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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

L’heure des premiers bilans!

 

Je m’étais dit : « Cette fois je ne parlerai pas de la covid-19. C’est fini! On en a assez parlé. N’était-ce pas chez nous une véritable obsession? Cette catastrophe que nous n’avions pas vue venir, ce n’était quand même pas la fin du monde! »

Mais ce fut peut-être la fin d’un monde! Et je me suis dit : « Si je parlais de ce qui va arriver après la pandémie. Si j’écrivais sur ce qui va maintenant peut-être changer de nos manières, de nos attitudes, de nos valeurs? Sur ce qu’on va peut-être devoir vivre autrement? »

Il s’agirait alors de faire d’abord une sorte de bilan provisoire de cette triste période et du rôle qu’elle semble avoir joué pour faire évoluer notre humanité. N’étions-nous pas auparavant en quête de sens et d’une boussole, avec tous nos petits bonheurs qui allaient dans toutes les directions?  Quels sont alors nos profits et nos pertes à ce moment-ci de la pandémie? Cette pandémie n’aura-t-elle été que négative, malheureuse, désastreuse? Ou bien nous aura-t-elle éveillés à autre chose? Tout sera-t-il pareil après comme avant? N’avons-nous pas gagné du neuf dans cet exercice?

Il a fallu très tôt nous confiner. Ne plus aller dehors ni vers les gens. Nous changions même de trottoir pour ne pas rencontrer nos voisins? Nous portions le masque qui nous défigurait, qui cachait nos sourires et nos tristesses. Le masque qui dissimule, qui nous uniformise.

Notre premier réflexe serait sans doute de nous plaindre de ce malheur qui n’en finissait plus. Mais tout n’a peut-être pas été que négatif dans cette situation que peu à peu nous avons appris à apprivoiser. Encore qu’il ne fallait pas nous fermer les yeux et le cœur devant ces gens toujours en souffrance. Nous avons compté à mesure les deuils et les cas! Il était plus difficile de mesurer les séquelles produites, les effets pervers de nos précautions trop sévères, de la solitude et de l’isolement imposés. Beaucoup ont souffert et souffrent encore physiquement, moralement, psychologiquement de cette première vague qui déferle encore chez nos voisins du Sud et qui encore nous menace.

Pourtant il s’est passé plein de belles choses dans ce contexte particulier où nous étions. Un vent de renouveau soufflait sur le monde. Les regards avaient plus d’indulgence, plus de compassion. On se donnait des chances, on se faisait plus délicat, plus humble, plus attentif. Plus confiant. Plus aimant. On se parlait à distance dans la rue. Les gens étaient paradoxalement moins indépendants, plus abordables.

Au sortir de cette pandémie nous apprécions davantage la Vie. Notre incapacité de nous défendre et d’enrayer la Covid-19 fut un dur coup pour notre orgueil et notre fierté. Notre optimisme facile est devenu plus modéré. Nous acceptons à regret de voir notre économie plonger, la valeur de notre patrimoine et de nos acquis matériels diminuer. Pourvu que nous en sortions avec plus d’humanité, avec plus de miséricorde et de charité!

C’est le temps de « brasser les cartes », de nous appuyer sur des valeurs plus profondes, plus spirituelles. Nous n’allons plus nous satisfaire de rêves de voyages, de départ à l’aventure, de consommation effrénée. Nous comprenons qu’il y a plus et mieux comme projets de vie. Ce sera d’abord vivre plus simplement, plus pauvrement. Vivre plus, en prenant le temps de vivre! Tirer partie du moment présent au prix même de l’incertitude et d’un entre-deux éphémère.

Ensemble nous irons vers un ailleurs, menant une vie plus sage. Nous aurons tourné la page. Après la lourde épreuve, nous nous retrouverons plus unis, plus solidaires. Après la dure semonce de la pandémie, nous mettrons sans doute du temps à nous replacer, à retrouver nos repères, mais bien vite voici que nous serons à nouveau sur pied pour affronter, s’il le faut, une deuxième vague toujours possible.

Sachons donc apprécier et mettre en valeur ce qu’il nous reste d’amitiés, de foi, d’amour. N’oublions pas de dire Merci! De saluer les gens. D’avoir bienveillance et sympathie pour tel voisin qui souffre, qui s’ennuie, qui est en colère. Dé-confinons-nous spirituellement! Ouvrons nos bras et notre cœur aux nôtres et aux étrangers. Ne perdons aucune occasion de le dire : La vie est belle!  Oui, nous avons de l’avenir encore. Nous sommes tous convoqués au rendez-vous de l’Espérance!

