Archives pour la catégorie École de la prière

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Hymne à Dieu

Ô toi l’au-delà de tout,
comment t’appeler d’un autre nom?
Quelle hymne peut te chanter?
Aucun mot ne t’exprime.
Quel esprit te saisit?
Nulle intelligence ne te conçoit.
Seul, tu es ineffable;
tout ce qui se pense est sorti de toi.
Seul, tu es inconnaissable;
tout ce qui se pense est sorti de toi.
Tous les êtres te célèbrent,
ceux qui parlent et ceux qui sont muets.
Tous les êtres te rendent hommage,
ceux qui pensent
comme ceux qui ne pensent pas.
L’universel désir, le gémissement de tous
aspire vers toi.
Tout ce qui existe te prie
et vers toi tout être qui sait lire ton univers
fait monter un hymne de silence.
Tout ce qui demeure, demeure et toi seul.
Le mouvement de l’univers déferle en toi.
De tous les êtres tu es la fin,
tu es unique.
Tu es chacun et tu n’es aucun.
Tu n’es pas un seul être, tu n’es pas l’ensemble:
tu as tous les noms,
comment t’appellerais-je?
Toi le seul qu’on ne peut pas nommer;
quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées
qui voilent le ciel lui-même?
Aie pitié, ô Toi, l’au-delà de tout;
Comment t’appeler d’un autre nom?

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Pour l’autre

Voici l’autre devant moi, Seigneur,
je dois le regarder « lui »
au-delà de ma sympathie ou de mon antipathie,
au-delà de mes idées et de ses idées,
de mon comportement et de son comportement.
Je dois « lui » permettre d’exister devant moi,
tel qu’il est en son être profond
et non pas l’obliger à l’attaque,
à la défensive, à la comédie.
Je dois le respecter, autre que moi,
et non pas le saisir pour moi,
le gagner à mes idées, l’entraîner à ma suite.
Je dois être « pauvre » devant lui,
ne pas l’écraser ou l’humilier,
ni l’obliger à la reconnaissance.
Car il est unique, Seigneur,
et donc riche d’une richesse que je ne possède pas,
et c’est moi le pauvre qui me tiens à sa porte,
dépouillé, nu, pour apercevoir au fond de son coeur,
ton visage, ô Christ ressuscité,
qui m’invite et me sourit.

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière pour une rentrée

Notre Dieu,

Donne-nous d’être assez fous pour oser croire, et assez sages pour chercher à comprendre.
Chasse de nous l’hésitation et la paresse.
Combat en nous la suffisance et l’orgueil.
Fais que nous Te préférions à nous-mêmes, et que nous aimions grâce à toi.

À nous qui sommes les pierres vivantes de Ton Église, donne: courage et gaieté, patience et passion, batailles et retrouvailles.
Donne-nous surtout d’être faibles à Ta manière dans l’amour, et forts à Ta manière dans la foi.

À nos églises, donne le plaisir d’être des églises appelées des quatre coins, envoyées aux quatre coins ; assez simples pour que quiconque s’y découvre ; assez libres pour que quiconque s’y exprime ; assez vives pour que personne ne s’y ennui.

À notre monde, donne une justice sans oppression ; une liberté sans omissions ; une paix sans mensonges. Car tu es un Dieu parfait, c’est-à-dire un Dieu qui fait lever le soleil sur les méchants et sur les bons ; tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. Que notre perfection soit à l’image de la tienne: généreuse et prodigue, appliquée et vivifiante.

Donne-nous de grandir, nous qui sommes toujours des enfants.
Donne-nous de rajeunir, nous qui sommes toujours des vieillards.
Donne-nous de marcher, nous qui sommes toujours des boiteux.
Donne-nous Ton repos, quand monte notre fatigue.

Amen !

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Montre-moi ton chemin

Verdier d’Europe volant à l’aube dans le Monmouthshire, au Pays de Galles

Ô richesse élevée de la nature divine,
montre-moi ton chemin
que dans ta sagesse tu as ordonné
et ouvre-moi le si précieux trésor
auquel tu m’as convié :
comprendre avec intelligence
au-dessus de toute créature,
aimer avec les anges et être familier
avec ton fils unique,
notre Seigneur Jésus-Christ,
hériter de toi et t’accueillir
selon ta sagesse éternelle.
Et avec ton aide
me préserver de tout mal.
Car tu m’as élevé
au-dessus de toute créature
et as imprimé en moi
le sceau de ton éternelle image.
Tu as rendu mon âme
insaisissable à toutes les créatures
et tu n’as rien créé de plus semblable à toi
que l’être humain selon l’âme.
Apprends donc à me tenir ainsi
que je ne sois plus jamais sans toi
et que dans le flux de ton oeuvre
aimante en moi
jamais plus tu ne sois entravé.
Et jamais ne me livre plus
à aucun désir hormis toi
ni ne m’afflige dans mes pensées
avec aucune créature hormis toi.
Seigneur,ton esprit est insaisissable à toute créature
et tu spiritualises l’âme
pour que dans sa qualité d’âme
elle soit ordonnée au-dessus de toute créature
en sorte que pour ta sagesse éternelle
elle se suffise selon ta volonté divine
et que dans la grâce elle soit délivrée
de toutes les images indignes
qu’elle a absorbées en elle.
Comme tu t’es approprié l’âme selon ta nature,
tu l’as apparentée à toi.
Garde-la donc
afin que ne s’établisse en elle
rien que toi.

