Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 19e Dimanche (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Sauvés dans la grâce du Christ Sauveur!

Dans cinq ou six jours, ce sera la fête de l’Assomption de la Vierge Marie. Une grande fête! Nous célébrerons alors l’achèvement heureux du parcours de Marie, sa dormition, son enlèvement au ciel, le grand bonheur dans lequel elle est maintenant arrivée, grâce à Dieu! C’est pour nous un honneur, une joie toute pleine d’espérance pour le monde et pour nous-mêmes, que de vivre ce regard vers le ciel où se trouve la mère du Christ et notre mère.

La liturgie de ce dimanche évoque, dans les divers  thèmes qu’elle nous propose le cheminement, terrestre celui-là, de l’Église itinérante, toute en passage vers l’autre rive, tourmentée souvent par les vents contraires, encore dans la nuit, en quête d’une paix rêvée, d’un tranquille aboutissement de son voyage vers le Père, vers la terre ferme du Royaume.

Et nous sommes tous concernés, avec nos bagages, nos amours, nos projets, nos servitudes, nos petits et grands bonheurs. Nous avons répondu à l’appel d’embarquer dans la bateau pour une aventure dont peut-être nous n’avions pas mesuré tous les risques et les lenteurs et les surprises possibles.

Ce dont il est question dans la Parole de ce dimanche, c’est de notre rencontre avec le Seigneur, de sa présence, étonnante parfois, dans nos vies, surprenante, et pourtant rassurante; elle est profondément miséricorde, paix, douceur, compassion. Elle devrait nous réconforter, nous fortifier, nous garder dans la confiance, dans le courage et la persévérance pour la suite de notre expérience terrestre et spirituelle, notre passage au quotidien vers le monde nouveau du Royaume.

Le prophète Élie, sur la montagne de l’Horeb, constate que Dieu n’est pas dans l’ouragan ni dans le tremblement de terre ni dans le feu, mais qu’il est dans le quasi silence, le murmure d’une brise légère. Il y a là, pour nous aussi, un signe de sa présence, de son passage, de sa venue. Quand Dieu nous appelle dans le silence et la tranquillité, la douceur et la paix pour une rencontre bien personnelle, prenons-nous le temps d’y venir?

Saint Paul, dans l’état d’âme où il se trouve et qu’il nous partage dans la 2e lecture, revisite l’immense héritage spirituel du peuple juif, comme pour nous faire bien reconnaître l’ascendance humaine du Christ et le don suprême de Dieu, pour que nous sachions en apprécier l’immense richesse, le sommet de son infinie miséricorde.

Et nous revenons à cette traversée symbolique de la barque cette- nuit-là, où se joue pour nous le momentum de la foi d’aujourd’hui et de toujours. Le Seigneur Jésus vient vers nous. Il marche sur les eaux des ténèbres et de la mort. Il domine tout dans la grâce de sa résurrection d’entre les morts. Il n’est pas un fantôme. Il ne vient pas nous inquiéter et nous faire peur. Il vient dans l’amitié pour nous accompagner et nous rassurer avec puissance.

« Fais-nous voir, Seigneur, ton amour et donne-nous ton salut ». C’est ce que nous avons chanté dans le psaume. Si comme l’apôtre Pierre nous avons l’impulsion d’aller plus personnellement vers le Christ, sachons que le pari est risqué : que nous ne pouvons le faire qu’en tenant à lui avec la foi la plus ferme. Sachons surtout que toujours notre salut vient de lui et qu’il nous rejoint sans cesse dans la barque pour nous mener à bon port, là où la Vierge Marie et tous ceux et celles qui nous ont précédé dans la foi, sont à tout jamais comblés de la grâce du Sauveur.

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