Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Francine Paquin
Le rosaire dans la ville

Le portement de la croix

Imprimer Par Francine Paquin
Tiziano Vecellio dit Titien
portement de la croix

Le portement de la croix

Quatrième mystère douloureux

-Simon de Cyrène aide Jésus à porter sa croix-

 «Comme les soldats emmenèrent Jésus, ils arrêtèrent un certain Simon de Cyrène qui revenait des champs et lui firent porter la croix derrière Jésus.»  (Luc, 23,26) Jésus est en chemin vers le Calvaire où il sera crucifié.  La croix blesse ses épaules meurtris, par trois fois, il tombe en chemin sous le poids de la lourde croix qui nous donne le salut. Les soldats qui accompagnent Jésus vers le lieu du supplice craignent qu’il meurt avant d’atteindre le Golgotha. Lorsqu’ils voient Simon de Cyrène revenir des champs, les soldats l’obligent à porter la croix derrière Jésus. Des paroles dont Simon de Cyrène aurait préféré ne pas entendre. Il revient des champs, il a travaillé toute la journée, nous pouvons imaginer qu’il est fatigué, cet homme aspire certainement au repos, à se retrouver chez lui au milieu des siens. Mais quelque chose d’inattendu l’attend, sous le regard de Jésus, sa vie va être transformée. Aujourd’hui, il porte un fardeau derrière Jésus mais désormais, Jésus portera en lui les fardeaux de Simon de Cyrène.

L’homme sait que s’il refuse de se soumettre aux soldats, il peut être violenté. Simon de Cyrène va s’exécuter, derrière Jésus, il porte la lourde croix. Le fait-il pour l’aider ou par crainte des soldats, on ne sait pas vraiment. L’homme est fort, il aide Jésus. Que se passe t-il dans son cœur! Lui aussi a entendu parler de Jésus, de ses miracles, de ses œuvres, de ce qu’il a fait par bonté pour les autres. Et pourtant, celui que le peuple Juif attendait pour les délivrer de l’empire romain est là, sans apparence humaine, un homme châtié, prisonnier des romains. 

Puis, l’inattendu arrive. Jésus regarde Simon, un regard que celui-ci ne pourra jamais oublié. En un instant, la vie de Simon bascule, son cœur s’ouvre, Celui qui est devant lui l’aime d’un amour jamais ressenti auparavant. Le cœur de Simon est touché par les souffrances du Christ, la douleur de Jésus le rejoint dans son cœur d’homme. L’Homme-Dieu souffrant est toute tendresse et compassion alors que ceux qui l’on condamné demeurent indifférents. Dans le regard de Jésus, Simon peut-il entrevoir le don de Dieu! Une percée de ciel et de douleur rejoint son cœur. Avec une clarté indicible, Simon comprend que c’est pour lui que Jésus donne sa vie, qu’il est infiniment aimé. Simon est touché au plus profond de son être, il est tout remué à l’intérieur de lui, blessé et soigné par cet amour qu’il n’avait pas compris. Il comprend que ce n’est pas tellement lui qui aide Jésus mais que c’est Jésus qui le porte dans sa croix, son compagnon de route, Celui qui dans ses plaies soigne son cœur et le guérit. Simon contemple le visage mutilé de son Sauveur, en Jésus, il reconnaît le Messie qui devait venir. Le regard de Jésus a percé toutes ses peurs, il a pardonné tous ses péchés. Celui qui porte la croix derrière Jésus est un homme libre et heureux. Dans sa croix, Jésus lui a rendu sa liberté d’enfant de Dieu. 

Nous ne savons ce que Simon de Cyrène a vécu en portant la croix derrière Jésus. Le regard de Jésus a certainement transformé sa vie. Ce regard aimant qui nous transforme et nous donne des ailes pour continuer le chemin, si difficile qu’il peut être parfois. Ce regard qui nous pousse à aller de l’avant, vers Dieu et vers les autres. Ce regard que nous voudrions avoir sur chaque personne que nous rencontrons pour aider l’autre à porter sa croix comme Simon de Cyrène a aidé Jésus et a bénéficié de son regard de tendresse. Acceptons-nous d’être dérangé, de s’arrêter, comme Simon qui retournait chez lui, pour être à l’écoute de l’autre! Voudrions-nous être ce Simon qui aide Jésus à porter la croix de nos frères et sœurs qui souffrent? Voulons-nous consoler Jésus sur le chemin du Calvaire alors que tous l’abandonnent? Jésus n’exige pas de nous de grandes œuvres mais de donner à l’Amour son vrai visage : nous laisser aimer par le Christ qui réalise en nous et par nous son œuvre rédemptrice en lui redonnant chaque jour notre oui à sa sainte volonté, à l’accueil de son immense amour pour chacun de nous.

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