Archives pour la catégorie Livre du mois

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Responsable de la chronique : Martin Lavoie, o.p.

Huguenin, François : Le Pari chrétien. Une autre vision du monde.

Comment être chrétien dans notre société qui ne l’est plus ? Alors que l’église porte une parole sur les questions d’éthique individuelle, la justice sociale et l’écologie, la protection des plus faibles, des pauvres ou des migrants, les oppositions parmi les fidèles sont plus vives que jamais. Ils n’ont pas toujours pris la mesure de la déchristianisation de la société qui nécessite de repenser la présence des chrétiens en son sein. Cet essai vigoureux a pour ambition de proposer aux chrétiens un nouveau rapport au monde, cohérent avec la foi et conscient de l’autonomie du politique à l’égard du religieux. Comment la parole du Christ peut-elle éclairer l’action du chrétien et le débat d’idées ? Quels types de relations le chrétien entretient-il avec le monde : d’opposition, de coopération ? De proximité, de distance ? De méfiance, de confiance ? De pouvoir, de service ? Ces questions cruciales mettent en cause notre conception de la laïcité, et en amont celle de l’homme, animal politique et spirituel. Cet essai engagé invite à retrouver les racines de tout engagement chrétien : une attention centrale à la dignité de la personne humaine, une vision du monde renouvelée dans un accueil plus profond de l’évangile.

François Huguenin, né en 1965, est un essayiste et journaliste français. Il a publié Les voix de la foi. Vingt siècles de catholicisme par les textes (Perrin, 2015), Les grandes figures catholiques de France. L’âme vivante de la France à l’heure de la sécularisation (Perrin, 2016)


François Huguenin : « Les chrétiens peuvent changer le monde » Tribune parue dans Aleteia, le 17 janvier 2018.

Il est normal que nous ayons des sensibilités différentes (sur le rapport des chrétiens au politique) et que sur les modalités de mise en œuvre de certaines mesures nous puissions avoir des avis différents. […] En revanche, nous devrions arriver à l’unité sur les principes fondamentaux. Ils sont tous dans la doctrine sociale de l’Église, répétés à l’unisson par les trois derniers papes avec une grande force de conviction et une belle diversité de tempéraments ! Ce qui permettrait sur la mise en œuvre des débats sereins entre des options légitimement diverses. Or aujourd’hui, les catholiques n’arrivent plus à se mettre d’accord sur l’essentiel de leur annonce qui est la priorité donnée aux plus faibles, quels qu’ils soient (chacun ayant la tentation faire son choix parmi l’enfant à naître, la personne en fin de vie, le pauvre, le migrant, etc…).

Mais il faut savoir témoigner de sa foi. Le Christ le demande explicitement. […] Souvent nos contemporains ont l’impression que nous leur faisons la morale car ils ne perçoivent pas que la parole que nous portons nous dépasse, n’est pas strictement la nôtre. Dire d’où nous parlons permet, dans une société où les visions éthiques sont très dispersées, d’être plus audibles.

Par leur action sur le terrain ils (les chrétiens) peuvent changer le monde. Et par l’expérience de communion qu’ils font dans l’Eucharistie dominicale, ils sont à la fois enracinés dans une communauté singulière (paroissiale notamment) et reliés à l’Église universelle. C’est la seule réponse à la mondialisation.


Huguenin, François, Le Pari chrétien. Une autre vision du monde. Taillandier, Essais, Paris, 2018

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Michel-Marie Zanotti-Sorkine : Homme et prêtre

La foule se presse ; conversions et baptêmes se multiplient ; les non-chrétiens poussent les portes. En quelques années, le père Michel-Marie Zanotti-Sorkine a transformé sa paroisse en l’une des plus fréquentées de Marseille. Comment expliquer un tel phénomène dans une Église dont on prédit constamment la disparition ?

Michel-Marie Zanotti-Sorkine y répond dans cet entretien avec Jean-Robert Cain. Après avoir évoqué sa jeunesse et les différentes étapes qui l’ont conduit à la vie religieuse, il dévoile ce qui est pour lui le secret de son ministère : le primat de la prière, la disponibilité du prêtre, la vigueur de la prédication, l’attention à la dignité de tout ce qui touche à Dieu.
Un livre exceptionnel.

