Category Archives: École de la prière

École de la prière,

Responsable de la chronique : Christine Husson, l.o.p.

Prière à l’Esprit Saint

 

Feu de l’Esprit Paraclet,
vie de la vie de toute créature,
Tu es Saint, Toi qui vivifies les formes.
Tu es Saint, Toi qui couvres de baumes
les plaies dangereuses ;
Tu es Saint, Toi qui soignes les blessures purulentes.
Ô souffle de Sainteté, Ô feu de charité,
Ô douce saveur dans le corps
et pluie dans les âmes parfumé de vertus.
Ô très pure source où l’on voit réunir les étrangers
et rechercher les égarés.
Ô armure de la vie,
espérance de l’union de tous les hommes,
asile de beauté, sauve les êtres !
Protège ceux que l’ennemi a emprisonnés
et délivre ceux qui sont enchaînés,
ceux que la Divine Puissance veut sauver.
Ô voie de certitude, qui passes en tout lieu,
sur les cimes et les plaines et les abîmes,
pour rapprocher et réunir tous les êtres !
Pour Toi, les nuages courent, l’air plane,
les pierres se recouvrent d’humidité,
les eaux deviennent des ruisseaux
et la terre secrète la verdoyante sève.
C’est Toi qui guides toujours ceux qui savent
et les combles de joies en leur inspirant Ta Sagessee.
Gloire à Toi, donc, à Toi qui fais retentir les louanges
et rends la vie bienheureuse, à Toi, espérance,
honneur et force, à Toi, qui apportes la lumière.

Hildegarde de Bingen
1098-1179 Docteur de l’Eglise

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Tu me rends ma beauté première

 

Saint Grégoire de Narek est le grand auteur mystique que l’Église d’Arménie a donné à la tradition chrétienne. Ce saint moine vécut de 944 à 1010 environ au monastère de Narek sur la rive sud du lac de Van (actuellement en Turquie). Les églises de tradition arménienne le fêtent le 25 février. 

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Ami des hommes, Sauveur béni, loué, exalté !
Refuge solide, abri sûr,
bonté qui exclus toute méchanceté,
Toi qui pardonnes le péché
et qui guéris toute blessure,
Toi qui peux réaliser l’impossible
et qui atteins l’inaccessible,

O Route de vie,
Toi qui es le premier guide
dans la voie de l’Amour,
Toi qui me conduis avec douceur
dans ma marche vers la Lumière,
Toi qui me donnes confiance
et ne m’abandonnes pas dans mes chutes,

Clarté sans ombre,
Toi qui m’enveloppes et me couvres
dans ma misère,
Toi qui m’illumines
des rayons de ta grandeur infinie,
Toi qui me rends glorieux
à nouveau dans ta Lumière,
Toi qui me renouvelles
et me rends ma beauté première,

donne-nous d’avoir part à ta Joie infinie,
recréés dans une pureté nouvelle
pour reproduire ton Image inaltérable.

Grégoire de Narek (X° siècle)

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Prière à l’Esprit Saint

 

Esprit-Saint, comment Te nommer,
Toi qui n’as pas de visage,
Toi qui n’es ni le Père ni le Fils
mais leur amour.
Les mots dont on Te désigne
sont ceux qui m’ont toujours séduit :
Esprit de vérité, Esprit d’amour.
Toi qui les unis en Toi,
donne-moi de chercher à les unir en moi.

Esprit-Saint, Toi qui es
l’inspirateur de tout ce qui commence,
Toi qui donnes la patience
dans les délais et les retards,
Toi qui nous aides à recommencer sans cesse,
Toi qui nous permets de finir,
sois l’hôte invisible,
l’hôte inconnu de toute l’histoire humaine.

Toi qui es la douceur de ce qui est fort
et la force de ce qui est doux,
Toi qui agis dans le secret des profondeurs,
Toi qui sais ce qu’est dans nos cœurs
un espoir déçu, un amour trahi,
une séparation entre ceux qui se sont aimés,
Toi qui as si bien fait ce qui fut fait,
refais ce qui a été défait.

Toi qui es la voix de nos silences,
le gémissement de nos prières,
viens, Esprit Créateur, re-créateur.

