Archives pour la catégorie Le rosaire dans la ville

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Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Devenir mère de Jésus et des âmes

«Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux,
celui-là m’est un frère et une sœur et une mère.»
(Mt,12, 50)

 

L’âme embellie sous l’action de l’Esprit-Saint est appelée à devenir, à l’exemple de la Vierge Marie, mère de Jésus et mère des âmes. Lors de l’Annonciation, Marie a accueilli le plan de Dieu, elle a uni sa volonté à la volonté de Dieu et contribue ainsi à la rédemption du genre humain. À la suite de la Sainte Vierge, toute âme baptisée est invitée à vivre en étroite communion avec Jésus en tant que membre du Corps mystique du Christ auquel elle appartient. La grâce baptismale lui confère le sacerdoce commun des fidèles, l’appelant ainsi à participer au sacerdoce du Christ pour le bien de l’Église, du peuple de Dieu. Répondant à l’invitation de Jésus, elle se fait solidaire de tous les humains; mère, frère et sœur de Jésus et de ses frères et sœurs, elle collabore à l’avènement du Royaume de Dieu. Marie montre le chemin : elle se fait intimement proche de l’âme attisée par l’Amour, elle la tient embrasée en son Coeur immaculé et la soumet au feu purificateur et sanctificateur de l’Esprit-Saint, son divin Époux.

L’Esprit-Saint ayant opéré en Marie les merveilles de Dieu veut poursuivre son oeuvre avec la Vierge et par Elle, au cœur des enfants du Père. Dans sa tendresse maternelle, Marie inculque à l’âme son désir de faire connaître et aimer Jésus, de le donner au monde : le don d’un amour qui ne se calcule pas, ne se mesure pas, un amour qui se donne, qui aime. L’âme ne peut par elle-même, si ardent que soit son désir, aimer d’un amour aussi parfait que celui de sa Mère. Aussi, son désir doit être purifié par le creuset de la souffrance, du détachement de soi et du monde car Dieu la veut pure, il veut la parfaire, la recréée sous la touche divine. Consumée par l’Amour comme une proie bienheureuse, embrasée sous le regard et la protection de la Vierge, sa maternité spirituelle prend tout son essor au Coeur de Marie. La Vierge collabore pleinement à la réalisation du plan divin, elle est une puissance d’amour intimement douce en laquelle toute âme peut trouver la joie de l’offrande.

Marie demeure cette présence pacifiante et vivifiante, celle qui intervient, soigne, réconforte et guide son enfant blessé en cette terre d’exil. Au milieu des morts intérieures, des purifications de la chair et de l’esprit, Marie sait donner à l’âme un souffle nouveau, le souffle de l’Esprit. Profondément aimée de Marie, l’âme reçoit avec Elle et par Elle les trésors du Coeur divin. Le Coeur de la Mère insuffle au cœur de son enfant sa maternité divine, elle lui lègue la flamme d’une charité ardente afin qu’elle soit, à la suite de sa Mère, mère de Jésus et mère des âmes.

Enfant du Père, l’âme perçoit l’amour de Dieu au cœur de ses frères et sœurs. Son désir d’aimer et de servir la pousse à rechercher sans cesse la volonté de Dieu pour mieux l’aimer à travers l’autre. Comme Marie s’est rendue auprès de sa cousine Élisabeth alors que celle-ci devait enfanter, l’âme vivant sous la mouvance de l’Esprit veut semer la paix et la joie autour d’elle; servante du Seigneur à l’exemple de sa Mère chérie, elle désire contribuer à la rédemption du monde. Éprise de Dieu, elle sait reconnaître sa petitesse, ses faiblesses; avec une confiance toute filiale, elle s’en remet à la miséricorde divine, comprenant que sans la grâce, elle ne peut rien par elle-même. Dans cet esprit d’abandon et de confiance, avec le soutien maternel de la Vierge Marie, l’âme devient avec sa Mère et par Elle, sous la mouvance de l’Esprit-Saint, mère de Jésus et mère des âmes pour la plus grande gloire de Dieu.

Ô mon âme qui veut être mère, regarde
le Visage de Dieu, ce qu’il a engendré en toi.

 

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Ils l’appelèrent Myriam

 

 

Ils t’appelèrent Myriam. Aux yeux des hommes, une fille d’Israël parmi les autres! Ils ignoraient que le Messager du Seigneur avait déjà salué en toi la Grâce incarnée de leur Dieu.

Ils te nommèrent Myriam, inconnue à leurs regards! Dans les cieux, les anges adoraient en ton sein très pur le Verbe de Dieu.

Ils ne voyaient que le vêtement qui te recouvrait! Ton Dieu et leur Dieu t’avait tissée et revêtue de sa lumière.

Pour eux, la parole d’une femme ne méritait pas d’égard! Toi, la Femme entre toutes, tu pouvais leur enseigner le langage des anges.

