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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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De Marseille à Paris : LE TEMPS DES SECRETS et EIFFEL

Imprimer Par Gilles Leblanc

Le cinéma n’a pas son pareil pour faire revivre une époque. C’est le cas de deux films récents qui se situent au tournant du 19e siècle dans les collines de la Provence et sur le bord de la Seine. Pour sa part, Christophe Barratier nous ramène à la période de l’enfance perturbée de Marcel Pagnol dans sa délicieuse réalisation LE TEMPS DES SECRETS. Puis, le drame biographique EIFFEL de Martin Bourboulon relate la construction de la célèbre tour dans le contexte des retrouvailles du génial ingénieur avec une amoureuse d’antan.

 

 

LE TEMPS DES SECRETS

Trente-deux ans après les exquis LA GLOIRE DE MON PÈRE et LE CHÂTEAU DE MA MÈRE d’Yves Robert, Christophe Barratier (LES CHORISTES) poursuit l’évocation de la jeunesse de Marcel Pagnol avec LE TEMPS DES SECRETS, troisième tome des « Souvenirs d’enfance » du célèbre auteur provençal.

Été 1905. Avant d’entrer dans un lycée privé à la faveur d’une bourse, Marcel Pagnol, fils d’un instituteur de Marseille, passe les vacances avec sa famille et celle de son oncle dans les collines d’Aubagne.

Tout à la joie de retrouver Lili, son meilleur ami avec lequel il vit toujours toutes sortes d’aventures, le garçon s’en désintéresse le jour où il fait la rencontre d’Isabelle, qui habite avec ses parents une propriété aux allures d’un château. Enjôlé par cette fille hautaine et distinguée, qui se prétend issue de la noblesse, Marcel en vient à mépriser Lili, un fils de fermier, et même les membres de sa propre famille.

Techniquement maîtrisée et filmée avec des décors toujours aussi enchanteurs, cette nouvelle adaptation apparaît cependant classique et consciencieuse, dépourvue de la grâce et du charme des deux précédents volets. Ici, les nombreux messages (sur le respect, le fossé des classes sociales, l’intégrité, le harcèlement scolaire, l’émancipation des femmes) sont tous abordés sans beaucoup de nuance, au fil d’un récit prévisible et peu palpitant. L’interprétation est cependant irréprochable, Léo Campion composant un petit Marcel très crédible.

 

 

EIFFEL

À la manière du TITANIC de James Cameron, EIFFEL s’est donné la mission de raconter un événement historique grandiose, sur fond d’histoire d’amour impossible. Mais avec un résultat moins heureux!

Paris, janvier 1887. Gustave Eiffel se fait tirer l’oreille pour participer au concours national organisé à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889. Pour l’ingénieur chevronné, mondialement célébré pour sa conception innovatrice de l’armature de la Statue de la Liberté, seuls comptent les plans du futur réseau de transport souterrain de la capitale.

La situation change quand Gustave voit revenir dans sa vie Adrienne, celle avec qui il s’était fiancé à Bordeaux, au milieu des années 1860, mais qui avait disparu sans lui donner d’explications. Inspiré par cette femme qu’il n’a jamais cessé d’aimer, aujourd’hui mariée au journaliste Antoine de Restac, l’ingénieur s’inscrit au concours, en soumettant son projet de tour métallique haute de 300 mètres. Sa proposition ayant été retenue par le jury, Eiffel démarre son ambitieux chantier.

Mais bien des voix s’élèvent pour décrier ce mastodonte qui défigure les rives de la Seine; au point où le gouvernement se retire du financement du projet. Or, ce complot a été mené par Antoine, furieux de réaliser qu’Adrienne éprouve encore des sentiments pour Gustave.

Traité avec un romanesque grandiloquent, le volet sentimental du film relègue presque au second plan les fascinantes séquences, illustrant les solutions trouvées par Eiffel pour résoudre des problèmes techniques inédits. L’ingénieur est interprété de manière irréprochable par Romain Duris (MOLIÈRE), aux côtés d’une Emma Mackey (MORT SUR LE NIL) investie.

Gilles Leblanc

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