Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la fête de la Pentecôte

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Pentecôte

Coup d’envoi pour l’Église !

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,15-16.23b-26.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

COMMENTAIRE

La fête de la Pentecôte frappe d’abord notre imagination : elle nous rappelle le coup d’éclat du Saint Esprit. Sa venue remarquée, déterminante auprès des apôtres rassemblés à Jérusalem. Un événement qui a fait du bruit, celui d’un violent coup de vent, avec du feu, des langues de feu qui se posèrent sur chaque disciple pour produire aussitôt des effets étonnants de communication en diverses langues. C’est ce qui nous est rapporté dans la lecture au chapitre 2 du livre des Actes des Apôtres.

Cet événement sonne le coup d’envoi, le signal du départ pour un voyage, le voyage de la Parole, confiée d’abord aux disciples, pour qu’elle soit portée chez tous les peuples de la terre, partout dans le monde. C’était bien là le sens de la mission confiée par le Christ à ses disciples et apôtres au jour de son ascension. Nous avons compris que cette mission universelle, ce voyage, nous concerne tous. Le Seigneur s’étant engagé auprès des disciples à leur envoyer de l’aide, celle de l’Esprit Saint, cet Esprit nous est encore donné à chacun, chacune, pour cette annonce de la Bonne nouvelle à tout homme et toute femme de bonne volonté.  Oui, les merveilles de Dieu se doivent d’être proclamées dans toutes les langues. À chacun et chacune des croyants de se laisser remplir de l’Esprit Saint, à chacun, à chacune de s’exprimer selon le don de l’Esprit.

Mais la Pentecôte, – les lectures d’aujourd’hui nous le disent avec force – c’est aussi le rappel d’un voyage intérieur, plus intime, de la Parole. L’Esprit nous est donné pour que l’évangile du Christ nous travaille le cœur et l’âme. Il vient nous transformer intérieurement.

La lettre de Paul aux Romains ainsi que l’évangile de Jean orientent notre réflexion en ce sens. L’Esprit nous est donné pour nous configurer au Christ. Il poursuit en nous une oeuvre de conversion, de sanctification, d’illumination; il porte en nous une influence, le plus souvent discrète, patiente, d’abord intime. Elle ne produit pas toujours des effets éclatants. Il lui faut parfois du temps. C’est une question d’ajustement intérieure, d’intégration personnelle de la foi pour nous accorder aux diverses circonstances de la vie, aux situations que nous vivons, selon nos âges, nos besoins.

Pour S. Paul, il s’agit de vivre sous l’emprise de l’Esprit et non pas sous l’emprise de la chair. Cet Esprit qui fait de nous des fils et des filles de Dieu. Sous son emprise nous n’avons plus peur, nous sommes libres pour faire le bien en toutes circonstances.

Jésus, lui, nous parle de l’amour du Père et du Fils qui, de concert avec notre amour, fait son nid chez nous, y trouvant une base permanente, une demeure. « Mon Père et moi, nous irons demeurer auprès de lui », dit Jésus.

L’Esprit de Pentecôte nous rappelle toutes ces possibilités; c’est un agent de communion, de paix et de communication, un maître intérieur qui nous enseignera tout et nous fera souvenir de tout ce que Jésus nous a dit.

La Pentecôte, c’est tout cela ensemble : le signal donné pour l’expansion de la foi en Église, le point de départ d’une mission universelle, d’un projet immense. C’est aussi la fête de l’intériorité, alors que nous célébrons notre rapport intime au Dieu vivant, qui demande à rejoindre, dans et par l’Esprit, toutes les fibres de notre être pour faire de nous d’authentiques témoins de sa présence en vue du Royaume déjà là et à venir.


Icône : Pentecôte, par Isaac Fanous.

Une réflexion au sujet de « Homélie pour la fête de la Pentecôte »

  1. EECKHOUT Christian

    Excellent éclairage ; alors soyons de feu pour que vive la vivacité de l’esprit et encore davantage l’enthousiasme de l’Esprit-Saint en notre esprit !!

    Répondre

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