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Ma vie, je dois la vivre

Seigneur, je vous supplie de me délivrer
de cette tentation harcelante
de considérer le temps de ma maladie
comme une mesure pour rien dans ma vie,
une période creuse et sans valeur…

Que je revienne à la santé
ou que j’aille peu à peu à mon éternité,
je dois avant tout rester à la barre;
ma vie, je dois la vivre au jour le jour
et vous la donner tous les jours.
Il ne s’agit point de partir à la dérive…

Je n’ai pas à attendre un lendemain incertain
ni à me bercer de rêves ou de regrets;
je suis malade, je vous sers malade.
Vais-je attendre pour vous aimer,
des circonstances qui peut-être ne se produiront jamais?
Et s’agit-il pour moi de vous aimer à mon goût
ou de vous servir là où vous m’attendez ?…

Seigneur, ma vie n’est pas manquée
pour être une vie de malade.
Je veux la remplir à déborder,
avec votre grâce qui se joue du temps
et n’a que faire des actions glorieuses pour le monde.

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Emmanuel

Cette nuit a sombré dans les temps reculés
Où la terre, lasse des haines et des alarmes
S’était endormie dans le givre des cieux
Et où, dans le silence, naquit Dieu avec nous.

Tant de choses aujourd’hui ne seraient plus possibles.
Les rois ne scrutent plus des yeux le firmament,
Les pasteurs au désert ne prêtent plus l’oreille
Au murmure des anges qui parle de Dieu.

Mais ce que cette nuit nous ouvrit d’éternel
Aux atteintes du temps résiste, indestructible;
Et le Verbe à nouveau voit le jour dans ton âme,
Lui qui naquit jadis dans une pauvre crèche.

Oui, Dieu avec nous, non dans sa tente d’azur
Par-delà les confins des mondes innombrables,
Ni dans le feu cruel, le souffle des tempêtes
Ou dans le souvenir des siècles endormis.

Il est ici, présent parmi les vains tumultes,
Dans le trouble torrent de l’inquiétude humaine,
Et tu portes en toi le mystère joyeux:
Le mal est impuissant, nous sommes éternels, Dieu avec nous.

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Noël : Arrêtons-nous… le temps d’aimer

Par delà l’éclat trafiqué
D’un faux Noël préfabriqué
Arrêtons-nous…. le temps d’aimer.

Par delà les petits souliers
D’un pauvre Noël maquillé
Arrêtons-nous… le temps d’aimer.

Par delà les soucis d’argent
Par delà le deuil d’un parent
Arrêtons-nous… le temps d’aimer.

Par delà les cris et les pleurs
Par delà l’angoisse et la peur
Arrêtons-nous… le temps d’aimer.

Par un regard à nos voisins
Par un sourire, comm’ça. pour rien
Arrêtons-nous… le temps d’aimer.

Pour recréer et retrouver
Le vrai Noël que vous savez
Arrêtons-nous… le temps d’aimer.

Pour que nos yeux soudain pétillent
A la clarté d’une bougie
Arrêtons-nous… le temps d’aimer.

Le temps de L’aimer Lui
Qui veut en cette nuit
Apaiser notre vie ;

Le temps de L’aimer Lui
Qui, dans un coeur à coeur
Veut nous dire… veut te dire :

Arrête-toi…. le temps de m’aimer
Arrêtons-nous… le temps de nous aimer.

 

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Cueille le temps

Tu ne peux pas retenir le temps.
Il passe.
Il coule entre tes doigts
comme l’eau de la fontaine.
Il glisse dans ta main
comme le sable de la mer.
Tu ne peux rattraper le passé.
Il n’est plus.
Il s’en est allé
comme le couchant d’hier.
Il est disparu
comme un souvenir perdu.

Tu ne peux emprisonner le futur.
Il n’est pas encore.
Il viendra à son heure
comme le levant de demain.
Il te rejoindra
comme la vague qui s’approche du rivage.
Mais tu peux toujours cueillir le présent
comme un beau présent de Dieu.

Ce présent est comme un grand arbre :
il plonge ses profondes racines
dans ton passé tout plein
de souvenir et d’expérience,
comme une sagesse accumulée.
Et il lance ses longues branches
vers ton futur tout plein
de promesse et d’espérance,
comme un projet emballant.

Le présent est fait
de ton passé qui n’est plus
et de ton futur qui n’est pas encore.
Prends le temps qui t’est donné
à chaque instant qui passe.

Cueille-le précieusement
comme l’eau du ruisseau
qui t’est toujours disponible.
Ne gaspille pas ton temps,
c’est un cadeau de Dieu.
Ne passe pas ton temps
à courir après le temps.

Prends ton temps.
Ne dis pas : je n’ai pas le temps.
Dis plutôt : j’ai tout mon temps.
Ne sois pas avare de ton temps.
Donne de ton temps aux autres
comme Dieu te le donne à toi.

Ne cours pas tout le temps,
prends ton temps.
Et laisse au temps
le temps
de faire son temps.
Alors, tu gagneras du temps.
Et tu découvriras
que c’est beau et bon le temps,
que c’est plein de Dieu dedans.