Après une carrière artistique d’auteur-compositeur-interprète à Paris, Michel-Marie Zanotti-Sorkine a été ordonné prêtre à l’âge de quarante ans. Auteur de plusieurs livres dont Au diable la tiédeur, il continue à créer des chansons. Ses prédications sont écoutées dans plus de vingt pays sur le site Internet qui lui est consacré.


Zanotti-Sorkine, Michel-Marie
Homme et prêtre, Éd. Poche, 456 p., 2014

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David Hamidovic : L’insoutenable divinité des anges

Rarement un livre aura été aussi attendu par le grand public et les chercheurs du monde entier. Appelé de leurs voeux depuis des dizaines d’années, cet ouvrage constitue le premier essai historique présentant le déploiement des anges depuis les origines, il y a plus de 4 000 ans, jusqu’à l’âge d’or, à l’époque moderne, en passant par le judaïsme, le christianisme et l’islam.

Contrairement à l’idée reçue que les anges existent principalement face aux hommes, David Hamidovic montre que ces créatures ne doivent leur existence que dans leur rapport à Dieu.

Longtemps menacés dans le contexte des trois religions qui proclament la croyance en un dieu unique, aussi surprenant soit-il, les anges trouvent tout de même une place au point de devenir incontournables.

L’ouvrage raconte ce retournement de situation qui explique l’omniprésence des anges dans l’art occidental et plus largement dans notre culture jusqu’à aujourd’hui.


David Hamidovic, L’insoutenable divinité des anges : Essai historique, Éditions du Cerf, 2018

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Denis Moreau : Comment peut-on être catholique ?

Pour Denis Moreau, la foi est une affaire très sérieuse qui mérite d’être considérée en mobilisant les ressources de la raison. Son projet est clair : « proposer une défense, une justification et un éloge argumentés du catholicisme », « donner des “raisons” (spéculatives, morales, existentielles) qui justifient l’adoption de la foi catholique ».

Son ambition est clairement apologétique, mais pas au sens des traités habituels sur le sujet qui souvent ne servent qu’à renforcer les convictions de ceux qui sont déjà convaincus. Sa défense du catholicisme prend la forme d’un examen de différents sujets parce qu’ils sont centraux pour le catholicisme, ou parce qu’ils font l’objet d’objection de poids ou donnent lieu à des malentendus. Son propos est résolument affirmatif.

Denis Moreau commence par la question du salut, à laquelle il a consacré un ouvrage important (Mort, où est ta victoire?, Bayard 2017). Il aborde ce thème difficile aussi simplement que possible, en partant de l’expérience existentielle de ses propres limites et du fait que personne ne peut prétendre compter sur ses propres forces tout au long de sa vie. « Seul, je ne m’en sortirai pas, j’ai besoin qu’on m’aide, jamais je ne serai à la hauteur de cette figure d’homme pleinement émancipé, toujours actif, indestructible (…), plus j’avance dans la vie, plus je prends conscience que savoir ainsi reconnaître et accepter mes limites, demander de l’aide, assumer ma vulnérabilité, admettre que je dois beaucoup aux autres, est ce qui me permet de progresser, d’enrichir mon existence. »

Il aborde ensuite la question de la prière, de la croyance, des preuves de l’existence de Dieu, de l’identité de Jésus, de Dieu, de résurrection, du rapport du christianisme au corps, du mal… Au fil des pages, il ne cache pas qu’être croyant n’évite pas les doutes, les questionnements, les difficultés de la vie.

Denis Moreau professeur de philosophie à l’université de Nantes.


Denis Moreau, Comment peut-on être catholique ?, Seuil, 360 p.

 

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Pape François : Soyez dans la joie et l’allégresse

Pape François, Soyez dans la joie et l’allégresse, Exhortation apostolique Gaudete et exsultate sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, Éd. Médiaspaul, 128 p., 2018.


Dans cette troisième exhortation apostolique, le pape François dessine une Église toute entière appelée à être un peuple saint, dans la logique du concile de Vatican II et de sa redécouverte de la vocation universelle à la sainteté.

Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos occupations quotidiennes, là où chacun se trouve, martèle le pape François dans ce texte au ton très positif et titré, une nouvelle fois sur la joie, envisagée comme le fruit de la réponse de chacun à sa vocation propre. N’aie pas peur de la sainteté : elle ne t’enlèvera pas les forces, ni la vie, ni la joie, insiste-t-il. C’est tout le contraire, car tu arriveras à être ce que le Père a pensé quand il t’a créé et tu seras fidèle à ton propre être.

