son œuvre.

En 2011, je me rendais à Rome pour assister à la béatification de Jean-Paul II. Grâce à son Encyclique Redemptoris Mater,j’ai compris la signification profonde et universelle de la dévotion à N.D.É. Sous ce titre, nous honorons la Vierge Marieen action,dans sa mission de Mère Éducatrice,mission reçue au pied de la Croix lorsque Jésus nous la donna comme Mère et qu’elle nous accueillit, nous tous ses enfants nés de son Coeur transpercé.

Dans le but d’assister à la béatification de Jean-Paul II, j’eus la grande joie de rencontrer le pape Benoît XVI, à qui je remis une image de Notre-Dame des Écoles et qui me donna sa bénédiction. Le Saint-Père avait déjà donné sa bénédiction apostolique à tous ceux qui s’étaient réunis le 30 avril 2008 pour célébrer le 50e anniversaire du couronnement de N.D.É. par le Cardinal Léger, au nom du pape Paul XII, un événement marquant dans l’histoire de N.D.É. puisque le couronnement d’une statue est la reconnaissance officielle la plus haute de l’Église envers la dévotion qu’elle représente. (extrait des paroles du pape) «Le Saint-Père demande à la Vierge Marie, Mère de la connaissance et de l’amour, de les aider dans leur charge de participer à la transmission de la foi catholique, auprès des enfants et des jeunes grâce à l’éducation religieuse à l’école, pour assister et soutenir les parents dans leur haute mission éducative.» 

L’histoire de la redécouverte de N.D.É. et de son histoire, tombée dans l’oubli pendant 40 ans, commence avec une statue abandonnée sur le bord du chemin dans une rue de la ville de Québec. L’ayant aperçue, ma sœur et mon père la ramènent à la maison et lui construisent un abri dans le jardin. Ce n’est que deux ou trois ans plus tard que ma sœur découvre son nom en entrant dans l’école primaire de Baie St-Paul où se trouvait une statue semblable. En apprenant que j’étais impliquée dans la fondation d’une école privée catholique à Halifax où je vivais, elle me fit cadeau de la statue qui donna son nom à l’école Our Lady of Schools.

Le nom de notre école a suscité la curiosité et de nombreuses questions auxquelles personne ne pouvait répondre jusqu’à ce que deux ans plus tard, après de longues recherches, nous découvrions que la dévotion à N.D.É. avait eu son origine en France en 1894, cent ans exactement avant la découverte de la statue par ma sœur, mais qu’elle n’avait pas survécu à la destruction des écoles confessionnelles. Cependant, elle avait eu le temps de passer au Canada et le Cardinal Tachereau, archevêque de Québec, primat de l’Église canadienne, l’avait confiée aux sœurs de la Congrégation Notre-Dame, fondée par sainte Marguerite Bourgeois. De là, elle rayonna au Québec, au Canada, aux États-Unis et alla même sur les cinq continents.

Ramenée en 2005 au Québec, ma province natale, la Providence m’a montré que ses voies n’étaient pas les miennes… Je me suis demandée si je n’étais pas appelée à faire au Québec ce que j’avais fait en Nouvelle Écosse, c.a.d. travailler à la fondation d’une école privée catholique. Après avoir reçu la bénédiction du cardinal Marc Ouellet, alors archevêque de Québec, j’ai considéré la question de savoir par où commencer… La tâche me paraissait bien au-delà de mes forces, je suis arrivée à la conclusion que je devais commencer par me procurer une statue de Notre-Dame des Écoles. Avant l’ouverture de notre école à Halifax, j’avais eu à la maison, la statue donnée par ma sœur, ce qui m’inspirait de prier N.D.É. et m’encourageait dans les difficultés que je rencontrais. Je me suis mise à chercher une statue, mais sans succès.

Je commençais à désespérer lorsque plusieurs mois plus tard, je me rendis à Barry’ Bay, un petit village au nord de l’Ontario, pour donner un cours dans un collège catholique fondé en l’an 2000. Voici qu’en ouvrant la porte du Collège, je me retrouve nez à nez avec une statue de N.D.É.  C’est cette statue que le Cardinal Marc Ouellet est venu bénir au Monastère de la Croix Glorieuse en la fête de l’Assomption, le 15 août 2007, et qui s’y trouve toujours.

