Archives pour la catégorie Le rosaire dans la ville

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Les Ave du silence

Fête de Notre-Dame de Lourdes, journée des malades.

Les ave du silence chantent en mon cœur, ô Vierge Mère, ils livrent la présence d’un amour maternel alors que le Coeur d’une Mère au cœur de son petit, prie le Fils pour nous. Ils dévoilent les yeux émerveillés de Marie qui pour avoir contemplé l’Enfant-Dieu au berceau, peuvent encore contempler les merveilles accomplies au cœur de ses enfants. Ils offrent le Coeur d’une Vierge Mère qui, pour avoir tout donné à l’Amour, porte encore en son sein virginal, les flots de la grâce déversés aux enfants de la terre.

Les ave contenus au silence du cœur prolongent dans le cours des âges la salutation de l’ange Gabriel et d’Élisabeth. Les ave silencieux demeurent encore la voix de l’Esprit de Dieu animant le cœur afin de prolonger en lui la beauté et les vertus de la Vierge Mère, unissant l’enfant à la Mère. Ils sont l’héritage du don de la Vie que la terre a porté, la glorification du mystère contenue en Marie, révélé au cœur des petits.

Ils sont les ave que les lèvres ne peuvent prier qu’à la lumière enveloppante de ton amour, ô Marie, à laquelle l’âme est livrée. L’intelligence s’est tue, de la voix ne s’échappe aucun son extérieur; seul le cœur retient, sous l’attention du regard marial, la présence maternelle d’une Vierge Mère souriant à son enfant, le gratifiant de la joie et de l’amour de Dieu. Au cœur des ave contemplés, la Mère et l’enfant se donnent comme Jésus est donné.

Ni élan, ni action aucune si ce n’est l’accueil de l’étreinte mariale, du repos du cœur au Coeur de Marie, de la Joie enfantée de nouveau au cœur des petits de la terre. L’accueil du mystère, d’une Mère contemplée prolonge à travers les âges l’offrande de l’Amour. De la salutation de l’Ange au cri extatique d’Élisabeth, Marie tressaille de joie, Marie magnifie Dieu. Le Magnificat de la Vierge chante sa plénitude; le Magnificat de la Mère de Dieu donne à l’Église les voix des réalités célestes, il lui montre le chemin afin de perpétuer en elle et par elle les échos transparents du mystère divin. D’un seul cœur, traversant les entrailles de la terre, la louange exalte la beauté des merveilles accomplies. Pleine de Grâce… le fiat de Marie a renversé les prémices du mal; le Seigneur est avec toi… l’Esprit de Dieu t’a soulevée jusqu’à Lui, tu es bénie entre toutes les femmes… au Temple virginal, Temple choisi entre tous, Marie adore l’Oeuvre divine en elle et le Fruit béni de tes entrailles, ô Marie, soulève les entrailles de la terre jusqu’à leur couronnement dans les Cieux.

Prie pour nous, pauvres pécheurs… sous le regard de Marie, le pécheur repentant partage la béatitude de la Reine des Cieux. Ici, maintenant et à l’heure de notre mort, prie pour nous Sainte Mère de Dieu…la beauté de l’Immaculée revêt le pauvre; le sourire maternel tend les bras à l’agonisant, les pas de Marie le devancent à l’entrée du Royaume. Amen, oui, je crois. Dans les bras de Marie me portent déjà les bras du Père et du sourire de la Vierge, j’entre enfin dans l’éternel ravissement du sourire de Jésus. Oui, je crois.

Les ave du silence! Plénitude de Vie où exultent le Coeur de Marie et des petits à la Parole faite Chair, Grâce incarnée de l’Esprit! Je vous salue Marie…


Vierge Marie, en cette journée des malades et chaque jour, nous te demandons de visiter tous ceux qui souffrent, ceux qui ne savent pas que Dieu les aime et qu’il veut leur apporter Sa paix et Sa joie. Par ton Coeur immaculé, Vierge Mère, nous offrons à Jésus toutes les souffrances de la terre afin que rien ne se perde dans l’Amour.

 

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Marie, Mère des enfants des hommes

 

Mère de Dieu, protège les enfants des hommes, veille sur les petits de la terre. Sur les enfants blessés en leur chair et âme, pose ton regard maternel; ne cesse point de les couvrir de ton manteau de tendresse. Attise en leur âme vulnérable ton souffle de vie, ne desserre point ton étreinte sur leur existence entrecoupée; sur leur solitude silencieuse, dépose le baiser d’une Mère. Sur la violence de leurs gestes, les cris exaspérés de leur âme, verse le baume odorant de ta paisible Présence.

