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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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Pâques pour toujours! 

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 

Nous sommes dans le temps pascal, qui est  – chez nous –  le temps du printemps aussi, où tout reprend vie au-dehors et au-dedans. C’est une explosion de vie, alors que tout était depuis si longtemps caché, engourdi, paralysé, oublié presque.

Pâques pour raviver notre espérance. Malgré tous les signes contraires. Avec cette pandémie qui n’en finit plus; avec ces guerres un peu partout dont on ne voit pas venir la fin; avec le malheur des migrants abusés, refusés, exploités; avec l’égoïsme des plus nantis et l’indifférence générale à l’égard de ceux et de celles qui ne peuvent se sortir de la pauvreté.

Et pour nous qui avons cru en Dieu et qui avons mis en lui notre espérance, il y a parfois ce sentiment d’être oubliés, de nous être trompés peut-être, la nécessité de nous poser de grandes et graves questions.

Pourtant, avant nous tellement de gens ont cru en Dieu. Ils ont tenu à nous transmettre leur foi comme ce qu’ils avaient de plus cher! Faudrait-il penser que tout ce monde était dans l’erreur? 

Nous comprenons qu’il ne faut pas croire seulement parce que d’autres ont cru avant nous. Nous savons qu’il nous faut habiter notre foi, y mettre tout notre cœur, y investir tout ce que nous sommes. Ce qui importe c’est ce que nous faisons ou voulons faire avec notre foi. Cette foi qui n’est pas seulement la nôtre, qui nous vient d’ailleurs, qui nous vient des autres, qui nous vient de Dieu lui-même.

Qu’adviendra-t-il de cette Foi dans les jours qui viennent et après nous? Qui portera ce flambeau que nous avons peine à porter? « Ce n’est plus notre affaire! » diront certains. D’autres, devant l’essoufflement des croyants, mettront le blâme sur ceux dont ils diront qu’ils ont décroché par insouciance, ou pour être à la mode, ou par ignorance. D’autres, et c’est peut-être notre cas, pensent que Celui en qui ils croient est assez puissant pour susciter encore la foi chez ceux-là même qui disent ne pas croire, ne plus croire en lui. Notre Dieu, Créateur et Sauveur, n’est-il pas le Dieu de l’impossible?

La question du possible ici se pose. Est-il encore possible de croire? Il est difficile de croire aujourd’hui. Alors que les temps ont tellement changé. Alors qu’on prétend pouvoir expliquer tout par la science et des techniques raffinées. Alors qu’on a l’impression de contrôler de plus en plus le monde et les gens. Quand on pense tout connaître, tout investiguer jusqu’à l’infini des espaces, des mondes et des temps, sans jamais y voir Dieu.

Et pourtant il est là derrière et devant tout. Que pourrait-il y avoir sans lui? Il est tellement partout que nous ne pouvons pas le voir. Pourtant, nous le pressentons, de façon bien furtive, bien humble, bien discrète, avec les sens du cœur. 

Dieu ne veut pas nous écraser de sa présence. Mais il nous donne le goût de lui, de quoi rêver de lui, de quoi nous tourner vers lui, dans le secret de nos âmes. Du moment qu’il y a un peu d’amour quelque part, un geste de don et ou de pardon, une joie saine et profonde, une paix certaine et tranquille. Nous avons là de quoi penser à lui, nous tourner vers lui. 

Il est là, il nous fait signe. Il est là même quand il y a tempête dans nos cœurs et chagrin sur nos visages. Quand tout paraît compromis et mal foutu. Il nous dit à chacun : « Mon ami, mon enfant, tiens bon! Je suis là. Fais-moi confiance et tu verras! J’ai un avenir merveilleux pour toi! Laisse-moi t’aimer! Accueille mon amour au plus profond de ton cœur! Entre dans mon projet d’amour pour tous! Cet amour dont je t’aime, porte-le aux autres! Sois un porteur d’amour et de paix pour tous ceux et celles que tu rencontreras! Ce sera déjà le ciel. Ce sera toujours le printemps! Un monde nouveau! Ce sera Pâques toujours!»  

À vous tous, je souhaite un Joyeux mois de mai!

Jacques Marcotte, O.P.

Québec, QC

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