Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 4e Dimanche du Carême (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

 

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 3, 14-21

En ce temps-là, Jésus disait à Nicodème :
« De même que le serpent de bronze
fut élevé par Moïse dans le désert,
ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé,
afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle.
Car Dieu a tellement aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique,
afin que quiconque croit en lui ne se perde pas,
mais obtienne la vie éternelle.
Car Dieu a envoyé son Fils dans le monde,
non pas pour juger le monde,
mais pour que, par lui, le monde soit sauvé.
Celui qui croit en lui échappe au Jugement,
celui qui ne croit pas est déjà jugé,
du fait qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Et le Jugement, le voici :
la lumière est venue dans le monde,
et les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière,
parce que leurs œuvres étaient mauvaises.
Celui qui fait le mal déteste la lumière :
il ne vient pas à la lumière,
de peur que ses œuvres ne soient dénoncées ;
mais celui qui fait la vérité vient à la lumière,
pour qu’il soit manifeste
que ses œuvres ont été accomplies en union avec Dieu. »

COMMENTAIRE

La Croix nous sauve!

Nous avons passé déjà la mi-carême… Nous approchons de Pâques! C’est le 4e dimanche, celui de la joie. Traditionnellement, c’était le dimanche en rose! Ce n’est pourtant pas d’une vie en rose que la Parole nous parle.

Elle nous confronte bien plus à nos malheurs, à notre péché. C’est ce qui ressortait au 2e livre des Chroniques, quand les fautes et les malheurs s’accumulaient en Israël. On dirait que rien n’a changé depuis. Tellement les douleurs du monde envahissent nos écrans, toutes nos antennes et nos consciences. On ne peut pas se le cacher, il y a de la souffrance dans notre monde; la guerre continue en Somalie et ailleurs, et bien des gens dans les camps, dans les mouvances migratoires sont  bousculés, méprisés, blessés. La croix demeure plus visible que jamais, dure et difficile à porter, réelle et cruelle jusqu’à l’insoutenable. Des croix qui aussi nous touchent chacun / chacune de près, tellement nous avons notre part de problèmes, d’échecs et de peines, 

C’est pour cela qu’en ce dimanche, la croix du Christ nous est rappelée, mais non pas pour en remettre et en ajouter à nos peurs, à nos détresses, à nos deuils et à toutes nos afflictions. C’est la Croix devenue avec Jésus un grand signe pour l’espérance, parce qu’elle s’est révélée être un lieu de solidarité de Dieu avec nous, la preuve d’une compassion immense de sa part, le moyen extrême qu’il a pris pour nous rejoindre et nous sauver du mal et de la mort. S’il est vrai qu’on triomphe du mal en lui faisant face.

Comme la figure du serpent d’airain dans le désert devenait un signal porteur de guérison pour ceux et celles qui, atteints d’une morsure de serpent, se tournaient vers lui, de même la croix du Christ, si nous la regardons avec les yeux de la foi, devient le signe porteur de guérison, de relèvement, de réconfort pour nous. C’est ce que nous lisions dans l’Évangile : « De même que le serpent de bronze fut élevé par Moïse dans le désert, ainsi faut-il que le Fils de l’homme soit élevé, afin qu’en lui tout homme qui croit ait la vie éternelle. » Sur la croix, Dieu se montre dans un extrême abaissement pour assumer dans sa chair d’homme, en son incarnation jusqu’au bout, ce que nous vivons de plus terrible, et nous en libérer, nous en guérir, nous amener à nous en sortir… en lui, avec lui.

Il y a là comme un grand miracle qui n’a jamais fini de s’accomplir pour quiconque se tourne vers le Crucifié pour le regarder avec foi, le cœur en prière. Pour ma part j’avoue en avoir fait l’expérience. L’expérience toute simple d’un regard appuyé sur la croix posée là sur un mur, sur le bord du chemin; regard sur celui qui nous ouvre grand ses bras, qui nous renvoie comme un miroir à ce que nous vivons en fait de malheurs, de souffrance et de mort. Car la croix est à notre image, c’est nous quelque part et notre mal d’être, notre péché, nos laideurs morales, spirituelles et physiques. Mais la croix, c’est lui surtout qui est allé jusqu’au bout de l’amour sur le bois où il a donné sa vie, souffrant de notre orgueil et de nos cruautés. C’est de là qu’il demande notre pardon; c’est là qu’il nous révèle avoir accompli notre pleine guérison.

Je n’ai rien d’autre à vous dire que cet appel : regardez la croix! Voyez-y tout l’amour de Dieu pour vous. Croyez en cet amour! Osez la confiance! Croyez en sa parole! Et vous passerez avec lui du côté de la paix, de la joie, de la vie, de la liberté, de l’amour. Le mystère chrétien, c’est le mystère de la croix. La Croix glorieuse! La Croix où Dieu en son fils nous visite et nous sauve.

2 réflexions au sujet de « Homélie pour le 4e Dimanche du Carême (B) »

  1. Hélène Laurin

    Merci pour ce très beau et très éclairant commentaire sur la croix de Jésus qui nous amène à comprendre de quel amour infini nous sommes aimés et combien nous Lui sommes redevables. Merci d’avoir redonné à la Croix de Jésus toute sa valeur infinie pour l’humanité entière.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois