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Responsable de la chronique : Guy Musy, o.p.
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Les leçons d’automne

Imprimer Par Denis Gagnon, o.p.

Septembre laisse exhaler ses derniers souffles. À la ligne de départ de la reprise des activités, il déploie beaucoup d’énergie et nous en demande davantage. Les écoliers reprennent le chemin de l’école. Les universitaire plongent de nouveau dans leurs recherches. Les contrats s’accumulent sur le coin du bureau des patrons. Les activités sociales en veilleuse durant l’été se remettent en marche. Vraiment, septembre se présente comme un mois différent des autres.

Un mois de véritables reprises. Des recommencements sans pour autant être toujours des renaissances. Les vieux projets demeurent vieux. Les engagements s’accumulent et remplissent un peu trop rapidement les agendas et les calendriers.

Septembre, c’est aussi la fin de l’été. Comme le dit si bien le poète Alfred DesRochers: «L’automne est revenu par septembre apporté». Et l’automne marque la fin de la belle saison. La bise légère de l’été se transforme en vent cinglant. Les perles de pluie cèdent la place aux gros orages. Il reste encore des jours de beau soleil, mais souvent le ciel est gris, l’air est frais. Bref, le temps qu’annonce la météo a des allures d’angoisse et de déprime.

L’automne ressemble à l’être humain, surtout quand les petits bobos apparaissent. L’arthrite gruge la santé. La tension artérielle fait des siennes. Le coeur s’essouffle plus vite. On végète dans les salles d’attente des hôpitaux comme les dernières citrouilles oubliées dans le fond du jardin!

À un certain âge (et même à un âge certain), la vie devient automnale. Le corps se dirige vers novembre. On perd sa vitalité comme les bouleaux perdent leurs feuilles. On se dépouille comme les érables. Bientôt, on ressemblera à ses longues branches dénudées qui résistent devant les limites de la vie. À moins qu’on abandonne toute résistance comme les dernières fleurs annuelles.

Certains ont horreur d’octobre et surtout de novembre qui annoncent les jours trop courts et les nuits trop longues de l’hiver. Ils redoutent le froid qui les encabanera pendant plusieurs mois.

À tous les dépressifs de fin d’année, aux angoissés des soirs d’automne, je rappelle les paysages que les forêts inventent en octobre. Les couleurs chaudes des érables, l’or des bouleaux, le cuivré des chênes: un arc-en-ciel qui peut faire oublier le temps gris. Dans cet arc-en-ciel, n’entendez-vous pas un appel à regarder le paysage de votre vie avec les beautés qui dorment sous vos tristesses? Écoutez le chant des outardes et des oies sauvages qui remontent les saisons deux fois par année et qui nous invitent à renouer avec le meilleur de la vie. Accueillez le dépouillement moins comme une perte que comme l’occasion de retrouver l’essentiel qui a germé de saison en saison depuis votre premier printemps. Car l’automne, avec ses moissons et ses récoltes, chante les richesses du printemps et de l’été que cette troisième saison garde en réserve comme des trésors précieux.

En maîtres éclairés, les saisons nous enseignent une grande sagesse. Elles invitent à vivre chaque étape de notre existence en goûtant les saveurs qui s’y cachent.

Une réflexion au sujet de « Les leçons d’automne »

  1. Danielle Sarriot

    Vieillir

    Qui a dit que vieillir n’est pas obligatoire qu’en y mettant du sien il suffit de seulement prendre de l’âge ?
    Qui a dit que les années s’ajoutent les unes aux autres, une à une, et qu’il est stupide de les surveiller comme le lait sur le feu ? Elles se débrouillent très bien sans nous.
    Qui a dit que vieillir c’est prendre des rides, prendre du poids autre que celui des ans, et sentir que peu à peu notre corps prend la poudre d’escampette ?
    Je l’ai entendu dire et peut-être l’ai-je dit… Il nous arrive à tous de dire des conneries.
    Vieillir c’est rien de tout cela ! Vieillir c’est apprendre ce jour qu’un ami est mort après avoir appris il y a quelques jours qu’une amie n’est plus. Cela seul est sérieux, cela seul me ravage. Tout le reste est balivernes de gens préoccupés d’eux-mêmes… De leur apparence, des rides sur le front et du ventre en rideau alors qu’à la guerre on meurt au front et qu’il n’y a plus qu’à tirer le rideau.
    Et être ravagée en apprenant la mort de ceux que j’ai connus, ça n’est pas que leur mort me rappelle la mienne à venir… Non, ce qui me ravage c’est leur absence soudaine, c’est qu’ils me manquent et même ceux que l’éloignement géographique et la santé m’avaient fait perdre de vue… Je les pensais les pieds sur la terre ferme, heureux de vivre et cultivant la vie…
    Vieillir c’est apprendre hier… Aujourd’hui… Demain… Plus souvent qu’autrefois… Trop souvent… Que quelqu’un que j’avais connu et apprécié, que cette personne n’est plus.
    Danielle Sarriot

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