Ton passage demeurait inaperçu! Tu pouvais guider leurs pas aux mystérieux échelons de la montée vers Dieu.

Ils revendiquaient publiquement leurs droits! Au silence de ta contemplation, tu pouvais leur offrir la liberté de l’Amour.

Créature cachée et commune à leurs yeux! Tu demeurais l’Immaculée, parfaite complaisance du Dieu trois fois saint.

Ils refusèrent de croire en ton Jésus, l’Envoyé du Père! Tu demeurais anonyme, effacée afin que soit glorifié le Père en son divin Fils Jésus. «Tout ce qu’il vous dira, faites-le» (Jn, 2, 5)

Ils réclamèrent de ton Jésus les preuves de sa divinité! L’humilité de sa Servante reconnaissait dans l’abnégation de son divin Fils, la grandeur de Dieu.

Ils se disaient prêtres du temple, imbus de leur sagesse! L’Esprit de Sagesse te révélait l’authenticité du Don de Dieu.

Leur vanité d’homme s’appropriait le temple de Dieu! L’oblation de ta vie unie à celle de ton Enfant bâtissait le Royaume de Dieu.

Dans un flot de paroles, les sages étalaient leurs connaissances! Ton silence contenait à lui seul l’unique Parole de vie éternelle.

Ils se glorifiaient de suivre fidèlement la loi de Moïse et d’être les fils d’Abraham! L’Esprit du Seigneur enveloppait ton âme des intimités divines, Marie, prémices de la Nouvelle Alliance.

Ils te croyaient femme de la terre, tu étais Reine des Cieux! Ils te savaient mère d’un homme, tu te savais Mère et Épouse de Dieu!

Ils présentaient dans le temple leurs orgueilleuses offrandes! Toi, Marie, véritable Temple de Dieu, tu offrais au Père, l’unique offrande digne de son amour: ton Fils unique Jésus.

Les savants scribes prétendaient être les détenteurs de la vérité! La certitude de ton espérance se fondait sur ta foi illuminée de la promesse du Père.

Sur le chemin du Calvaire, tu passais pour la mère d’un malfaiteur! Le «oui» de ton cœur avait donné au monde le Chemin, la Vérité, la Vie.

Le peuple d’Israël attendait un Sauveur à la mesure de sa sagesse humaine! L’Esprit de Sagesse te façonnait à l’insondable volonté du Père, la rédemption du monde passant par le chemin de la croix.

Ils enfoncèrent les clous dans les membres très saints de ton Bien Aimé! Le glaive de l’Amour transperçait le Cœur immaculé de la Mère de Dieu.

Pendant l’agonie du Christ, les hommes injuriaient le Fils de l’homme et de Dieu! Le divin Crucifié remettait aux hommes la Mère de Dieu. «Fils, voici ta mère» (Jn, 19,26)

Le cœur des hommes condamnait Dieu! Le Coeur de Dieu en croix uni au Coeur de sa Mère pardonnaient aux hommes.


Retournées vers la Lumière, ces âmes qui t’ignoraient jadis reconnaissent et chantent aujourd’hui, dans la Jérusalem céleste, la gloire d’Israël manifestée en ton sein très pur, Vierge Marie, Mère de Dieu.

Aujourd’hui, cette gloire traverse les siècles. Les hommes et les femmes de tous les temps te vénèrent et te prient douce Vierge Mère, Mère des enfants des hommes.

Aujourd’hui encore, ils t’appellent Myriam: ils reconnaissent et bénissent la Mère de Dieu, proclament la gloire de ton martyre et célèbrent les merveilles du Très-Haut en ton âme.

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Marie, Femme de l’Amour

 

Une femme se lève dans le soleil, un diadème d’étoiles couvre son front, l’amour auréole son Nom…une femme appelée Marie.

En ses yeux ruisselle une rosée de larmes baignant les contrées vallonnées de la terre; perlées sur le visage de Marie, elles glissent au cœur de la femme où germent les poussées de l’amour. Du Coeur virginal de Marie s’échappe la semence, elle s’étire en un long sillon argenté livrant la transparence du Coeur de Marie.

Alors que de la terre monte une plainte agonisante, -le souffle silencieux d’une femme suffoquée sous le poids de sa douleur muette, -s’ouvrent les entrailles de la terre; auprès de Marie, la femme gravite les échelons du mystère humain. Les deuils de l’âme ont livré à la terre leur grain de sénevé; labourée en ses contours, le sol donne son fruit. Vierge Mère, toi qui dans la plénitude de ton offrande a remis au Père ton Enfant Jésus au vendredi du grand deuil, tu nous lègues l’amour et le pardon en héritage. Que les ave de nos vies fleurissent en bouquets de renaissance traçant les pas de ta rencontre sur nos rosaires inachevés.

