Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin
Le rosaire dans la ville

L’institution de l’eucharistie

Imprimer Par Francine Paquin

  La fête de l’Eucharistie, fête du Très Saint Sacrement est la fête de l’Amour par excellence, la fête de Celui qui se fait pauvre, de la charité suprême, fête du Don de Dieu pour la vie du monde dans sa plus parfaite oblation. Pouvait-il y avoir une manière plus intime à Dieu, en Jésus-Christ, de demeurer parmi nous en nous livrant lui-même son corps, son sang, son humanité et sa divinité que nous recevons en notre cœur lorsque nous communions à sa Vie!

  Plus le désir de communier à la vie du Christ est profond, plus le Seigneur comble l’âme de ses grâces, de sa Présence. Pendant la célébration de la messe, le prêtre prononce les paroles de Jésus laissées aux apôtres lors de la dernière scène avant d’entrer librement dans sa passion. «Ceci est mon corps, ceci est mon sang, faites cela en mémoire de moi.» (Mc. 14, 22-24) Aux paroles de Jésus prononcées par le prêtre, l’Esprit de Dieu transforme le pain et le vin au corps et au sang de Jésus. L’Église tout entière célèbre le mystère de notre rédemption.

  l’Eucharistie perpétue l’Alliance nouvelle et éternelle entre Dieu et l’humanité. Que le prêtre célèbre la  messe seul ou avec plusieurs personnes, cela ne change en rien au mystère de la foi. L’Église tout entière y est présente, l’Église triomphante composée des bienheureux du ciel, l’Église souffrante des âmes du purgatoire ainsi que l’Église militante dont nous faisons partie demeure présente en Jésus-Christ par sa mort et sa résurrection célébrées dans l’Eucharistie.

 Avant de prononcer les paroles de la consécration, le prêtre verse une goutte d’eau dans le vin. Cette petite goutte d’eau en elle-même n’est rien mais mêlée à ce qui deviendra le sang de Jésus, elle reçoit sa valeur d’éternité dans le Christ Sauveur, participe au mystère de la croix. Cette goutte d’eau représente chacun de nous qui adhérons à la vie divine. La vie de Jésus qui se donne et se reçoit dans une âme aimante à laquelle Jésus veut se donner pleinement. «Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi je demeure en lui » (Jn, 6, 56)

   L’Eucharistie est le signe de l’unité du Corps du Christ, elle rassemble en un seul Corps l’Église du Christ mort et ressuscité pour nous. Jésus prie son Père : «Comme toi Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous afin que le monde croie que tu m’as envoyé.» ( Jn, 17, 21) En son corps et son sang, Jésus rassemble tous les peuples de la terre, de tous les temps, ce qui est divisé est unifié en Lui pour une seule foi, une seule espérance, un seul Pasteur.

   L’adoration du Très Saint Sacrement est un acte d’amour gratuit. Demeurer devant Dieu, accepter de perdre du temps devant le Seigneur sans rien faire, sans rien dire parfois, simplement être présent à Celui que nous contemplons afin de devenir ce que nous contemplons. Contempler le Visage du Seigneur caché dans l’Hostie sainte est un acte de foi, Adorer son Seigneur et son Dieu tout en lui présentant l’humanité. Perdre du temps à se laisser regarder par Jésus présent dans la sainte Hostie, apprendre à aimer, à se laisser aimer dans l’intimité du cœur à cœur. Saint Paul ne nous invite t-il pas à devenir une hostie de louange à la gloire de Dieu! Lors de la fête de l’Eucharistie, la prière du temps présent nous invite à prendre conscience de la grâce inestimable que Dieu nous fait en devenant ce que nous mangeons : « Prenez son corps dès maintenant, Il vous convie à devenir Eucharistie; et vous verrez que Dieu vous prend, qu’il vous héberge dans sa vie et vous fait hommes de son sang. »

    À cause de la maladie, des inconvénients de l’âge, des personnes ne peuvent se rendre à la messe ou à l’adoration. Lorsque cela nous est impossible, le Seigneur Jésus nous a donné une parole de réconfort et d’espérance : «Les vraies adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. Ils seront les adorateurs du Père comme lui-même le désire. » (Jn, 4, 23) Dans l’Esprit de Jésus, tous sans exception peuvent adorer le Père dans la vérité et la sincérité de leur cœur. Dieu se donne à qui veut le recevoir, il ne fait aucune différence entre les peuples; l’important est le désir sincère de rencontrer Dieu dans un un cœur à cœur.