Fr Jacques Marcotte, OP

Québec

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

Sur l’air d’un recommencement

La pandémie du Covid-19 passe lentement derrière nous. Elle nous aura tenus en alerte et retrait pendant trop longtemps! Nous étions privés de liberté, sans jamais voir ni la fin de l’hiver ni la venue du printemps! Mille petites choses habituelles nous ont manqué. La vie avait perdu de son charme. Nous avons vécu toute la gamme des bons sentiments et des ressentiments.

Maintenant nous avons un peu pris l’habitude du confinement absolu et des gestes barrières. Nous nous sommes un peu emmurés dans notre cocon. Il fallait se protéger du méchant virus, apprendre à vivre quelque part ailleurs, loin de lui. Nous devions nous tenir prudemment à l’écart comme dans une caverne. Il fallait presque nous réfugier dans un « bunker » bien étanche, à l’abri de l’ennemi invisible. Prêts à riposter à toute menace de ce virus malfaisant! Nous nous sommes forcément adaptés à une vie recluse. Jusqu’à en oublier peut-être notre vie d’avant. Jusqu’à ne plus imaginer une vie après. C’était un peu le temps en dehors du temps!

Et nos premiers pas maintenant seront probablement hésitants, parce que nous avons perdu nos manières et nos repères! Il pourrait arriver même que nous en ayons le vertige! Comment recommencer à vivre? On dit que bien des choses ne seront plus comme avant. Mais alors comment nous faudra-t-il être? À quoi faut-il nous attendre?

Pour l’essentiel, nous serons confrontés aux mêmes défis. Nous avons hâte de retrouver nos amis, nos proches. Les nécessités de la vie nous ramèneront vite les pieds sur terre. Comment seront nos prochaines rencontres par-delà le virtuel où nous en étions réduits depuis trois ou quatre mois? Nous retrouverons des personnes à portée de voix et de regards. Peut-être serons-nous intimidés? Peut-être avons-nous peur?

Aurons-nous des yeux neufs pour voir les gens? Oserons-nous maintenant nous rendre accessibles malgré les deux mètres obligés? Serons-nous maintenant capables de l’émerveillement et de l’admiration dont peut-être nous avions perdu le sens? Comment allons-nous gérer l’obsession commune, à bon droit cultivée, du damné virus?

Et s’il s’était produit en nous – pendant cette longue période – un décantage, une sorte de purification? Les épreuves, nous le savons, nous amènent à distinguer l’important de ce qui ne l’est pas, le permanent du transitoire, l’inutile du nécessaire! Allons-nous simplement retrouver nos amis et nos proches tels qu’avant ils étaient? Là même où nous en étions avec eux avant notre isolement? Ou bien nous seront-ils devenus plus chers, plus nécessaires, plus importants? Saurons-nous voir maintenant avec miséricorde et bienveillance ce que nous ne voulions pas voir ou ne pouvions pas voir chez eux auparavant?

Bien sûr, il y a eu les deuils, les pertes, les séquelles négatives de cette pandémie, tout le lot des souffrances qu’elle nous a causées. Il y a tout ce que nous avons perdu. Et nous n’en mesurons peut-être pas tout de suite l’ampleur et l’importance. Mais la vie continue! La colère, le déni et le découragement ne nous serviraient de rien. Pas plus que l’insouciance, la légèreté et le cynisme ne seraient des attitudes responsables devant le danger que représente la pandémie. Vite, tournons-nous plutôt avec prudence et bienveillance vers ceux et celles que nous retrouverons bientôt, qui nous attendent; sachant apprécier encore et plus que jamais les valeurs précieuses de la vie, de l’amitié, de la fidélité. Ce langage, malgré certaines réserves toujours nécessaires, sera maintenant davantage à notre portée. Profitons-en bien!

N’oublions pas la grâce de cette pandémie, car il y en a sûrement une! Comme de toutes les expériences fortes qui nous arrivent, nous pouvons en tirer quelque chose de profitable pour la suite. Déjà ce n’est pas rien que d’avoir pu traverser la tempête. Le courage et la patience dont nous avons fait preuve ont affiné nos âmes et consolidé notre force intérieure. Ils nous ont révélé le charme et la beauté du monde. Nous avons maintenant une chance renouvelée de vivre, d’aimer, de rêver ensemble d’un monde meilleur et d’y contribuer davantage pour notre part. N’est-ce pas là un appel à retrousser nos manches et à réaliser ensemble quelque chose de ce paradis vers lequel nous allons et que nous laisse entrevoir déjà Celui qui est plus grand que nous?

Jacques Marcotte, O.P.
Québec

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

Vaccin d’Espérance !

Les survivants pourront dire que tout le monde en parlait, de ce damné virus qui depuis le début de l’hiver 2019 s’était mis à régner partout sur la planète terre, terrorisant tout le monde.

