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Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Notre-Dame des Écoles

Septembre annonce la rentrée des classes. N’est-ce pas le temps de faire connaître la Patronne de ces jeunes et des personnes qui sont greffées à l’éducation des ces jeunes!  Il est venu le temps de prier la Vierge Marie sous le vocable de Notre-Dame des Écoles, Notre-Dame de toutes les écoles de la vie et de la foi, Étoile de la Nouvelle Évangélisation!  Sous la plume de Marguerite, présidente de l’association de N.D.É., voyons comment Marie conduit elle-même ses enfants à la réalisation de son œuvre.

En 2011, je me rendais à Rome pour assister à la béatification de Jean-Paul II. Grâce à son Encyclique Redemptoris Mater,j’ai compris la signification profonde et universelle de la dévotion à N.D.É. Sous ce titre, nous honorons la Vierge Marieen action,dans sa mission de Mère Éducatrice,mission reçue au pied de la Croix lorsque Jésus nous la donna comme Mère et qu’elle nous accueillit, nous tous ses enfants nés de son Coeur transpercé.

Dans le but d’assister à la béatification de Jean-Paul II, j’eus la grande joie de rencontrer le pape Benoît XVI, à qui je remis une image de Notre-Dame des Écoles et qui me donna sa bénédiction. Le Saint-Père avait déjà donné sa bénédiction apostolique à tous ceux qui s’étaient réunis le 30 avril 2008 pour célébrer le 50e anniversaire du couronnement de N.D.É. par le Cardinal Léger, au nom du pape Paul XII, un événement marquant dans l’histoire de N.D.É. puisque le couronnement d’une statue est la reconnaissance officielle la plus haute de l’Église envers la dévotion qu’elle représente. (extrait des paroles du pape) «Le Saint-Père demande à la Vierge Marie, Mère de la connaissance et de l’amour, de les aider dans leur charge de participer à la transmission de la foi catholique, auprès des enfants et des jeunes grâce à l’éducation religieuse à l’école, pour assister et soutenir les parents dans leur haute mission éducative.» 

L’histoire de la redécouverte de N.D.É. et de son histoire, tombée dans l’oubli pendant 40 ans, commence avec une statue abandonnée sur le bord du chemin dans une rue de la ville de Québec. L’ayant aperçue, ma sœur et mon père la ramènent à la maison et lui construisent un abri dans le jardin. Ce n’est que deux ou trois ans plus tard que ma sœur découvre son nom en entrant dans l’école primaire de Baie St-Paul où se trouvait une statue semblable. En apprenant que j’étais impliquée dans la fondation d’une école privée catholique à Halifax où je vivais, elle me fit cadeau de la statue qui donna son nom à l’école Our Lady of Schools.

Le nom de notre école a suscité la curiosité et de nombreuses questions auxquelles personne ne pouvait répondre jusqu’à ce que deux ans plus tard, après de longues recherches, nous découvrions que la dévotion à N.D.É. avait eu son origine en France en 1894, cent ans exactement avant la découverte de la statue par ma sœur, mais qu’elle n’avait pas survécu à la destruction des écoles confessionnelles. Cependant, elle avait eu le temps de passer au Canada et le Cardinal Tachereau, archevêque de Québec, primat de l’Église canadienne, l’avait confiée aux sœurs de la Congrégation Notre-Dame, fondée par sainte Marguerite Bourgeois. De là, elle rayonna au Québec, au Canada, aux États-Unis et alla même sur les cinq continents.

Ramenée en 2005 au Québec, ma province natale, la Providence m’a montré que ses voies n’étaient pas les miennes… Je me suis demandée si je n’étais pas appelée à faire au Québec ce que j’avais fait en Nouvelle Écosse, c.a.d. travailler à la fondation d’une école privée catholique. Après avoir reçu la bénédiction du cardinal Marc Ouellet, alors archevêque de Québec, j’ai considéré la question de savoir par où commencer… La tâche me paraissait bien au-delà de mes forces, je suis arrivée à la conclusion que je devais commencer par me procurer une statue de Notre-Dame des Écoles. Avant l’ouverture de notre école à Halifax, j’avais eu à la maison, la statue donnée par ma sœur, ce qui m’inspirait de prier N.D.É. et m’encourageait dans les difficultés que je rencontrais. Je me suis mise à chercher une statue, mais sans succès.

Je commençais à désespérer lorsque plusieurs mois plus tard, je me rendis à Barry’ Bay, un petit village au nord de l’Ontario, pour donner un cours dans un collège catholique fondé en l’an 2000. Voici qu’en ouvrant la porte du Collège, je me retrouve nez à nez avec une statue de N.D.É.  C’est cette statue que le Cardinal Marc Ouellet est venu bénir au Monastère de la Croix Glorieuse en la fête de l’Assomption, le 15 août 2007, et qui s’y trouve toujours.

Le 20 octobre suivant, troisième samedi du mois d’octobre, fête de N.D.É., le cardinal Marc Ouellet célébrait, à la cathédrale de Québec, une messe solennelle à l’occasion du 60ième anniversaire de la proclamation par le pape Pie XII de N.D.É., patronne des écoles et de la jeunesse étudiante de la province de Québec (55ième anniversaire pour le Canada entier). Cette messe avait lieu après la marche pacifique organisée par la CLÉ devant l’assemblée nationale du Québec afin de dénoncer l’imposition par l’État du cours d’Éthique et de culture religieuse et défendre la liberté des parents de choisir un enseignement religieux à l’école conforme à leurs convictions.

Les responsables de la marche ne savaient pas que ce jour coïncidait avec la fête de N.D.É. À la fin de la messe, le cardinal lança l’Association N.D.É. dont les deux buts sont : faire connaître et prier N.D.É. et de promouvoir l’éducation catholique à tous les niveaux et sous toutes ses formes. J’eus à retourner à plusieurs reprises à Rome, toujours en lien avec N.D.É. Par exemple, à l’automne 2013, je m’y rendais pour représenter l’Association de N.D.É. aux journées mariales des 12 et 13 octobre. J’eus la joie de rencontrer le pape François qui m’encouragea en me disant que ce que je faisais pour l’éducation catholique était très important; il bénit la statue de N.D.É.