Des affrontements subis, guéris ces enfants rebutés de leur famille humaine. En leurs larmes éteintes, berce l’innocence dérobée sous l’égarement des hommes. Sur la route épineuse étalée à leur espérance trompée, imprègne tes pas à la rencontre de leur désarroi muet, ravive leur foi déçue. Là où les hommes n’entendent plus leur voix, grave en leur cœur délavé, l’écho de ta fervente prière. Sème, au jardin de leur jeune âme éprouvée, le Fruit unique de ton sein: Celui en qui tant de pleurs ont baigné l’espérance d’un monde meilleur.

Mère de Dieu, ressuscite à la joie les enfants des hommes. Recrée le cœur des enfants d’autrefois afin que réunis en ton enceinte maternelle, la terre respire enfin d’un Souffle nouveau, Jésus, l’Enfant de l’homme, frère des enfants de Dieu et des hommes.

À la vie de l’Esprit du Ressuscité
Naissent les enfants de Dieu
Formés dans le Coeur de Marie
Sous le souffle vivifiant de l’Esprit.

Au cénacle du Coeur virginal d’une Mère
Repose sur nous l’Esprit Créateur.
Nous fixons les yeux sur toi, ô Vierge immaculée
Émerveillés, nous contemplons l’Oeuvre de Dieu.

L’Amour nous presse, le Silence devient Chair
Docilité et perméabilité à l’action de l’Esprit
Transparence et limpidité du Coeur d’une Mère.
L’enfant rené des plaies de l’Amour
Se confie à la maternelle bienveillance
De Celle qui a contenu en son sein
La Sagesse incarnée du Père.

À regarder Marie
Nous recevons le don de Jésus
À donner Jésus,
Nous entrons dans ta joie, ô notre Mère

Francine Paquin

 

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Mystère glorieux : Le couronnement de Maie

« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme, ayant le soleil pour manteau, la lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles. Elle est enceinte, elle crie, dans les douleurs d’un enfantement ». (Ap 12, 1-2)

Vierge Marie, toi notre Mère, nous voici maintenant arrivés à la fin de ce parcours des vingt mystères du Saint Rosaire, don de l’Esprit et de ton intercession, pour le salut de tes enfants dans le rythme des âges de l’Église. Comment se fait-il que nous puissions te couronner Mère dans la contemplation du mystère de ta vie, toi, Celle qui fut choisie par le Père depuis toute éternité pour vivre, réaliser une mission unique auprès de son Fils Unique? Une mission maternelle qui aura comme en écho, l’œuvre de la rédemption elle-même! Ta maternité devait résonner au rythme de l’œuvre du Fils auprès de l’humanité entière.

Le Livre de l’Apocalypse nous dit qu’Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme… une Mère! Et, le Livre de la Genèse 3, 15, nous laisse entendre clairement, comme un Proévangile, que la Femme aura un rôle plus qu’essentiel de par sa mission maternelle pour vaincre la Bête : « Je mettrai une hostilité entre toi et la femme entre ta descendance et sa descendance, celui-ci te meurtrira la tête, et toi, tu lui meurtriras le talon. » Cette Femme, Marie, cette Mère c’est toi! Toi qui fus attendue de par les âges du monde afin de combler le cœur du Père en une mission maternelle unique et exceptionnelle de par l’univers entier.

Une Femme, ayant le soleil pour manteau ». Bien sûr, nous voyons spontanément, par la grâce singulière qui t’habite, qui anime tes entrailles de mère, une lumière du Ciel qui t’enveloppe. Mais, il y a plus, et bien plus, nous comprenons que l’ondée lumineuse qui se dégage de la grâce dont tu es revêtue est divine, toi la « Comblée de grâce ». La divinité même du Très-Haut repose sur toi, tout comme l’ange Gabriel te l’avait dit à l’Annonciation : « l’Esprit Saint viendra sur toi »! Mais, alors, ne pourrions-nous pas conclure que ce qui émane de ta chair préservée du péché serait la grâce de la Maternité divine? Comment pourrions-nous faire autrement, pour ne pas nous laisser interpeller en ce sens par le mystère unique qui est le tien? Tu es mère et mère pour l’éternité, l’éternité de tous les élus! Tu ne peux donc rayonner une autre lumière que celle de la Maternité qui te fut confiée par le Père et par le Ciel pour les âges des âges.

