Archives pour la catégorie École de la prière

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière à Marie en temps de Carême

 

Quand vient pour nous l’heure de la décision
Marie de l’Annonciation, aide-nous à dire « oui »

Quand vient pour nous l’heure du départ
Marie d’Égypte, épouse de Joseph, allume en nous l’Espérance

Quand vient pour nous l’heure de l’incompréhension
Marie de Jérusalem, creuse en nous la patience

Quand vient pour nous l’heure de l’intervention
Marie de Cana, donne-nous le courage de l’humble parole

Quand vient pour nous l’heure de la souffrance
Marie du Golgotha, fais nous rester aux pieds de ceux en qui souffre ton Fils

Quand vient pour nous l’heure de l’attente
Marie du Cénacle, inspire-nous une commune prière

Et chaque jour, quand sonne pour nous l’heure joyeuse du service
Marie de Nazareth, Marie des Monts de Juda, mets en nous ton cœur de servante

Jusqu’au jour où, prenant ta main,
Marie de l’Assomption, nous nous endormirons,
dans l’attente du jour de notre résurrection.

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Prière d’accueil

Sur Romain 15, 7

Seigneur que savons-nous de ton accueil tant que nous ne déchargeons pas sur toi nos fardeaux, tant que nous ne te confions pas nos infirmités,
à toi qui es venu les porter?

S’il est vrai que tu nous prends tels que nous sommes, s’il est vrai que tu reçois avec tendresse
tous les paysages de nos vies,
leurs crevasses et leurs sommets,
leurs volcans et leurs déserts,

s’il est vrai que tu nous ouvres les bras
quels que soient nos sentiments d’échec ou de lassitude, alors, Seigneur, tu nous délivres de nous-mêmes :
là où nous sommes le plus vulnérables, là s’enracine une force venue de toi pour recevoir notre prochain tel qu’il est, lui offrir de l’ombre,
la possibilité de faire halte,
de se remettre des fatigues du voyage…

Seigneur, apprends-nous l’accueil du fond de l’âme, l’accueil d’autrui en cette profondeur de l’intercession qui se passe de grandes démonstrations,
l’accueil d’autrui en ce lieu saint de la prière
que tu creuses en nous quand nous invoquons ton Esprit! L.B.

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À l’aube de l’année nouvelle

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié,
Toi pour qui mille ans sont comme hier,
un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
À l’aube de cette année
que nos habitudes et nos rêves appellent nouvelle,
apprends-nous la vraie mesure du temps qui fuit
et des choses qui passent.
D’âge en âge tu as été notre refuge.
Avant que naissent les montagnes,
avant que tu enfantes la terre et le monde,
de toujours à toujours, Toi, tu es Dieu.
Garde-nous de galvauder Ton Nom trois fois Saint!
Toi, l’au-delà de tout,
garde-nous de te confondre avec nos mots,
nos idées, nos solutions, nos inventions.

Donne-nous de comprendre ton amour davantage
au cours de l’année qui commence!
Que ton Esprit brise et ouvre nos coeurs
pour qu’ils te donnent le Nom de Père.
Qu’il dessille nos yeux pour qu’ils contemplent,
dans la grisaille du temps qui s’écoule sans pitié,
la trace de l’amour qui ne passe pas,
de la filiale et fraternelle
née pour toujours de ta miséricorde!

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Ton règne est déjà venu, il viendra, il vient!
Il vient partout où des hommes
collaborent avec Toi à l’oeuvre que tu leur confies
pour qu’elle devienne l’ébauche de la Jérusalem céleste!
Que tout au long de cette année se noue,
à l’intime de nos fragiles amours,
l’Alliance qui les purifie, les transfigure et les éternise
dans le Royaume de ton éternelle tendresse!

Que brille pour nous, à chaque étape de notre recherche,
assez de lumière pour stimuler notre marche
vers le Royaume sans ombre!
Affermis au coeur de nos combats toujours recommencés
l’assurance que, malgré les victoires répétées de la haine,
de l’oppression et de l’égoïsme,
l’effort humain pour établir, sur la terre comme au ciel,
la paix, la liberté et le partage,
prépare le Royaume inaltérable!

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous comme nous pardonnons.
Donne-nous de désirer et de partager aujourd’hui
la nourriture qui vient de Toi!
Donne-nous d’attendre l’aube de chaque jour
comme une promesse du pain de vie,
la vie temporelle et la vie éternelle!