L’éditorial de Spiritualité 2000 du mois de mai 2020 ne pouvait pas ne pas en parler encore. Histoire de l’apprivoiser un peu plus, ce Covid-19, de lui enlever si possible un peu de sa malice, de son absolu pouvoir sur nos âmes. Il ne sera pas dit qu’il ne nous aura pas amené à réfléchir sur notre humaine faiblesse et à prendre une plus juste mesure de notre fragilité, de nos pauvres moyens de lutte en cette bataille rangée où les forces en présence sont tout-à-fait inégales.

On en a tellement parlé de ce virus qu’on a probablement épuisé le sujet sans épuiser pour autant la force agressive et pernicieuse, la virulence de e poison! Que pourrais-je ajouter sur le sujet?

On a dit le ravage que le virus peut faire en proportion de l’âge et de nos dispositions.

On a fait chaque jour le décompte des « cas ». On a dit le nombre des hospitalisés, des intubés, des décédés, des chanceux qui s’en sortent.

On a célébré, à juste titre, l’héroïsme des soignants, leur courage, leur compétence, leur compassion démontrées à grands coups de cœur et de veilles.

On a déploré par ailleurs les manques dans notre système de santé qui se traduit par de multiples hécatombes.

On a cherché les causes probables ou cachées, les origines mystérieuses de ce parasite. On s’est permis de montrer du doigt des boucs émissaires, bien sûr!

On parle du remède qu’on n’a pas encore trouvé, qu’il faut chercher, qu’on finira bien par inventer, nous disant qu’il y faudra beaucoup de temps.

Pendant tout ce temps, il nous faut bien tenir le coup. Il faut déjouer l’envahisseur, « aplatir la courbe » des dommages qu’il nous fait. Il faut nous protéger et, du coup, protéger les autres pour qu’ils nous protègent à leur tour. C’est du donnant donnant!

Face à cet ennemi commun, invisible et visiblement incontrôlable, que faire? Comment ne pas sombrer dans le découragement, dans une immense déception, dans la peur, dans la dépression, dans la folie?

Nous avions tellement de chance en ce début du 21e siècle, avec notre monde moderne, si intelligent, si capable, si confortable! C’était un monde que nous pensions sécuritaire, bâti à toute épreuve, fort, libre et promis à un bonheur certain. Quel désenchantement!

Voici que tout prend soudainement un goût amer. La confiance n’est plus là. Notre beau monde s’effondre. Tout est arrêté. Plus rien ne bouge. Allons-nous indéfiniment nous confiner? Nous mettre « sur pause » pour encore longtemps?

Mon avis, c’est qu’il nous faut apprendre à vivre avec ce virus. Accepter de vivre dans l’éphémère et l’instable, avec le risque et le danger qui désormais nous guettent. Placer nos rêves et notre espérance ailleurs, dans ce qui échappe au temps, à l’espace, au confinement, à toute contagion virale. Croire qu’avec la grâce de Dieu, c’est encore nous les plus forts.

Profiter du temps qu’il nous reste pour sérieusement mettre en ordre nos affaires. Vivre d’abandon, de don et de pardon. Persévérer certes dans la prudence et la patience. Rendre grâce pour chaque jour qui nous est donné. En profiter pour être bon, sensible, aimant, ingénieux et laborieux. Cultiver surtout la paix intérieure. Faire tout notre possible pour aider le prochain, être attentif à tout être humain rencontré comme le Christ nous a appris à le faire. Lui qui savait bien l’issu qui nous attend, lui qui y travaille depuis toujours et qui nous appelle par-delà le rideau pour une vie nouvelle, affranchie de tout mal, dans la Demeure de son Père et de notre Père. Voici qu’il nous donne déjà d’en partager ici-bas la joie, la promesse et le gage!

Fr Jacques Marcotte, O.P.
Québec, Qc

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

Du bon usage du confinement

Un sujet s’impose à nous en ce printemps qui s’amène à son heure! On serait bien mal venu de n’en pas parler tellement ce thème nous hante et devient notre obsession. La pandémie du COVID-19 se répand universellement! Nous n’avions pas prévu qu’elle puisse se déployer autant et déjouer aussi rapidement tous nos plans. Jusqu’où ira-t-elle? Et jusqu’à quand? 

Depuis des mois, elle s’approchait pourtant de nous. Fallait-il attendre qu’elle nous tombe dessus pour enfin nous protéger? Voici que maintenant elle s‘étend  à ce point qu’elle nous englobe tous dans sa sphère maléfique toujours en expansion. Depuis des semaines nous en parlons. Nous suivons de jour en jour son progrès, ses malheurs, le bilan de ses ravages, de ses victimes. Ce momentum qui n’en finit plus, nous affecte grandement dans nos rapports avec le monde, avec les personnes qui nous entourent, avec nous-mêmes.