Comme le dit un jour la mystique Marthe Robin : Mais, si Marie est Reine, c’est d’abord parce qu’elle est Mère. Ainsi, la royauté que nous méditons, que nous célébrons en ce mystère n’a d’égale que ta maternité, et ta Maternité divine! « La lune sous les pieds, et sur la tête une couronne de douze étoiles ». Les douze étoiles, les douze tribus d’Israël, telle est là ta couronne de gloire! Aucun de tes enfants sur la terre, et même dans le Ciel, ne pourra pénétrer, la profondeur insondable de la grâce qui te fut faite, tant est riche et grand ce mystère. Nous aurons l’éternité pour contempler dans le cœur même de la Trinité Sainte l’intimité qui te fut confiée dans la vie de l’Esprit. Une intimité qui te fait l’intime du Dieu trois fois saint en son désir brûlant de sauver chacun de ses enfants. Heureuse es-tu Vierge Marie d’avoir été la choisie de Dieu. Heureuse es-tu Vierge Marie d’être notre Mère! Heureuse es-tu Marie de Nazareth d’être notre Reine! Nous te saluons, nous t’aimons, nous rendons grâce à Dieu pour le don inépuisable de ta maternité, de ta Maternité divine! Amen!

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Mystère glorieux : L’Assomption de la Vierge Marie

 

« Nous définissons comme un dogme divinement révélé que l’immaculée Mère de Dieu, Marie Vierge, après avoir achevé le cours de sa vie terrestre, a été ‘assumée’ en corps et âme à la gloire céleste. » (Munificestissimus Deus – Pie XII – 1er novembre 1950).

Rien dans la bible ne nous parle directement ou non de l’assomption de Marie. Cependant, très tôt dans la tradition orale de l’Église, les chrétiens eurent foi en une mystérieuse élévation de la Mère de Jésus au Ciel. Le sens de l’Immaculée conception, par le sensus fidei des croyants, don de l’Esprit – bien que proclamée officiellement qu’en 1854 – laissait déjà entendre dans le cœur des croyants que la Mère de Dieu ne pouvait avoir vécu la corruption du tombeau.

En ton « Assomption », dis-nous Marie, doit-on parler d’assomption ou de dormition? Tout plein de questions nous envahissent en ce nouveau mystère : As-tu vécu la mort, la mort de ton corps humain, comme nous nous la vivons, ou t’es-tu simplement endormie dans le silence de la grâce, de toutes les grâces insignes qui te furent faites pour ta mission? Nous sommes encore sans réponse et tu sembles avoir jugé bon, avec l’Esprit, de nous laisser dans ces énigmes.

En fait, à bien y méditer, il n’est peut-être pas nécessaire d’avoir de réponse à ces questions. Car l’important n’est pas de savoir si tu as vécu la mort ou si les anges t’ont élevée au Ciel, comme nous voyons souvent sur des images, mais de comprendre que tu es au Ciel avec ton Fils, dans la félicité de la Trinité même. Voilà ce que la déclaration de foi par l’Église en 1950 a voulu nous donner de saisir pour notre plus grande joie d’enfant.

Mais pourquoi au juste es-tu allée rejoindre ton Fils dans les Cieux? Parce que tu le méritais mieux que personne…, peut-être pas en ce sens! Parce qu’il y avait une raison maternelle à ce fait, ça semble plus éclairant regardant ta mission? Et de fait, en y regardant bien, il nous est fort aisé de comprendre que tu es au Ciel avec Jésus tout simplement parce que tu es Sa Mère, et la Mère de Dieu!

Mais nous pouvons comprendre aussi, en tant que tes enfants, que ce privilège de ton Assomption ne s’arrête pas là. Tu es notre Mère à tous, et tu continues d’être notre mère au Ciel. Ta mission ne s’est pas arrêtée sur la terre, mais elle se poursuit dans l’espace et le temps : Marie, dite Toujours Vierge et l’Immaculée Mère de Dieu ne cesse dans la Gloire du ciel d’enfanter de nouveaux élus!

Tels sont là, ô Mère les deux rôles que nous comprenons sur le privilège de ton Assomption : ta vocation-mission d’être Mère de Dieu et Mère de l’Église enivre tout ton être des joies du ciel, celles de l’Esprit dans l’œuvre de conception et du don de la vie. Nul besoin de mourir, nul besoin de dormir, l’Esprit te porte sur ses ailes, celles de l’intercession maternelle en Divine maternité d’amour avec LUI!

Que la prière du Saint Rosaire, ô notre Mère, nous élève avec toi dans la patrie céleste. Que la récitation des Aves en ta compagnie et celle de l’Esprit produise déjà en nous les fruits du Royaume, ceux dont le Père céleste, en sa Sagesse, a voulu depuis toute éternité gratifier ses enfants par la vie divine en son Fils. N’es-tu pas revêtue de la Maternité divine! Que cette grâce rédemptrice nous élève tous en ta compagnie et celle de la Trinité!

 

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Mystère glorieux : La Pentecôte

«Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière. Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux. Tous furent remplis d’Esprit Saint…» (Act 2, 2-4).

