Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Le monde est bon

Imprimer Par Raphaël Pinet

Récemment, un magazine français titrait que nous sommes tous égoïstes même lorsque nous nous piquons d’aider les autres. Le vrai fond de l’humanité serait de rechercher les actions à même d’être utiles à nos intérêts quitte à les travestir sous les meilleures intentions. Thomas Hobbes ne nous a-t-il pas convaincu que l’homme est un loup pour l’homme, ce qui soit dit en passant n’est pas très gentil pour les loups dont la réputation usurpée de cruauté n’a rien à envier avec celles des hommes, ou plutôt de certains humains.

Bref ! Freud a enfoncé le clou en traitant le nouveau-né de pervers polymorphe. L’être humain cacherait sous un vernis de civilisation bien mince tout un monde de « ça », nauséabond qu’une analyse bien menée pourrait découvrir à notre grand effroi.

Le problème est que ce journalisme à coups de déclarations intempestives, fait fi des découvertes des trente dernières années en neuroscience, en évolution génétique, en psychologie du développement et en psychologie tout court dans le domaine des émotions.

À rebours des idées reçues (et non critiquées), on reçoit telle une vérité éternelle des déclarations de guerre au genre humain et sa prétendue foncière méchanceté. Si pourtant, des lecteurs sceptiques objectent que la cruauté est dans la nature de l’homme, je les renverrai doucement à quelques contributions sur le sujet de la bonté qui, chez l’humain, ne demande qu’à s’épanouir.

Outre La bonté humaine de Jacques Lecomte, consultez L’autre loi de la jungle de Servigne et Chapelle, L’âge de l’empathie de Franz de Waal ou la grosse brique (très documentée) de Mathieu Ricard Plaidoyer pour l’altruisme : 800 pages prenant en compte les recherches de Tania Singer ou de Warmeken et Tomasello et de bien d’autres.

Oui, l’humain est naturellement bon. L’enfant est porté dès le plus jeune à aider les autres sans espoir de récompense. Les exemples de comportement prosociaux sont légions mais bien sûr, discrets. On connaît ce proverbe : « on entend l’arbre tomber pas la forêt qui pousse ». Croire en la bonté humaine n’est bien entendu pas une posture naïve qui ignorerait les horreurs dont peut être capable l’humain envers son semblable.

Cette bonne nouvelle de la bonté ne désapprouve pas cependant l’affirmation de Jésus « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul » (Marc 10, 18). Dans l’immense cheminement de la Création et de toutes les créatures (y compris les animaux), la source de la bonté et de l’amour vient de Dieu. Les manifestations quotidiennes de bienveillance que nous ignorons en passant dans les rues sans les voir sont l’épiphanie quotidienne de Dieu dans le monde.

La promesse du Maître est qu’il sera avec nous jusqu’à la fin du monde (Mathieu 28, 16-20) : dans le bébé nouveau-né bercé par le regard de ses parents émerveillés, dans le bénévole qui croit dans les chances d’un jeune délaissé, dans le passeur qui donne sa chance au migrant fuyant l’enfer sur terre, dans la main qui réchauffe l’agonisant qui s’en va.

Dieu est là, nous ne le voyons pas et peu lui importe. Son don est gratuit.

À nous de nous inspirer de son Souffle pour que notre famille soit le premier cœur battant de la bonté que Dieu a mis en nous.

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