Maître Eckhart (1260-1327)

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

J’aspire l’Esprit

Seigneur, mon âme misérable est nue, gelée, transie, elle désire être réchauffée par la chaleur de ton amour.

Je me tiens dans ma demeure de solitude; aspirant le souffle de mon amour, j’ouvre vers toi et j’aspire l’Esprit.

Et quelquefois, Seigneur, tandis que je suis comme béant vers Toi, les yeux clos, tu me mets quelque chose dans la bouche du coeur.

Je sens une saveur, tellement douce et suave, tellement réconfortante que, si elle se parfaisait en moi, je ne rechercherais plus rien.

Quand je la reçois, je veux la retenir et ruminer, mais aussitôt elle passe.

Je la déglutis sans doute, mais en la ruminant longtemps je souhaiterais perdre la saveur de toutes les autres affections et ne plus savourer qu’elle seule à jamais ; mais elle se hâte de passer…

Alors, par expérience, je suis contraint d’apprendre ce que, dans l’Évangile, Tu dis de l’Esprit : « On ne sait d’où il vient ni où il va. » Oui, « l’Esprit souffle où il veut », et j’éprouve aussi en moi qu’il souffle non quand je le veux, mais quand lui le veut.

Vers Toi, Seigneur, vers Toi sont tournés mes yeux ; que vers Toi, en Toi, par Toi s’orientent tous les élans de mon âme…

Cache-moi, je t’en supplie, dans le refuge de ta face. Protège- moi dans Ta demeure.

Guillaume de Saint-Thierry (1085-1148)

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Esprit de Dieu pour notre terre

 

Toi, le jour sans crépuscule,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la nuit la plus obscure?
Toi, la source des eaux vives,
La sources des eaux vives,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la soif que rien n’apaise?
Toi, la braise qui réchauffe,
La braise qui réchauffe,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la froide solitude?
Toi, la force qui rassemble,
La force qui rassemble,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le glaive qui divise?
Toi, la sève sous l’écorce,
La sève sous l’écorce,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le vent qui déracine?
Toi, l’amour qui fait le monde,
L’amour qui fait le monde,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le Souffle qui disperse
Toi, la paix que rien ne trouble,
La paix que rien ne trouble,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la guerre au coeur de l’homme?
Toi, la grâce des coupables,
La grâce des coupables,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le sel qui nous décape?
Toi, la vie de toutes choses,
La vie de toutes choses,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le feu qui les consume?

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Nuit de Pâques

 

A travers la fenêtre, sans rideau, depuis longtemps je vois une petite étoile me luire.
Je ne dors pas. Mais entre le Samedi-Saint et Pâques, la nuit n’est pas faite pour dormir !
Les montagnes et les forêts attendent, elles m’entourent dans une émanation lumineuse.
La pleine lune, pas à pas, élève, suspend sa face pieuse…

Le soleil n’est pas levé encore : il y a une heure encore de cette immense solitude !
Il n’y a, pour garder le tombeau, que ces millions d’étoiles en armes,
vigilantes depuis le pôle jusqu’au Sud !

Et tout à coup, dans le clair de lune, les cloches, en une grappe énorme dans le clocher,
Les cloches au milieu de la nuit, comme d’elles-mêmes, les cloches se sont mises à sonner !
On ne comprend pas ce qu’elles disent, elles parlent toutes à la fois !
Ce qui les empêche de parler, c’est l’amour, la surprise toutes ensemble de la joie !
Ce n’est pas un faible murmure, ce n’est pas cette langue au milieu de nous-mêmes suspendue
qui commence à remuer !

C’est la cloche vers les quatre horizons chrétienne qui sonne à toute volée !…
Vous qui dormez, ne craignez point, parce que c’est vrai que j’ai vaincu la mort!
J’étais mort, et je suis ressuscité dans mon âme et dans mon corps !
La loi du chaos est vaincue et le Tartare est souffleté !
La terre qui, dans un ouragan de cloches de toutes parts s’ébranle,
vous apprend que je suis ressuscité!

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière à Marie en temps de Carême

 

Quand vient pour nous l’heure de la décision
Marie de l’Annonciation, aide-nous à dire « oui »

Quand vient pour nous l’heure du départ
Marie d’Égypte, épouse de Joseph, allume en nous l’Espérance

Quand vient pour nous l’heure de l’incompréhension
Marie de Jérusalem, creuse en nous la patience

Quand vient pour nous l’heure de l’intervention
Marie de Cana, donne-nous le courage de l’humble parole

Quand vient pour nous l’heure de la souffrance
Marie du Golgotha, fais nous rester aux pieds de ceux en qui souffre ton Fils

Quand vient pour nous l’heure de l’attente
Marie du Cénacle, inspire-nous une commune prière

Et chaque jour, quand sonne pour nous l’heure joyeuse du service
Marie de Nazareth, Marie des Monts de Juda, mets en nous ton cœur de servante

Jusqu’au jour où, prenant ta main,
Marie de l’Assomption, nous nous endormirons,
dans l’attente du jour de notre résurrection.

