Archives pour la catégorie École de la prière

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

J’aspire l’Esprit

Seigneur, mon âme misérable est nue, gelée, transie, elle désire être réchauffée par la chaleur de ton amour.

Je me tiens dans ma demeure de solitude; aspirant le souffle de mon amour, j’ouvre vers toi et j’aspire l’Esprit.

Et quelquefois, Seigneur, tandis que je suis comme béant vers Toi, les yeux clos, tu me mets quelque chose dans la bouche du coeur.

Je sens une saveur, tellement douce et suave, tellement réconfortante que, si elle se parfaisait en moi, je ne rechercherais plus rien.

Quand je la reçois, je veux la retenir et ruminer, mais aussitôt elle passe.

Je la déglutis sans doute, mais en la ruminant longtemps je souhaiterais perdre la saveur de toutes les autres affections et ne plus savourer qu’elle seule à jamais ; mais elle se hâte de passer…

Alors, par expérience, je suis contraint d’apprendre ce que, dans l’Évangile, Tu dis de l’Esprit : « On ne sait d’où il vient ni où il va. » Oui, « l’Esprit souffle où il veut », et j’éprouve aussi en moi qu’il souffle non quand je le veux, mais quand lui le veut.

Vers Toi, Seigneur, vers Toi sont tournés mes yeux ; que vers Toi, en Toi, par Toi s’orientent tous les élans de mon âme…

Cache-moi, je t’en supplie, dans le refuge de ta face. Protège- moi dans Ta demeure.

Guillaume de Saint-Thierry (1085-1148)

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Esprit de Dieu pour notre terre

 

Toi, le jour sans crépuscule,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la nuit la plus obscure?
Toi, la source des eaux vives,
La sources des eaux vives,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la soif que rien n’apaise?
Toi, la braise qui réchauffe,
La braise qui réchauffe,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la froide solitude?
Toi, la force qui rassemble,
La force qui rassemble,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le glaive qui divise?
Toi, la sève sous l’écorce,
La sève sous l’écorce,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le vent qui déracine?
Toi, l’amour qui fait le monde,
L’amour qui fait le monde,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le Souffle qui disperse
Toi, la paix que rien ne trouble,
La paix que rien ne trouble,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu la guerre au coeur de l’homme?
Toi, la grâce des coupables,
La grâce des coupables,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le sel qui nous décape?
Toi, la vie de toutes choses,
La vie de toutes choses,
Esprit de Dieu pour notre terre,
Comment es-tu le feu qui les consume?

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Nuit de Pâques

 

A travers la fenêtre, sans rideau, depuis longtemps je vois une petite étoile me luire.
Je ne dors pas. Mais entre le Samedi-Saint et Pâques, la nuit n’est pas faite pour dormir !
Les montagnes et les forêts attendent, elles m’entourent dans une émanation lumineuse.
La pleine lune, pas à pas, élève, suspend sa face pieuse…

Le soleil n’est pas levé encore : il y a une heure encore de cette immense solitude !
Il n’y a, pour garder le tombeau, que ces millions d’étoiles en armes,
vigilantes depuis le pôle jusqu’au Sud !

Et tout à coup, dans le clair de lune, les cloches, en une grappe énorme dans le clocher,
Les cloches au milieu de la nuit, comme d’elles-mêmes, les cloches se sont mises à sonner !
On ne comprend pas ce qu’elles disent, elles parlent toutes à la fois !
Ce qui les empêche de parler, c’est l’amour, la surprise toutes ensemble de la joie !
Ce n’est pas un faible murmure, ce n’est pas cette langue au milieu de nous-mêmes suspendue
qui commence à remuer !

C’est la cloche vers les quatre horizons chrétienne qui sonne à toute volée !…
Vous qui dormez, ne craignez point, parce que c’est vrai que j’ai vaincu la mort!
J’étais mort, et je suis ressuscité dans mon âme et dans mon corps !
La loi du chaos est vaincue et le Tartare est souffleté !
La terre qui, dans un ouragan de cloches de toutes parts s’ébranle,
vous apprend que je suis ressuscité!

