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Responsable de la chronique : Guy Musy, o.p.
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Bénédiction

Imprimer Par Guy Musy, o.p.

J’ai ouï dire qu’au Québec, en des temps pas trop reculés, le patriarche rassemblait le jour de l’An sa maisonnée et bénissait petits et grands, en commençant par la mère de ses nombreux enfants.

Difficile d’imaginer un tel rite en ces jours qui ont vu disparaître les patriarches et mis à rude épreuve ceux qui prétendent l’être encore. Pourtant, plus que jamais, nous avons besoin d’entendre quelqu’un nous souhaiter du bien. Surtout, si son « dire » équivaut à un « faire ». C’est le sens hébraïque du mot « bénédiction ». Souhaiter du bien à quelqu’un, c’est aussi lui en faire. S’il en est ainsi, la bénédiction de Dieu vaut bien mieux que celle d’un patriarche ou d’une matriarche réunis.

Précisément, à la messe de ce même jour de l’An, on souhaite que le Seigneur nous bénisse de cette façon : « Qu’il se penche sur nous, se tourne vers nous et fasse briller son visage sur nous ».

Notre souhait est donc que deux visages se rencontrent. Le nôtre, ces jours, est particulièrement sombre, tourné vers le bas, atterré par les mauvaises nouvelles, découragé d’en attendre de meilleures reportées aux calendes grecques. Et celui de Dieu dont la Bible nous dit qu’il est fulgurant et que sa lumière transforme celui ou celle qui ose lui fait face.

Transformer notre visage ridé, apeuré et fatigué, non par les artifices d’une coûteuse chirurgie esthétique, ni en recourant aux anxiolytiques et antidépresseurs, ni même en nous appliquant physiquement à «relever les coins », comme les éducateurs d’autrefois nous le conseillaient, mais en nous laissant illuminer par le visage serein et apaisant de Dieu.

Non, ces propos ne doivent rien à la méthode Coué, ni au radotage d’un vieux théologien perché sur ses nuages. Ils témoignent d’un long apprentissage d’assimilation. A force de porter nos regards sur le visage de Dieu, nous finissons par lui ressembler. Et même davantage. Un verset d’un psaume me vient sur les lèvres : « Que ton visage s’éclaire et nous serons sauvés ! ». Le salut – la santé de l’âme et du corps – est au bout de ce chemin.

Alors, je vous entends fredonner avec anxiété. « Je cherche le visage du Seigneur …». Ne vous prenez pas la tête. Un chrétien croit que son Dieu porte les traits de l’enfant de la crèche. Et si vous désespérez de le trouver quelque part en Palestine, regardez les « petits » de ce monde qui lui ressemblent aujourd’hui. Leur visage a gardé sa sérénité et sa transparence. Son éclat nous réconforte, nous relève et nous transforme.

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