Nous avons peur! Y aurait-il en cette épreuve une fatalité à laquelle nous désespérons de pouvoir échapper? Serait-ce une punition de masse? Un châtiment universel? Nous cherchons la cause. Nous sommes en quête d’un bouc émissaire peut-être? Plus réalistement, nous improvisons ensemble des ripostes, des manières de contredire les scénarios de catastrophes qui nous mèneraient vers le pire. Il y a là une belle solidarité qui se dessine et s’affirme, nécessaire et naturelle, impressionnante! Merci à tous ceux qui se lèvent pour le combat, pour les soins et l’entraide!

Il reste que, mis à part le personnel des soins et des premières lignes de tous ordres où s’allongent les foules de nécessiteux, mis à part les gens de l’urgence et de l’ordre public, notre pays tout entier est en pause forcé, en dormance thérapeutique. Et nous sommes tous là occupés à ne rien faire, préoccupés de nos seules affaires familiales et domestiques, reliés aux autres par le fil ou le sans fil, le son et l’image, tous à bonne distance les uns des autres, s’il vous plaît!

Comment vivre cette quarantaine sans tomber dans la passivité, la somnolence, le découragement, la tristesse, la nervosité ou la contention? N’avons-nous pas plutôt l’opportunité de rattraper le temps perdu ou de prendre de l’avance sur des projets à venir? Nous est-il trop difficile de nous concentrer quand le stress de la guerre nous tient, avec l’inquiétude pour les nôtres, pour nous-même, alors que nous sommes aux aguets à nous demander jusqu’où? Jusqu’à quand?

Pour échapper à cette autre pandémie qui nous guette, qui serait de perdre notre temps et nos repères, de nous désoler, de mourir d’ennui, il existe une panacée! Il faut nous prendre en main. Se donner une discipline qui empêche de flotter aux quatre vents. Organiser ce temps qui est donné. Se tourner volontiers vers des proches. Se défier d’un égoïsme facile, qui est un penchant tellement naturel. Résister à l’enfermement. Habiter résolument sa chambre intérieure pour en ouvrir résolument la porte aux amis, aux intimes, à Dieu le Père qui souhaite y demeurer avec chacun en communion avec le Fils et l’Esprit. Et pourquoi pas la lecture, l’écriture, la méditation, la prière? Pourquoi pas mille petits services dans la maison? Le ménage longtemps procrastiné, accompli une bonne fois? Un partage plus équitable des tâches domestiques? Un effort pour mettre de l’ordre et des priorités dans sa vie!

Nous passerons un drôle de Pâques, cette année! Dans le silence et la discrétion, c’est certain! Ce sera peut-être davantage ressemblant à ce qu’il en fut la première fois. Quand Jésus soudain fut arrêté, mené en prison, malmené, isolé dans son tourment, mis en croix, mis au tombeau, confiné dans le silence étouffant du tombeau. Et puis soudain ce fut, pour lui et pour nous, le jour éclatant de lumière et de vie nouvelle, la merveille de sa résurrection, prémisse de la nôtre.

Nous pouvons espérer que nous aussi, par la grâce de Dieu et l’effort de nos soignants et de nos chercheurs, nous trouverons un terme heureux à cette immense épreuve, qui nous aura été un chemin béni d’offrande, une route difficile de libération, un sentier résolument lumineux de paix et d’amour!

Fr Jacques Marcotte, OP

Québec

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

Le courage des recommencements

Il fallait que nous en venions là. C’était logique! Avec ce carcan posé sur la présence amérindienne dans ce qui était jadis leurs territoires, avec le réseau des réserves isolées et dispersées, avec les histoires de pensionnats! Cette ambivalence chronique de nos rapports avec les premiers occupants du continent nord-américain nous préparait des bombes à retardement. Les explosions ne font peut-être que commencer au Canada?

Les droits des autochtones, où en sont-ils, maintenant que l’histoire a passé, que nous avons parcouru tout ce temps des premières convivialités, des tentatives d’apprivoisement, de nos législations imposées? Nous avons fabriqué un éloignement durable qui ne pouvait pas être une solution permanente.

Bien sûr, nous avons fait une Loi pour les encadrer, pour nous protéger, avec le dessein probable de vouloir les aider. Mais ce faisant, nous leur avons enfoncé nos manières de voir et de vivre dans la gorge. Et maintenant ils régurgitent, ils en ont assez, ils en ont trop, ils en ont marre. Qu’arrivera-t-il? Sommes-nous prêts à faire partie de la solution? Oserons-nous nous compromettre en risquant de tout remettre sur la table, de revoir ensemble, avec eux, nos arrangements trop souvent unilatéraux jusqu’ici?