Pour autant, il ne s’agit pas ici d’un traité sur la sainteté : le pape s’en défend dès la première page. Ce qui l’intéresse, c’est de montrer que chaque chrétien peut répondre – chacun dans sa route, selon les mots du concile – à l’appel de Dieu à être un saint. La sainteté qu’il décrit est donc humble et simple.

 

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Seul l’amour a de l’avenir : Le témoignage d’Etty Hillesum et Christian de Chergé

Etty Hillesum est une jeune Juive disparue dans la nuit de la Shoah, Christian de Chergé un moine cistercien exécuté avec six confrères en Algérie en 1996. Ils ont laissé des écrits qui comptent aujourd’hui parmi les plus grands textes spirituels du XXe siècle.

Par-delà la similitude de leurs destins, une véritable parenté intérieure les rapproche. Tous deux sont morts par solidarité et par amour, s’étant refusés à échapper seuls au danger qui menaçait tout un peuple. Tous deux ont persisté à croire en l’être humain malgré ses plus terribles méfaits. Tous deux, enfin, ont franchi les frontières religieuses et politiques pour jeter les bases d’une fraternité universelle.

La fresque de leurs vies pose des enjeux très actuels et offre une profonde inspiration au cœur des situations apparemment inextricables dont regorge notre monde. Ce livre, courtepointe de deux vies passionnées, a tôt fait de nous rendre chers ces témoins des fondements de notre humanité.

– Un essai d’une grande actualité à l’heure du terrorisme qui sévit dans le monde
– Une approche nouvelle et profondément apaisante de la différence religieuse et politique
– Des maîtres spirituels à la vision large et rassembleuse

Yves Bériault est dominicain. Il est engagé dans le ministère paroissial ainsi que dans l’accueil des réfugiés. Il a été aumônier universitaire et professeur à l’Institut de pastorale des dominicains de Montréal.


BÉRIAULT, Yves, Seul l’amour a de l’avenir : Le témoignage d’Etty Hillesum et Christian de Chergé, Préface de Jean Vanier, Éditeur : MÉDIASPAUL, 2018, 152 p.

 

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Emmanuel Durand, o.p. : Jésus contemporain

Par-delà l’accumulation des siècles et des doctrines, Jésus de Nazareth peut-il être notre contemporain ? Comment s’y retrouver parmi les divers portraits du Jésus de l’Histoire ? Y a-t-il un gouffre entre le Christ de Paul, le Jésus des Synoptiques et le Christ des conciles ? Comment se fait-il que les avancées conciliaires au sujet du Christ aient entraîné la division des Églises ? Est-il acceptable que la tunique du Christ demeure déchirée, alors que les déclarations communes professent la même foi au Christ ?

À travers ces questions graves, cette christologie brève et actuelle propose des discernements et ouvre un chemin novateur. Elle est attentive non seulement aux concepts, mais aussi aux martyrs, aux pratiques et aux dialogues. Puis l’Incarnation, la Croix et la Gloire sont réinvesties par la pensée, à l’aide d’expériences structurantes pour nos contemporains : l’indignation, l’empathie et la compassion, l’affrontement à l’impardonnable, la disparition du Ressuscité, etc.


Dominicain, Emmanuel Durand est professeur de théologie au Collège universitaire dominicain d’Ottawa (Carleton University). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages marquants, dont, en 2016, Dieu Trinité. Communion et transformation et L’être humain, divin appel. Anthropologie et création.


Durand, Emmanuel, o.p. Jésus contemporain, Éditions du Cerf, 2018, 336 p.

 

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Pierre Métivier : L’autre morale de Thomas d’Aquin. Son rapport à notre temps

J’aimerais partir du titre du livre. Il s’agit d’une autre morale de Thomas d’Aquin… Autre en ce sens qu’elle n’est pas celle que nous connaissons déjà, … autre parce qu’elle apporte un quelque chose de nouveau, bien en rapport avec notre temps.

Chaque époque se représente l’idéal humain et chrétien de l‘homme, et elle le fait en lien avec les sensibilités qui sont les siennes, avec les outils et connaissances qui sont en sa possession. Dans toute morale il y a ainsi un fond commun, des valeurs universelles, et la marque d’un temps.