En octobre 2015, le jour même de la fête de N.D.É., je découvris le Rosaire vivant, une initiative de Pauline Jaricot pour appuyer l’oeuvre de la propagation de la foi. Jean-Paul II à qui nous devons l’expression désignant Marie comme l’Étoile de la Nouvelle Évangélisation m’avait déjà fait comprendre que non seulement, nous devions prier N.D.É. notre Mère Éducatrice mais qu’il fallait le faire aussi en disant et en méditant le chapelet. En découvrant le Rosaire vivant, j’ai saisi que là se trouvait l’appui dont l’Association de N.D.É. avait besoin pour prendre son essor, en même temps que le moyen de faire prier et méditer le chapelet, mystère par mystère.

En s’engageant à prier et à méditer une dizaine de chapelet par jour, les membres s’engagent à prier les uns pour les autres et à prier pour l’oeuvre de N.D.É., afin que notre Mère Éducatrice soit connue et aimée et qu’elle puisse accomplir sa mission d’éducation auprès de chacun de nous, dans nos familles, nos sociétés et dans l’Église. Bien sûr, il y aurait encore beaucoup à dire. Les rencontres à Rome et plusieurs autres événements ont propagé la mission de N.D.É.  Le 2 février est né le premier Rosaire vivant suivi de plusieurs autres au Québec et ailleurs.

La Vierge Marie nous veut à son écoute, elle interpelle ses enfants, désirant le bonheur pour chacun de nous; elle nous invite à prier le Rosaire en communion avec les autres afin que le Règne de Dieu s’établisse sur la terre. Si tu te sens interpellé(e) à te joindre aux autres pour collaborer aux oeuvres de Marie, je t’invite à visionner ces deux reportages :


 http;//www.ecdq.tv/la-devotion-a-notre-dame-des-ecoles/ reportage fait par ECDQ.TV

   https://WWW.youtube.com/watch?v=XEqiHPsK3aE&feature=youtu.be reportage fait par Sel et Lumière TV

Pour toutes informations : Marguerite Marie Bourbeau, présidente
Association Notre-Dame des Écoles/ Our lady of Schools :
 associationnde@gmail.com

ou téléphoner à : 418 – 457 -3880

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Marie répond t-elle à nos prières?

 

Que de demandes nous faisons à la Vierge Marie! Le cœur confiant et plein d’espérance, nous nous adressons avec ferveur à notre Maman du Ciel. Et pourtant, nous ne recevons pas toujours la réponse désirée ou celle-ci se fait attendre. Comment se fait-il que parfois, il nous semble que nos prières ne sont pas exaucées? La Parole de Dieu ne nous dit-t-elle pas : «Tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l’obtiendrez. Demandez et vous recevrez et votre joie sera parfaite. » (Mt, 21, 22 Jn, 16, 24)

Nos demandes exprimées avec la certitude que le Père nous aime du même amour qu’il aime Jésus témoigne que l’amour de Dieu est incommensurable et ne peut vouloir que notre plus grand bien. Parfois, nous enfermons Dieu dans nos petites visions terrestres alors que le Père a sur nous, de toute éternité, le projet d’un bonheur sans fin, auprès de Lui dans le Paradis. Le bonheur de Dieu est de combler son enfant dès ici-bas et la prière de Marie qui intercède pour nous va dans le même sens, il ne peut en être autrement. Dieu donne toujours plus que ce que nous lui demandons. Parfois nous prions pour recevoir une grâce à laquelle nous nous attachons alors que le Coeur de Dieu veut nous amener à vivre plus profondément dans l’intimité de son amour. L’amour de Dieu ne peut nous donner quelque chose qui ne favorise pas notre union avec lui tout comme il se plaît à répondre à notre prière lorsque celle-ci vivifie notre foi tout en nous ouvrant à la joie du Seigneur. «Quel est d’entre vous le père auquel son fils demande du pain et qui lui remettra une pierre? Un poisson et lui remettra un serpent? Si donc, vous qui êtes mauvais savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera t-il l’Esprit-Saint à ceux qui l’en prient.» (Lc, 11, 11-13)

Devant une maladie qui perdure, une souffrance qui ne semble pas s’atténuer, nos réactions humaines sont compréhensibles lorsque nous nous sentons totalement désorientés; il y a les questionnements, les peurs, les doutes et pourtant, Quelqu’un veille nous. L’Amour veut nous redonner notre liberté d’enfant de Dieu, reçue lors de notre création; il désire nous détacher de ce qui encombre notre vie et nous empêche de goûter la paix promise par Jésus. Notre foi en un Dieu qui nous aime doit souvent être purifié : aimer le Seigneur non pour nous-mêmes mais pour lui. Accueillir son amour, sachant que ce que nous vivons en ce moment est ce dont nous avons besoin de vivre pour être sanctifié, même si cela peut apparaître incompréhensible à notre entendement humain : ainsi se mesure notre foi en la sagesse divine et l’abandon à sa sainte volonté. Se laisser reconstruire, féconder par son amour peut nous apporter une joie profonde même au milieu des plus grandes tribulations. Qui n’a pas réalisé que cette épreuve, cette prière apparemment non exaucée l’a été bien au-delà de son attente. Il en est ressorti des fruits qui donnent le vrai sens à notre existence.

