Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

L’été conjugué

Imprimer Par Caroline Pinet

1001279-Joug

La belle saison appelle un changement de rythme. Soudain, les obligations deviennent moins prégnantes et le temps se libère. Si certains avaient de la difficulté à s’asseoir ensemble pour manger une bouchée au retour du travail et se retrouvaient à courir la fin de semaine pour faire le ravitaillement, le ménage et le taxi pour les activités des enfants, le temps, enfin, ne fera plus défaut. Ce temps précieux est toutefois « compté » en jour et ne durera pas. Saurons-nous en profiter ?

La tentation peut être grande de se retrouver d’abord pour soi. Après des semaines de pression, le désir de ne rien faire, ou de ne faire que ce qu’on a envie peut se faire pressant. Mais, nous ne sommes pas seul(e) ! L’époux(se) peut avoir envie d’organiser le temps d’une manière très différente de ce que j’ai envie de vivre. Comment concilier alors ces vacances ?

Il est intéressant de rapprocher les mots « conjugal » et « conjuguer ». L’un est un adjectif qualificatif tandis que le second est un verbe. Ils ont le même radical et le même préfixe : ils sont de la même famille étymologique. Nous savons que le préfixe « con » vient du latin et signifie « avec ». « Jug » provient du mot « joug ». On pense immédiatement au travail des bœufs attachés ensemble à ce joug qui les lie. Il peut s’en dégager une image négative. Pourtant, n’oublions pas que cet outil agricole permet de lier les deux animaux entre eux dans le but d’obtenir un meilleur rendement pour leurs efforts que s’ils forçaient séparément. La conjugalité c’est s’unir pour tirer le meilleur profit possible de notre travail ensemble, partager les joies et les difficultés pour que celles-ci nous paraissent plus légères.*

Conjuguer est un verbe qui renvoie à la grammaire. Dans le Wiktionnaire, on définit ce terme ainsi : modifier dans un ordre convenu la racine d’un verbe d’après les voix, les modes, les temps et les personnes. Nous pourrions l’appliquer à la conjugalité. Le mariage va nous modifier jusqu’à nos racines, là même d’où nous provenons (famille, pays…). Cette modification s’opérera à tous les temps de notre vie ensemble et teintera toutes les personnes issues de ce mariage soit les enfants qui en découleront.

Mais conjuguer, à l’intransitif c’est aussi faire coïncider, unir, associer, rassembler. A partir du moment où je « conjugue » ma vie avec un autre, je m’unis, je m’associe, je rassemble et je fais coïncider cette vie avec celle de l’autre. Je ne suis plus seul. Je ne décide plus unilatéralement car l’autre vient me modifier, me transformer par sa présence. Je dois donc tenir compte de ses désirs, de ses projets également.

Il arrive que l’un veuille être plus casanier et souffler afin de recharger son énergie. L’autre peut au contraire avoir envie de sortir, découvrir, rencontrer des amis ! Il faudra tenir compte de ces paramètres à priori opposés et profiter de l’été. On peut se frustrer et voir que l’autre est égoïste car il ne pense pas à « moi » ! On peut également prendre le parti de réaliser que la conjugaison de nos besoins différents permettra d’équilibrer nos vacances. Il est sain d’avoir des temps de repos ainsi que des temps de découvertes et chacun tout en satisfaisant à ses besoins gagnera en diversité !
Le Christ ne nous dit-il pas en Matthieu 11 28-30 : « Oui, mon joug est facile à porter, et mon fardeau, léger. » ? Le secret d’un joug léger pour Jésus a toujours les mêmes racines, celles de l’amour.

*c.f. Blog : Grain de sel… de la Terre.

2 réflexions au sujet de « L’été conjugué »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Nous deux

Les autres chroniques du mois