Toi le Père prodigue qui ne te lasses pas
d’attendre le retour de tes enfants perdus,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Toi qui nous pardonnes comme nous pardonnons,
apprends-nous d’abord à pardonner comme tu nous pardonnes!
C’est en servant ses frères
dans l’humilité d’un extrême amour
que ton Fils nous a manifesté le pardon
qui nous ouvre l’accès du monde nouveau;
apprends-nous à pardonner comme lui,
pour que d’autres puissent découvrir à leur tour
le chemin et la joie de ton Royaume!

Ne nous laisse pas succomber à la tentation
mais délivre-nous du mal.
Préserve-nous, par dessus tout,
de la tentation de refuser ton pardon!
Préserve-nous de la suffisance des puissant,
donne-nous l’espérance des pauvres!

En ces jours où tes enfants se souhaitent du bonheur,
libère-nous, Toi, Notre Père,
du péché qui empoisonne la source de la vraie joie.
Arrache-nous à l’emprise du Prince des Ténèbres :
il est le père du mensonge,
à l’oeuvre partout où nous nous trompons les uns les autres.
Il est l’ennemi de la vie,
à l’oeuvre partout où nous nous détruisons,
parce que nous aimons le pouvoir, l’argent et la mort.
Délivre-nous!

Ton Fils à brisé les chaînes de l’antique servitude!
Donne-nous de nous laisser saisir par Son Esprit
pour que, dans ce monde assujetti à la fatalité,
triomphe déjà la glorieuse liberté de tes enfants!

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Hymne de Noël

08 novembre 2013 : Crèche d'Ulrich PERATHONER. La Colomberie, Paris (75), France.<br /> November 8, 2013: Crib of Ulrich PERATHONER. La Colomberie, Paris (75), France.

 

Noël ! Noël!
C’est Jésus Rédempteur!
Que pouvons-nous contempler de plus beau !
Que pouvons-nous admirer de plus sublime,
Que pouvons-nous adorer de plus merveilleux
Que la naissance du Fils de Dieu,
Jésus venu apporter et allumer le feu (son Feu)
Sur la terre.
Quand une étincelle de cet amour a jailli dans son coeur,
il incendie l’âme du désir de connaître et d’aimer
Ce Dieu toujours plus…de l’aimer sans partage,
Comme il veut qu’on l’aime.
Dieu s’abaissant jusqu’à la créature
Pour lui permettre d’aller jusqu’à lui…

Marthe Robin (1902-1981)

 

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Je suis la cithare

Isaac d’Antioche est l’auteur traditionnellement assigné à un grand nombre d’homélies versifiées et de quelques hymnes en langue syriaque datant de l’Antiquité tardive, illustrant un genre de la littérature religieuse chrétienne créé au IVᵉ siècle par Éphrem de Nisibe. Le nom recouvre certainement au moins deux ou trois auteurs différents, très mal identifiés.

Il est beau de chanter le Seigneur,
et c’est le plus grand bien qu’il nous soit donné
que de chanter ton nom, ô Très-Haut;
Tu nous a jugé dignes de célébrer ta bonté.
Tu as créé l’univers, Seigneur, par une simple parole,
mais l’homme est l’oeuvre de tes propres mains.
De cela je me glorifie:
je suis la cithare, doué de parole et de raison,
pour chanter la louange et la reconnaissance
de l’univers créé par ta bonté.
Grandes sont tes oeuvre, Seigneur,
plus grand moi qui les découvre;
aussi je veux avec tous mes sens te chanter
et célébrer ta majesté.
Tu me combles de joie par tes oeuvres, Seigneur,
je chante avec allégresse ce que tes mains ont fait.

Isaac d’Antioche (mort en 460)

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Prière pour aller au paradis avec les ânes

Francis Jammes, né à Tournay le 2 décembre 1868 et mort à Hasparren le 1ᵉʳ novembre 1938, est un poète, romancier, dramaturge et critique français. Il passa la majeure partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque, principales sources de son inspiration.

Lorsqu’il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j’irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n’y a pas d’enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai :  » Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles. »
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j’aime tant parce qu’elles baissent la tête
doucement, et s’arrêtent en joignant leurs petits pieds
d’une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l’on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu’avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l’amour éternel.

 

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Il y a toujours une foi

 

À la fine pointe de solides convictions
Au creux de profondes libérations
Au-delà de longues hésitations
À la source de courageuses réalisations.
Il y a toujours une foi

Quand tu vas au fond des choses
Quand tu poursuis ta route dans la nuit
Quand tu aimes avec un goût d’infini
Quand tu décides de donner la vie.
Il y a toujours une foi

Chez ceux qui voient avec le coeur
Chez ceux qui ne jouent pas leur conscience
Chez ceux qui se reconnaissent une âme
Chez ceux qui parient la liberté contre la peur.
Il y a toujours une foi

Derrière et en avant des peuples courageux
Dans la foulée des justes révolutions
À l’origine des projets collectifs audacieux
Au sein des plus humaines civilisations.
Il y a toujours une foi

Si ton amour l’emporte sur tes haines et préjugés
Si ton esprit croit à la victoire de la vie sur la mort
Si ton espérance vient à bout de tes espoirs trompés
Si tu sais être libre, juste, vrai et fort.
Il y a toujours une foi

Pour ne te laisser arrêter par aucun mur
Pour aller au bout de ton humaine aventure
Pour nouer des solidarités infrangibles
Pour créer des nouveaux possibles.
Quelle est la tienne?