La personne peut dire : «si je n’avais pas connu cela, je ne serais pas aujourd’hui la personne que je suis….mon enfant handicapé m’a ouvert aux souffrances des autres, m’a détaché de mon égo, j’ai un regard plus compatissant pour les autres. Cette épreuve m’a unit de plus en plus à Jésus en croix, j’y ai trouvé une paix et une joie que je ne connaissais pas, je suis entré plus profondément dans le mystère du salut et j’y ai rencontré un Dieu miséricordieux. Au lieu de me plaindre tout le temps, j’ai appris la louange, l’action de grâce. J’ai compris la grandeur de l’offrande qui m’unit à celle de Jésus s’offrant au Père à chaque eucharistie pour le salut des âmes et pour mon propre salut. J’y ai découvert son inexprimable valeur; ne cherchant que la volonté de Dieu et le désir de lui plaire, j’ai reçu la paix et la joie que Jésus nous a promis dans son Évangile….. »

Il arrive que la grâce si convoitée tarde à venir parce que la personne a besoin de se confesser, de se réconcilier avec Dieu avant de recevoir cette grâce qui transformera sa vie. Le Seigneur veut vivre une intimité, un cœur à cœur avec chaque personne; sa prière devient alors une prière tournée vers Dieu; une prière qui approfondit la foi en un Dieu tout-puissant qui peut tout pour celui qui croit. S’attacher à nos demandes au point de se concentrer uniquement sur elles plutôt que sur l’amour de Dieu ne laisse pas à Dieu la liberté d’agir. Nos comportements, nos attitudes à vouloir à tout prix être exaucé comme nous l’entendons retarde et empêche l’agir de Dieu. Au lieu de se faire mendiant de son amour, nous risquons de vouloir prendre le contrôle. Alors qu’un abandon confiant à la miséricorde divine élève l’âme à l’action de grâce, à la louange et la remplie de la sainte Présence, tellement plus désirable que toute autre gain. Alors, nous découvrons l’immense joie de Dieu à combler son enfant bien-au-delà de nos attentes, de notre espérance.

Dieu nous a donné sa Mère, elle intercède sans cesse pour nous, sa volonté est unie à celle de son divin Fils. Le fiat de Marie prononcé lors de l’Annonciation doit devenir le nôtre tout au long de notre vie afin de vivre dans la volonté divine, suite à notre Mère céleste. Comme une bonne Maman, elle nous montre le chemin, nous soigne, nous soutient et nous conduit vers l’Esprit de sagesse. La Vierge Marie nous associe intimement à sa vie. Lors de sa visite à sa cousine Élisabeth, Marie chante son Magnificat, elle nous associe à sa louange rendant gloire à Dieu qui a fait pour elle des merveilles qui se perpétueront en notre vie. Debout à la croix, unie à son Enfant Jésus expirant, Marie nous associe au mystère de la croix. Lors des mystères joyeux, douloureux, glorieux ou lumineux du rosaire, nous contemplons la vie de Jésus et de Marie, nous sommes constamment invités en tant qu’enfant de Dieu à entrer dans l’intimité du Coeur de Jésus et de Marie et à partager leur vie. Marie se réjouit avec nous et souffre avec nous tout comme elle l’a fait avec Jésus. Que nos prières et notre vie convergent vers la sainteté de la Vierge Marie et de son divin Fils.

Marie, en communion avec Jésus répond à nos prières, elle nous obtient ce dont nous avons besoin. Son Coeur de Maman présente notre prière à notre Père céleste, il les connaît avant même que nous les formulions. Faisons confiance à cette bonne Maman que Jésus nous a donné du haut de la croix et croyons à la Parole de Dieu : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt, 6, 34)

Francine Paquin

 

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Le Sanctuaire de Notre-Dame du Cap, un lieu saint

 

Le Sanctuaire de Notre-Dame du Cap est un lieu de pèlerinage situé dans la région de Trois-Rivières, majestueusement bordé par les eaux du fleuve Saint-Laurent. La beauté des jardins est propice au recueillement; au long des allées, nous pouvons contempler les mystères du rosaire et prier un chemin de croix. Les oblats de Marie immaculé sont aujourd’hui les gardiens du Sanctuaire.

Voyons un peu l’histoire des fondations de ce lieu privilégié. Ce qui sera appelé plus tard le petit sanctuaire est d’abord une paroisse. Au début, les Jésuites en prirent la charge, les Récollets les remplaceront en 1680. Par la suite, la paroisse demeura longtemps sans pasteur jusqu’à ce que le curé Désilets en devienne responsable en 1864. Plus tard, ce prêtre dédiera le petit sanctuaire à la Vierge Marie, ce qui sera le commencement du Sanctuaire de Notre-Dame du Cap.

Notre-Dame du Cap aussi appelée Notre-Dame du très saint rosaire est marquée par la confrérie du rosaire, reconnue officiellement le 11 mai 1694. La pierre angulaire du petit sanctuaire actuel a été posée en 1717 et l’église fut officiellement ouverte au culte en 1720. Quelques années plus tard, une annexe fut ajoutée au petit sanctuaire et une basilique fut construite en 1955. Dans la première partie du siècle dernier, la pratique religieuse était faible; un jour, monsieur le curé Désilets, passant par l’église pour y prier, entend un bruit insolite. Devant l’autel de la Vierge Marie, il voit un jeune porc mâchouiller un chapelet. «Les gens laissent tomber le chapelet et ce sont les cochons qui le ramassent.» se dit-t-il. Interpellé par ce fait, le bon curé décide de propager la prière du rosaire, ce qui aura bientôt un effet bénéfique. Les pèlerins deviennent plus nombreux et la construction d’une nouvelle église s’impose. Deux faits extraordinaires se produisent alors.

Le pont des chapelets : pour la construction d’une nouvelle église, il faut des pierres mais les gens sont pauvres et le sol du Cap est sablonneux, il ne contient pas de pierre. Des marguilliers préparent la pierre sur la rive sud avec l’intention de la transporter sur le fleuve l’hiver suivant. Mais l’hiver 1878-79 est doux, la glace ne prend pas sur le fleuve. Les paroissiens se tournent vers la Vierge Marie et tous les dimanches, ils récitent le chapelet pour obtenir un pont de glace sur le fleuve. Les gens persévèrent dans la prière et le curé Désilets promet à la Sainte Vierge de lui consacrer la petite église si l’on peut transporter la pierre pour la nouvelle construction. On croyait devoir détruire l’église (le petit sanctuaire actuel) pour obtenir plus de pierres; ce ne fut pas nécessaire, il demeure tel qu’il est aujourd’hui, la Vierge Marie avait des vues sur son Sanctuaire. Au soir du 16 mars, un passage se forme d’une rive à l’autre sur le fleuve. Des voitures tirées par des chevaux font le transport de la pierre; les gens l’appelleront désormais le pont des chapelets, ainsi il fut baptisé par les transporteurs de pierre.