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière à Marie en temps de Carême

 

Quand vient pour nous l’heure de la décision
Marie de l’Annonciation, aide-nous à dire « oui »

Quand vient pour nous l’heure du départ
Marie d’Égypte, épouse de Joseph, allume en nous l’Espérance

Quand vient pour nous l’heure de l’incompréhension
Marie de Jérusalem, creuse en nous la patience

Quand vient pour nous l’heure de l’intervention
Marie de Cana, donne-nous le courage de l’humble parole

Quand vient pour nous l’heure de la souffrance
Marie du Golgotha, fais nous rester aux pieds de ceux en qui souffre ton Fils

Quand vient pour nous l’heure de l’attente
Marie du Cénacle, inspire-nous une commune prière

Et chaque jour, quand sonne pour nous l’heure joyeuse du service
Marie de Nazareth, Marie des Monts de Juda, mets en nous ton cœur de servante

Jusqu’au jour où, prenant ta main,
Marie de l’Assomption, nous nous endormirons,
dans l’attente du jour de notre résurrection.

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière d’accueil

Sur Romain 15, 7

Seigneur que savons-nous de ton accueil tant que nous ne déchargeons pas sur toi nos fardeaux, tant que nous ne te confions pas nos infirmités,
à toi qui es venu les porter?

S’il est vrai que tu nous prends tels que nous sommes, s’il est vrai que tu reçois avec tendresse
tous les paysages de nos vies,
leurs crevasses et leurs sommets,
leurs volcans et leurs déserts,

s’il est vrai que tu nous ouvres les bras
quels que soient nos sentiments d’échec ou de lassitude, alors, Seigneur, tu nous délivres de nous-mêmes :
là où nous sommes le plus vulnérables, là s’enracine une force venue de toi pour recevoir notre prochain tel qu’il est, lui offrir de l’ombre,
la possibilité de faire halte,
de se remettre des fatigues du voyage…

Seigneur, apprends-nous l’accueil du fond de l’âme, l’accueil d’autrui en cette profondeur de l’intercession qui se passe de grandes démonstrations,
l’accueil d’autrui en ce lieu saint de la prière
que tu creuses en nous quand nous invoquons ton Esprit! L.B.

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

À l’aube de l’année nouvelle

Notre Père qui es aux cieux, que ton Nom soit sanctifié,
Toi pour qui mille ans sont comme hier,
un jour qui s’en va, une heure dans la nuit.
À l’aube de cette année
que nos habitudes et nos rêves appellent nouvelle,
apprends-nous la vraie mesure du temps qui fuit
et des choses qui passent.
D’âge en âge tu as été notre refuge.
Avant que naissent les montagnes,
avant que tu enfantes la terre et le monde,
de toujours à toujours, Toi, tu es Dieu.
Garde-nous de galvauder Ton Nom trois fois Saint!
Toi, l’au-delà de tout,
garde-nous de te confondre avec nos mots,
nos idées, nos solutions, nos inventions.

Donne-nous de comprendre ton amour davantage
au cours de l’année qui commence!
Que ton Esprit brise et ouvre nos coeurs
pour qu’ils te donnent le Nom de Père.
Qu’il dessille nos yeux pour qu’ils contemplent,
dans la grisaille du temps qui s’écoule sans pitié,
la trace de l’amour qui ne passe pas,
de la filiale et fraternelle
née pour toujours de ta miséricorde!

Que ton règne vienne, que ta volonté soit faite
sur la terre comme au ciel.
Ton règne est déjà venu, il viendra, il vient!
Il vient partout où des hommes
collaborent avec Toi à l’oeuvre que tu leur confies
pour qu’elle devienne l’ébauche de la Jérusalem céleste!
Que tout au long de cette année se noue,
à l’intime de nos fragiles amours,
l’Alliance qui les purifie, les transfigure et les éternise
dans le Royaume de ton éternelle tendresse!