La venue de l’Esprit Saint en ce monde! “Il a envoyé d’auprès de toi (Père), comme premier don fait aux croyants, l’Esprit qui poursuit son œuvre dans le monde et achève toute sanctification”, prions-nous à la IVème prière eucharistique. Comme premier don disons-nous? Pourtant, ce même Esprit, n’était-il pas là à la création du monde « lorsqu’Il planait sur les eaux »; n’était-il pas là de « son ombre » lorsqu’Il a accompagné le peuple Hébreux dans le désert; n’était-Il pas là lorsqu’Il « parla par les prophètes »; n’était-Il pas là lorsqu’Il recouvrit Marie au moment de l’Incarnation? Comment Seigneur Jésus peux-tu donc envoyer l’Esprit comme premier don? En fait, l’Esprit fut toujours là, bien présent dans tous les événements de la première création, mais Il redevint premier don et présent sous une onction nouvelle lors de la deuxième création, au moment de la rédemption : envoyé par la Père, plongeant dans le monde par le cœur de Jésus en Croix, Il s’élance comme ondée céleste sur l’Église, l’Épouse de l’Agneau, afin d’achever toute sanctification.

D’où viens-tu, ô souffle de l’Esprit, n’es-tu pas « le murmure d’une brise légère » dont nous révèle le Livre des Rois? Tout discret, patient et plein d’ardeur tu veilles à la porte du cœur de l’homme, pour y déverser à torrent, dès qu’il en manifeste la moindre soif, la rosée céleste imprégnée de la tendresse du Père et de la grâce du Fils. Tu nous parles des Deux amours éternels sans jamais te lasser, sans jamais t’épuiser, tout comme s’Ils t’habitaient, tout comme s’Ils étaient ton Tout! Comment te refuser, comment ne pas vouloir ta présence à nos côtés, tout en dedans de nous, tout à l’intimité de notre chambre nuptiale. C’est Toi qui prépare la venue de l’Époux, c’est Toi qui dispose notre espace intérieur pour recevoir l’Alliance promise par le Père, à nos pères dans la foi, et qui nous est enfin révélée par le « Verbe fait chair ». Ton plus grand désir, c’est que le Père et le Fils nous habitent et, qu’ainsi, notre être soit transfiguré de leur présence, que nous devenions avec Toi et par Toi temple de la vie divine.

Au moment de la Pentecôte tu étais comme suspendu aux lèvres du Père et du Fils. À leur commun amour, tu t’élances comme don divin sur l’Église naissante, sur Marie! Par l’intercession maternelle de ton intime, de la Mère du Fils, Tu continues par la force de la résurrection de créer, de recréer. Tout est don, tout vient de Toi. Le don de ta présence en Marie, fécondité en maternité divine au moment de la deuxième création, devient fécondité universelle dans le sein de l’Église mère. Et le feu de ta présence en la prédication des apôtres éveille déjà toute chair humaine à l’amour d’éternité qui les appelle : désormais, tout vivant est né de Dieu et est en Dieu. Ta présence, ô Esprit d’amour, souffle dans les voiles de l’Église et cette brise n’aura pas de fin : en ce monde, elle sanctifiera tous les élus et, dans le Royaume, elle embrasera l’âme de la tendresse du Père pour l’éternité!

Vierge Marie, toi, l’Épouse de l’Esprit, toi qui ne fais qu’un avec Lui dans votre mission de fécondité, intercède pour nous afin que nous recevions le désir d’une profonde docilité à son souffle de vie. Lui, le don divin, le don premier, Lui, qui peut être premier en tout parce qu’Il est l’Amour du Père et du Fils. Toi Marie, qui par ta mission avec Lui devient la première des sauvés, prie pour que nous devenions, grâce à Lui, les tout premiers avec Jésus dans le cœur du Père!

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La prière à l’école de Marie

Dans la tradition dominicaine, la Mère du Seigneur occupe une place très importante, et ce, depuis les origines de l’Ordre. On pourrait sans doute évoquer cette vision de Dominique où, dans un songe, il voit Marie au ciel gardant sous son manteau tous les frères et les sœurs de Dominique. La Vierge Marie se présente dans cette vision comme la gardienne de l’Ordre, ce qui lui a valu les titres de protectrice de l’Ordre, Mère des Prêcheurs. Sans départager ici ce qui relève de l’histoire et des légendes pieuses du Moyen-Âge, une chose est certaine : dès le Moyen-Âge, la dévotion au Rosaire et à la Vierge Marie, est largement tributaire de l’influence dominicaine.