Le «Prodige des yeux» Le 22 juin 1888, la même journée que le curé Désilets a dédié l’église à Notre-Dame du Rosaire, vers les sept heures du soir, trois hommes, le curé Désilets, le père Frédéric et Pierre Lacroix, un homme handicapé prient devant la table de communion. Écoutons le père Frédéric : «la statue de la Vierge, qui a les yeux entièrement baissés, avait les yeux grandement ouverts; le regard de la Vierge était fixe; elle regardait devant elle, droit à sa hauteur; l’illusion était difficile : son visage se trouvait en pleine lumière par suite du soleil qui luisait à travers une fenêtre et éclairait parfaitement tout le sanctuaire. Ses yeux étaient noirs, bien formés et en pleine harmonie avec l’ensemble du visage. Le regard de la Vierge était celui d’une personne vivante; il avait une expression de sévérité, mêlée de tristesse. Ce prodige a duré approximativement de cinq et dix minutes.» (1)

Parmi les faits marquants du Sanctuaire, la venue du saint pape Jean-Paul II, le 10 septembre 1984. Sous une pluie torrentielle, devant une foule immense, il célébra une messe en l’honneur de la Vierge Marie. Le couronnement de la statue de Notre-Dame du Cap et le congrès marial furent également des moments mémorables dans l’histoire du Sanctuaire. Le bon père Frédéric qui a été le premier directeur des pèlerinages est une figure déterminante pour la mission du Sanctuaire. Contenu des faits extraordinaires survenus à Cap-de-la-Madeleine, les pèlerins se font de plus en plus nombreux. Devant la tâche immense du ministère paroissial et de l’accueil des pèlerins, le père Frédéric fit appel aux Oblats de Marie immaculé, les premiers arrivèrent au Sanctuaire en 1902

Aujourd’hui, le Sanctuaire, fort et enrichi des expériences du passé continue sa mission auprès des pèlerins venus du Québec et d’ailleurs à travers le monde; petits et grands, jeunes et vieux, tous ont leur place. En toute saison, des événements et des activités se succèdent : aux fêtes de Noël par exemple, les jardins illuminés attirent de nombreux visiteurs. Mais c’est lors de la saison estivale que le Sanctuaire, en pleine effervescence donne sa pleine mesure : messes, célébrations avec onction pour les malades, temps d’adoration, activités familiales, concerts, présentations théâtrale à saveur évangélique offert par «cap jeunesse », un groupe de jeunes, dynamiques, etc. La pastorale du Sanctuaire se veut être à l’écoute des besoins des pèlerins, d’une population toujours plus diversifiée; elle se veut créative dans le respect des personnes, dans la lignée des valeurs chrétiennes.

Un temps fort au Sanctuaire est celui du festival de l’Assomption. Chaque année, un thème est choisi sur lequel des prédicateurs nous partagent leurs réflexions à l’intérieur d’une célébration eucharistique. Les soirs du festival se terminent par une procession aux flambeaux pendant laquelle une foule chante et prie tout au long du parcours. Le 15 août, la fête de l’Assomption de la Vierge Marie couronne le festival. De partout, des personnes viennent célébrer leur Mère du Ciel; les jardins fourmillent de gens, les cœurs sont à la fête. La journée s’achève par la procession aux flambeaux, elle se termine autour du lac sainte Marie parmi les chants et la prière; d’un radeau glissant sur l’eau brûle un grand feu de bois.

Chaque année, de nombreux bénévoles s’impliquent à de multiples tâches qu’ils accomplissent fidèlement; leur détermination à rendre service sont de précieux atouts pour le bon fonctionnement du Sanctuaire. Nous ne pouvons passer sous silence le dévouement inlassable des prêtres, toujours prêts à répondre aux besoins des pèlerins. Autres bienfaits : le site internet du Sanctuaire, par sa diversité et son apostolat offre un large éventail d’informations; il en est de même pour la revue de Notre-Dame du Cap dont les témoignages et les articles, à saveur marial, aident les lecteurs dans leur cheminement spirituel.

Le Sanctuaire de la Vierge Marie est ce lieu privilégié où les enfants de Dieu viennent rencontrer leur Mère du Ciel. Marie les accueille de sa tendresse maternelle, elle leur apporte réconfort et soutient, les apaise et les soigne, prodiguant les grâces et les bénédictions dont chacun a besoin pour poursuivre son chemin, à la rencontre de Jésus. Prions-la avec ferveur et confiance, sa prière est puissante sur le Coeur de Dieu, elle intercède pour nous auprès de son divin Fils, témoignons-lui notre reconnaissance pour sa présente aimante parmi nous. Prions aussi pour nos ancêtres qui ont peiné durement pour édifier le Sanctuaire de Marie, ils ont persévéré dans la foi et la prière malgré les difficultés rencontrées, soyons-leur reconnaissants pour les fruits de leur labeur dont nous profitons aujourd’hui.

Francine Paquin


  1. Extrait du livret : Brève histoire de Notre-Dame du Cap, par le père Hervé Aubin.

 

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Devenir mère de Jésus et des âmes

«Quiconque fait la volonté de mon Père qui est aux cieux,
celui-là m’est un frère et une sœur et une mère.»
(Mt,12, 50)

 

L’âme embellie sous l’action de l’Esprit-Saint est appelée à devenir, à l’exemple de la Vierge Marie, mère de Jésus et mère des âmes. Lors de l’Annonciation, Marie a accueilli le plan de Dieu, elle a uni sa volonté à la volonté de Dieu et contribue ainsi à la rédemption du genre humain. À la suite de la Sainte Vierge, toute âme baptisée est invitée à vivre en étroite communion avec Jésus en tant que membre du Corps mystique du Christ auquel elle appartient. La grâce baptismale lui confère le sacerdoce commun des fidèles, l’appelant ainsi à participer au sacerdoce du Christ pour le bien de l’Église, du peuple de Dieu. Répondant à l’invitation de Jésus, elle se fait solidaire de tous les humains; mère, frère et sœur de Jésus et de ses frères et sœurs, elle collabore à l’avènement du Royaume de Dieu. Marie montre le chemin : elle se fait intimement proche de l’âme attisée par l’Amour, elle la tient embrasée en son Coeur immaculé et la soumet au feu purificateur et sanctificateur de l’Esprit-Saint, son divin Époux.