Quand nos cœurs lacérés ne veulent plus croire en l’être humain, qu’ils ne savent plus reconnaître le visage de l’amour, ô Vierge, dévoiles-nous ton Visage. Alors que nos cœurs cherchent, avides, le reflet vacillant de leur propre visage où jadis, il se communiait à l’autre, Femme du Ciel et de la terre, fais-nous voir ton Visage! Puissions-nous encore répondre à ton appel? Saurions-nous, dans les timides aurores de nos hivers, reconnaître ton rayon d’or penché sur nos vies? Saurons-nous nous réchauffer au feu de ton espérance? Puissions-nous trouver au cœur de ton silence, ô Femme toute belle, le repos de nos âmes, nous asseoir avec toi à la table de la réconciliation, découvrant la saveur d’une manne nouvelle.

Ô Marie, la beauté de ton âme, nul en connaît la profondeur. Cachée aux yeux des humains, Exaltation très pure du Très-Haut, tu t’avances dans sa Lumière. Des tréfonds de ton âme, traversant tes secrètes nuits intérieures, s’élève l’hymne de ta joie : Magnificat, le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom! (Lc, 1, 49) Femme de l’amour, soutiens nos pardons dans la fidélité de ton fiat, allège nos fatigues à la vitalité de ton amour. Ô Mère très tendre, panse nos blessures à la pureté de tes douleurs, protège nos ferveurs à l’éclat de tes tendresses. Chante en nos cœurs renouvelés ton éternel cantique, ouvre-nous à ta plus grande Joie, Jésus, ton Enfant, notre Sauveur, notre Espérance. Fortifie nos chemins dans la semence de tes pas, apprends-nous l’abandon et la confiance dans les bras de l’Amour! Sois, Marie, le Sanctuaire de nos vies où se prolonge ta louange.

La montée d’exil se transforme en une marche nuptiale où nous attend l’Époux. Femme, Vierge et Mère, tes pas libèrent, sur nos pas fatigués, l’empreinte des tendresses divines. En tes sillons creusés de la volonté du Père, nos cœurs se reposent. Des bras de l’Amour naît la limpidité des matins bleutés de ciels nouveaux; recréés sous ton regard, les rayons solaires laissent transparaître leur promesse d’éternité. Devant la douce pâleur des teintes chatoyant l’horizon, les entailles de nos chairs fermées s’ouvrent à une espérance nouvelle. La vie, comme une source transparente, coule, abondante, dans nos veines naissantes. Dans l’espace et le temps, nos chairs ressuscitent, nos cœurs respirent, palpitent au rythme du tien; l’onction de nos voix inscrit de par l’univers notre intime participation à un monde meilleur.

Le regard noyé dans la limpidité de celui de Marie, nous exultons de joie! Dans ses yeux, nous épanchons notre vie! Dans ses bras ouverts, nous déposons nos amours, tout près du Sien, tout près du nôtre : Jésus. Dans les coulées de miel du Coeur maternel, femmes, nous le sommes… sur les tracées du rayonnement marial.

 

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Les Ave du silence

Fête de Notre-Dame de Lourdes, journée des malades.

Les ave du silence chantent en mon cœur, ô Vierge Mère, ils livrent la présence d’un amour maternel alors que le Coeur d’une Mère au cœur de son petit, prie le Fils pour nous. Ils dévoilent les yeux émerveillés de Marie qui pour avoir contemplé l’Enfant-Dieu au berceau, peuvent encore contempler les merveilles accomplies au cœur de ses enfants. Ils offrent le Coeur d’une Vierge Mère qui, pour avoir tout donné à l’Amour, porte encore en son sein virginal, les flots de la grâce déversés aux enfants de la terre.

Les ave contenus au silence du cœur prolongent dans le cours des âges la salutation de l’ange Gabriel et d’Élisabeth. Les ave silencieux demeurent encore la voix de l’Esprit de Dieu animant le cœur afin de prolonger en lui la beauté et les vertus de la Vierge Mère, unissant l’enfant à la Mère. Ils sont l’héritage du don de la Vie que la terre a porté, la glorification du mystère contenue en Marie, révélé au cœur des petits.

Ils sont les ave que les lèvres ne peuvent prier qu’à la lumière enveloppante de ton amour, ô Marie, à laquelle l’âme est livrée. L’intelligence s’est tue, de la voix ne s’échappe aucun son extérieur; seul le cœur retient, sous l’attention du regard marial, la présence maternelle d’une Vierge Mère souriant à son enfant, le gratifiant de la joie et de l’amour de Dieu. Au cœur des ave contemplés, la Mère et l’enfant se donnent comme Jésus est donné.