Il faudra d’abord nous écouter les uns les autres. Et pas seulement pour la réconciliation, la réparation, la justice pour le passé. Nous n’allons pas refaire l’histoire. Il importe surtout de préparer un avenir de concorde et de bien-être, dans le respect des droits et des traditions. Il y faudra l’étape substantielle d’un dialogue franc et ouvert. Et pour cela se mettre à table ensemble pour une recherche commune. Tout ce beau monde devra accepter des compromis, en étant conscient de perdre pour gagner. Nous serons certainement déstabilisés. Le défi en vaut la peine. C’est fort la confiance dans l’autre, la bonne foi, la volonté d’en arriver à s’entendre! 

Non! Il ne s’agit pas de tout renier de nos valeurs et de nos avancées. Il ne s’agit pas de revenir au passé. Comme si nous arrivions d’Europe ou comme si les amérindiens étaient seuls ayant droit sur les terres et le pays. Il nous faut, de part et d’autre, l’humilité et l’ouverture d’esprit, pour considérer réalistement le présent et l’avenir, sans oublier pour autant les conditionnements et les souffrances accumulés par des siècles d’une occupation double mal partagée.

Il s’agit d’être partie prenante, à part entière, d’un partenariat issu d’une refondation. Cette refondation ne partira pas à zéro, mais elle se doit d’être établie sur le socle solide du respect, de la vérité, de la justice et d’une volonté non équivoque de paix. Il y faudra du temps, de la patience, de l’humilité, de la sincérité, un réel amour de toute humanité. Le moment est favorable. De la présente crise – d’abord locale, mais qui se généralise – sortira, si nous le voulons bien, du neuf, pour une nouvelle harmonie, durable, seule capable de désamorcer toutes les petites bombes accumulées par nos années de trop évidentes maltraitances.

Fr Jacques Marcotte, O.P.

Québec

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

Où faut-il nous tenir ?

Au moment de rédiger ce petit éditorial, je me retrouve encore devant l’embarras du choix. Les thèmes et les sujets ne manquent pas, qui nous reviennent en boucle dans les médias à chaque jour. L’actualité dont on nous parle mentionne les combats humains pour plus de dignité et de sécurité; elle nous met en garde contre l’escalade de la violence faite aux femmes; elle nous rappelle les menaces qui pèsent sur l’environnement et les problèmes dramatiques que posent les changements climatiques. 

Il y a urgence à trouver des solutions aux problèmes du monde. Nous le savons bien. Depuis récemment, et peut-être pour longtemps encore, il y a la tourmente de l’épidémie du corona virus. Chez nous la question de l’élargissement de la loi sur l’aide à mourir nous fait craindre le pire. Il y a là de quoi hanter nos rêves et nos pensées. Les élections américaines vont occuper de plus en plus de place jusqu’en automne. La saga du président Trump pourrait bien nous occuper pendant encore longtemps. 

Et que dire de la crise chronique de l’immigration dans le monde? À grande échelle on quitte son pays. D’autres refusent l’accueil et le partage. On ne se décide pas chez les plus riches à aider les plus pauvres. Et cet échec à l’équité nous prépare une catastrophe, c’est certain! Les malheurs s’accentuent en bien des pays pauvres. Nous le savons si bien que nous n’en parlons plus. 

Autres silences révélateurs : la guerre en Syrie qui n’en finit plus; les durcissements inter-ethniques dans certains pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord; les remontées dictatoriales qui progressent en Chine et en Russie, et qui en bien d’autres pays sont significatives et troublantes.

Qu’est-ce qui importe le plus de faire devant toutes ces situations? Faut-il se croiser les bras et ne rien faire ou s’en préoccuper? Il m’arrive de donner raison à ceux qui préfèrent s’en tenir aux sports ou autres compétitions intéressantes. N’y en a-t-il pas pour tous les goûts? 

Je donne parfois raison à ceux qui s’évadent dans la nature ou même dans le déni. C’est pour eux la magie des concerts, du spectacle, des milles distractions bien capables de les tenir loin de tous les problèmes du monde pendant toute une vie.

Plus sérieusement, je me demande où me tenir en tout cela. Au risque de passer pour un naïf, je réponds : du côté de la vie, du côté de l’espérance, du côté de la prière! Oui, du côté de la compassion et de l’entraide! Du côté de la lumière et de la vérité! Du côté de l’audace et de la liberté! Toujours du côté du respect, de l’amour fraternel et de la paix! Côté courage! Côté résilience! Là où l’on garde  confiance dans les mystérieuses ressources de l’être humain.

Jacques Marcotte, OP

Québec

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

De l’an passé à l’année prochaine

Le Jour de l’An, tous nos regards se portent vers l’année qui vient. Et c’est bien normal! Nous nous tournons vers l’avenir. Nous nous souhaitons la santé, le bonheur. Nous faisons provisions de toutes les bénédictions possibles. Nous rêvons d’une année meilleure. Nous en prenons la ferme résolution, nous promettant d’être sages, d’agir avec audace et courage, mais aussi avec prudence et modération. Nous faisons les plus beaux scénarios pour l’année qui vient.