L’Esprit-Saint ayant opéré en Marie les merveilles de Dieu veut poursuivre son oeuvre avec la Vierge et par Elle, au cœur des enfants du Père. Dans sa tendresse maternelle, Marie inculque à l’âme son désir de faire connaître et aimer Jésus, de le donner au monde : le don d’un amour qui ne se calcule pas, ne se mesure pas, un amour qui se donne, qui aime. L’âme ne peut par elle-même, si ardent que soit son désir, aimer d’un amour aussi parfait que celui de sa Mère. Aussi, son désir doit être purifié par le creuset de la souffrance, du détachement de soi et du monde car Dieu la veut pure, il veut la parfaire, la recréée sous la touche divine. Consumée par l’Amour comme une proie bienheureuse, embrasée sous le regard et la protection de la Vierge, sa maternité spirituelle prend tout son essor au Coeur de Marie. La Vierge collabore pleinement à la réalisation du plan divin, elle est une puissance d’amour intimement douce en laquelle toute âme peut trouver la joie de l’offrande.

Marie demeure cette présence pacifiante et vivifiante, celle qui intervient, soigne, réconforte et guide son enfant blessé en cette terre d’exil. Au milieu des morts intérieures, des purifications de la chair et de l’esprit, Marie sait donner à l’âme un souffle nouveau, le souffle de l’Esprit. Profondément aimée de Marie, l’âme reçoit avec Elle et par Elle les trésors du Coeur divin. Le Coeur de la Mère insuffle au cœur de son enfant sa maternité divine, elle lui lègue la flamme d’une charité ardente afin qu’elle soit, à la suite de sa Mère, mère de Jésus et mère des âmes.

Enfant du Père, l’âme perçoit l’amour de Dieu au cœur de ses frères et sœurs. Son désir d’aimer et de servir la pousse à rechercher sans cesse la volonté de Dieu pour mieux l’aimer à travers l’autre. Comme Marie s’est rendue auprès de sa cousine Élisabeth alors que celle-ci devait enfanter, l’âme vivant sous la mouvance de l’Esprit veut semer la paix et la joie autour d’elle; servante du Seigneur à l’exemple de sa Mère chérie, elle désire contribuer à la rédemption du monde. Éprise de Dieu, elle sait reconnaître sa petitesse, ses faiblesses; avec une confiance toute filiale, elle s’en remet à la miséricorde divine, comprenant que sans la grâce, elle ne peut rien par elle-même. Dans cet esprit d’abandon et de confiance, avec le soutien maternel de la Vierge Marie, l’âme devient avec sa Mère et par Elle, sous la mouvance de l’Esprit-Saint, mère de Jésus et mère des âmes pour la plus grande gloire de Dieu.

Ô mon âme qui veut être mère, regarde
le Visage de Dieu, ce qu’il a engendré en toi.

 

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Ils l’appelèrent Myriam

 

 

Ils t’appelèrent Myriam. Aux yeux des hommes, une fille d’Israël parmi les autres! Ils ignoraient que le Messager du Seigneur avait déjà salué en toi la Grâce incarnée de leur Dieu.

Ils te nommèrent Myriam, inconnue à leurs regards! Dans les cieux, les anges adoraient en ton sein très pur le Verbe de Dieu.

Ils ne voyaient que le vêtement qui te recouvrait! Ton Dieu et leur Dieu t’avait tissée et revêtue de sa lumière.

Pour eux, la parole d’une femme ne méritait pas d’égard! Toi, la Femme entre toutes, tu pouvais leur enseigner le langage des anges.

Ton passage demeurait inaperçu! Tu pouvais guider leurs pas aux mystérieux échelons de la montée vers Dieu.

Ils revendiquaient publiquement leurs droits! Au silence de ta contemplation, tu pouvais leur offrir la liberté de l’Amour.

Créature cachée et commune à leurs yeux! Tu demeurais l’Immaculée, parfaite complaisance du Dieu trois fois saint.

Ils refusèrent de croire en ton Jésus, l’Envoyé du Père! Tu demeurais anonyme, effacée afin que soit glorifié le Père en son divin Fils Jésus. «Tout ce qu’il vous dira, faites-le» (Jn, 2, 5)

Ils réclamèrent de ton Jésus les preuves de sa divinité! L’humilité de sa Servante reconnaissait dans l’abnégation de son divin Fils, la grandeur de Dieu.

Ils se disaient prêtres du temple, imbus de leur sagesse! L’Esprit de Sagesse te révélait l’authenticité du Don de Dieu.

Leur vanité d’homme s’appropriait le temple de Dieu! L’oblation de ta vie unie à celle de ton Enfant bâtissait le Royaume de Dieu.

Dans un flot de paroles, les sages étalaient leurs connaissances! Ton silence contenait à lui seul l’unique Parole de vie éternelle.

Ils se glorifiaient de suivre fidèlement la loi de Moïse et d’être les fils d’Abraham! L’Esprit du Seigneur enveloppait ton âme des intimités divines, Marie, prémices de la Nouvelle Alliance.

Ils te croyaient femme de la terre, tu étais Reine des Cieux! Ils te savaient mère d’un homme, tu te savais Mère et Épouse de Dieu!

Ils présentaient dans le temple leurs orgueilleuses offrandes! Toi, Marie, véritable Temple de Dieu, tu offrais au Père, l’unique offrande digne de son amour: ton Fils unique Jésus.

Les savants scribes prétendaient être les détenteurs de la vérité! La certitude de ton espérance se fondait sur ta foi illuminée de la promesse du Père.

Sur le chemin du Calvaire, tu passais pour la mère d’un malfaiteur! Le «oui» de ton cœur avait donné au monde le Chemin, la Vérité, la Vie.

Le peuple d’Israël attendait un Sauveur à la mesure de sa sagesse humaine! L’Esprit de Sagesse te façonnait à l’insondable volonté du Père, la rédemption du monde passant par le chemin de la croix.

Ils enfoncèrent les clous dans les membres très saints de ton Bien Aimé! Le glaive de l’Amour transperçait le Cœur immaculé de la Mère de Dieu.

