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Responsable de la chronique : Guy Musy, o.p.
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Le fils perdu et retrouvé Parabole pour notre temps

Imprimer Par Guy Musy, o.p.

« Ressuscité » est le titre d’un livre récent écrit par Marion Emonot, une journaliste franco-suisse. C’est l’histoire d’un enfant afghan d’une dizaine d’années qui après plusieurs mois d’errance retrouve sa famille réfugiée en Allemagne. Les siens croyaient l’avoir définitivement perdu lors d’un naufrage survenu au large d’Izmir, au cours d’une tentative avortée de  rejoindre l’île grecque de Lesbos. Cet ouvrage se fait l’écho d’une double résurrection : celle de l’enfant perdu et retrouvé et celle de sa famille dans la joie de le revoir vivant après l’avoir pleuré.

Cette histoire est un fait bien réel qui peut donner lieu à une parabole biblique pour notre temps. Un clip d’une minute et demie diffusé par la BBC a suffi à mettre en route notre journaliste, émue par l’angoisse de la mère de cet enfant. C’est à cette femme afghane qu’elle doit ce récit, recomposé par ses soins. Au terme de démarches longues et compliquées, elle découvre enfin cette famille réunie dans un village allemand, quelque part entre Hanovre et Hambourg..

De profonds entretiens lui révèlent alors l’épopée ou plutôt le calvaire de ce couple afghan, de leurs cinq enfants et de deux jeunes belles-sœurs. Ils choisirent de fuir leur terre natale pour échapper aux lourdes menaces qui pesaient sur les plus jeunes : mariages forcés, viols, séquestrations dans le but de prélever et vendre leurs organes vitaux, etc.

S’ensuivit un périple interminable, d’abord en Iran, puis en Turquie. Rançonné par des passeurs véreux, amputé de l’un des leurs, le groupe dut transiter par les camps d’internement grec, macédonien, serbe, hongrois et autrichien, avant d’échouer sur le sol allemand que la chancelière du moment voulait ouvrir aux réfugiés et aux migrants. Quant au jeune fils perdu à Izmir, il sera  retrouvé en Suisse dans un foyer pour  mineurs  non accompagnés, sans aucune nouvelle des siens..

L’actualité, hélas, a rendu banal ce genre de « faits divers ». Les médias ne se fatiguent plus à les mentionner pour ne pas lasser ou heurter leur clientèle souvent repliée dans un nationalisme étroit, raciste et même haineux. La journaliste auteure de ce livre a choisi une autre approche. Elle a voulu ressentir en tant que femme et mère la détresse d’une autre femme et celle de sa famille. Son récit dépasse le reportage anecdotique et journalistique et atteint une dimension humaine universelle. Ces réfugiés peuvent être afghans et musulmans. Ils sont d’abord des humains qui souffrent et se réjouissent comme vous et moi. Des gens qui ne demandent qu’à aimer et être aimés.

 

 

  

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