Par ailleurs, nous savons maintenant que ce n’est pas Dominique lui-même qui a inventé la pratique du Rosaire. Cette dévotion est due au dominicain Alain de la Roche (+1475). Donc, nous parlons d’une dévotion qui a vu le jour au XVe siècle. Quant au rôle de Dominique, il demeure incertain dans la naissance de cette dévotion, mais l’on sait que de son vivant, la dévotion à la Vierge a connu un essor considérable. Les plus belles statues consacrées à la Vierge sont de son époque. Toutes les grandes cathédrales gothiques construites durant cette période lui sont dédiées.

Indépendamment du rôle joué par Dominique dans l’essor de la dévotion mariale et, plus particulièrement du chapelet, l’Ordre s’est toujours réclamé de cette consécration à Marie et a toujours défendu jalousement son patronage, malgré les époques de plus ou moins grande tiédeur dans la dévotion mariale.

La prière à la Vierge est une composante essentielle de notre foi catholique, car elle se situe au cœur de ce que nous appelons la communion des saints. Comme l’écrit le Cardinal Ratzinger, « les Pères de l’Église ont toujours vu en “Marie la figure de l’Église, la figure de l’homme croyant qui ne peut arriver à la pleine réalisation plénière de lui-même que par le don de l’amour”, ce que la théologie appelle la grâce. Le Christ est le Don donné ; Marie, le Don accueilli. » (Varillon. L’humilité de Dieu, p. 113).

Quand on contemple le mystère de la Mère du Seigneur, il n’y a que quelques paroles des évangiles qui qualifient ce mystère qui est le sien et qui est le nôtre aussi :

« Je suis la servante du Seigneur »
« Qu’il me soit fait selon ta parole »
« Et Marie portait tout cela dans son cœur »
« Marie partit en hâte pour se rendre chez sa cousine Élisabeth »
« Mon âme exalte le Seigneur »
« Femme, voici ton fils, fils voici ta Mère »

Chacun de ces versets a fait l’objet de longs et magnifiques commentaires depuis les deux mille ans qui nous séparent de l’Incarnation du Fils de Dieu. Retenons tout simplement que si nous attachons nos pas à ceux de Marie, c’est qu’elle, la première, a porté le Christ et l’a donné au monde. Elle s’est tenue au pied de la croix. Elle était présente à la Pentecôte avec les Apôtres et, surtout, le Christ nous l’a donné comme mère. En elle, nous contemplons le mystère de notre foi.

Alors que l’Ancienne Alliance semble rendue à bout de souffle, comme écrasée sous le poids de la Loi, désertée par les prophètes, Élisabeth, dans sa vieillesse, tombe enceinte et donne naissance au dernier des prophètes, Jean le Baptiste. Les temps sont accomplis. Il vient préparer la voie. Et Marie, elle, dans sa grossesse, se précipite au-devant de sa cousine Élisabeth, comme si le Nouveau Testament se précipitait à la rencontre de l’Ancien pour lui annoncer que son espérance et son attente n’ont pas été vaines. De ce qui était stérile surgit Jean le Baptiste, le prophète messianique ; de la pureté et de l’innocence de la nouvelle Ève naît le Messie. Et Marie court, joyeuse et étonnée, crier sa joie : « Le Seigneur fit pour moi des merveilles ! »

C’est notre humanité qui en elle, non seulement se réjouit, mais qui reste comme bouche bée devant l’étonnant mystère : l’une des nôtres, une toute jeune fille vierge, devient mère de Dieu. Quel grand mystère !! C’est Noël ! Et Dieu n’a pas fini de nous étonner, car sa venue en notre chair annonce un monde nouveau. Mais pour cela, il nous faut apprendre à lire les signes des temps, à nous mettre à l’écoute de la vie et à porter tout cela dans notre cœur comme Marie, notre Mère. C’est pourquoi l’Église nous invite à ouvrir sans cesse notre cœur à la Mère du Seigneur, car à son école, nous apprenons ce que cela signifie être disciple, ce que c’est que de vivre dans nos vies une attente active, empressée, toujours à l’écoute de la Parole de Dieu. La Vierge Marie est un guide sûr qui nous conduit vers son Fils. Elle nous apprend à garder toutes ces choses dans nos cœurs. Elle prie pour nous et elle nous conseille : « Écoutez-le, faites tout ce qu’il vous dira ! »

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Mystère glorieux : L’Ascension

« Étant donc réunis, ils l’interrogeaient ainsi : ‘Seigneur, est-ce maintenant, le temps où tu vas restaurer la royauté en Israël?’ Il leur répondit : ‘Il ne vous appartient pas de connaître les temps et moments que le Père a fixés de sa seule autorité. Mais vous allez recevoir une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous… A ces mots, sous leurs regards, il s’éleva, et une nuée le déroba à leurs yeux» (Act 1, 6-9).