Pendant l’agonie du Christ, les hommes injuriaient le Fils de l’homme et de Dieu! Le divin Crucifié remettait aux hommes la Mère de Dieu. «Fils, voici ta mère» (Jn, 19,26)

Le cœur des hommes condamnait Dieu! Le Coeur de Dieu en croix uni au Coeur de sa Mère pardonnaient aux hommes.


Retournées vers la Lumière, ces âmes qui t’ignoraient jadis reconnaissent et chantent aujourd’hui, dans la Jérusalem céleste, la gloire d’Israël manifestée en ton sein très pur, Vierge Marie, Mère de Dieu.

Aujourd’hui, cette gloire traverse les siècles. Les hommes et les femmes de tous les temps te vénèrent et te prient douce Vierge Mère, Mère des enfants des hommes.

Aujourd’hui encore, ils t’appellent Myriam: ils reconnaissent et bénissent la Mère de Dieu, proclament la gloire de ton martyre et célèbrent les merveilles du Très-Haut en ton âme.

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Marie, Femme de l’Amour

 

Une femme se lève dans le soleil, un diadème d’étoiles couvre son front, l’amour auréole son Nom…une femme appelée Marie.

En ses yeux ruisselle une rosée de larmes baignant les contrées vallonnées de la terre; perlées sur le visage de Marie, elles glissent au cœur de la femme où germent les poussées de l’amour. Du Coeur virginal de Marie s’échappe la semence, elle s’étire en un long sillon argenté livrant la transparence du Coeur de Marie.

Alors que de la terre monte une plainte agonisante, -le souffle silencieux d’une femme suffoquée sous le poids de sa douleur muette, -s’ouvrent les entrailles de la terre; auprès de Marie, la femme gravite les échelons du mystère humain. Les deuils de l’âme ont livré à la terre leur grain de sénevé; labourée en ses contours, le sol donne son fruit. Vierge Mère, toi qui dans la plénitude de ton offrande a remis au Père ton Enfant Jésus au vendredi du grand deuil, tu nous lègues l’amour et le pardon en héritage. Que les ave de nos vies fleurissent en bouquets de renaissance traçant les pas de ta rencontre sur nos rosaires inachevés.

Quand nos cœurs lacérés ne veulent plus croire en l’être humain, qu’ils ne savent plus reconnaître le visage de l’amour, ô Vierge, dévoiles-nous ton Visage. Alors que nos cœurs cherchent, avides, le reflet vacillant de leur propre visage où jadis, il se communiait à l’autre, Femme du Ciel et de la terre, fais-nous voir ton Visage! Puissions-nous encore répondre à ton appel? Saurions-nous, dans les timides aurores de nos hivers, reconnaître ton rayon d’or penché sur nos vies? Saurons-nous nous réchauffer au feu de ton espérance? Puissions-nous trouver au cœur de ton silence, ô Femme toute belle, le repos de nos âmes, nous asseoir avec toi à la table de la réconciliation, découvrant la saveur d’une manne nouvelle.

Ô Marie, la beauté de ton âme, nul en connaît la profondeur. Cachée aux yeux des humains, Exaltation très pure du Très-Haut, tu t’avances dans sa Lumière. Des tréfonds de ton âme, traversant tes secrètes nuits intérieures, s’élève l’hymne de ta joie : Magnificat, le Seigneur fit pour moi des merveilles, Saint est son Nom! (Lc, 1, 49) Femme de l’amour, soutiens nos pardons dans la fidélité de ton fiat, allège nos fatigues à la vitalité de ton amour. Ô Mère très tendre, panse nos blessures à la pureté de tes douleurs, protège nos ferveurs à l’éclat de tes tendresses. Chante en nos cœurs renouvelés ton éternel cantique, ouvre-nous à ta plus grande Joie, Jésus, ton Enfant, notre Sauveur, notre Espérance. Fortifie nos chemins dans la semence de tes pas, apprends-nous l’abandon et la confiance dans les bras de l’Amour! Sois, Marie, le Sanctuaire de nos vies où se prolonge ta louange.

La montée d’exil se transforme en une marche nuptiale où nous attend l’Époux. Femme, Vierge et Mère, tes pas libèrent, sur nos pas fatigués, l’empreinte des tendresses divines. En tes sillons creusés de la volonté du Père, nos cœurs se reposent. Des bras de l’Amour naît la limpidité des matins bleutés de ciels nouveaux; recréés sous ton regard, les rayons solaires laissent transparaître leur promesse d’éternité. Devant la douce pâleur des teintes chatoyant l’horizon, les entailles de nos chairs fermées s’ouvrent à une espérance nouvelle. La vie, comme une source transparente, coule, abondante, dans nos veines naissantes. Dans l’espace et le temps, nos chairs ressuscitent, nos cœurs respirent, palpitent au rythme du tien; l’onction de nos voix inscrit de par l’univers notre intime participation à un monde meilleur.

Le regard noyé dans la limpidité de celui de Marie, nous exultons de joie! Dans ses yeux, nous épanchons notre vie! Dans ses bras ouverts, nous déposons nos amours, tout près du Sien, tout près du nôtre : Jésus. Dans les coulées de miel du Coeur maternel, femmes, nous le sommes… sur les tracées du rayonnement marial.

 

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Les Ave du silence

Fête de Notre-Dame de Lourdes, journée des malades.

Les ave du silence chantent en mon cœur, ô Vierge Mère, ils livrent la présence d’un amour maternel alors que le Coeur d’une Mère au cœur de son petit, prie le Fils pour nous. Ils dévoilent les yeux émerveillés de Marie qui pour avoir contemplé l’Enfant-Dieu au berceau, peuvent encore contempler les merveilles accomplies au cœur de ses enfants. Ils offrent le Coeur d’une Vierge Mère qui, pour avoir tout donné à l’Amour, porte encore en son sein virginal, les flots de la grâce déversés aux enfants de la terre.

Les ave contenus au silence du cœur prolongent dans le cours des âges la salutation de l’ange Gabriel et d’Élisabeth. Les ave silencieux demeurent encore la voix de l’Esprit de Dieu animant le cœur afin de prolonger en lui la beauté et les vertus de la Vierge Mère, unissant l’enfant à la Mère. Ils sont l’héritage du don de la Vie que la terre a porté, la glorification du mystère contenue en Marie, révélé au cœur des petits.