Ni élan, ni action aucune si ce n’est l’accueil de l’étreinte mariale, du repos du cœur au Coeur de Marie, de la Joie enfantée de nouveau au cœur des petits de la terre. L’accueil du mystère, d’une Mère contemplée prolonge à travers les âges l’offrande de l’Amour. De la salutation de l’Ange au cri extatique d’Élisabeth, Marie tressaille de joie, Marie magnifie Dieu. Le Magnificat de la Vierge chante sa plénitude; le Magnificat de la Mère de Dieu donne à l’Église les voix des réalités célestes, il lui montre le chemin afin de perpétuer en elle et par elle les échos transparents du mystère divin. D’un seul cœur, traversant les entrailles de la terre, la louange exalte la beauté des merveilles accomplies. Pleine de Grâce… le fiat de Marie a renversé les prémices du mal; le Seigneur est avec toi… l’Esprit de Dieu t’a soulevée jusqu’à Lui, tu es bénie entre toutes les femmes… au Temple virginal, Temple choisi entre tous, Marie adore l’Oeuvre divine en elle et le Fruit béni de tes entrailles, ô Marie, soulève les entrailles de la terre jusqu’à leur couronnement dans les Cieux.

Prie pour nous, pauvres pécheurs… sous le regard de Marie, le pécheur repentant partage la béatitude de la Reine des Cieux. Ici, maintenant et à l’heure de notre mort, prie pour nous Sainte Mère de Dieu…la beauté de l’Immaculée revêt le pauvre; le sourire maternel tend les bras à l’agonisant, les pas de Marie le devancent à l’entrée du Royaume. Amen, oui, je crois. Dans les bras de Marie me portent déjà les bras du Père et du sourire de la Vierge, j’entre enfin dans l’éternel ravissement du sourire de Jésus. Oui, je crois.

Les ave du silence! Plénitude de Vie où exultent le Coeur de Marie et des petits à la Parole faite Chair, Grâce incarnée de l’Esprit! Je vous salue Marie…


Vierge Marie, en cette journée des malades et chaque jour, nous te demandons de visiter tous ceux qui souffrent, ceux qui ne savent pas que Dieu les aime et qu’il veut leur apporter Sa paix et Sa joie. Par ton Coeur immaculé, Vierge Mère, nous offrons à Jésus toutes les souffrances de la terre afin que rien ne se perde dans l’Amour.

 

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Marie, Mère des enfants des hommes

 

Mère de Dieu, protège les enfants des hommes, veille sur les petits de la terre. Sur les enfants blessés en leur chair et âme, pose ton regard maternel; ne cesse point de les couvrir de ton manteau de tendresse. Attise en leur âme vulnérable ton souffle de vie, ne desserre point ton étreinte sur leur existence entrecoupée; sur leur solitude silencieuse, dépose le baiser d’une Mère. Sur la violence de leurs gestes, les cris exaspérés de leur âme, verse le baume odorant de ta paisible Présence.

Des affrontements subis, guéris ces enfants rebutés de leur famille humaine. En leurs larmes éteintes, berce l’innocence dérobée sous l’égarement des hommes. Sur la route épineuse étalée à leur espérance trompée, imprègne tes pas à la rencontre de leur désarroi muet, ravive leur foi déçue. Là où les hommes n’entendent plus leur voix, grave en leur cœur délavé, l’écho de ta fervente prière. Sème, au jardin de leur jeune âme éprouvée, le Fruit unique de ton sein: Celui en qui tant de pleurs ont baigné l’espérance d’un monde meilleur.

Mère de Dieu, ressuscite à la joie les enfants des hommes. Recrée le cœur des enfants d’autrefois afin que réunis en ton enceinte maternelle, la terre respire enfin d’un Souffle nouveau, Jésus, l’Enfant de l’homme, frère des enfants de Dieu et des hommes.

À la vie de l’Esprit du Ressuscité
Naissent les enfants de Dieu
Formés dans le Coeur de Marie
Sous le souffle vivifiant de l’Esprit.

Au cénacle du Coeur virginal d’une Mère
Repose sur nous l’Esprit Créateur.
Nous fixons les yeux sur toi, ô Vierge immaculée
Émerveillés, nous contemplons l’Oeuvre de Dieu.

L’Amour nous presse, le Silence devient Chair
Docilité et perméabilité à l’action de l’Esprit
Transparence et limpidité du Coeur d’une Mère.
L’enfant rené des plaies de l’Amour
Se confie à la maternelle bienveillance
De Celle qui a contenu en son sein
La Sagesse incarnée du Père.