Le 20 octobre suivant, troisième samedi du mois d’octobre, fête de N.D.É., le cardinal Marc Ouellet célébrait, à la cathédrale de Québec, une messe solennelle à l’occasion du 60ième anniversaire de la proclamation par le pape Pie XII de N.D.É., patronne des écoles et de la jeunesse étudiante de la province de Québec (55ième anniversaire pour le Canada entier). Cette messe avait lieu après la marche pacifique organisée par la CLÉ devant l’assemblée nationale du Québec afin de dénoncer l’imposition par l’État du cours d’Éthique et de culture religieuse et défendre la liberté des parents de choisir un enseignement religieux à l’école conforme à leurs convictions.

Les responsables de la marche ne savaient pas que ce jour coïncidait avec la fête de N.D.É. À la fin de la messe, le cardinal lança l’Association N.D.É. dont les deux buts sont : faire connaître et prier N.D.É. et de promouvoir l’éducation catholique à tous les niveaux et sous toutes ses formes. J’eus à retourner à plusieurs reprises à Rome, toujours en lien avec N.D.É. Par exemple, à l’automne 2013, je m’y rendais pour représenter l’Association de N.D.É. aux journées mariales des 12 et 13 octobre. J’eus la joie de rencontrer le pape François qui m’encouragea en me disant que ce que je faisais pour l’éducation catholique était très important; il bénit la statue de N.D.É.

En octobre 2015, le jour même de la fête de N.D.É., je découvris le Rosaire vivant, une initiative de Pauline Jaricot pour appuyer l’oeuvre de la propagation de la foi. Jean-Paul II à qui nous devons l’expression désignant Marie comme l’Étoile de la Nouvelle Évangélisation m’avait déjà fait comprendre que non seulement, nous devions prier N.D.É. notre Mère Éducatrice mais qu’il fallait le faire aussi en disant et en méditant le chapelet. En découvrant le Rosaire vivant, j’ai saisi que là se trouvait l’appui dont l’Association de N.D.É. avait besoin pour prendre son essor, en même temps que le moyen de faire prier et méditer le chapelet, mystère par mystère.

En s’engageant à prier et à méditer une dizaine de chapelet par jour, les membres s’engagent à prier les uns pour les autres et à prier pour l’oeuvre de N.D.É., afin que notre Mère Éducatrice soit connue et aimée et qu’elle puisse accomplir sa mission d’éducation auprès de chacun de nous, dans nos familles, nos sociétés et dans l’Église. Bien sûr, il y aurait encore beaucoup à dire. Les rencontres à Rome et plusieurs autres événements ont propagé la mission de N.D.É.  Le 2 février est né le premier Rosaire vivant suivi de plusieurs autres au Québec et ailleurs.

La Vierge Marie nous veut à son écoute, elle interpelle ses enfants, désirant le bonheur pour chacun de nous; elle nous invite à prier le Rosaire en communion avec les autres afin que le Règne de Dieu s’établisse sur la terre. Si tu te sens interpellé(e) à te joindre aux autres pour collaborer aux oeuvres de Marie, je t’invite à visionner ces deux reportages :


 http;//www.ecdq.tv/la-devotion-a-notre-dame-des-ecoles/ reportage fait par ECDQ.TV

   https://WWW.youtube.com/watch?v=XEqiHPsK3aE&feature=youtu.be reportage fait par Sel et Lumière TV

Pour toutes informations : Marguerite Marie Bourbeau, présidente
Association Notre-Dame des Écoles/ Our lady of Schools :
 associationnde@gmail.com

ou téléphoner à : 418 – 457 -3880

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Marie répond t-elle à nos prières?

 

Que de demandes nous faisons à la Vierge Marie! Le cœur confiant et plein d’espérance, nous nous adressons avec ferveur à notre Maman du Ciel. Et pourtant, nous ne recevons pas toujours la réponse désirée ou celle-ci se fait attendre. Comment se fait-il que parfois, il nous semble que nos prières ne sont pas exaucées? La Parole de Dieu ne nous dit-t-elle pas : «Tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l’obtiendrez. Demandez et vous recevrez et votre joie sera parfaite. » (Mt, 21, 22 Jn, 16, 24)