Ils sont les ave que les lèvres ne peuvent prier qu’à la lumière enveloppante de ton amour, ô Marie, à laquelle l’âme est livrée. L’intelligence s’est tue, de la voix ne s’échappe aucun son extérieur; seul le cœur retient, sous l’attention du regard marial, la présence maternelle d’une Vierge Mère souriant à son enfant, le gratifiant de la joie et de l’amour de Dieu. Au cœur des ave contemplés, la Mère et l’enfant se donnent comme Jésus est donné.

Ni élan, ni action aucune si ce n’est l’accueil de l’étreinte mariale, du repos du cœur au Coeur de Marie, de la Joie enfantée de nouveau au cœur des petits de la terre. L’accueil du mystère, d’une Mère contemplée prolonge à travers les âges l’offrande de l’Amour. De la salutation de l’Ange au cri extatique d’Élisabeth, Marie tressaille de joie, Marie magnifie Dieu. Le Magnificat de la Vierge chante sa plénitude; le Magnificat de la Mère de Dieu donne à l’Église les voix des réalités célestes, il lui montre le chemin afin de perpétuer en elle et par elle les échos transparents du mystère divin. D’un seul cœur, traversant les entrailles de la terre, la louange exalte la beauté des merveilles accomplies. Pleine de Grâce… le fiat de Marie a renversé les prémices du mal; le Seigneur est avec toi… l’Esprit de Dieu t’a soulevée jusqu’à Lui, tu es bénie entre toutes les femmes… au Temple virginal, Temple choisi entre tous, Marie adore l’Oeuvre divine en elle et le Fruit béni de tes entrailles, ô Marie, soulève les entrailles de la terre jusqu’à leur couronnement dans les Cieux.

Prie pour nous, pauvres pécheurs… sous le regard de Marie, le pécheur repentant partage la béatitude de la Reine des Cieux. Ici, maintenant et à l’heure de notre mort, prie pour nous Sainte Mère de Dieu…la beauté de l’Immaculée revêt le pauvre; le sourire maternel tend les bras à l’agonisant, les pas de Marie le devancent à l’entrée du Royaume. Amen, oui, je crois. Dans les bras de Marie me portent déjà les bras du Père et du sourire de la Vierge, j’entre enfin dans l’éternel ravissement du sourire de Jésus. Oui, je crois.

Les ave du silence! Plénitude de Vie où exultent le Coeur de Marie et des petits à la Parole faite Chair, Grâce incarnée de l’Esprit! Je vous salue Marie…


Vierge Marie, en cette journée des malades et chaque jour, nous te demandons de visiter tous ceux qui souffrent, ceux qui ne savent pas que Dieu les aime et qu’il veut leur apporter Sa paix et Sa joie. Par ton Coeur immaculé, Vierge Mère, nous offrons à Jésus toutes les souffrances de la terre afin que rien ne se perde dans l’Amour.

 

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Marie, Mère des enfants des hommes

 

Mère de Dieu, protège les enfants des hommes, veille sur les petits de la terre. Sur les enfants blessés en leur chair et âme, pose ton regard maternel; ne cesse point de les couvrir de ton manteau de tendresse. Attise en leur âme vulnérable ton souffle de vie, ne desserre point ton étreinte sur leur existence entrecoupée; sur leur solitude silencieuse, dépose le baiser d’une Mère. Sur la violence de leurs gestes, les cris exaspérés de leur âme, verse le baume odorant de ta paisible Présence.

Des affrontements subis, guéris ces enfants rebutés de leur famille humaine. En leurs larmes éteintes, berce l’innocence dérobée sous l’égarement des hommes. Sur la route épineuse étalée à leur espérance trompée, imprègne tes pas à la rencontre de leur désarroi muet, ravive leur foi déçue. Là où les hommes n’entendent plus leur voix, grave en leur cœur délavé, l’écho de ta fervente prière. Sème, au jardin de leur jeune âme éprouvée, le Fruit unique de ton sein: Celui en qui tant de pleurs ont baigné l’espérance d’un monde meilleur.

Mère de Dieu, ressuscite à la joie les enfants des hommes. Recrée le cœur des enfants d’autrefois afin que réunis en ton enceinte maternelle, la terre respire enfin d’un Souffle nouveau, Jésus, l’Enfant de l’homme, frère des enfants de Dieu et des hommes.

À la vie de l’Esprit du Ressuscité
Naissent les enfants de Dieu
Formés dans le Coeur de Marie
Sous le souffle vivifiant de l’Esprit.

Au cénacle du Coeur virginal d’une Mère
Repose sur nous l’Esprit Créateur.
Nous fixons les yeux sur toi, ô Vierge immaculée
Émerveillés, nous contemplons l’Oeuvre de Dieu.

L’Amour nous presse, le Silence devient Chair
Docilité et perméabilité à l’action de l’Esprit
Transparence et limpidité du Coeur d’une Mère.
L’enfant rené des plaies de l’Amour
Se confie à la maternelle bienveillance
De Celle qui a contenu en son sein
La Sagesse incarnée du Père.

À regarder Marie
Nous recevons le don de Jésus
À donner Jésus,
Nous entrons dans ta joie, ô notre Mère

Francine Paquin

 

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Mystère glorieux : Le couronnement de Maie

« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs d’un enfantement ». (Ap 12, 1-2)

Vierge Marie, toi notre Mère, nous voici maintenant arrivés à la fin de ce parcours des vingt mystères du Saint Rosaire, don de l’Esprit et de ton intercession, pour le salut de tes enfants dans le rythme des âges de l’Église. Comment se fait-il que nous puissions te couronner Mère dans la contemplation du mystère de ta vie, toi, Celle qui fut choisie par le Père depuis toute éternité pour vivre, réaliser une mission unique auprès de son Fils Unique? Une mission maternelle qui aura comme en écho, l’œuvre de la rédemption elle-même! Ta maternité devait résonner au rythme de l’œuvre du Fils auprès de l’humanité entière.