À regarder Marie
Nous recevons le don de Jésus
À donner Jésus,
Nous entrons dans ta joie, ô notre Mère

Francine Paquin

 

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Mystère glorieux : Le couronnement de Maie

« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs d’un enfantement ». (Ap 12, 1-2)

Vierge Marie, toi notre Mère, nous voici maintenant arrivés à la fin de ce parcours des vingt mystères du Saint Rosaire, don de l’Esprit et de ton intercession, pour le salut de tes enfants dans le rythme des âges de l’Église. Comment se fait-il que nous puissions te couronner Mère dans la contemplation du mystère de ta vie, toi, Celle qui fut choisie par le Père depuis toute éternité pour vivre, réaliser une mission unique auprès de son Fils Unique? Une mission maternelle qui aura comme en écho, l’œuvre de la rédemption elle-même! Ta maternité devait résonner au rythme de l’œuvre du Fils auprès de l’humanité entière.

Le Livre de l’Apocalypse nous dit qu’Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme… une Mère! Et, le Livre de la Genèse 3, 15, nous laisse entendre clairement, comme un Proévangile, que la Femme aura un rôle plus qu’essentiel de par sa mission maternelle pour vaincre la Bête : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme entre ta descendance et sa descendance, celui-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » Cette Femme, Marie, cette Mère c’est toi! Toi qui fus attendue de par les âges du monde afin de combler le cœur du Père en une mission maternelle unique et exceptionnelle de par l’univers entier.

Une Femme, ayant le soleil pour manteau ». Bien sûr, nous voyons spontanément, par la grâce singulière qui t’habite, qui anime tes entrailles de mère, une lumière du Ciel qui t’enveloppe. Mais, il y a plus, et bien plus, nous comprenons que l’ondée lumineuse qui se dégage de la grâce dont tu es revêtue est divine, toi la « Comblée de grâce ». La divinité même du Très-Haut repose sur toi, tout comme l’ange Gabriel te l’avait dit à l’Annonciation : « l’Esprit Saint viendra sur toi »! Mais, alors, ne pourrions-nous pas conclure que ce qui émane de ta chair préservée du péché serait la grâce de la Maternité divine? Comment pourrions-nous faire autrement, pour ne pas nous laisser interpeller en ce sens par le mystère unique qui est le tien? Tu es mère et mère pour l’éternité, l’éternité de tous les élus! Tu ne peux donc rayonner une autre lumière que celle de la Maternité qui te fut confiée par le Père et par le Ciel pour les âges des âges.

Comme le dit un jour la mystique Marthe Robin : Mais, si Marie est Reine, c’est d’abord parce qu’elle est Mère. Ainsi, la royauté que nous méditons, que nous célébrons en ce mystère n’a d’égale que ta maternité, et ta Maternité divine! « La lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Les douze étoiles, les douze tribus d’Israël, telle est là ta couronne de gloire! Aucun de tes enfants sur la terre, et même dans le Ciel, ne pourra pénétrer, la profondeur insondable de la grâce qui te fut faite, tant est riche et grand ce mystère. Nous aurons l’éternité pour contempler dans le cœur même de la Trinité Sainte l’intimité qui te fut confiée dans la vie de l’Esprit. Une intimité qui te fait l’intime du Dieu trois fois saint en son désir brûlant de sauver chacun de ses enfants. Heureuse es-tu Vierge Marie d’avoir été la choisie de Dieu. Heureuse es-tu Vierge Marie d’être notre Mère! Heureuse es-tu Marie de Nazareth d’être notre Reine! Nous te saluons, nous t’aimons, nous rendons grâce à Dieu pour le don inépuisable de ta maternité, de ta Maternité divine! Amen!

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Mystère glorieux : L’Assomption de la Vierge Marie

 

« Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’immaculée Mère de Dieu, Marie Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été ‘assumée’ en corps et âme à la gloire céleste. » (Munificestissimus Deus – Pie XII – 1er novembre 1950).

Rien dans la bible ne nous parle directement ou non de l’assomption de Marie. Cependant, très tôt dans la tradition orale de l’Église, les chrétiens eurent foi en une mystérieuse élévation de la Mère de Jésus au Ciel. Le sens de l’Immaculée conception, par le sensus fidei des croyants, don de l’Esprit – bien que proclamée officiellement qu’en 1854 – laissait déjà entendre dans le cœur des croyants que la Mère de Dieu ne pouvait avoir vécu la corruption du tombeau.

En ton « Assomption », dis-nous Marie, doit-on parler d’assomption ou de dormition? Tout plein de questions nous envahissent en ce nouveau mystère : As-tu vécu la mort, la mort de ton corps humain, comme nous nous la vivons, ou t’es-tu simplement endormie dans le silence de la grâce, de toutes les grâces insignes qui te furent faites pour ta mission? Nous sommes encore sans réponse et tu sembles avoir jugé bon, avec l’Esprit, de nous laisser dans ces énigmes.

En fait, à bien y méditer, il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir de réponse à ces questions. Car l’important n’est pas de savoir si tu as vécu la mort ou si les anges t’ont élevée au Ciel, comme nous voyons souvent sur des images, mais de comprendre que tu es au Ciel avec ton Fils, dans la félicité de la Trinité même. Voilà ce que la déclaration de foi par l’Église en 1950 a voulu nous donner de saisir pour notre plus grande joie d’enfant.