Il ne faut pas oublier pour autant l’année qui vient de se terminer. Pour ne pas répéter les mêmes erreurs, il nous faut les identifier, les regarder en face, sans ménagement. Bien sûr, nous ne répondons pas de tous les échecs, de toutes les bêtises, de tous les malheurs survenus. Mais nous en sommes parties prenantes, solidaires quelque part, bien souvent malgré nous.

L’année 2019 a été fertile en prises de conscience humanitaires, en mouvements sociaux. C’était sans doute aussi l’héritage de toute la décennie que de nous confronter à des enjeux politiques complexes qui sont devenus des impasses universelles : l’avenir de la terre, l’écologie et l’environnement, les migrations humaines massives, les réfugiés politiques et religieux, le terrorisme infiltré jusque près de chez nous. 

Au plan religieux, on ressent, à notre époque, dans notre pays tout au moins, une léthargie qui donne l’impression que nous sommes en devoir de gérer une décroissance, et que nous faisons face à une crise dont nous ne voyons pas quelle sera l’issue. 

Devant ces poussées de thèmes récurrents, peut-être sommes-nous portés à nous décourager? Serions-nous condamnés à devoir bientôt tout ramasser, fermer les livres et passer résolument à autre chose? Certains le pensent et le voudraient bien. Mais, devant ces constats, nous pouvons aussi réagir positivement. En commençant par une certaine acceptation de la situation présente. Car c’est le déni qui risque de rendre ces tendances irréversibles. 

Que nous faut-il faire? D’abord ne pas tout prendre sur nos épaules. Nous ne sommes pas nécessairement fautifs ni directement responsables de l’état actuel des choses. Demandons-nous seulement : Y a-t-il quelque chose que je puisse faire maintenant? Aujourd’hui? Demain? Ne pas attendre qu’on vienne me chercher pour un poste de haut niveau dans la hiérarchie. Mon engagement, il commence tout de suite : en essayant d’agir à mon niveau, à ma mesure.

Un confrère dominicain aimait affirmer qu’il fallait « penser globalement et agir localement ». Ça voulait dire qu’il fallait agir. Mais pour lui, c’était prendre aussi du temps pour soi, pour se recueillir, prendre une distance et faire silence. Nous n’en devenons que meilleurs pour les autres. Quand nous aurons voyagé un peu à l’intérieur de nous-mêmes, nous nous connaîtrons mieux, nous saurons mieux de quoi nous sommes faits, de quoi nous sommes capables. Ainsi faisait Marie au temps de l’enfance de Jésus. Elle en avait plein les bras et plein la tête et plein le cœur de son enfant Jésus. Elle se nourrissait en secret de tous les évènements qui bousculaient sa vie.

Mais voici que bien rapidement nous tournerons la page de l’année passée pour entrer dans la nouvelle. Non pas pour oublier l’ancienne. Mais pour mener plus loin le bâton du pèlerin, le bâton de cette course à relais dans laquelle nous sommes engagés. Puissions-nous porter alors les couleurs des valeurs d’humanité les plus hautes!

Je terminerai en énonçant quelques convictions qui m’habitent et dont je pense qu’elles pourraient produire des merveilles si chacun, chacune s’en faisait des principes pour sa vie et sa conduite tout au long de cette nouvelle année :

  1. Simplifier ma vie. Pratiquer le dépouillement volontaire. Me faire volontiers pauvre, avoir un cœur de pauvre.
  2. Vivre dans l’humilité, sans prétention, dans la vérité de ma condition humaine et sociale.
  3. Être de ceux qui font la paix, qui montrent de la bienveillance pour tous.
  4. Être de ceux qui espèrent et qui rêvent, faisant confiance à la vie et aux autres.
  5. Allier patience et tolérance. Pratiquer le détachement et l’abandon, qui ouvrent une porte sur Dieu, sur la transcendance, sur l’Autre dans ma vie.
  6. Respecter les autres. Considérer chacun comme un trésor à découvrir, comme un mystère devant lequel je doive m’incliner, m’étonner et m’émerveiller.
  7. Enfin, dès le début et tout au long de l’année, je soignerai la dimension verticale de ma vie, mon appartenance au Père. Cette attitude est celle qui accueille Dieu et sa vie et son amour. Chemin de prière! Liberté de ma foi. Croix du Christ Sauveur vers laquelle je puis me tourner à tout moment. Qui m’apporte guérison! Qui me rappelle sans cesse quelle rédemption m’est offerte!

Bonne et heureuse année 2020!