Nos demandes exprimées avec la certitude que le Père nous aime du même amour qu’il aime Jésus témoigne que l’amour de Dieu est incommensurable et ne peut vouloir que notre plus grand bien. Parfois, nous enfermons Dieu dans nos petites visions terrestres alors que le Père a sur nous, de toute éternité, le projet d’un bonheur sans fin, auprès de Lui dans le Paradis. Le bonheur de Dieu est de combler son enfant dès ici-bas et la prière de Marie qui intercède pour nous va dans le même sens, il ne peut en être autrement. Dieu donne toujours plus que ce que nous lui demandons. Parfois nous prions pour recevoir une grâce à laquelle nous nous attachons alors que le Coeur de Dieu veut nous amener à vivre plus profondément dans l’intimité de son amour. L’amour de Dieu ne peut nous donner quelque chose qui ne favorise pas notre union avec lui tout comme il se plaît à répondre à notre prière lorsque celle-ci vivifie notre foi tout en nous ouvrant à la joie du Seigneur. «Quel est d’entre vous le père auquel son fils demande du pain et qui lui remettra une pierre? Un poisson et lui remettra un serpent? Si donc, vous qui êtes mauvais savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera t-il l’Esprit-Saint à ceux qui l’en prient.» (Lc, 11, 11-13)

Devant une maladie qui perdure, une souffrance qui ne semble pas s’atténuer, nos réactions humaines sont compréhensibles lorsque nous nous sentons totalement désorientés; il y a les questionnements, les peurs, les doutes et pourtant, Quelqu’un veille nous. L’Amour veut nous redonner notre liberté d’enfant de Dieu, reçue lors de notre création; il désire nous détacher de ce qui encombre notre vie et nous empêche de goûter la paix promise par Jésus. Notre foi en un Dieu qui nous aime doit souvent être purifié : aimer le Seigneur non pour nous-mêmes mais pour lui. Accueillir son amour, sachant que ce que nous vivons en ce moment est ce dont nous avons besoin de vivre pour être sanctifié, même si cela peut apparaître incompréhensible à notre entendement humain : ainsi se mesure notre foi en la sagesse divine et l’abandon à sa sainte volonté. Se laisser reconstruire, féconder par son amour peut nous apporter une joie profonde même au milieu des plus grandes tribulations. Qui n’a pas réalisé que cette épreuve, cette prière apparemment non exaucée l’a été bien au-delà de son attente. Il en est ressorti des fruits qui donnent le vrai sens à notre existence.

La personne peut dire : «si je n’avais pas connu cela, je ne serais pas aujourd’hui la personne que je suis….mon enfant handicapé m’a ouvert aux souffrances des autres, m’a détaché de mon égo, j’ai un regard plus compatissant pour les autres. Cette épreuve m’a unit de plus en plus à Jésus en croix, j’y ai trouvé une paix et une joie que je ne connaissais pas, je suis entré plus profondément dans le mystère du salut et j’y ai rencontré un Dieu miséricordieux. Au lieu de me plaindre tout le temps, j’ai appris la louange, l’action de grâce. J’ai compris la grandeur de l’offrande qui m’unit à celle de Jésus s’offrant au Père à chaque eucharistie pour le salut des âmes et pour mon propre salut. J’y ai découvert son inexprimable valeur; ne cherchant que la volonté de Dieu et le désir de lui plaire, j’ai reçu la paix et la joie que Jésus nous a promis dans son Évangile….. »

Il arrive que la grâce si convoitée tarde à venir parce que la personne a besoin de se confesser, de se réconcilier avec Dieu avant de recevoir cette grâce qui transformera sa vie. Le Seigneur veut vivre une intimité, un cœur à cœur avec chaque personne; sa prière devient alors une prière tournée vers Dieu; une prière qui approfondit la foi en un Dieu tout-puissant qui peut tout pour celui qui croit. S’attacher à nos demandes au point de se concentrer uniquement sur elles plutôt que sur l’amour de Dieu ne laisse pas à Dieu la liberté d’agir. Nos comportements, nos attitudes à vouloir à tout prix être exaucé comme nous l’entendons retarde et empêche l’agir de Dieu. Au lieu de se faire mendiant de son amour, nous risquons de vouloir prendre le contrôle. Alors qu’un abandon confiant à la miséricorde divine élève l’âme à l’action de grâce, à la louange et la remplie de la sainte Présence, tellement plus désirable que toute autre gain. Alors, nous découvrons l’immense joie de Dieu à combler son enfant bien-au-delà de nos attentes, de notre espérance.

