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Responsable de la chronique : Guy Musy, o.p.
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Quand la messe se déconfine !

Imprimer Par Guy Musy, o.p.

 

Incontestablement, en période de confinement, nos « abonnés » à la messe dominicale ont été, je n’ose dire gâtés, mais choyés, par nos médias. Messes retransmises par radio, télévision, KTO, Youtube et j’en passe. Aux heures et dans la posture de votre choix. Ces célébrations « électroniques » vous rejoignaient au lit, accompagnaient votre café, s’installaient à la table de votre petit déjeuner ou vous donnaient rendez-vous à l’heure du brunch de la mi-journée. Quel soulagement quand on a le dos usé et les jambes fatiguées de suivre sa messe confortablement assis dans un fauteuil plutôt que s’infliger une pénitence supplémentaire en y prenant part sur les bancs rêches d’une église ! La plupart des téléspectateurs et internautes cependant ont fait preuve de respect et de dignité face au « mystère de la foi » que ces émissions voulaient commémorer. Je me suis même laissé dire que certains, familiers de ce genre de liturgies, partageaient au moment de la communion une agape dont le contenu n’avait rien de virtuel. Etait-ce un avatar de cette fameuse « communion spirituelle » dont on nous a rabattu les oreilles ces dernières semaines ou un succédané eucharistique ?

Ces avantages ne sont pas les seuls à faire hésiter désormais nos chers « pratiquants » à reprendre le chemin d’une église. D’autres raisons sont plus décisives. A savoir la qualité, je ne dirai pas seulement artistique, mais auditive de ces célébrations. Elles ont recouru à des solistes quasi professionnels pour interpréter les chants, à des organistes d’exception et à des lecteurs et lectrices qui, une fois n’est pas coutume, se faisaient non seulement entendre, mais encore comprendre. Quant aux prédications, en règle générale, elles méritèrent la note d’excellence, avec un petit plus très apprécié : leur temps de parole était rigoureusement limité par l’horaire imparti à l’émission.

Et maintenant, pourquoi ne pas poursuivre ainsi, soupirent certains ? Deux ou trois célébrations de ce type par diocèse pourraient suffire à combler notre faim spirituelle. Bien sûr, nous regretterions de ne plus retrouver sur le parvis nos connaissances et nos amis. Mais il y a tant d’autres endroits pour le faire.

Je ne suis pas devin au point de prophétiser l’avenir de nos célébrations post-virales, mais si elles se poursuivent dans nos églises paroissiales, elles devront nécessaire améliorer leur forme pour ne pas perdre leur dernier carré de pratiquants. Qualité oblige !

Je ne suis pas compétent pour conseiller des chanteurs et des musiciens, mais permettez à un vieux « frère prêcheur » de faire part de son avis, évidemment réformable, quand il est question de lecture et de prédication. Si la liturgie de la Parole est inaudible, interminable, et génératrice d’ennui, c’est l’ensemble de la messe qui en souffrira et qui la fera fuir, Mieux vaut alors ne pas la célébrer que d’étouffer la Parole et se moquer de ceux qui devraient l’entendre. D’autant plus que, grâce à nos médias informatisés à la portée de tous, il est d’autres lieux pour l’écouter avec joie, plaisir et profit.

Devrais-je dans ce contexte rappeler à qui de droit l’adage bien connu. « A bon entendeur, salut ! » ou « Que celui qui a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! ». Une maxime déjà citée par Jésus lui-même (Matthieu 11,15) ?

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