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Prière d’un célibataire

Antoine-Frédéric Ozanam, né le 23 avril 1813 à Milan et mort le 8 septembre 1853 à Marseille, est un professeur de littérature étrangère à la Sorbonne, fondateur de la Société de Saint-Vincent-de-Paul, historien et essayiste catholique français ; il a été béatifié par le pape Jean-Paul II le 22 août 1997.


Je sens en moi se faire un grand vide
que ne remplissent ni l’amitié ni l’étude.
J’ignore qui viendra le combler.
Sera-ce Dieu, sera-ce une créature ?
Si c’est une créature, je prie qu’elle ne se présente
que quand je m’en serai rendu digne.
Je prie qu’elle apporte avec elle
ce qu’il me faudra de charme extérieur
pour qu’elle ne laisse place à aucun regret;
mais je prie surtout qu’elle vienne avec une âme excellente,
qu’elle apporte une grande vertu,
qu’elle vaille beaucoup mieux que moi,
qu’elle m’attire en haut, qu’elle ne me fasse pas descendre,
qu’elle soit généreuse car souvent je suis pusillanime,
qu’elle soit fervente
parce que je suis tiède dans les choses de Dieu,
qu’elle soit compatissante enfin,
pour que je n’aie pas à rougir devant elle de mon infériorité.
Ne m’abandonnez-pas, Seigneur, faites que je sois aimé;
Vous le savez, ce n’est pas seulement de la douceur
que je cherche dans l’Amour,
c’est le mépris de toute bassesse,
c’est la force de combattre pour le Bien, pour le Vrai.

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Prendre du temps

Je suis sorti, Seigneur,
dehors les hommes couraient, les vélos couraient,
la rue courait, la ville courait, tout le monde courait.
Ils couraient pour ne pas perdre de temps,
pour rattraper le temps, pour gagner du temps.

Au-revoir, Monsieur, excusez-moi, je n’ai pas le temps.
Je repasserai, je ne puis attendre, je n’ai pas le temps.
Je termine cette lettre car je n’ai pas le temps.
J’aurais aimé vous aider, je n’ai pas le temps.
Je ne puis accepter faute de temps.
Je ne puis réfléchir, lire, je suis débordé,
Je n’ai pas le temps.
J’aimerais prier mais je n’ai pas le temps…

Ainsi, les hommes courent tous après le temps, Seigneur.
Ils passent sur la terre en courant,
pressés, bousculés, surchargés, affolés, débordés,
et ils n’y arrivent jamais…
Tu es hors du temps, tu souris, Seigneur,
de nous voir nous battre avec lui,
et tu sais ce que tu fais,
tu ne te trompes pas lorsque tu distribues
le temps des hommes.

Tu donnes à chacun le temps de faire
ce que tu veux qu’il fasse…
Seigneur j’ai le temps à moi,
tout le temps que tu me donnes,
les années de ma vie, les journées de mes années,
les heures de mes journées, elles sont toutes à moi.

À moi de les remplir tranquillement, calmement,
mais de les remplir tout entières jusqu’au bord,
pour te les offrir,
et que de leur eau fade, tu fasses un vin généreux,
comme jadis à Cana, tu fis pour les noces humaines.

Je ne te demande pas ce soir, Seigneur,
le temps de faire ceci, et puis encore cela,
je te demande la grâce de faire consciencieusement,
dans le temps que tu me donnes,
ce que tu veux que je fasse.

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Confiance, même dans la prière aride

 

Seigneur, me voici devant toi sans réflexion,
sans sentiment, comme un animal stupide:
et cependant je ne me rebute pas
puisque tu ne me rebutes pas toi-même.
Je veux persévérer dans l’oraison et,
du moins je me tiendrai devant toi.
Je te glorifierai par mes souffrances
puisque je ne le peux pas par une ferveur sensible.
Et je hais de tout mon coeur
les péchés et les négligences qui m’éloignent de toi;
mais j’en reçois volontiers la peine.
Quand même je ne serais point coupable,
je voudrais toujours t’être soumis.

Tu as beau me montrer un visage sévère,
quand même tu me frapperais du dernier coup,
mon dernier soupir serait un mouvement de confiance.
Quand je serais cette vigne
que tu as abandonnée,
que tu as défendu aux nuées d’arroser
et que tu as changée en une solitude inculte,
j’espère que dans ton plus grand éloignement
tu te tournes vers moi,
que du haut du ciel tu jettes un regard favorable
sur cette vigne que ta droite a plantée.

Ambroise de Lombez (1708-1778)

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