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière d’accueil

Sur Romain 15, 7

Seigneur que savons-nous de ton accueil tant que nous ne déchargeons pas sur toi nos fardeaux, tant que nous ne te confions pas nos infirmités,
à toi qui es venu les porter?

S’il est vrai que tu nous prends tels que nous sommes, s’il est vrai que tu reçois avec tendresse
tous les paysages de nos vies,
leurs crevasses et leurs sommets,
leurs volcans et leurs déserts,

s’il est vrai que tu nous ouvres les bras
quels que soient nos sentiments d’échec ou de lassitude, alors, Seigneur, tu nous délivres de nous-mêmes :
là où nous sommes le plus vulnérables, là s’enracine une force venue de toi pour recevoir notre prochain tel qu’il est, lui offrir de l’ombre,
la possibilité de faire halte,
de se remettre des fatigues du voyage…

Seigneur, apprends-nous l’accueil du fond de l’âme, l’accueil d’autrui en cette profondeur de l’intercession qui se passe de grandes démonstrations,
l’accueil d’autrui en ce lieu saint de la prière
que tu creuses en nous quand nous invoquons ton Esprit! L.B.

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

À l’aube de l’année nouvelle

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié,
Toi pour qui mille ans sont comme hier,
un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
À l’aube de cette année
que nos habitudes et nos rêves appellent nouvelle,
apprends-nous la vraie mesure du temps qui fuit
et des choses qui passent.
D’âge en âge tu as été notre refuge.
Avant que naissent les montagnes,
avant que tu enfantes la terre et le monde,
de toujours à toujours, Toi, tu es Dieu.
Garde-nous de galvauder Ton Nom trois fois Saint!
Toi, l’au-delà de tout,
garde-nous de te confondre avec nos mots,
nos idées, nos solutions, nos inventions.

Donne-nous de comprendre ton amour davantage
au cours de l’année qui commence!
Que ton Esprit brise et ouvre nos coeurs
pour qu’ils te donnent le Nom de Père.
Qu’il dessille nos yeux pour qu’ils contemplent,
dans la grisaille du temps qui s’écoule sans pitié,
la trace de l’amour qui ne passe pas,
de la filiale et fraternelle
née pour toujours de ta miséricorde!

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Ton règne est déjà venu, il viendra, il vient!
Il vient partout où des hommes
collaborent avec Toi à l’oeuvre que tu leur confies
pour qu’elle devienne l’ébauche de la Jérusalem céleste!
Que tout au long de cette année se noue,
à l’intime de nos fragiles amours,
l’Alliance qui les purifie, les transfigure et les éternise
dans le Royaume de ton éternelle tendresse!

Que brille pour nous, à chaque étape de notre recherche,
assez de lumière pour stimuler notre marche
vers le Royaume sans ombre!
Affermis au coeur de nos combats toujours recommencés
l’assurance que, malgré les victoires répétées de la haine,
de l’oppression et de l’égoïsme,
l’effort humain pour établir, sur la terre comme au ciel,
la paix, la liberté et le partage,
prépare le Royaume inaltérable!

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous comme nous pardonnons.
Donne-nous de désirer et de partager aujourd’hui
la nourriture qui vient de Toi!
Donne-nous d’attendre l’aube de chaque jour
comme une promesse du pain de vie,
la vie temporelle et la vie éternelle!

Toi le Père prodigue qui ne te lasses pas
d’attendre le retour de tes enfants perdus,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Toi qui nous pardonnes comme nous pardonnons,
apprends-nous d’abord à pardonner comme tu nous pardonnes!
C’est en servant ses frères
dans l’humilité d’un extrême amour
que ton Fils nous a manifesté le pardon
qui nous ouvre l’accès du monde nouveau;
apprends-nous à pardonner comme lui,
pour que d’autres puissent découvrir à leur tour
le chemin et la joie de ton Royaume!

Ne nous laisse pas succomber à la tentation
mais délivre-nous du mal.
Préserve-nous, par dessus tout,
de la tentation de refuser ton pardon!
Préserve-nous de la suffisance des puissant,
donne-nous l’espérance des pauvres!

En ces jours où tes enfants se souhaitent du bonheur,
libère-nous, Toi, Notre Père,
du péché qui empoisonne la source de la vraie joie.
Arrache-nous à l’emprise du Prince des Ténèbres :
il est le père du mensonge,
à l’oeuvre partout où nous nous trompons les uns les autres.
Il est l’ennemi de la vie,
à l’oeuvre partout où nous nous détruisons,
parce que nous aimons le pouvoir, l’argent et la mort.
Délivre-nous!

Ton Fils à brisé les chaînes de l’antique servitude!
Donne-nous de nous laisser saisir par Son Esprit
pour que, dans ce monde assujetti à la fatalité,
triomphe déjà la glorieuse liberté de tes enfants!

École de la prière

Les autres chroniques du mois