Mais pourquoi au juste es-tu allée rejoindre ton Fils dans les Cieux? Parce que tu le méritais mieux que personne…, peut-être pas en ce sens! Parce qu’il y avait une raison maternelle à ce fait, ça semble plus éclairant regardant ta mission? Et de fait, en y regardant bien, il nous est fort aisé de comprendre que tu es au Ciel avec Jésus tout simplement parce que tu es Sa Mère, et la Mère de Dieu!

Mais nous pouvons comprendre aussi, en tant que tes enfants, que ce privilège de ton Assomption ne s’arrête pas là. Tu es notre Mère à tous, et tu continues d’être notre mère au Ciel. Ta mission ne s’est pas arrêtée sur la terre, mais elle se poursuit dans l’espace et le temps : Marie, dite Toujours Vierge et l’Immaculée Mère de Dieu ne cesse dans la Gloire du ciel d’enfanter de nouveaux élus!

Tels sont là, ô Mère les deux rôles que nous comprenons sur le privilège de ton Assomption : ta vocation-mission d’être Mère de Dieu et Mère de l’Église enivre tout ton être des joies du ciel, celles de l’Esprit dans l’œuvre de conception et du don de la vie. Nul besoin de mourir, nul besoin de dormir, l’Esprit te porte sur ses ailes, celles de l’intercession maternelle en Divine maternité d’amour avec LUI!

Que la prière du Saint Rosaire, ô notre Mère, nous élève avec toi dans la patrie céleste. Que la récitation des Aves en ta compagnie et celle de l’Esprit produise déjà en nous les fruits du Royaume, ceux dont le Père céleste, en sa Sagesse, a voulu depuis toute éternité gratifier ses enfants par la vie divine en son Fils. N’es-tu pas revêtue de la Maternité divine! Que cette grâce rédemptrice nous élève tous en ta compagnie et celle de la Trinité!

 

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Mystère glorieux : La Pentecôte

«Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint…» (Act 2, 2-4).

La venue de l’Esprit Saint en ce monde! “Il a envoyé d’auprès de toi (Père), comme premier don fait aux croyants, l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification”, prions-nous à la IVème prière eucharistique. Comme premier don disons-nous? Pourtant, ce même Esprit, n’était-il pas là à la création du monde « lorsqu’Il planait sur les eaux »; n’était-il pas là de « son ombre » lorsqu’Il a accompagné le peuple Hébreux dans le désert; n’était-Il pas là lorsqu’Il « parla par les prophètes »; n’était-Il pas là lorsqu’Il recouvrit Marie au moment de l’Incarnation? Comment Seigneur Jésus peux-tu donc envoyer l’Esprit comme premier don? En fait, l’Esprit fut toujours là, bien présent dans tous les événements de la première création, mais Il redevint premier don et présent sous une onction nouvelle lors de la deuxième création, au moment de la rédemption : envoyé par la Père, plongeant dans le monde par le cœur de Jésus en Croix, Il s’élance comme ondée céleste sur l’Église, l’Épouse de l’Agneau, afin d’achever toute sanctification.

D’où viens-tu, ô souffle de l’Esprit, n’es-tu pas « le murmure d’une brise légère » dont nous révèle le Livre des Rois? Tout discret, patient et plein d’ardeur tu veilles à la porte du cœur de l’homme, pour y déverser à torrent, dès qu’il en manifeste la moindre soif, la rosée céleste imprégnée de la tendresse du Père et de la grâce du Fils. Tu nous parles des Deux amours éternels sans jamais te lasser, sans jamais t’épuiser, tout comme s’Ils t’habitaient, tout comme s’Ils étaient ton Tout! Comment te refuser, comment ne pas vouloir ta présence à nos côtés, tout en dedans de nous, tout à l’intimité de notre chambre nuptiale. C’est Toi qui prépare la venue de l’Époux, c’est Toi qui dispose notre espace intérieur pour recevoir l’Alliance promise par le Père, à nos pères dans la foi, et qui nous est enfin révélée par le « Verbe fait chair ». Ton plus grand désir, c’est que le Père et le Fils nous habitent et, qu’ainsi, notre être soit transfiguré de leur présence, que nous devenions avec Toi et par Toi temple de la vie divine.

Au moment de la Pentecôte tu étais comme suspendu aux lèvres du Père et du Fils. À leur commun amour, tu t’élances comme don divin sur l’Église naissante, sur Marie! Par l’intercession maternelle de ton intime, de la Mère du Fils, Tu continues par la force de la résurrection de créer, de recréer. Tout est don, tout vient de Toi. Le don de ta présence en Marie, fécondité en maternité divine au moment de la deuxième création, devient fécondité universelle dans le sein de l’Église mère. Et le feu de ta présence en la prédication des apôtres éveille déjà toute chair humaine à l’amour d’éternité qui les appelle : désormais, tout vivant est né de Dieu et est en Dieu. Ta présence, ô Esprit d’amour, souffle dans les voiles de l’Église et cette brise n’aura pas de fin : en ce monde, elle sanctifiera tous les élus et, dans le Royaume, elle embrasera l’âme de la tendresse du Père pour l’éternité!