Quel moment d’intimité et de gloire à la fois, qu’est ton départ vers le Ciel, vers le Père! Avec tes disciples, la communion devait être à son comble. Toi, leur Maître et ami, Celui qui avait vécu avec eux en partageant tant de joies et de peines, tu devais les quitter; en fait, tu te devais de les quitter, car sans ce départ, nulle Gloire venue du ciel n’aurait été possible. Trop souvent en Église, nous ne voyons ton Ascension que comme un mystère nous disant que tu es monté au ciel, pour nous préparer une place. Comme une préfiguration de ce qui nous attend, ton corps humain atteint les sommets de la rédemption apportée au genre humain, et telle est là une profonde vérité en ce mystère; mais, il y a plus, et bien plus : sans ton Ascension vers le Père, il n’y aurait tout simplement pas eu de venue de l’Esprit.

Tu pars, et tous sont tristes et vivent le sentiment de te voir comme les laisser seuls; et pourtant, loin de les abandonner, tu leur as promis le Paraclet, une force, celle de l’Esprit Saint qui descendra sur vous. Mais, voilà toute la question et l’énigme du mystère, comment aurait pu descendre l’Esprit sans ta rencontre avec le Père. Tu te devais de les quitter et de monter au Ciel, c’était même là la sainte volonté du Père, comme un commandement de la Trinité elle-même.

Souvent en catéchèse aux enfants, et même aux adultes, on demande : mais qu’est-ce qui s’est bien passé au ciel lorsque Jésus est rentré à la maison. Est-ce que le Père l’a fait attendre; est-ce que Jésus est allé se reposer avant de le rencontrer parce qu’il était fatigué; est-ce que… ? Et puis, après un peu d’attente et de recherches on finit par avoir une réponse convenable : Non! ils se sont embrassés! Mais quel embrassement, quel « embraisement », quel feu de gloire a-t-il dû jaillir de ce face-à-face, de ce cœur-à-cœur! Le Père et le Fils se devaient, d’une intimité trinitaire, de se retrouver dans les bras l’un de l’autre afin que la Gloire du ciel puisse jaillir. Une Gloire si débordante, si lumineuse et si féconde qu’Elle allait combler l’enceinte de la tendresse trinitaire d’un désir de fécondité autre, et Elle allait même porter un nom, celui d’Esprit Saint! Comment Jésus aurait-il pu alors faire autrement, il se devait de partir. C’était là, une exigence de l’Amour même, afin de mettre le feu sur la terre par la vie de l’Esprit. Le Père et Lui se devaient de se retrouver dans l’intimité, dans la communion la plus harmonieuse qui soit, celle qui allait se communiquer à la communauté des disciples à la Pentecôte : l’intimité du Maître serait alors retrouvée!

Vierge Marie, toi qui fus présente au départ de Jésus, ne ressentais-tu pas la nécessité de la filiation du Fils à l’intime de ton sein maternel, toi toute relative à la Trinité? Toute la personne du Fils inengendré était tendue vers le Père et ne portait qu’un seul désir, retrouver ses bras afin d’être glorifié de nouveau. Glorification qui n’est nulle autre que la fécondité de l’Esprit, la divinité qui se communique à l’intimité de l’être intérieur. Apprends-nous Marie, toi la Vierge de l’Ascension cette docilité intérieure, celle qui vient de la Trinité même : la filiation glorieuse qui nous appelle tous et qui nous donne soif de la vie de l’Esprit!

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Mystère glorieux : La Résurrection de Jésus


«Étant entrées dans le tombeau, elles virent un jeune homme assis à droite, vêtu d’une robe blanche, et elles furent saisies de stupeur. Mais il leur dit : ‘Ne vous effrayez pas. C’est Jésus le Nazarénien que vous cherchez, le Crucifié : il est ressuscité, il n’est pas ici. Voici le lieu où on l’avait mis. Mais allez dire à ses disciples et à Pierre, qu’il vous précède en Galilée; c’est là que vous le verrez comme il vous l’a dit.’ » (Mc16, 5-7)

La Résurrection! Le mystère de ta vie, ô Jésus, Jésus crucifié! Un peu et même beaucoup paradoxalement, nous, les chrétiens, sommes tellement habitués à entendre le mot résurrection que nous venons par finir à ne plus le considérer comme l’œuvre de ton existence, de la Gloire qui t’habite, de notre propre existence appelée en vie éternelle. Mais, qu’est-ce donc que la résurrection et la vie du monde à venir? Serait-ce une sorte de vie angélique où notre corps apparaîtrait comme d’une gloire lumineuse sans contacte réel avec le sensible? Ou bien, serait-ce une vitalité nouvelle donnée à un corps appelé à la Gloire dans toute la beauté de sa nature, de sa nature humaine conçue et voulue par l’Amour et pour l’Amour?