Thomas d’Aquin n’a pas élaboré autrement sa morale; il a magnifiquement présenté ce qui était la démarche idéale de tout être humain vers Dieu en tenant compte des sensibilités de ses contemporains et des outils philosophiques à sa disposition.

La tradition morale issue de Thomas d’Aquin, si elle veut lui être fidèle, se doit de réfléchir aujourd’hui non moins en lien avec notre temps.

D’un mot, qu’elle serait cette autre morale comparée à celle que nous présente Thomas d’Aquin? Et comment serait-elle en rapport avec notre temps?

La morale de Thomas d’Aquin est celle du chemin, de notre vie en route vers Dieu, – vie de l’être créé, sorti des mains de Dieu, qui ne trouvera qu’en Lui son bonheur et son accomplissement. Séparés de Dieu, à distance de lui, nous nous préparons à le rencontrer et à vivre avec lui une pleine amitié. Nous sommes alors invités à parcourir le chemin qui nous conduira auprès de Dieu, à prendre la voie étroite qui nous mènera à lui. Comme des voyageurs avisés, nous n’aurons d’autres bagages que ceux qui nous seront nécessaires, et nous éviterons tout ce qui nous dérouterait du but fixé. Ce but étant hors de notre portée, nous le poursuivrons par la grâce qui nous est donnée dans le Christ et dans l’Esprit, et en communion avec les croyants.

L’autre morale est celle de la manifestation. Elle obéit à une logique différente: Dieu est déjà en nous par son Fils et son Esprit, et non seulement dans un au-delà. La vie éternelle est déjà commencée pour nous, et nous avons à manifester cette vie et cet amour de Dieu qui nous sont présents; c’est alors que nous les découvrons en leurs richesses, tout en devenant nous-mêmes des êtres nouveaux. Nous vivons ainsi une vie divine, une vie qui se développe et s’ouvrira de l’intérieur à son accomplissement auprès de Dieu lui-même. Plutôt que d’être sur terre des voyageurs qui se préparent à la rencontre de Dieu, nous sommes des vivants de Dieu, ses complices, qui manifestons sa gloire, son amour et sa tendresse en les incarnant dans notre monde.

La morale de Thomas d’Aquin met l’accent sur les réalités à venir, alors que l’autre morale le met sur les réalités présentes. Ces réalités présentes et ces réalités à venir constituent deux aspects inséparables de nos vies. S’il ne faut pas isoler ces réalités les unes des autres, il importe également de ne pas les fusionner.

Thomas d’Aquin a élaboré sa morale en lien avec la représentation qu’on se faisait au Moyen Âge du temps et de l’histoire humaine. La création avait eu lieu il y avait 6000 ou 8000 ans, et on en était à la dernière phase du temps avant la fin du monde. On vivait peu longtemps, toujours menacé par la maladie et les épidémies. Si bien qu’on reportait sur l’autre vie tout espoir de réalités meilleures et de vrai bonheur.

Nous voyons les choses bien différemment aujourd’hui. Le temps s’est agrandi en milliards d’années et l’univers ne cesse de nous émerveiller. Nous vivons mieux et plus longtemps – nous parlons de notre Occident – , et nous accordons à notre vie présente une valeur en elle-même; elle est un don qui nous est fait et que nous devons développer.

Vatican II, et dans sa suite Paul VI et Benoît XVI, nous invitent, au nom même de notre foi, à travailler à la promotion des peuples et au développement d’une cité juste et fraternelle. En un mot, l’oeuvre de la création est remise entre nos mains. Pouvons-nous introduire dans la morale de Thomas d’Aquin, telle que nous la connaissons, ces vues nouvelles ou ces accents nouveaux qui nous sont proposés?

Bien difficilement, croyons-nous: dans un contexte de chrétienté, qui était celui du Moyen Âge, la grande finalité se situait dans un au-delà, dans la rencontre de Dieu, et tout ici-bas lui était reporté.

Par contre, nous trouvons chez Thomas d’Aquin tous les éléments pour déployer une morale directement soucieuse de la vie présente et de la création à développer: c’est l’autre morale dite de la manifestation. On peut manifester déjà son intérêt à partir de questions comme celles-ci: – le lien de l’amour mutuel des époux et la fécondité du couple dans le mariage; – le double rapport qu’il y a entre les réalités humaines (bonheur humain, cité terrestre) et les réalités divines (béatitude, royaume de Dieu) suivant que ce rapport est envisagé à partir de l’humain puis à partir du divin.

