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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Méditation sur la grâce de Pâques

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 

Le 16 février dernier nous en avons eu plein les yeux et l’esprit en voyant le véhicule Persévérance se poser sur la planète Mars et commencer son travail d’exploration du sol poussiéreux et rocheux de cette planète. L’engin avait quitté la Terre au mois de juillet dernier. Pour se rendre là-bas, il a voyagé à une vitesse prodigieuse, franchissant une distance fantastique! Que penser d’un prochain voyage vers d’autres planètes, beaucoup plus grosses, beaucoup plus loin de nous, Saturne, Jupiter? Que dire du Soleil? Que dire de cette Galaxie où nous sommes et des milliards d’autres galaxies avec leurs milliers de soleils et de planètes. Tous ces concentrés de matières en feu ou refroidies s’échappent dans un espace qui ne cesse de s’agrandir.

Il y a aussi l’infiniment petit des atomes et des molécules, des cellules, des virus, des bactéries, des gènes, etc. L’infiniment petit de ces matières dont nous sommes faits, de cette vie dont nous vivons! Elle est si petite, cette réalité, qu’elle apparaît à peine sous les lentilles miracles de nos microscopes les plus performants. De quoi nous donner là aussi le vertige!

Entre l’infiniment grand des espaces interstellaires et des corps célestes et l’infiniment petit de nos espaces physiques les plus minuscules, il y a un monde plus à notre portée, à notre mesure : le quotidien de nos regards, de nos touchers, de nos relations, de nos amours, de notre imaginaire et de nos peurs. Et il y a cet autre monde plus réel encore, plus consistant et fondamental, omniprésent, qui est le monde invisible, spirituel, l’univers divin, Dieu lui-même! 

La réalité divine, nous pouvons bien la pressentir, l’imaginer, vouloir la découvrir. Elle nous échappe. Nos observations à l’œil nu, nos télescopes géants ou nos microscopes les plus pointus ne peuvent atteindre Dieu. Alors qu’il est partout, ici et ailleurs. Il est le Tout Autre! L’Inconnaissable! Comment le connaître? Sinon à partir de ce qu’il a créé et qui est à portée de nos sens, à partir de ce qu’il nous a dit de lui-même, à partir de Celui qui est venu de Lui chez nous.

La Semaine Sainte et le temps de Pâques nous invitent à nous pencher sérieusement sur cette autre dimension de notre expérience humaine. Cette possible ouverture de nos cœurs, de nos pensées, de tout notre être à ce monde spirituel et divin, à notre Dieu et Père, qui en Jésus nous a parlé notre langage. Dieu, dans le Christ, était l’un de nous. Jésus s’est révélé être le Fils unique et bien-aimé du Père! 

Le témoignage extrême que le Fils nous a donné ne peut que nous laisser dans l’émerveillement. Le Christ Jésus a été parfaitement fidèle à la Mission d’amour et de miséricorde que le Père lui a confiée. Il en a témoigné jusqu’au don de lui-même, partageant volontiers le sort des plus misérables. Exposé sur la Croix, il est devenu source de guérison et de réconfort pour tous ceux et celles qui se tournent vers lui. 

Le Mystère Pascal parle très fort de la puissance victorieuse de l’amour divin. Non seulement le Père a tiré son Fils de la mort, mais il en a fait le premier de l’immense famille humaine appelée à entrer elle aussi, avec Lui, dans l’état nouveau des sauvés de la mort et du péché. Cet appel nous invite à marcher avec confiance vers la Source inépuisable de la Lumière et de la Vie. 

Nous n’y sommes pas encore. Mais il dépend de nous d’y avoir part déjà. La foi nous donne d’appartenir à ce monde nouveau. La vie du Ressuscité rayonne dans la vie des croyants. Elle y déverse des fruits de paix et de joie pour le bénéfice de tous. Oui, le bonheur divin nous est offert dès maintenant, plus beau, plus grand, plus prometteur que toute l’énergie des infiniment grands et des infiniment petits de notre monde. 

Il nous faut une Foi têtue pour croire en ce Dieu d’amour. C’est là pourtant pour nous l’option la meilleure! Celle de la Foi qui donne sens à tout ce que nous vivons. Aussi bien à nos misères, à nos peines, à nos deuils, qu’à nos joies les plus profondes. Elle nourrit chez nous la paix, la communion fraternelle. Aurons-nous assez d’humilité, de simplicité, de liberté pour accueillir Dieu qui veut nous introduire dès ici-bas dans son univers d’amour, de paix et de lumière? Oserons-nous laisser se déployer en nous l’énergie pascale, les dons de l’Esprit du Dieu Vivant?

Fr Jacques Marcotte, O.P.

Québec, QC

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