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Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
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Du blé et des roses : NORBOURG et LA FINE FLEUR

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On traite de tout au cinéma, autant de l’escroquerie que de la floriculture. Deux films récents le démontrent avec justesse. Dans NORBOURG, le réalisateur québécois Maxime Giroux rappelle comment des milliers de Québécois se sont fait arnaquer par Vincent Lacroix et ses complices. D’autre part, le Français Pierre Pinaud réalise la comédie dramatique LA FINE FLEUR qui décrit le travail acharné d’une femme cultivant des roses de haut niveau.

NORBOURG

D’entrée de jeu, NORBOURG déjoue les attentes du spectateur, non pas en épousant le point de vue du tristement célèbre Vincent Lacroix, mais celui de son complice Éric Asselin. De plus, cette évocation des coulisses d’une opération de fraude scandaleuse, qui a fait plus de neuf mille victimes, s’avère plus accessible que les propositions auxquelles nous a habitués Maxime Giroux (FÉLIX ET MEIRA).

Montréal, été 2001. À l’étroit dans l’appartement qu’il partage avec sa femme enceinte de leur premier enfant, Éric Asselin, enquêteur à la Commission des valeurs immobilières du Québec, est mûr pour améliorer sa situation. Séduit par l’assurance et l’ambition de Vincent Lacroix, fondateur de la nouvelle firme d’investissement Norbourg, le comptable lui propose ses services en tant que vice-président finances.

Ensemble, les deux hommes échafaudent un système complexe de comptes bancaires internationaux visant à détourner à leur profit une grande partie des fonds que leur confient les investisseurs. Grâce à sa connaissance des rouages internes de la Commission des valeurs immobilières. Asselin garantit à Lacroix que toutes les vérifications confortables se passeront sans anicroche.

Mais le vent tourne le jour où le fondateur de Norbourg fait à un journaliste une malencontreuse révélation sur ses abris fiscaux. Sentant la soupe chaude, Asselin est prêt à tout pour sauver sa peau.

La mise en scène est très efficace, Giroux parvenant à rendre captivante des développements et des échanges au premier abord peu cinégéniques. Serré et précis, le scénario de Simon Lavoie omet toutefois de donner un peu de profondeur aux personnages. Ceux-ci sont cependant incarnés avec conviction par Vincent-Guillaume Otis (BABINE) et François Arnaud (AU REVOIR LE BONHEUR).

LA FINE FLEUR

Hommage à l’artisanat et à la passion du métier, LA FINE FLEUR suit le parcours d’une femme têtue qui privilégie – contre vents et marées – la qualité du produit à la quantité. Le combat de cette petite horticultrice contre la multinationale de son concurrent est de fait inspirant, tout comme sa persévérance et son désir de formation. Ceci dit, tout cela est enchâssé dans un récit certes solide et amusant, mais assez convenu, avec son lot attendu d’épreuves et de petites défaites.

Horticultrice de renom, créatrice par le passé de plusieurs roses primées, Ève Vernet gère, de peine et de misère, la petite entreprise familiale qu’elle a héritée de son père. À moins d’un miracle ou de la création d’un nouveau spécimen de rose exceptionnel, le dépôt de bilan est inévitable. Néanmoins, la revêche Ève peut compter sur sa fidèle collaboratrice Vera.

Jamais à court d’idées, celle-ci propose de contourner l’impossibilité de payer de nouveaux employés en engageant trois personnes sans compétence, référées par une association de réinsertion sociale, soient un repris de justice, un chômeur quinquagénaire de longue durée et une jeune fille timide. Après avoir refusé une fois de plus l’offre d’achat de son principal compétiteur, Ève se lance, avec son équipe de choc, dans une ultime tentative pour sauver son entreprise et le nom de son père.

Le classicisme un peu vieillot dans l’écriture se retrouve dans la photographie et la réalisation démodée, néanmoins en phase avec le sujet. Dans un rôle taillé sur mesure, Catherine Frot (LES SAVEURS DU PALAIS) est convaincante.

Gilles Leblanc

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