Vierge Marie, toi, l’Épouse de l’Esprit, toi qui ne fais qu’un avec Lui dans votre mission de fécondité, intercède pour nous afin que nous recevions le désir d’une profonde docilité à son souffle de vie. Lui, le don divin, le don premier, Lui, qui peut être premier en tout parce qu’Il est l’Amour du Père et du Fils. Toi Marie, qui par ta mission avec Lui devient la première des sauvés, prie pour que nous devenions, grâce à Lui, les tout premiers avec Jésus dans le cœur du Père!

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La prière à l’école de Marie

Dans la tradition dominicaine, la Mère du Seigneur occupe une place très importante, et ce, depuis les origines de l’Ordre. On pourrait sans doute évoquer cette vision de Dominique où, dans un songe, il voit Marie au ciel gardant sous son manteau tous les frères et les sœurs de Dominique. La Vierge Marie se présente dans cette vision comme la gardienne de l’Ordre, ce qui lui a valu les titres de protectrice de l’Ordre, Mère des Prêcheurs. Sans départager ici ce qui relève de l’histoire et des légendes pieuses du Moyen-Âge, une chose est certaine : dès le Moyen-Âge, la dévotion au Rosaire et à la Vierge Marie, est largement tributaire de l’influence dominicaine.

Par ailleurs, nous savons maintenant que ce n’est pas Dominique lui-même qui a inventé la pratique du Rosaire. Cette dévotion est due au dominicain Alain de la Roche (+1475). Donc, nous parlons d’une dévotion qui a vu le jour au XVe siècle. Quant au rôle de Dominique, il demeure incertain dans la naissance de cette dévotion, mais l’on sait que de son vivant, la dévotion à la Vierge a connu un essor considérable. Les plus belles statues consacrées à la Vierge sont de son époque. Toutes les grandes cathédrales gothiques construites durant cette période lui sont dédiées.

Indépendamment du rôle joué par Dominique dans l’essor de la dévotion mariale et, plus particulièrement du chapelet, l’Ordre s’est toujours réclamé de cette consécration à Marie et a toujours défendu jalousement son patronage, malgré les époques de plus ou moins grande tiédeur dans la dévotion mariale.

La prière à la Vierge est une composante essentielle de notre foi catholique, car elle se situe au cœur de ce que nous appelons la communion des saints. Comme l’écrit le Cardinal Ratzinger, « les Pères de l’Église ont toujours vu en “Marie la figure de l’Église, la figure de l’homme croyant qui ne peut arriver à la pleine réalisation plénière de lui-même que par le don de l’amour”, ce que la théologie appelle la grâce. Le Christ est le Don donné ; Marie, le Don accueilli. » (Varillon. L’humilité de Dieu, p. 113).

Quand on contemple le mystère de la Mère du Seigneur, il n’y a que quelques paroles des évangiles qui qualifient ce mystère qui est le sien et qui est le nôtre aussi :

« Je suis la servante du Seigneur »
« Qu’il me soit fait selon ta parole »
« Et Marie portait tout cela dans son cœur »
« Marie partit en hâte pour se rendre chez sa cousine Élisabeth »
« Mon âme exalte le Seigneur »
« Femme, voici ton fils, fils voici ta Mère »

Chacun de ces versets a fait l’objet de longs et magnifiques commentaires depuis les deux mille ans qui nous séparent de l’Incarnation du Fils de Dieu. Retenons tout simplement que si nous attachons nos pas à ceux de Marie, c’est qu’elle, la première, a porté le Christ et l’a donné au monde. Elle s’est tenue au pied de la croix. Elle était présente à la Pentecôte avec les Apôtres et, surtout, le Christ nous l’a donné comme mère. En elle, nous contemplons le mystère de notre foi.