Jacques Marcotte, OP Québec

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

Attendre et recevoir Noël

Avec décembre, nous entrons dans le traditionnel temps de l’Avent. Un temps de préparation et d’attente! Comme s’il nous restait quelque chose à attendre, alors que nous sommes peut-être fatigués, que nous avons de l’âge, que nous pensons peut-être avoir déjà fait le tour du jardin. Que pourrait-il encore nous arriver de vraiment neuf ou que nous n’ayons pas déjà expérimenté? À quoi bon encore l’Avent?

Et s’il nous restait encore beaucoup de choses à voir, à vivre, à ressentir, à connaître, à aimer, à inventer? Des surprises peut-être nous attendent, que la vie nous prépare?  Puisque la vie va toujours de l’avant et que l’Esprit nous précède et nous guide. Dieu veille sur nous et depuis toujours il nous attend patiemment avec plein de belles surprises et de ressources inédites, peut-être?

L’Avent est pour ceux et celles qui espèrent, qui ne baissent pas les bras, qui se disent que peut-être il leur reste quelque chose à découvrir, des trucs à essayer, quelqu’un encore à accueillir. Il est pour ceux et celles qui se disent que peut-être ils ont encore quelque chose à faire pour prendre soin de notre terre, pour réparer un peu les dommages que nous lui faisons subir depuis si longtemps.

L’Avent est pour ceux et celles qui sont en route vers un ailleurs, vers quelque chose de meilleur. Il est pour ceux et celles qui veillent jusque tard dans la nuit, en attente fébrile et active, le cœur brûlant, l’esprit ouvert, en désir d’amitié, d’harmonie et de paix pour la famille humaine, toujours prêts pour la rencontre et le service du prochain le plus pauvre.

L’Avent, c’est le temps qui toujours nous surprendra parce qu’il nous introduit à cet ailleurs que nous ne connaissons pas et dont parfois nous rêvons. Et si nous étions attentifs et vraiment sur nos gardes pour ne pas manquer le rendez-vous promis. Car il s’agit bien d’un rendez-vous, objet d’une promesse, avec Celui qui est venu, qui vient et qui viendra, lui qui déjà n’est pas bien loin puisque déjà il est là, tout juste avec nous, l’Emmanuel! Il est Celui que trop souvent nous ne reconnaissons pas.

L’Avent, c’est une histoire bouleversante, dans laquelle nous sommes engagés, qui n’est pas finie, qui encore nous étonne et toujours a de quoi nous surprendre. C’est l’histoire ancienne et toujours nouvelle de la mystérieuse présence chez nous de la lumière en sa source, de la vie en son origine, de l’amour en sa plus grande passion! 

L’Avent c’est, à la fin, l’accueil, les bras et le cœur ouverts, du plus beau cadeau possible, qui est Noël!

Fr Jacques Marcotte, O.P.

Québec

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Mouvance médiatique, nouvelle conformité!

Autrefois, c’était la brillance d’un orateur, la popularité d’un chef charismatique, la contrainte d’une force militaire, la séduction d’une idéologie. On se rangeait facilement, et de façon souvent grégaire, du côté du plus fort, du plus offrant, du plus inspirant. Il fallait souhaiter que ce soit pour la bonne cause, pour le bon droit. Ce qui n’était pas toujours le cas. C’était pour le meilleur ou pour le pire! Rappelons-nous les gouvernements fascistes, leur pensée totalitaire, leur idéologie réductrice, leur mouvement d’abord anarchiste, puis absolument tétanisant. Ce fut aussi parfois le régime du roi bon ou du bon prince, dont des expériences idylliques ont marqué notre imaginaire collectif.

Aujourd’hui, avec l’avènement universellement répandu des moyens de communication, nous en arrivons à établir des certitudes, des servitudes, des rectitudes politiques qui ont apparence démocratique d’absolue vérité, mais qui sont tout aussi biaisées, envahissantes, dominantes et autoritaires que les slogans des dictatures d’autrefois.

Il nous faut d’autant plus nous méfier, être sur nos gardes, demeurer lucides.  Les gourous ne manquent pas, qui peut-être s’ignorent ou se dénient, mais qui n’en sont pas moins d’habiles discoureurs, imposant leurs idées sans y mettre de nuances, sans écoute, sans véritable dialogue.

La pensée unique cherche toujours à s’imposer.  C’est dans notre nature de nous y conformer. Nous poursuivons ainsi le rêve têtu d’unité d’un monde idéal. Mais c’est aussi parfois un chemin de facilité, de moindre effort, de paresse intellectuelle. Il appelle la résignation, la docilité et le laisser faire. Il s’accommode du mensonge et de demi-vérité presque tout autant que de la plus lumineuse certitude. Il risque de nous mener – via beaucoup de confusions – vers de pénibles désenchantements.

