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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la fête de l’Ascension (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

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Avec nous pour toujours !

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,46-53.
En ce temps-là, Jésus ressuscité, apparaissant à ses disciples, leur dit : « Il est écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins.
Et moi, je vais envoyer sur vous ce que mon Père a promis. Quant à vous, demeurez dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtus d’une puissance venue d’en haut. »
Puis Jésus les emmena au dehors, jusque vers Béthanie ; et, levant les mains, il les bénit.
Or, tandis qu’il les bénissait, il se sépara d’eux et il était emporté au ciel.
Ils se prosternèrent devant lui, puis ils retournèrent à Jérusalem, en grande joie.
Et ils étaient sans cesse dans le Temple à bénir Dieu.

COMMENTAIRE

L’Ascension nous est donnée comme une belle fête à la fin du Temps Pascal, comme pour un dernier regard sur Jésus ressuscité et son Mystère; non pas pour ne plus jamais le revoir, mais pour un regard qui s’éternise en quelque sorte sur lui, comme en un point d’orgue qui jamais ne cesse de faire vibrer en nous sa mémoire, son amour, sa présence. L’Ascension, une fête pour contempler Jésus dans tout ce qu’il est pour nous : un Sauveur, celui qui nous a réconciliés avec le Père et entre nous, celui qui nous révèle à nous-mêmes.  L’Ascension, loin de nous éloigner de lui, nous fait entrer davantage dans le mystère du Fils puisque l’Esprit bientôt nous est donné, qui achève en nous son œuvre de réconciliation, de pardon et de paix. Le Christ demeure donc avec nous comme on garde un ami bien vivant en soi, bien proche, parce qu’il nous a fait du bien et que nous savons qu’il nous restera toujours accessible et présent dans notre pensée et nos prières quoi qu’il arrive.

Quand je suis allé étudier à Paris en 1998, j’ai eu l’occasion – durant près de quatre mois – de fréquenter des gens que je n’avais jamais vus. Nous allions aux mêmes écoles. Nous pouvions nous revoir d’une semaine à l’autre selon nos choix de cours et nos horaires. Il m’a alors été donné comme une grâce de me rapprocher d’une personne avec qui je me suis reconnu plein d’affinités. Au fil des semaines, une amitié s’est établie entre nous. À chaque cours du mardi soir, c’était une fête pour moi de retrouver cette personne toujours sympathique et souriante, de grande écoute, pour une réelle confiance.

Dans l’assurance que nos sentiments étaient réciproques, nous avons souvent mangé ensemble, nous avons longuement bavardé. Nous avons visité divers lieux de la ville, partageant nos questions, nos rêves, nos histoires de vie, dans un grand respect l’un pour l’autre, avec beaucoup d’intérêt, de curiosité même.

Je me souviens de la dernière rencontre que nous avons eue, c’était au Bois de Vincennes, le jour même de l’Ascension. Je devais quitter pour l’Afrique peu de temps après. Ce fut alors un pique-nique bien frugal et un rendez-vous malheureusement gâté par la pluie fine qui survint, mettant fin forcément à notre excursion. Mais ce jour-là ne fut pas vraiment la fin, même s’il a fallu bientôt nous quitter. Nous avons compris qu’il y avait déjà en nous un attachement, une promesse, une attente, quelque chose comme une présence intime qui toujours allait demeurer active et nourrissante en chacun de nous.

C’est comme ça l’Ascension du Seigneur. Jésus  part. Il le faut bien. Il a accompli pour nous tout ce qu’il pouvait, tout ce qu’il fallait. Son grand témoignage, il l’a signé de son sang sur la croix, et il est à jamais imprimé dans nos cœurs, dans l’histoire du monde. Comment pourrions-nous l’oublier? Tout prend tellement un sens nouveau dans nos vies à cause de lui, par lui. Nous savons Jésus heureux, victorieux glorifié. Nous ne pouvons que nous réjouir de son bonheur. Et c’est pour nous comme s’il était là toujours quand nous faisons ensemble mémoire de lui, quand dans la foi nous reprenons les mots et les gestes du repas où, la veille de sa mort, il nous a tout révélé de son amour. Alors, en rappelant sa passion, sa mort et sa résurrection, comme il nous a dit de le faire, l’espérance de sa venue porte fruit chez nous et nous anticipons, dans le bonheur d’une communion à sa vie, la joie de son retour glorieux.

 

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