Dieu nous a donné sa Mère, elle intercède sans cesse pour nous, sa volonté est unie à celle de son divin Fils. Le fiat de Marie prononcé lors de l’Annonciation doit devenir le nôtre tout au long de notre vie afin de vivre dans la volonté divine, suite à notre Mère céleste. Comme une bonne Maman, elle nous montre le chemin, nous soigne, nous soutient et nous conduit vers l’Esprit de sagesse. La Vierge Marie nous associe intimement à sa vie. Lors de sa visite à sa cousine Élisabeth, Marie chante son Magnificat, elle nous associe à sa louange rendant gloire à Dieu qui a fait pour elle des merveilles qui se perpétueront en notre vie. Debout à la croix, unie à son Enfant Jésus expirant, Marie nous associe au mystère de la croix. Lors des mystères joyeux, douloureux, glorieux ou lumineux du rosaire, nous contemplons la vie de Jésus et de Marie, nous sommes constamment invités en tant qu’enfant de Dieu à entrer dans l’intimité du Coeur de Jésus et de Marie et à partager leur vie. Marie se réjouit avec nous et souffre avec nous tout comme elle l’a fait avec Jésus. Que nos prières et notre vie convergent vers la sainteté de la Vierge Marie et de son divin Fils.

Marie, en communion avec Jésus répond à nos prières, elle nous obtient ce dont nous avons besoin. Son Coeur de Maman présente notre prière à notre Père céleste, il les connaît avant même que nous les formulions. Faisons confiance à cette bonne Maman que Jésus nous a donné du haut de la croix et croyons à la Parole de Dieu : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt, 6, 34)

Francine Paquin

 

Le rosaire dans la ville

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Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Le Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, un lieu saint

 

Le Sanctuaire de Notre-Dame du Cap est un lieu de pèlerinage situé dans la région de Trois-Rivières, majestueusement bordé par les eaux du fleuve Saint-Laurent. La beauté des jardins est propice au recueillement; au long des allées, nous pouvons contempler les mystères du rosaire et prier un chemin de croix. Les oblats de Marie immaculé sont aujourd’hui les gardiens du Sanctuaire.

Voyons un peu l’histoire des fondations de ce lieu privilégié. Ce qui sera appelé plus tard le petit sanctuaire est d’abord une paroisse. Au début, les Jésuites en prirent la charge, les Récollets les remplaceront en 1680. Par la suite, la paroisse demeura longtemps sans pasteur jusqu’à ce que le curé Désilets en devienne responsable en 1864. Plus tard, ce prêtre dédiera le petit sanctuaire à la Vierge Marie, ce qui sera le commencement du Sanctuaire de Notre-Dame du Cap.

Notre-Dame du Cap aussi appelée Notre-Dame du très saint rosaire est marquée par la confrérie du rosaire, reconnue officiellement le 11 mai 1694. La pierre angulaire du petit sanctuaire actuel a été posée en 1717 et l’église fut officiellement ouverte au culte en 1720. Quelques années plus tard, une annexe fut ajoutée au petit sanctuaire et une basilique fut construite en 1955. Dans la première partie du siècle dernier, la pratique religieuse était faible; un jour, monsieur le curé Désilets, passant par l’église pour y prier, entend un bruit insolite. Devant l’autel de la Vierge Marie, il voit un jeune porc mâchouiller un chapelet. «Les gens laissent tomber le chapelet et ce sont les cochons qui le ramassent.» se dit-t-il. Interpellé par ce fait, le bon curé décide de propager la prière du rosaire, ce qui aura bientôt un effet bénéfique. Les pèlerins deviennent plus nombreux et la construction d’une nouvelle église s’impose. Deux faits extraordinaires se produisent alors.

Le pont des chapelets : pour la construction d’une nouvelle église, il faut des pierres mais les gens sont pauvres et le sol du Cap est sablonneux, il ne contient pas de pierre. Des marguilliers préparent la pierre sur la rive sud avec l’intention de la transporter sur le fleuve l’hiver suivant. Mais l’hiver 1878-79 est doux, la glace ne prend pas sur le fleuve. Les paroissiens se tournent vers la Vierge Marie et tous les dimanches, ils récitent le chapelet pour obtenir un pont de glace sur le fleuve. Les gens persévèrent dans la prière et le curé Désilets promet à la Sainte Vierge de lui consacrer la petite église si l’on peut transporter la pierre pour la nouvelle construction. On croyait devoir détruire l’église (le petit sanctuaire actuel) pour obtenir plus de pierres; ce ne fut pas nécessaire, il demeure tel qu’il est aujourd’hui, la Vierge Marie avait des vues sur son Sanctuaire. Au soir du 16 mars, un passage se forme d’une rive à l’autre sur le fleuve. Des voitures tirées par des chevaux font le transport de la pierre; les gens l’appelleront désormais le pont des chapelets, ainsi il fut baptisé par les transporteurs de pierre.