Que brille pour nous, à chaque étape de notre recherche,
assez de lumière pour stimuler notre marche
vers le Royaume sans ombre!
Affermis au coeur de nos combats toujours recommencés
l’assurance que, malgré les victoires répétées de la haine,
de l’oppression et de l’égoïsme,
l’effort humain pour établir, sur la terre comme au ciel,
la paix, la liberté et le partage,
prépare le Royaume inaltérable!

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous comme nous pardonnons.
Donne-nous de désirer et de partager aujourd’hui
la nourriture qui vient de Toi!
Donne-nous d’attendre l’aube de chaque jour
comme une promesse du pain de vie,
la vie temporelle et la vie éternelle!

Toi le Père prodigue qui ne te lasses pas
d’attendre le retour de tes enfants perdus,
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Toi qui nous pardonnes comme nous pardonnons,
apprends-nous d’abord à pardonner comme tu nous pardonnes!
C’est en servant ses frères
dans l’humilité d’un extrême amour
que ton Fils nous a manifesté le pardon
qui nous ouvre l’accès du monde nouveau;
apprends-nous à pardonner comme lui,
pour que d’autres puissent découvrir à leur tour
le chemin et la joie de ton Royaume!

Ne nous laisse pas succomber à la tentation
mais délivre-nous du mal.
Préserve-nous, par dessus tout,
de la tentation de refuser ton pardon!
Préserve-nous de la suffisance des puissant,
donne-nous l’espérance des pauvres!

En ces jours où tes enfants se souhaitent du bonheur,
libère-nous, Toi, Notre Père,
du péché qui empoisonne la source de la vraie joie.
Arrache-nous à l’emprise du Prince des Ténèbres :
il est le père du mensonge,
à l’oeuvre partout où nous nous trompons les uns les autres.
Il est l’ennemi de la vie,
à l’oeuvre partout où nous nous détruisons,
parce que nous aimons le pouvoir, l’argent et la mort.
Délivre-nous!

Ton Fils à brisé les chaînes de l’antique servitude!
Donne-nous de nous laisser saisir par Son Esprit
pour que, dans ce monde assujetti à la fatalité,
triomphe déjà la glorieuse liberté de tes enfants!

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Hymne de Noël

08 novembre 2013 : Crèche d'Ulrich PERATHONER. La Colomberie, Paris (75), France.<br /> November 8, 2013: Crib of Ulrich PERATHONER. La Colomberie, Paris (75), France.

 

Noël ! Noël!
C’est Jésus Rédempteur!
Que pouvons-nous contempler de plus beau !
Que pouvons-nous admirer de plus sublime,
Que pouvons-nous adorer de plus merveilleux
Que la naissance du Fils de Dieu,
Jésus venu apporter et allumer le feu (son Feu)
Sur la terre.
Quand une étincelle de cet amour a jailli dans son coeur,
il incendie l’âme du désir de connaître et d’aimer
Ce Dieu toujours plus…de l’aimer sans partage,
Comme il veut qu’on l’aime.
Dieu s’abaissant jusqu’à la créature
Pour lui permettre d’aller jusqu’à lui…

Marthe Robin (1902-1981)

 

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Je suis la cithare

Isaac d’Antioche est l’auteur traditionnellement assigné à un grand nombre d’homélies versifiées et de quelques hymnes en langue syriaque datant de l’Antiquité tardive, illustrant un genre de la littérature religieuse chrétienne créé au IVᵉ siècle par Éphrem de Nisibe. Le nom recouvre certainement au moins deux ou trois auteurs différents, très mal identifiés.

Il est beau de chanter le Seigneur,
et c’est le plus grand bien qu’il nous soit donné
que de chanter ton nom, ô Très-Haut;
Tu nous a jugé dignes de célébrer ta bonté.
Tu as créé l’univers, Seigneur, par une simple parole,
mais l’homme est l’oeuvre de tes propres mains.
De cela je me glorifie:
je suis la cithare, doué de parole et de raison,
pour chanter la louange et la reconnaissance
de l’univers créé par ta bonté.
Grandes sont tes oeuvre, Seigneur,
plus grand moi qui les découvre;
aussi je veux avec tous mes sens te chanter
et célébrer ta majesté.
Tu me combles de joie par tes oeuvres, Seigneur,
je chante avec allégresse ce que tes mains ont fait.

