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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Le grand tintamarre!

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Je me souviens d’un film à suspense d’il y a plusieurs années. L’enjeu dramatique du scénario était celui d’une poursuite routière bizarre. Un gros camion avec remorque poursuivait un pauvre automobiliste. Ce dernier se retrouvait soudainement pris à partie par le chauffeur du mastodonte. Le conducteur de l’auto faisait de son mieux pour échapper à la menace persistante du mystérieux camion. On le voyait passer de l’étonnement, à la surprise, puis à la peur et à la frayeur.

La poursuite s’annonçait, à la longue, comme étant sans merci. Le bolide jouait de la trompe, du parechoc à parechoc; il était prêt à toutes les acrobaties pour intimider sa victime, pour ne laisser aucun répit au voyageur qui ne demandait que la paix et la possibilité d’aller son chemin normalement.

La poursuite infernale ne révélait rien du mystérieux personnage assis au volant du camion. Ce dernier nous demeurait totalement invisible, énigmatique, bien caché dans son impénétrable cockpit.  Sa terrifiante monture lui servait de bouclier. C’était David contre Goliath! C’était la bête contre la belle!

Tout le thème du film tenait à cette poursuite entêtée, infernale, nous menant de surprise et surprise, de rebondissement en rebondissement. Jusqu’au dénouement que nous aurions dû prévoir : la fin tragique du camionneur fantastique qui, dans un ultime tournant, disparaît avec son bolide.  Une fracassante plongée dans le vide vient confirmer l’inanité et la vanité de cette poursuite, qui dès le début, s’annonçait comme gratuite et promise à un dénouement fatal. L’automobiliste s’en tirait avec beaucoup d’émotions, une peur extrême et des sueurs très froides, et avec un immense soulagement à la fin.

La longue marche des routiers vers Ottawa en janvier et leur jeu du chat et de la souris dans la Capitale fédérale nous ont donné cette impression d’un film déjà vu. On a voulu jouer du suspense et de la menace dans une grande scène qui risque d’apparaître finalement comme une aventure gratuite, sans objet, inutile.

N’y avait-il là rien d’autre dans ces longs cortèges que de vouloir montrer les poings, les bras et les dents, comme pour ajouter à l’embarras où nous sommes tous avec la pandémie? Sans rien amener qui soit utile dans les circonstances?  Ce n’est sans doute pas cela que ces hommes et ces femmes ont voulu faire : ajouter aux problèmes de la gouvernance nationale. Tout le monde veut certainement sortir de ce malheur où nous sommes tous collectivement concernés.

Mais peut-être nous fallait-il cette bien coûteuse distraction, assortie d’une parade colossale et impressionnante? Le ras-le-bol de plusieurs les a poussés à prendre les grands moyens pour s’exprimer. S’ils ont fait du bruit, c’était pour qu’on les entende. N’essayons donc pas de crier plus fort qu’eux. Soyons habiles! Écoutons-les! Ne les poussons pas dans le vide. Ce serait bien dommage. De si beaux et si utiles camions… et de si valeureux chauffeurs !

Fr Jacques Marcotte, O.P.

Québec, Qc

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