Le «Prodige des yeux» Le 22 juin 1888, la même journée que le curé Désilets a dédié l’église à Notre-Dame du Rosaire, vers les sept heures du soir, trois hommes, le curé Désilets, le père Frédéric et Pierre Lacroix, un homme handicapé prient devant la table de communion. Écoutons le père Frédéric : «la statue de la Vierge, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts; le regard de la Vierge était fixe; elle regardait devant elle, droit à sa hauteur; l’illusion était difficile : son visage se trouvait en pleine lumière par suite du soleil qui luisait à travers une fenêtre et éclairait parfaitement tout le sanctuaire. Ses yeux étaient noirs, bien formés et en pleine harmonie avec l’ensemble du visage. Le regard de la Vierge était celui d’une personne vivante; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse. Ce prodige a duré approximativement de cinq et dix minutes.» (1)

Parmi les faits marquants du Sanctuaire, la venue du saint pape Jean-Paul II, le 10 septembre 1984. Sous une pluie torrentielle, devant une foule immense, il célébra une messe en l’honneur de la Vierge Marie. Le couronnement de la statue de Notre-Dame du Cap et le congrès marial furent également des moments mémorables dans l’histoire du Sanctuaire. Le bon père Frédéric qui a été le premier directeur des pèlerinages est une figure déterminante pour la mission du Sanctuaire. Contenu des faits extraordinaires survenus à Cap-de-la-Madeleine, les pèlerins se font de plus en plus nombreux. Devant la tâche immense du ministère paroissial et de l’accueil des pèlerins, le père Frédéric fit appel aux Oblats de Marie immaculé, les premiers arrivèrent au Sanctuaire en 1902

Aujourd’hui, le Sanctuaire, fort et enrichi des expériences du passé continue sa mission auprès des pèlerins venus du Québec et d’ailleurs à travers le monde; petits et grands, jeunes et vieux, tous ont leur place. En toute saison, des événements et des activités se succèdent : aux fêtes de Noël par exemple, les jardins illuminés attirent de nombreux visiteurs. Mais c’est lors de la saison estivale que le Sanctuaire, en pleine effervescence donne sa pleine mesure : messes, célébrations avec onction pour les malades, temps d’adoration, activités familiales, concerts, présentations théâtrale à saveur évangélique offert par «cap jeunesse », un groupe de jeunes, dynamiques, etc. La pastorale du Sanctuaire se veut être à l’écoute des besoins des pèlerins, d’une population toujours plus diversifiée; elle se veut créative dans le respect des personnes, dans la lignée des valeurs chrétiennes.

Un temps fort au Sanctuaire est celui du festival de l’Assomption. Chaque année, un thème est choisi sur lequel des prédicateurs nous partagent leurs réflexions à l’intérieur d’une célébration eucharistique. Les soirs du festival se terminent par une procession aux flambeaux pendant laquelle une foule chante et prie tout au long du parcours. Le 15 août, la fête de l’Assomption de la Vierge Marie couronne le festival. De partout, des personnes viennent célébrer leur Mère du Ciel; les jardins fourmillent de gens, les cœurs sont à la fête. La journée s’achève par la procession aux flambeaux, elle se termine autour du lac sainte Marie parmi les chants et la prière; d’un radeau glissant sur l’eau brûle un grand feu de bois.

Chaque année, de nombreux bénévoles s’impliquent à de multiples tâches qu’ils accomplissent fidèlement; leur détermination à rendre service sont de précieux atouts pour le bon fonctionnement du Sanctuaire. Nous ne pouvons passer sous silence le dévouement inlassable des prêtres, toujours prêts à répondre aux besoins des pèlerins. Autres bienfaits : le site internet du Sanctuaire, par sa diversité et son apostolat offre un large éventail d’informations; il en est de même pour la revue de Notre-Dame du Cap dont les témoignages et les articles, à saveur marial, aident les lecteurs dans leur cheminement spirituel.

Le Sanctuaire de la Vierge Marie est ce lieu privilégié où les enfants de Dieu viennent rencontrer leur Mère du Ciel. Marie les accueille de sa tendresse maternelle, elle leur apporte réconfort et soutient, les apaise et les soigne, prodiguant les grâces et les bénédictions dont chacun a besoin pour poursuivre son chemin, à la rencontre de Jésus. Prions-la avec ferveur et confiance, sa prière est puissante sur le Coeur de Dieu, elle intercède pour nous auprès de son divin Fils, témoignons-lui notre reconnaissance pour sa présente aimante parmi nous. Prions aussi pour nos ancêtres qui ont peiné durement pour édifier le Sanctuaire de Marie, ils ont persévéré dans la foi et la prière malgré les difficultés rencontrées, soyons-leur reconnaissants pour les fruits de leur labeur dont nous profitons aujourd’hui.