En acceptant la volonté du Père, celle de venir dans le monde, tu as pris un corps de chair, tout comme nous, non pas pour te dissimuler afin de mieux nous approcher, mais pour te faire l’un de nous. Dieu se faisait si proche qu’il était littéralement parmi nous. Ton corps de gloire est venu épouser notre corps de chair, mortel, pour devenir tout comme nous, excepté le péché. Tu donnas une importance si grande au corps par ton mystère d’incarnation – le corps créé, bon et beau, par le Père dès Les origines – que tu ne pouvais faire autrement, en volonté divine, que de l’élever avec toi à la droite du Père en vie éternelle. Quelle dignité que la vie humaine, quelle dignité que le corps créé par amour, nous ne le répéterons jamais assez! Et pourtant, que de tourment en la chair convoquée en vie éternelle. Nous apprenons en toute vérité, que le mystère de la Croix ne peut être dissocié de celui de la Résurrection, l’un ne peut aller sans l’autre.

Vous cherchez Jésus le crucifié, nous disent les anges au tombeau, il est ressuscité…! En fait, une des énigmes du mystère de l’âme chrétienne, n’est-elle pas de trouver le ressuscité en cherchant d’abord le crucifié? Le paradoxe se fait encore sentir : Croix et Gloire qui s’embrassent pour ne faire qu’un dans le mystère de l’amour en vérité! La résurrection, n’effacerait-elle donc pas, d’un jet de Gloire, le passage de la Lumière en la chair chassant les ténèbres? Pourquoi parler encore de Jésus crucifié, alors qu’il est vraiment ressuscité? Trop souvent, la faiblesse de notre foi veut faire adhérer notre esprit à cette croyance qui n’est pas en vérité avec le message du ressuscité. Jésus n’est pas venu éliminer le passage de la souffrance – conséquence du péché, il faut le dire – mais il est venu l’éclairer et l’épouser, pour nous, afin que nous ayons la force de l’affronter et de le traverser avec lui pour arriver à la gloire, la Gloire éternelle! C’est là la force et la grâce de notre baptême : résister à la mort éternelle pour entrer en Vie éternelle.

À l’image de Jésus, nous arrivons à la liberté éternelle par le don de nous-même, en traversant avec lui ce qui nous effraye le plus : franchir la vallée de la mort et de la souffrance qui atteint notre chair en ce monde blessé! Marie, Mère du Verbe fait chair, toi qui fut si intimement associée à ce mystère au pied de la Croix, vient au secours de notre foi. Avec toi, nous voulons adhérer à l’espérance certaine de la résurrection! Sainte lumière de la résurrection embrassée par les baptisés qui épousent le crucifié et accueillent son mystère, celui du passage de la mort à la Vie!

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Mystère lumineux : L’Eucharistie

« Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi » (Jn 6, 56-57)

L’Eucharistie! Quel don, quel mystère, quelle intimité! Un soir, le soir dit de la dernière scène, Jésus prit du pain et du vin, il rendit grâce et fit la prière de bénédiction en disant ceci est mon corps prenez et mangez… ceci est mon sang prenez et buvez… vous ferez cela en mémoire de moi. Ton corps, ton sang, en fait, c’est toute ta personne humaine et divine qui se livre, qui se donne en nourriture pour le salut de l’humanité. Chaque eucharistie célébrée, nous nous rappelons tes gestes et tes paroles dans un mouvement que porte l’Esprit et qui nous fait plonger à l’intime même de l’amour trinitaire. Bien plus qu’une simple mémoire, c’est un éternel présent qui s’actualise sous nos yeux et qui nous donne d’être nous-même incorporé à l’intime du grand mystère : un Dieu qui se donne!

Mais, comment Dieu, notre Dieu sauveur fait-il pour se donner en nourriture, pour être si proche de nous qu’il nous visite de l’intérieur par le don de lui-même pour nous habiter? Son désir en ces mouvements de donation eucharistique nous révèle de quelle nature il est conçu, une nature conçue de l’Esprit et née de la Vierge Marie : les fibres de son humanité divine n’auraient-elles d’autre souffle que la donation éternelle du Père et du Fils dans l’Esprit? « De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père… ».

À chaque Eucharistie, une intimité de communion nous est révélée, mais bien plus encore, elle nous est donnée. À la manière de Dieu, cela veut dire qu’elle nous appartient, telle est la mesure du don trinitaire dans le mystère eucharistique, Lui, le Verbe fait chair, vient habiter notre propre chair dans la pleine et entière réalité de l’amour divin. Le cœur est comblé, il déborde, il est habité par Lui, Sa nature eucharistique, faite chair comme nous, est pour nous. Il ne s’agit pas d’un savoir, et encore moins d’une initiation mystérieuse; mais, d’une connaissance dans l’ordre de la grâce, une expérience corps à coeur avec Celui qui aime avec le cœur du Père : « moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi ».