A-t-elle un nom, un visage, une histoire?
Est-elle enracinée dans ton terroir?
Sais-tu la dire, la célébrer, la partager?
Anime-t-elle ta vie, tes amours et tes pensées?
La mienne?

Je l’ai reçue, contestée, enfouie, retrouvée,
toujours en revenant à cet inconnu de Galilée.
Il habite le fond et l’horizon de mon être.
Une folle passion qui me fait renaître.

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Aie pitié de ma faiblesse

 

Ô Dieu, que je voudrais pourtant aimer sans réserve,
voici que je ne puis plus avancer.
Je t’avais bien promis que ce serait de tout moi-même,
et voici que chaque jour, après avoir gagné
sur quelque point je perds sur quelque autre.
Où donc est le temps où j’avançais à grands pas,
où toi même, parfois,
me portait en me comblant de ta tendresse?
J’avais, c’est sûr, bien des combats à livrer
contre moi-même et contre les pressions du monde.
Par mon effort volontaire, mais pressé par ta grâce,
je triomphais.
Je croyais avoir extirpé mon attachement aux bien,
je me croyais guéri des désirs de volupté,
je pensais avoir acquis l’humilité.
Tout me semblait facile à ton service.
Mais j’étais alors dans l’illusion;
je me donnais sans me connaître vraiment…
Je n’ai pas repris mon don
mais je n’avais pas deviné toutes ses exigences.
Maintenant, c’est dans la profondeur de ma faiblesse
que je crie vers toi.
Il n’est pas possible que je me délivre de moi-même,
de la lourdeur de chair qui m’accable,
de mon égoïsme toujours renaissant,
de la complaisance en moi-même.
Seigneur, aie pitié de ma faiblesse.

Louis-Joseph Lebret, o.p.

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La prière parapluie

Ferme ton parapluie, mon frère,
la prière n’est pas un parapluie;
Dieu ne vend pas de parapluie, ma soeur,
il aime trop le vent!

J’avais peur de me mouiller
je me croyais à l’abri
sous ma prière parapluie;
mais tu m’as éclaboussé
par dessous, Seigneur;
la rafale est venue de côté,
et le parapluie troussé!

J’avais cru, sous le parapluie
que tu te tenais toi aussi,
toi le maître de l’Esprit…
Un p’tit coin d’parapluie
un p’tit coin de paradis
c’était ma chance…

J’ai ouvert les yeux,
personne sous le parapluie.
Personne que moi,
un homme au sec,
un homme sec,
doigts crispés sur le manche
de la prière parapluie.

Viens!
maître du vent et de l’Esprit,
emporte aux quatre coins du vent
mon ridicule parapluie
et ma prière paravent!

Toi, le Dieu des sans-parapluie
pousse-moi dehors,
dans le vent,
mouille-moi, Seigneur!

Mais donne-moi, en même temps
le joie et la force
de ceux que tu trempes
de l’Esprit!

 

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Nous sommes débordés

 

Nous voici devant Toi, Seigneur,
à bout de souffle, à bout de courage,
à bout d’espoir.
Perpétuellement écartelés
entre l’infini de nos désirs
et les limites de nos moyens
bousculés, tiraillés,
énervée, épuisés.
Nous voici devant Toi, Seigneur,
enfin immobiles, enfin disponibles.
Voici la souffrance de notre insatisfaction.
Voici la crainte de nous tromper
dans le choix de nos engagements.
Voici la peur de n’en pas faire assez.
Voici la croix de nos limites.
Donne-nous de faire ce que nous devons faire,
sans vouloir trop faire,
sans vouloir tout faire,
calmement,
simplement,
humbles dans nos recherche et notre volonté de servir.
Aide-nous surtout à te retrouver
au coeur de nos engagements,
car l’unité de notre action, c’est Toi, Seigneur,
un seul amour
à travers tous nos amours,
à travers tous nos efforts.
Toi qui es la source.
Toi vers qui tout converge.
Nous voici devant Toi, Seigneur,
pour nous recueillir.

 

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