Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 18e Dimanche (A)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Rassasiés du pain de l’Amour!

Il fallait voir ça l’autre jour. Au domaine St-Dominique, où je suis intervenant en pastorale. C’était jour de pique-nique pour une grande partie des résidents. Je me suis porté volontaire, vu le manque de bénévoles autorisés à participer en ce temps de pandémie. C’était beau de voir tous ces gens rassemblés à l’extérieur, sous les arbres, au meilleur de l’été. Par vagues successives, nous avions composé deux immenses tablées de convives. La scène était des plus champêtres, avec chansons et victuailles convenues pour la circonstance. Je me suis retrouvé au beau milieu de cette grande équipée, amené à en vivre toutes les étapes, allant du transport aller-retour d’un grand nombre, au service personnalisé aux tables, jusqu’à l’assistance apportée longuement à celle qui qui ne pouvait s’alimenter par elle-même vu son état de paraplégique.

Cet événement complexe et vraiment hors de l’ordinaire me revient à l’esprit et au cœur au moment de relire les textes de la messe de ce dimanche. Le geste merveilleux du Christ avec les pains et les poissons envers tous ces gens venus à lui, il a jailli de sa compassion, d’une poussée immense de sollicitude et d’amour qu’il avait pour eux. Il a voulu faire tout ce qu’il pouvait pour ces gens-là.

Ils étaient venus de partout, lui faisant confiance. Ils voulaient le voir, l’entendre. Pour toutes sortes de raisons, ils étaient là. Pour la beauté de son message, pour étancher leur faim et soif de lumière, de guérison, de pardon peut-être. Ils n’étaient pas là pour rien. Ils étaient là pour lui, sachant que Jésus pouvait faire quelque chose pour eux, pour les leurs.

Ce rassemblement était beau à voir, malgré tant de désirs mal définis, tant de souffrances mal contenues, malgré les limites physiques, psychologiques et spirituelles de plusieurs. Il était vrai ce rassemblement autour de Jésus. Je me dis que c’est cela l’Eucharistie. Nous retrouver autour de lui tels que nous sommes. Le geste répété du Christ dans le signe du pain partagé, nous rappelle et nous donne le sacrifice qu’il nous a fait une fois pour toute de sa vie par amour. Il est allé jusqu’au bout du service et du don que seul l’amour total, infini peut accomplir.

L’autre jour, j’ai vu à l’œuvre des personnes magnifiques comme Carole, Sylvie, Odette et Fabienne… et bien d’autres garçons et filles, membres du personnel du Domaine, assurant leurs divers services, pour ce grand repas champêtre. Ils étaient tendres et bons pour tous ces gens. Il fallait les voir à l’œuvre, se dépenser, se dépasser pour la pleine réussite de cette activité festive.

Le Christ a fait pareil en se donnant sans mesure pour les gens. Il s’est multiplié lui-même. Il a forcé ses disciples à se dépasser eux aussi. Il nous force encore à le suivre sur la voie de la générosité et du don. C’est cela aussi la puissance et le secret de l’Eucharistie.

Et nous continuerons de faire comme lui au quotidien de notre service, de nos labeurs, de nos engagements. Nous ferons comme il a fait ce jour-là, comme l’amour et la compassion savent nous donner de le faire tous les jours. Pour accomplir le rêve de Dieu, l’espérance des hommes, le bonheur de tous ceux qu’un jour ou l’autre nous prenons en charge en son nom, dans son amour.

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