Isaac d’Antioche (mort en 460)

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière pour aller au paradis avec les ânes

Francis Jammes, né à Tournay le 2 décembre 1868 et mort à Hasparren le 1ᵉʳ novembre 1938, est un poète, romancier, dramaturge et critique français. Il passa la majeure partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque, principales sources de son inspiration.

Lorsqu’il faudra aller vers vous, ô mon Dieu, faites
que ce soit par un jour où la campagne en fête
poudroiera. Je désire, ainsi que je fis ici-bas,
choisir un chemin pour aller, comme il me plaira,
au Paradis, où sont en plein jour les étoiles.
Je prendrai mon bâton et sur la grande route
j’irai, et je dirai aux ânes, mes amis :
Je suis Francis Jammes et je vais au Paradis,
car il n’y a pas d’enfer au pays du Bon Dieu.
Je leur dirai :  » Venez, doux amis du ciel bleu,
pauvres bêtes chéries qui, d’un brusque mouvement d’oreille,
chassez les mouches plates, les coups et les abeilles. »
Que je Vous apparaisse au milieu de ces bêtes
que j’aime tant parce qu’elles baissent la tête
doucement, et s’arrêtent en joignant leurs petits pieds
d’une façon bien douce et qui vous fait pitié.
J’arriverai suivi de leurs milliers d’oreilles,
suivi de ceux qui portent au flanc des corbeilles,
de ceux traînant des voitures de saltimbanques
ou des voitures de plumeaux et de fer-blanc,
de ceux qui ont au dos des bidons bossués,
des ânesses pleines comme des outres, aux pas cassés,
de ceux à qui l’on met de petits pantalons
à cause des plaies bleues et suintantes que font
les mouches entêtées qui s’y groupent en ronds.
Mon Dieu, faites qu’avec ces ânes je Vous vienne.
Faites que, dans la paix, des anges nous conduisent
vers des ruisseaux touffus où tremblent des cerises
lisses comme la chair qui rit des jeunes filles,
et faites que, penché dans ce séjour des âmes,
sur vos divines eaux, je sois pareil aux ânes
qui mireront leur humble et douce pauvreté
à la limpidité de l’amour éternel.

 

École de la prière

Les autres chroniques du mois

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Il y a toujours une foi

 

À la fine pointe de solides convictions
Au creux de profondes libérations
Au-delà de longues hésitations
À la source de courageuses réalisations.
Il y a toujours une foi

Quand tu vas au fond des choses
Quand tu poursuis ta route dans la nuit
Quand tu aimes avec un goût d’infini
Quand tu décides de donner la vie.
Il y a toujours une foi

Chez ceux qui voient avec le coeur
Chez ceux qui ne jouent pas leur conscience
Chez ceux qui se reconnaissent une âme
Chez ceux qui parient la liberté contre la peur.
Il y a toujours une foi

Derrière et en avant des peuples courageux
Dans la foulée des justes révolutions
À l’origine des projets collectifs audacieux
Au sein des plus humaines civilisations.
Il y a toujours une foi

Si ton amour l’emporte sur tes haines et préjugés
Si ton esprit croit à la victoire de la vie sur la mort
Si ton espérance vient à bout de tes espoirs trompés
Si tu sais être libre, juste, vrai et fort.
Il y a toujours une foi

Pour ne te laisser arrêter par aucun mur
Pour aller au bout de ton humaine aventure
Pour nouer des solidarités infrangibles
Pour créer des nouveaux possibles.
Quelle est la tienne?

A-t-elle un nom, un visage, une histoire?
Est-elle enracinée dans ton terroir?
Sais-tu la dire, la célébrer, la partager?
Anime-t-elle ta vie, tes amours et tes pensées?
La mienne?

Je l’ai reçue, contestée, enfouie, retrouvée,
toujours en revenant à cet inconnu de Galilée.
Il habite le fond et l’horizon de mon être.
Une folle passion qui me fait renaître.

École de la prière

Les autres chroniques du mois