Alors que l’Ancienne Alliance semble rendue à bout de souffle, comme écrasée sous le poids de la Loi, désertée par les prophètes, Élisabeth, dans sa vieillesse, tombe enceinte et donne naissance au dernier des prophètes, Jean le Baptiste. Les temps sont accomplis. Il vient préparer la voie. Et Marie, elle, dans sa grossesse, se précipite au-devant de sa cousine Élisabeth, comme si le Nouveau Testament se précipitait à la rencontre de l’Ancien pour lui annoncer que son espérance et son attente n’ont pas été vaines. De ce qui était stérile surgit Jean le Baptiste, le prophète messianique ; de la pureté et de l’innocence de la nouvelle Ève naît le Messie. Et Marie court, joyeuse et étonnée, crier sa joie : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles ! »

C’est notre humanité qui en elle, non seulement se réjouit, mais qui reste comme bouche bée devant l’étonnant mystère : l’une des nôtres, une toute jeune fille vierge, devient mère de Dieu. Quel grand mystère !! C’est Noël ! Et Dieu n’a pas fini de nous étonner, car sa venue en notre chair annonce un monde nouveau. Mais pour cela, il nous faut apprendre à lire les signes des temps, à nous mettre à l’écoute de la vie et à porter tout cela dans notre cœur comme Marie, notre Mère. C’est pourquoi l’Église nous invite à ouvrir sans cesse notre cœur à la Mère du Seigneur, car à son école, nous apprenons ce que cela signifie être disciple, ce que c’est que de vivre dans nos vies une attente active, empressée, toujours à l’écoute de la Parole de Dieu. La Vierge Marie est un guide sûr qui nous conduit vers son Fils. Elle nous apprend à garder toutes ces choses dans nos cœurs. Elle prie pour nous et elle nous conseille : « Écoutez-le, faites tout ce qu’il vous dira ! »

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Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Mystère glorieux : L’Ascension

« Étant donc réunis, ils l’interrogeaient ainsi : ‘Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël?’ Il leur répondit : ‘Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous… A ces mots, sous leurs regards, il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux» (Act 1, 6-9).

Quel moment d’intimité et de gloire à la fois, qu’est ton départ vers le Ciel, vers le Père! Avec tes disciples, la communion devait être à son comble. Toi, leur Maître et ami, Celui qui avait vécu avec eux en partageant tant de joies et de peines, tu devais les quitter; en fait, tu te devais de les quitter, car sans ce départ, nulle Gloire venue du ciel n’aurait été possible. Trop souvent en Église, nous ne voyons ton Ascension que comme un mystère nous disant que tu es monté au ciel, pour nous préparer une place. Comme une préfiguration de ce qui nous attend, ton corps humain atteint les sommets de la rédemption apportée au genre humain, et telle est là une profonde vérité en ce mystère; mais, il y a plus, et bien plus : sans ton Ascension vers le Père, il n’y aurait tout simplement pas eu de venue de l’Esprit.

Tu pars, et tous sont tristes et vivent le sentiment de te voir comme les laisser seuls; et pourtant, loin de les abandonner, tu leur as promis le Paraclet, une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Mais, voilà toute la question et l’énigme du mystère, comment aurait pu descendre l’Esprit sans ta rencontre avec le Père. Tu te devais de les quitter et de monter au Ciel, c’était même là la sainte volonté du Père, comme un commandement de la Trinité elle-même.

Souvent en catéchèse aux enfants, et même aux adultes, on demande : mais qu’est-ce qui s’est bien passé au ciel lorsque Jésus est rentré à la maison. Est-ce que le Père l’a fait attendre; est-ce que Jésus est allé se reposer avant de le rencontrer parce qu’il était fatigué; est-ce que… ? Et puis, après un peu d’attente et de recherches on finit par avoir une réponse convenable : Non! ils se sont embrassés! Mais quel embrassement, quel « embraisement », quel feu de gloire a-t-il dû jaillir de ce face-à-face, de ce cœur-à-cœur! Le Père et le Fils se devaient, d’une intimité trinitaire, de se retrouver dans les bras l’un de l’autre afin que la Gloire du ciel puisse jaillir. Une Gloire si débordante, si lumineuse et si féconde qu’Elle allait combler l’enceinte de la tendresse trinitaire d’un désir de fécondité autre, et Elle allait même porter un nom, celui d’Esprit Saint! Comment Jésus aurait-il pu alors faire autrement, il se devait de partir. C’était là, une exigence de l’Amour même, afin de mettre le feu sur la terre par la vie de l’Esprit. Le Père et Lui se devaient de se retrouver dans l’intimité, dans la communion la plus harmonieuse qui soit, celle qui allait se communiquer à la communauté des disciples à la Pentecôte : l’intimité du Maître serait alors retrouvée!

Vierge Marie, toi qui fus présente au départ de Jésus, ne ressentais-tu pas la nécessité de la filiation du Fils à l’intime de ton sein maternel, toi toute relative à la Trinité? Toute la personne du Fils inengendré était tendue vers le Père et ne portait qu’un seul désir, retrouver ses bras afin d’être glorifié de nouveau. Glorification qui n’est nulle autre que la fécondité de l’Esprit, la divinité qui se communique à l’intimité de l’être intérieur. Apprends-nous Marie, toi la Vierge de l’Ascension cette docilité intérieure, celle qui vient de la Trinité même : la filiation glorieuse qui nous appelle tous et qui nous donne soif de la vie de l’Esprit!

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