Le Livre de l’Apocalypse nous dit qu’Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme… une Mère! Et, le Livre de la Genèse 3, 15, nous laisse entendre clairement, comme un Proévangile, que la Femme aura un rôle plus qu’essentiel de par sa mission maternelle pour vaincre la Bête : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme entre ta descendance et sa descendance, celui-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » Cette Femme, Marie, cette Mère c’est toi! Toi qui fus attendue de par les âges du monde afin de combler le cœur du Père en une mission maternelle unique et exceptionnelle de par l’univers entier.

Une Femme, ayant le soleil pour manteau ». Bien sûr, nous voyons spontanément, par la grâce singulière qui t’habite, qui anime tes entrailles de mère, une lumière du Ciel qui t’enveloppe. Mais, il y a plus, et bien plus, nous comprenons que l’ondée lumineuse qui se dégage de la grâce dont tu es revêtue est divine, toi la « Comblée de grâce ». La divinité même du Très-Haut repose sur toi, tout comme l’ange Gabriel te l’avait dit à l’Annonciation : « l’Esprit Saint viendra sur toi »! Mais, alors, ne pourrions-nous pas conclure que ce qui émane de ta chair préservée du péché serait la grâce de la Maternité divine? Comment pourrions-nous faire autrement, pour ne pas nous laisser interpeller en ce sens par le mystère unique qui est le tien? Tu es mère et mère pour l’éternité, l’éternité de tous les élus! Tu ne peux donc rayonner une autre lumière que celle de la Maternité qui te fut confiée par le Père et par le Ciel pour les âges des âges.

Comme le dit un jour la mystique Marthe Robin : Mais, si Marie est Reine, c’est d’abord parce qu’elle est Mère. Ainsi, la royauté que nous méditons, que nous célébrons en ce mystère n’a d’égale que ta maternité, et ta Maternité divine! « La lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Les douze étoiles, les douze tribus d’Israël, telle est là ta couronne de gloire! Aucun de tes enfants sur la terre, et même dans le Ciel, ne pourra pénétrer, la profondeur insondable de la grâce qui te fut faite, tant est riche et grand ce mystère. Nous aurons l’éternité pour contempler dans le cœur même de la Trinité Sainte l’intimité qui te fut confiée dans la vie de l’Esprit. Une intimité qui te fait l’intime du Dieu trois fois saint en son désir brûlant de sauver chacun de ses enfants. Heureuse es-tu Vierge Marie d’avoir été la choisie de Dieu. Heureuse es-tu Vierge Marie d’être notre Mère! Heureuse es-tu Marie de Nazareth d’être notre Reine! Nous te saluons, nous t’aimons, nous rendons grâce à Dieu pour le don inépuisable de ta maternité, de ta Maternité divine! Amen!

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Mystère glorieux : L’Assomption de la Vierge Marie

 

« Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’immaculée Mère de Dieu, Marie Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été ‘assumée’ en corps et âme à la gloire céleste. » (Munificestissimus Deus – Pie XII – 1er novembre 1950).

Rien dans la bible ne nous parle directement ou non de l’assomption de Marie. Cependant, très tôt dans la tradition orale de l’Église, les chrétiens eurent foi en une mystérieuse élévation de la Mère de Jésus au Ciel. Le sens de l’Immaculée conception, par le sensus fidei des croyants, don de l’Esprit – bien que proclamée officiellement qu’en 1854 – laissait déjà entendre dans le cœur des croyants que la Mère de Dieu ne pouvait avoir vécu la corruption du tombeau.

En ton « Assomption », dis-nous Marie, doit-on parler d’assomption ou de dormition? Tout plein de questions nous envahissent en ce nouveau mystère : As-tu vécu la mort, la mort de ton corps humain, comme nous nous la vivons, ou t’es-tu simplement endormie dans le silence de la grâce, de toutes les grâces insignes qui te furent faites pour ta mission? Nous sommes encore sans réponse et tu sembles avoir jugé bon, avec l’Esprit, de nous laisser dans ces énigmes.

En fait, à bien y méditer, il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir de réponse à ces questions. Car l’important n’est pas de savoir si tu as vécu la mort ou si les anges t’ont élevée au Ciel, comme nous voyons souvent sur des images, mais de comprendre que tu es au Ciel avec ton Fils, dans la félicité de la Trinité même. Voilà ce que la déclaration de foi par l’Église en 1950 a voulu nous donner de saisir pour notre plus grande joie d’enfant.

Mais pourquoi au juste es-tu allée rejoindre ton Fils dans les Cieux? Parce que tu le méritais mieux que personne…, peut-être pas en ce sens! Parce qu’il y avait une raison maternelle à ce fait, ça semble plus éclairant regardant ta mission? Et de fait, en y regardant bien, il nous est fort aisé de comprendre que tu es au Ciel avec Jésus tout simplement parce que tu es Sa Mère, et la Mère de Dieu!

Mais nous pouvons comprendre aussi, en tant que tes enfants, que ce privilège de ton Assomption ne s’arrête pas là. Tu es notre Mère à tous, et tu continues d’être notre mère au Ciel. Ta mission ne s’est pas arrêtée sur la terre, mais elle se poursuit dans l’espace et le temps : Marie, dite Toujours Vierge et l’Immaculée Mère de Dieu ne cesse dans la Gloire du ciel d’enfanter de nouveaux élus!

Tels sont là, ô Mère les deux rôles que nous comprenons sur le privilège de ton Assomption : ta vocation-mission d’être Mère de Dieu et Mère de l’Église enivre tout ton être des joies du ciel, celles de l’Esprit dans l’œuvre de conception et du don de la vie. Nul besoin de mourir, nul besoin de dormir, l’Esprit te porte sur ses ailes, celles de l’intercession maternelle en Divine maternité d’amour avec LUI!

Que la prière du Saint Rosaire, ô notre Mère, nous élève avec toi dans la patrie céleste. Que la récitation des Aves en ta compagnie et celle de l’Esprit produise déjà en nous les fruits du Royaume, ceux dont le Père céleste, en sa Sagesse, a voulu depuis toute éternité gratifier ses enfants par la vie divine en son Fils. N’es-tu pas revêtue de la Maternité divine! Que cette grâce rédemptrice nous élève tous en ta compagnie et celle de la Trinité!

 

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