Faisons donc toujours attention pour ne pas nous laisser prendre, pour n’être pas emportés par quelque beau parleur, tout aussi démagogue que trompeur, qui ne recule devant rien pour se maintenir au pouvoir « médiatique » où notre naïveté l’a élevé.  Attention aux marchands d’illusions qui s’ignorent et qui nous abusent!

Jacques Marcotte, OP

Québec 1er novembre 2019

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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.

Sollicités de tout bord

C’est bien normal! Nous sommes tout proches encore de la rentrée d’automne. Juste avant l’hiver qui s’amène toujours trop vite. Nous sommes à la fin déjà de la longue saison des sorties, des voyages, des mille rencontres.

Notre agenda collectif est chargé de tout ce qui est dans l’air du temps, de ce qui est à faire pensons-nous. Chargé de tout ce à quoi il nous faut penser. Car avant de faire, il faut penser, réfléchir, approfondir, bien peser le pour et le contre.

À considérer certains enjeux qui retiennent l’attention cet automne, nous retrouvons du neuf et du vieux. Il y a les questions qui toujours reviennent et ne sont jamais réglées. Les ferons-nous avancer un peu cette année?

Il y a, bien sûr, au premier plan, cette fièvre pour l’environnement, cette peur d’un réchauffement climatique accéléré. On en a beaucoup parlé. Des foules ont  marché comme jamais pour la cause. Une jeune suédoise est devenue une inspiration étonnante. Certains contestent encore cette prise de conscience. À les croire il n’y aurait rien de menaçant. Se peut-il qu’on puisse ainsi ne rien voir ? N’appréhender rien? Il faut alors vouloir vraiment ne rien entendre. Et pendant ce temps la couche de gaz à effet de serre continue de s’épaissir, de s’étendre, de s’alourdir.

Il est question aussi de cette montrée de la dette collective de nos pays, ici au Canada de même qu’aux États-Unis. Les campagnes électorales en cours mettent ce thème sur le tapis et nous en font voir l’ampleur. Dépenser trop généreusement hypothèque dangereusement l’avenir.  Or, s’engager dans une dette colossale pour la mettre sur le dos de la génération qui va nous suivre, c’est facile, mais c’est aussi le comble de l’inconscience et de l’irresponsabilité.

Nous retrouvons – s’exprimant de façon de plus en plus accentué – notre contentieux de blancs venus d’Europe confrontés aux autochtones de chez eux. Toujours nous les avons tassés. Ils sont les victimes chroniques de notre racisme larvé. Là aussi, il nous faudrait le courage d’une réforme législative d’envergure au Canada, qui reprendrait toute la question de nos rapports avec les Premières Nations que nous avons depuis longtemps cantonnées dans les réserves. Se peut-il que les migrants qui arrivent en notre pays connaissent un meilleur accueil  et un meilleur traitement que ceux et celles qui nous ont tous précédés sur ces terres où nous sommes nous parvenus il n’y a pas si longtemps?

Faudrait-il parler aussi de la montée chez nous de l’Islam et de son engagement religieux et de son éventuel malaise avec notre laïcité? Ce qu’on espérait avoir réglé pour de bon par une loi passée à la hâte, en forçant la note, pourrait bien ne pas tenir la route. Nous qui nous réclamons de la tradition chrétienne et catholique, ne sommes-nous pas un peu mal à l’aise et déviants potentiels face à une loi aussi restrictive?

Chez nous, dans ce monde qui se dit encore chrétien catholique, c’est la sérénité! Un calme illusoire peut-être? Nous ne demandons plus rien ou bien peu de choses, sinon la paix, la tranquillité. Il n’y a que le pape François qui nous presse, nous poussant à sortir pour aller à la Mission. Mais attention, il n’invite pas à poursuivre une nouvelle utopie. Il ne rêve pas d’un impossible état d’unanimité, Le pape nous parle de diversité, du plein accueil et du respect de la diversité aux divers plans spirituels, culturels, intellectuels de l’humanité du 21e siècle. Il suggère un aménagement de la Mission qui tienne compte de tout ce qui déjà est en attente et en préparation. Il se peut qu’une pareille approche nous dérange un peu dans nos méthodes et nos visées pastorales!

Tous ces enjeux et bien d’autres, nous en parlerons sans doute entre nous en octobre, sans espérer peut-être arriver à des réponses et des solutions définitives. Ces questions sont des « classiques » chez nous et ailleurs. Aurons-nous pour les aborder le courage du regard pénétrant et lucide, de l’écoute attentive, de l’amitié sincère, du dialogue franc et ouvert, de la compassion effective? Si oui, peut-être pourrons-nous contribuer à mûrir ces thèmes, à en débattre utilement, à nous approcher ensemble d’un ordre nouveau vers lequel tous nous tendons?

Jacques Marcotte, O.P. Québec.

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