C’est la tâche d’une tradition morale vivante que de pouvoir s’ouvrir à des développements et à des réalités nouvelles. En finale, l’auteur tente de le faire pour la tradition issue de Thomas d’Aquin. Il indique alors comment nous pourrions situer l’une par rapport à l’autre, à l’intérieur d’un même englobant, ces deux morales – celle que nous a léguée Thomas d’Aquin et cette autre morale qui est demeurée non développée dans son oeuvre. Nous invitions les lecteurs et lectrices à le découvrir.


Métivier, Pierre, o.p., L’autre morale de Thomas d’Aquin. Son rapport à notre temps, PUL, 2018.

 

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Catherine Aubin : Prier avec son coeur. La joie retrouvée

Dans ce livre Sœur Catherine, une dominicaine de la Congrégation romaine de Saint-Dominique, nous propose de descendre dans notre cœur avec la joie comme fil rouge. Elle nous offre un itinéraire pour réveiller et révéler notre joie profonde.

Cet itinéraire est divisé en trois parties : la joie retrouvée (la joie et l’amitié, la joie dans le présent, la joie dans l’attention), les obstacles à la joie (la joie perdue, la joie oubliée), cultiver la joie (cultiver la force, cultiver la bénédiction, au cœur de la joie : le chant).

Pour Sœur Catherine, la joie est un appel. La joie porte en elle une vocation : nous réveiller, nous dilater, nous ouvrir et nous rappeler qui nous sommes et vers Qui nous allons. Rechercher ou retrouver la joie, c’est recherche la perle, la source cachée, le trésor enfoui, c’est redécouvrir son cloître intérieur et enfin commencer à prier, peut-être …

Avec beaucoup de réalisme et de profondeur, Sœur Catherine nous montre dans son livre que pour s’enraciner dans la joie, l’important est d’accueillir et intégrer tout ce qui vient (même le douloureux, le désagréable, l’insupportable) empoigner tous les événements et les sentiments qui semblent faire obstacle à l’allégresse, les travailler comme autant d’ingrédients à incorporer dans une pâte humaine que l’Esprit Saint fera lever.

C’est dans la mesure où nous avons senti combien nous étions perdus, dans tous les sens du terme, que l’option ou le plongeon pour la joie se décide.

Ce n’est pas dans un contexte d’allégresse que retentit la promesse de la joie parfaite : Jésus parle de sa joie au moment où il va à la torture et à la mort en demandant d’aimer envers et contre tout. Il ne dépend donc pas des disciples que la joie de Jésus «soit en eux», mais il dépend d’eux de dire oui à l’amour, de consentir à la relation et à la rencontre. «Je vous ait dit ces choses», précise Jésus, pour que d’abord et avant tout «ma joie en vous et que votre joie soit parfaite» (Jn 15,11).


AUBIN, Catherine, Prier avec son cœur. La joie retrouvée, Edition Salvator, 2017.

 

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Benoît Lacroix : un dominicain dans le siècle

« Chaque matin, habiller son cœur, ses yeux, appareiller vers le large, penser à tout ce que je verrai, à ceux que je servirai, sentir la joie renaître et prendre consistance à mesure que s’enfile ma route. Le soir, fourbu, me mettre à récapituler : ma joie, aujourd’hui, c’est d’avoir roulé pour eux; il n’y a que cela, le travail, les services qu’on peut rendre, l’amour qu’on donne. »

Le père Benoît Lacroix, mort centenaire en 2016, était l’une des figures les plus connues et les plus aimées de l’Église du Québec. Pourquoi? La réponse est plus difficile qu’elle en a l’air, tant il y avait de facettes à sa personne et à son activité. Homme du terroir, il a parcouru le grand monde. Homme de tradition, il a chaleureusement accueilli la modernité.

Sa carrière universitaire s’est partagée entre les études savantes et les religions populaires. Figure médiatique et ami de plusieurs grands esprits, il a vu son parcours culminer en un engagement de tous les instants auprès des gens ordinaires. Il était un bourreau de travail mais avait une âme de poète. À quoi tenait la mystérieuse unité de sa vie? Voilà ce que nous fait saisir cette biographie.


Laperrière, Guy. Benoît Lacroix : un dominicain dans le siècle, Mediaspaul, 2017. 250 p.

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