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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Homélie pour le 4e Dimanche de l’Avent

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

C’est déjà la Joie de Noël!

Nous retrouvons le beau récit de la Visitation de la Vierge auprès de sa parente Élisabeth. Nous sommes si proches de Noël! Or, nous avons déjà, dans cet événement, une répétition, un aperçu de ce qui va bientôt arriver?

Le Messie naîtra à Bethléem comme l’annonçait le prophète Michée dans la 1ière lecture. Or voici qu’il se rapproche de ce lieu alors qu’il voyage dans le sein de sa mère. Celle-ci s’est empressée, au lendemain de l’annonce de l’ange Gabriel, de se rendre dans les collines de Judée, chez les parents du précurseur. Cette visite n’est ni banale, ni une anecdote parmi d’autres. Ce qui nous est rapporté est riche d’enseignement sur le Mystère du Christ.

Ce 4e dimanche de l’Avent nous fait contempler dans la mère de Jésus celui qui bientôt va naître. Voici que déjà en Marie Jésus est à l’œuvre. En elle, il est déjà en mission, porteur d’une bonne nouvelle. Lui-même il est Bonne Nouvelle et Bonheur pour les croyants/es.

Élisabeth en témoigne avec force. L’Esprit Saint lui donne de discerner et de parler. Elle se fait l’interprète de celui qui bouge et s’agite en elle au moment où Marie, la mère du Seigneur, s’amène pour la saluer.

Le voyage de Marie auprès de sa parente rappelle un épisode marquant survenu en Judée au temps du roi David, quand celui-ci voulut faire monter l’Arche de Dieu, depuis Qiryiat-Yéarim où elle était gardée, jusqu’à Jérusalem, la capitale du royaume. Il arriva, en cours de route, que le roi abandonna son projet de transfert de l’Arche par crainte d’un malheur. L’Arche n’apporta pourtant que du bonheur à celui chez qui elle fut déposée pendant trois mois.

En fait, S. Luc, nous présente Marie, comme étant la nouvelle Arche de l’Alliance. Elle apporte bonheur et joie dans la maison de Zacharie. Élisabeth en témoigne avec allégresse alors que Jean, le futur précurseur, danse dans le sein maternel comme autrefois David autour de l’Arche.

Marie, quant à elle, s’en remet à la volonté du Père. L’Ange l’avait trouvée toute disposée à ce que la Parole de Dieu s’accomplisse en elle. Voilà pourquoi elle apporte maintenant avec elle la joie, le bonheur, le Christ lui-même.

Quelle leçon pouvons-nous tirer de ce récit? Sans exclure d’autres possibilités, j’y vois un appel qui tombe bien alors que plusieurs parmi nous s’apprêtent à vivre les rencontres du temps des Fêtes. Baptisés dans le Christ Jésus et devenus ses disciples, nous portons la Bonne nouvelle dans notre cœur et nos pensées. Nous sommes appelés à témoigner du Christ vivant, à le reconnaître en toute personne humaine. L’incarnation du Fils bien-aimé l’a rendu semblable à nous. Il est devenu l’un de nous. En sa Pâque, il a sanctifié notre condition humaine, corps et âme.

Comme Marie, et bien sûr différemment d’elle, nous portons en nous la Joie et la Paix du Christ. Comme le Christ lui-même, nous pouvons dire : « Me voici! » pour l’accomplissement de la volonté bienveillante du Père. Et le désir du Père, c’est que nous portions un regard neuf sur toute humanité, que nous ayons davantage confiance en nous-mêmes, que nous soyons plus dociles à l’Esprit qui veut faire de nous des êtres de respect, de bienveillance, d’amour, de compassion les uns à l’égard des autres.

Comme pour Marie et tous les grands serviteurs de Dieu, notre mission c’est de faire la volonté du Père. « Tu m’as formé un corps. Me voici Seigneur, je viens faire ta volonté! », disait la Lettre aux Hébreux. Or cette volonté, c’est que nous formions un seul Corps dans le Christ, que nous vivions en paix, joie et communion les uns avec les autres, tous ensemble dans le Christ.

 

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