Ainsi, la vie livrée, la vie donnée dans la communion eucharistique est le don suprême qui nourrit l’Épouse. Le don de Sa Vie ne peut être qu’une noce, celle de l’Agneau qui appelle à se renouveler chaque fois que l’Époux se représente en son mystère. Oui, le Père envoya le Fils dans le monde, non pas pour le condamner, mais pour lui rappeler la grâce eucharistique des Origines, celle que la chair de toute humanité est conviée à l’intimité des épousailles.

Marie, toi qui inhabite mieux qu’aucune autre personne l’intime de la Sainte trinité, toi qui communie mieux que quiconque au don de la chair du Fils de Dieu, renouvelle en nous, par ton intercession maternelle, la faim d’être inhabité par le Verbe et d’être élevé par Lui dans la Gloire des cieux qui n’est autre chose qu’une louange eucharistique : « Pour qu’ils soient eux-mêmes dans le Christ une vivante offrande à la louange de ta gloire! » (PE IV)

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Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.

Mystère lumineux : La Transfiguration

« Jésus prit avec lui Pierre, Jean et Jacques, et il gravit la montagne pour prier. […] Pierre n’avait pas fini de parler, qu’une nuée survint et les couvrit de son ombre; ils furent saisis de frayeur lorsqu’ils y pénétrèrent.  Et, de la nuée, une voix se fit entendre : ‘Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le’ » (Lc 9, 28; 34-35)

Seigneur Jésus, soit loué et béni pour la lumière de la Transfiguration qui vient jusqu’à nous lorsque nous méditons ce mystère! Dans les évangiles, lorsque tu gravis une montagne, c’est parce qu’il y a un moment important qui se prépare, une part du mystère veut nous atteindre, c’est la volonté du Père; il faut que tu montes, que tu le rejoignes afin d’être bien docile à ce qu’il va te confier pour ses enfants, tes frères et sœurs. Ici, sur le Tabor, tu prends soins de d’amener avec toi, trois témoins privilégiés en les personnes de Pierre, Jacques et Jean. Pierre, ton premier vicaire sur la terre; Jacques, dit le majeur, frère de Jean et, ce dernier, l’apôtre de ton cœur, le grand évangéliste, mystique de ton amour brûlant et de la mission maternelle de ta Mère.

Ces privilégiés de la foi, tu as dessin de les introduire dans une intimité quasi céleste. Bien sûr, ils sont près de toi, ils sont tes disciples de la première heure, mais tu les conduis en ce jour à une élévation lumineuse unique, celle de ta Gloire au sein d’une théophanie où le Père, dans la nuée qu’est l’Esprit, se fera entendre. Une voie, une Parole qui vient, en quelque sorte, consacrer ta vocation filiale : le Père qui engendre perpétuellement le Fils dans l’Esprit : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le ».

« Mon Fils! » Nul n’a d’égal que le Père pour le Fils, et c’est bien là ce que ce Fils de toute éternité est venu révéler. Le Père veut se dire, nous parler, s’approcher de nous, et il le fait par Celui qui est plénitude de contemplation d’amour pour Lui depuis toujours. Le Père aime le Fils d’un amour qui est de Gloire et c’est cette Gloire, sans mot, sans couleur, sans éclat terrestre, qui l’enveloppe sur le Tabor d’une blancheur que seuls les yeux de la foi sont à même d’entrevoir. « Celui que j’ai choisi! » Celui que j’ai élu, Celui qui est mien et en qui j’ai mis tout mon amour, c’est Lui que je vous envoie, Il a toute ma faveur. Sur la montagne, le Père témoigne pour le Fils, Il vient dire haut et fort que le Fils de son amour est Celui qui devait venir et qu’Il est bien là pour accomplir sa mission de rédemption qui conduit à la Lumière de Pâques; la Lumière qui règne dans le cœur du Père. « Écoutez-le! » Suivez-le, marcher à ses côtés comme ses disciples, montez avec Lui sur la montagne de la Gloire, mais, surtout, descendez avec Lui dans la plaine pour écouter son message. Nul ne peut être son disciple s’il ne porte sa croix, nul ne peut venir à Moi sans passer par Lui, car ‘Il est le chemin, la vérité et la vie’. Et, la Gloire de la Transfiguration n’est autre chose que la Vie éternelle qui vous appelle, par la parole faite chair qu’est mon Fils! « Écoutez-le! »

 

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