Francine Paquin


  1. Extrait du livret : Brève histoire de Notre-Dame du Cap, par le père Hervé Aubin.

 

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Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Devenir mère de Jésus et des âmes

«Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux,
celui-là m’est un frère et une sœur et une mère.»
(Mt,12, 50)

 

L’âme embellie sous l’action de l’Esprit-Saint est appelée à devenir, à l’exemple de la Vierge Marie, mère de Jésus et mère des âmes. Lors de l’Annonciation, Marie a accueilli le plan de Dieu, elle a uni sa volonté à la volonté de Dieu et contribue ainsi à la rédemption du genre humain. À la suite de la Sainte Vierge, toute âme baptisée est invitée à vivre en étroite communion avec Jésus en tant que membre du Corps mystique du Christ auquel elle appartient. La grâce baptismale lui confère le sacerdoce commun des fidèles, l’appelant ainsi à participer au sacerdoce du Christ pour le bien de l’Église, du peuple de Dieu. Répondant à l’invitation de Jésus, elle se fait solidaire de tous les humains; mère, frère et sœur de Jésus et de ses frères et sœurs, elle collabore à l’avènement du Royaume de Dieu. Marie montre le chemin : elle se fait intimement proche de l’âme attisée par l’Amour, elle la tient embrasée en son Coeur immaculé et la soumet au feu purificateur et sanctificateur de l’Esprit-Saint, son divin Époux.

L’Esprit-Saint ayant opéré en Marie les merveilles de Dieu veut poursuivre son oeuvre avec la Vierge et par Elle, au cœur des enfants du Père. Dans sa tendresse maternelle, Marie inculque à l’âme son désir de faire connaître et aimer Jésus, de le donner au monde : le don d’un amour qui ne se calcule pas, ne se mesure pas, un amour qui se donne, qui aime. L’âme ne peut par elle-même, si ardent que soit son désir, aimer d’un amour aussi parfait que celui de sa Mère. Aussi, son désir doit être purifié par le creuset de la souffrance, du détachement de soi et du monde car Dieu la veut pure, il veut la parfaire, la recréée sous la touche divine. Consumée par l’Amour comme une proie bienheureuse, embrasée sous le regard et la protection de la Vierge, sa maternité spirituelle prend tout son essor au Coeur de Marie. La Vierge collabore pleinement à la réalisation du plan divin, elle est une puissance d’amour intimement douce en laquelle toute âme peut trouver la joie de l’offrande.

Marie demeure cette présence pacifiante et vivifiante, celle qui intervient, soigne, réconforte et guide son enfant blessé en cette terre d’exil. Au milieu des morts intérieures, des purifications de la chair et de l’esprit, Marie sait donner à l’âme un souffle nouveau, le souffle de l’Esprit. Profondément aimée de Marie, l’âme reçoit avec Elle et par Elle les trésors du Coeur divin. Le Coeur de la Mère insuffle au cœur de son enfant sa maternité divine, elle lui lègue la flamme d’une charité ardente afin qu’elle soit, à la suite de sa Mère, mère de Jésus et mère des âmes.

Enfant du Père, l’âme perçoit l’amour de Dieu au cœur de ses frères et sœurs. Son désir d’aimer et de servir la pousse à rechercher sans cesse la volonté de Dieu pour mieux l’aimer à travers l’autre. Comme Marie s’est rendue auprès de sa cousine Élisabeth alors que celle-ci devait enfanter, l’âme vivant sous la mouvance de l’Esprit veut semer la paix et la joie autour d’elle; servante du Seigneur à l’exemple de sa Mère chérie, elle désire contribuer à la rédemption du monde. Éprise de Dieu, elle sait reconnaître sa petitesse, ses faiblesses; avec une confiance toute filiale, elle s’en remet à la miséricorde divine, comprenant que sans la grâce, elle ne peut rien par elle-même. Dans cet esprit d’abandon et de confiance, avec le soutien maternel de la Vierge Marie, l’âme devient avec sa Mère et par Elle, sous la mouvance de l’Esprit-Saint, mère de Jésus et mère des âmes pour la plus grande gloire de Dieu.

Ô mon âme qui veut être mère, regarde
le Visage de Dieu, ce qu’il a engendré en toi.

 

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