  L’Eucharistie est la Parole faite chair, le Christ vivant parmi nous. Dans le don de sa Personne, Jésus nous invite à la charité envers nos frères et sœurs en Jésus-Christ. Lors du dernier repas de Jésus avant d’entrer dans sa passion, le lavement des pieds est un enseignement de l’amour de Dieu et du prochain. En se faisant le serviteur de tous, Jésus nous invite à faire de même pour les autres et nous rend participants à sa vie divine : « Si je ne te lave pas les pieds dit Jésus à Pierre, tu n’auras pas de part avec moi. » (Jn, 13, 8) Dans le mot Eucharistie, n’y a t-il pas le mot Charité. eu CHARI s T i E

   Le prêtre est le ministre de l’Eucharistie, sans le prêtre, nous ne pourrions manger le corps et le sang de Jésus. Ce n’est que dans le Royaume des Cieux que nous comprendrons la grandeur et la beauté du sacerdoce, le privilège indélébile que Dieu a donné à ces hommes qu’il a appelés. Personne ne devient prêtre par lui-même, il le devient par un appel personnel de Dieu qui lui offre sa grâce. Par le prêtre, Dieu se manifeste dans les sacrements; aux paroles de la consécration, Jésus est présent dans le pain et le vin devenus son corps et son sang, il pardonne et distribue avec largesse ses grâces aux fidèles par le sacerdoce de ses prêtres. Par sa consécration et son union au Christ, le prêtre doit être sur terre un autre Jésus qui, indépendamment des faiblesses de sa nature humaine, poursuit la mission du Christ, le Prêtre par excellence. Saint  François d’Assise disait: «si je rencontre un prêtre et un ange, je m’inclinerai d’abord devant le prêtre.»

 Jésus est le Prêtre par excellence. Durant toute sa vie sur terre et sur la croix, Jésus a consommé son Sacerdoce royal que le Père lui avait confié en accomplissant jusqu’au bout sa mission. Le Christ, premier Prêtre est à la fois Celui qui célèbre et Celui qui est célébré, il est en même temps le Prêtre et l’Hostie; le don total de sa vie pour la rédemption du monde fait de Lui le Célébrant et la Victime parfaite, Celui qui donne et Celui qui est donné dans l’accomplissant de la volonté du Père. Aussi, le Père glorifie son divin Fils; Jésus poursuit dans le monde sa mission sacerdotale par le sacerdoce des hommes qu’il appelle à commémorer et à perpétuer, particulièrement par l’Eucharistie, la mission que le Père lui a confiée.   

  Par leur baptême, les baptisés sont reliés au Sacerdoce royal du Christ et par le fait même, aux âmes sacerdotales qui perpétuent l’Alliance de Dieu avec son peuple. Par notre baptême, notre adhésion au Christ, nous sommes un peuple de prêtres, de prophètes et de rois intimement associés au sacerdoce du Christ-Roi et à ses ministres. Nous avons une responsabilité envers toute âme consacrée dans le sacerdoce; dans le monde où il y a de nombreuses tentations, ils ont besoin de nos prières et de notre appui dans leur sublime vocation. Prions chaque jour pour les prêtres. Jésus n’a t-il pas dit : « À qui on aura donné beaucoup, on réclamera davantage» (Lc, 12, 48) Le prêtre ne se sauve pas seul et ne se perd pas seul, nous y sommes associés dans le Christ.

  Lorsque Jésus a quitté la terre, ses apôtres ont poursuivi sa mission dans l’annonce du Royaume et la célébration de l’Eucharistie. « Faites ceci en mémoire de moi» (Lc, 22,19)La Vierge Marie a été le premier tabernacle de Dieu, le premier ostensoir à porter la vie de  son Fils, elle l’a reçu en elle, elle l’a chéri en ses entrailles et a participé intimement à sa mission sur terre. Nous ne pouvons concevoir avec quel amour et quel bonheur la Mère de Dieu recevait de la main des apôtres le corps et le sang de son divin Fils ressuscité! Marie, Mère du bel Amour, donne-nous faim de l’Eucharistie.

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