Éditorial,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Éditorial

En panne de sujets ?

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 

Le retour périodique d’un éditorial à produire pour le site SPIRITUALIITÉ 2000 me trouve chaque fois un peu à pied d’œuvre, souvent perplexe! Nous sommes tellement nourris d’éditoriaux qui nous sont servis à cœur de jour sur toutes les plateformes, en numérique ou en papier. Tellement de sujets sont abordés, que c’en est étourdissant! Ce n’est donc pas qu’il en manque, c’est bien plutôt le contraire. Il y en a trop! Et on dirait qu’il n’y a plus rien qui n’ait été dit sur tel ou tel sujet. 

La vie sociale, religieuse, communautaire, politique, morale, etc. Autant de lieux sensibles de l’évolution actuelle de notre monde. L’heure n’est plus à la stabilité, aux traditions fortement ancrées, aux idées toutes faites.  Tout est en mutation et tout le monde le sait. Il y a du neuf et de l’ancien qui se chamaillent dans une foule de domaines. Et notamment avec les enjeux éthiques concernant la vie humaine. Il est clair qu’elle est menacée du début à la fin. Mais il y a aussi des enjeux de justice sociale, auxquels nous confrontent la pauvreté endémique, les racismes systémiques, les violences de toutes sortes, les nationalismes d’exclusion et d’intolérance. Pleins de thèmes qui sortent les conflits du placard et sur lesquels les éditoriaux de plus en plus nous obligent à nous pencher. Sans parler de l’écologie, de l’environnement, de l’économie, de l’égalité homme femme, de la liberté d’expression, etc.  

Les médias d’information nous véhiculent à longueur de jour des nouvelles sur tout ce qui se passe partout dans le monde. Tout nous arrive en vrac. C’est un beau mélange de sports, de guerres, d’enlèvements, d’abus sexuels, de violations des droits, de désastres naturels, d’intolérance religieuse, etc. N’en avons-nous pas le vertige?

Nous accusons facilement les médias, bulletins de nouvelles à la radio ou à la télévision ou sur internet ou dans les journaux papiers, à ne nous apporter que de mauvaises nouvelles. Il faudrait, pensons-nous, qu’on nous abreuve plutôt de bonnes nouvelles. Mais une telle requête nous vient de nos bonnes intentions, peu réalistes. Elle ne tient pas compte que nous sommes davantage attentifs à ce qui va mal qu’à ce qui va bien, à ce qui est malheureux qu’à ce qui va mieux et qui est formidable. Le malheur nous intéresse davantage, il fait choc! La mauvaise nouvelle nous attire, elle nous scandalise. On aime savoir l’extrême désolation. Le voyeurisme et un certain masochisme collectif ne sont jamais bien loin chez nous.  Si tout va bien, c’est tant mieux! Pas besoin d’en parler! Il faut laisser aller les choses, les encourager, les soutenir. Mais il n’est pas besoin d’en parler. Passons à ce qui va mal, c’est plus intéressant!

Et voilà! C’est quand quelque chose va mal qu’il nous faut réfléchir, intervenir, voir à corriger la situation, faire tout ce qu’on peut pour renverser la tendance, pour retrouver le bon chemin. L’éditorial est en vue d’un chantier à entreprendre. Il rapporte les faits. Il analyse. Il motive. Il donne des pistes de solution. Il a à cœur que les choses aillent bien, qu’elles aillent mieux, que tout devienne formidable… et qu’on n’en parle plus!

Au fait, auriez-vous quelque beau sujet d’éditorial pour le mois d’avril? Il faut que je m’y prépare déjà pour être, cette fois, à temps pour le premier avril, et que cela ne soit pas un poisson d’avril!

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