Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin
Le rosaire dans la ville

Troisième mystère lumineux : L’annonce du Royaume de Dieu

Imprimer Par Francine Paquin
Pape François avec un enfant malade

Nous pouvons apprendre beaucoup de choses sur Dieu mais pour connaître une personne dans la vérité de son être, il faut d’abord vivre une réelle rencontre. Dieu n’est véritablement accessible que par le coeur puisqu’il est l’Amour. Avant de parler de Dieu, il faut avoir parlé à Dieu dans la prière du cœur,  avoir pris le temps de l’écouter dans le silence. Se nourrir de sa Parole, en vivre dans le quotidien de sa vie. La connaissance de Dieu, don de son Esprit, se révèle au cœur humble alors qu’il y a relation, communion véritable de part et d’autre. La prière venant du cœur relie l’être humain à Dieu dans une complicité amoureuse et personnelle. Jésus nous le dit: «Personne ne connaît qui est le Fils, sinon le Père; et personne ne connaît qui est le Père, sinon le Fils et celui à qui le Fils veut le révéler.» (Lc, 10, 22)

Annoncer le Royaume de Dieu ne signifie pas nécessairement faire des œuvres éclatantes, reconnues de tous. C’est l’amour qui donne aux œuvres leur véritable valeur. Comme le dit Saint-Paul, « si je n’ai pas l’amour, je ne suis rien… »(1Cor. 13, 2) Tant de petites gens inconnues témoignent d’une charité parfois héroïque auprès des autres; à leur façon, elles annoncent la venue du Royaume de Dieu, elles donnent à leurs œuvres leur valeur d’éternité. Des personnes avec des déficiences intellectuelles témoignent et enseignent Dieu non par des paroles mais par la tendresse et l’authenticité de leur cœur.

Les œuvres accomplies par amour de Dieu témoignent du Ressuscité, du Vivant parmi nous. Dieu veut avoir besoin de nous pour établir son Royaume sur la terre. Aussi Saint-Pierre ne dit-il pas : « L’Esprit-Saint et nous-mêmes avons décidé….. » (Act. 15 -22-31) Dieu se communique aux autres par nos gestes, notre cœur, nos paroles, notre fiat irrévocable comme celui de la Vierge Marie à l’Annonciation. L’Esprit-Saint sanctifie nos œuvres afin d’étendre le Royaume de Dieu par toute la terre. Nous sommes appelés à être missionnaire dans notre milieu de vie, auprès de ceux que le Seigneur met sur notre route. Il s’agit parfois d’un sourire, d’une main tendue, d’un peu de chaleur humaine pour redonner espoir à ceux qui manquent d’amour. Et les personnes malades, âgées! Souvent, devant la perte de leur autonomie, elles croient ne plus avoir rien à réaliser, à offrir, elles se sentent inutiles aux yeux de la société mais aux yeux de Dieu, c’est différent; en offrant leur vie, leurs souffrances unies à celles du Christ en croix, elles deviennent de véritables missionnaires dans l’âme, des paratonnerres pour l’Église du Christ. Lorsqu’il y a de l’amour, rien n’est perdu.

Nous sommes les enfants du Père et il veut avoir besoin de nous, non à cause de nos mérites mais pour nous associer à son œuvre, l’avènement du Royaume de Dieu. Plus l’âme est unie à Dieu et accepte de se laisser transformer par son amour, plus le Seigneur la purifiera et l’utilisera pour rejoindre les âmes. Le serviteur n’est pas plus grand que le Maître. À la suite de Jésus, il aura  à souffrir pour le Royaume, l’amour sera teinté de souffrances, de joie, il connaîtra la paix promise par le Christ au cœur même des tribulations. Un jour, au sujet de ses disciples, Jésus a dit : « Si eux se taisent, les pierres crieront. » (Lc, 19, 40) C’est ce feu de l’Esprit-Saint qui anime les âmes, les brûle du désir de faire connaître et aimer Jésus-Christ. Comme le Père a tout remis au Fils, le Fils a promis à ceux qui vivent pour le Royaume : « Cherchez d’abord le Royaume des Cieux et le reste vous sera donné par surcroît » (Lc, 12, 31)

   Avant de s’adresser aux foules pour leur annoncer la Bonne Nouvelle du Royaume des Cieux, Jésus se retirait souvent dans la montagne pour prier son Père. Jésus nous l’affirme : « Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même; le Père qui demeure en moi fait ses propres œuvres. » (Jn 14, 10)       Jésus, ne faisant qu’un avec le Père, il accomplit les œuvres qu’il voit faire par le Père. « L’oeuvre de Dieu est que vous croyez en celui que le Père a envoyé. » (Jn, 6,29) Jésus nous le dit : «Je vous ai choisis, je vous ai pris dans le monde afin que vous partiez, que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jn, 15, 16) Les âmes généreuses qui veulent travailler au règne de Dieu se nourrissent de l’amour de Dieu, Source de toutes connaissances, de toute bonté, de tous biens afin de porter du fruit en abondance.

L’avènement du Royaume est l’espérance qui nous met en marche au milieu des souffrances de ce monde. Travailler pour le Royaume de Dieu comprend des renoncements, des victoires du bien sur le mal, d’apparents échecs; ce qui ne semble pas porter de fruit à notre regard, Dieu le rend fructueux lorsque nous sommes unis aux souffrances du Christ en croix, offerts à sa miséricorde. Plus nous devenons malléables entre les mains de Dieu comme un enfant, confiant et abandonné à l’amour de son Père, plus il peut construire en nous et par nous un Royaume fraternel, de paix et d’amour. Le Royaume des Cieux est déjà là.

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