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Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 31e Dimanche (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12, 28b-34

En ce temps-là,
un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :
« Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse :
« Voici le premier :
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de tout ton esprit et de toute ta force.

Et voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit :
« Fort bien, Maître,
tu as dit vrai :
Dieu est l’Unique
et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur,
de toute son intelligence, de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même,
vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse,
lui dit :
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.

COMMENTAIRE

Aux sources de l’Amour!

Nous allons changer d’heure dimanche prochain. Nous allons gagner une heure. Ça va bousculer le fil de nos habitudes. Puis tout va rapidement reprendre son train habituel. Nous sommes vite emportés par la routine sans que nous nous demandions : qu’est-ce qui nous emporte comme ça jour après jour, de semaine en semaine, d’une année à l’autre? Bien sûr, nous avançons dans la vie, nous prenons de l’âge, de la maturité. Nous arrive-t-il souvent de nous demander : Où va ma vie? Qu’est-ce qui me pousse de l’avant? Qu’est-ce qui me motive?

Chacun, chacune, bien sûr, nous avons notre vocation, notre univers, nos amours, nos petits et grands projets, nos talents, nos intérêts particuliers. Y a-t-il de la place pour un grand amour dans tout ça? Portons-nous attention à Celui qui veille sur nous et nous interpelle en silence? Quelqu’un qui s’intéresse à nous profondément? Et qui veut notre bonheur pour toujours?

C’est de Lui que nous parle l’Évangile aujourd’hui. Du grand amour qui nous a lancé dans la vie. De la réponse que nous apportons à celui qui, le premier, nous a aimés. Il nous tient dans l’existence; il nourrit notre être de son souffle, de son âme, de sa beauté, de sa bonté, de sa lumière. Oui, tant mieux si nous sommes conscients qu’un amour pareil veille sur nous et veut nous combler un jour du bonheur auquel mystérieusement il nous prépare.

Cet amour-là nous dépasse, bien sûr. Nous ne pouvons pas le mesurer, le contenir, lui répondre comme il le faudrait. Qu’il nous suffise de faire de notre mieux avec nos capacités de cœur et d’âme. Encore faut-il le faire.

L’amour de Dieu n’est pas unilatéral. Il appelle la réciprocité de notre amour. Il nous offre une communion d’amitié. Notre réponse d’amour, elle ne peut être vague, générale et abstraite. Tout comme l’amour d’un homme et d’une femme dans le mariage demande à se traduire dans la vie de tous les jours, ainsi mon amour pour Dieu doit être réel et se dire en tout ce que je fais, au meilleur de ce que je puis accomplir pour les miens qui sont aussi les siens. 

Accomplir ma part d’amour pour Dieu, ce n’est pas vivre dans les nuages. Cela se passe sur la terre, dans le concret de mes engagements pour la justice et la paix et la miséricorde. L’autre amour, dont les écritures nous disent qu’il est important, c’est celui du prochain, de la personne à côté de moi. Ce prochain que souvent je n’ai pas choisi, il mérite que je l’entoure de mes soins puisqu’il me vient de Dieu. Je dois le respecter, le servir de mon mieux. C’est un enfant de Dieu, lui aussi, il est mon frère, elle est ma sœur!

La conversation du scribe et de Jésus s’achevait sur une parole énigmatique du Seigneur. Jésus, après avoir félicité le scribe pour sa remarque judicieuse où il disait que l’amour vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices, ajoutait : « Tu n’es pas loin du royaume de Dieu ».  Qu’est-ce qu’il lui manque donc à ce scribe, sinon de mettre sa foi dans le Fils? C’est lui, Jésus, l’envoyé du Père, qui nous révèle la perfection de l’amour, celui de Dieu pour nous et le nôtre pour Dieu. Un amour qui, dans l’offrande du Fils, se réalise à la perfection. Rendons grâce pour cette preuve d’amour qu’il nous est donné de contempler dans le Mystère du Christ, notre Sauveur. 

Baptisés et confirmés en Lui, nous puisons à la source un amour divin, pour vivre, dans la joie et la liberté, l’engagement humble et sincère de tout notre être pour Dieu, pour nous-mêmes et pour notre prochain. Son amour devenu le nôtre! « C’est le Christ qui vit en moi », disait S. Paul. N’est-ce pas là l’amour même dont Dieu nous aime? 

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