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Responsable de la chronique : Guy Musy, o.p.
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Où est-il ton Dieu ?

Imprimer Par Guy Musy, o.p.

Je viens de lire un article du quotidien « La Liberté », qui fut jadis la Bible ou la Pravda du très catholique pays de Fribourg en Suisse. Un peu le Québec des années Duplessis. Le journaliste l’a intitulé : « Qu’est-ce que nous a fait le bon Dieu ?

Un constat ou une apologie de l’athéisme qui a gagné cette région ? Si c’est un constat, je me sens proche des conclusions de l’auteur. Le covid 19 a mis aux oubliettes le théisme « officiel » encore en vogue jusque là dans nos mœurs et comportements. Aujourd’hui, personne ne se plaît à imaginer, comme le Père Paneloux de La Peste de Camus, que cette pandémique est un châtiment divin. Ni même qu’on puisse prier le Ciel de nous en délivrer. Le sacré a changé de camp. Il ne se réfugie plus dans les synagogues, les mosquées et les églises. Les nouveaux prêtres sont médecins et scientifiques. « Nous avons banni Dieu de nos pensées, de notre horizon. Désormais sans révolte, nous ne lui collons même plus nos malheurs sur le dos ».

Pour tenter encore de se faire valoir et d’avoir pignon sur rue, nos Eglises, à commencer par celle du pape François, se transforment en « ONG humanitaire ». « Auprès d’une écrasante majorité, l’invisible est périmé ».

Je viens d’en faire l’amère expérience auprès de personnes qui me sont proches, mais qui ne me reconnaissent plus comme « homme de Dieu », puisque pour eux aussi « l’invisible est périmé ». Demeure l’imprévisible que la science, surtout médicale, transforme en probable, en inéluctable ou alors en impossible.

Sans signifiance sociale reconnue, j’en suis réduit maintenant à me poser une seule et unique question qui fut déjà celle d’un psalmiste : « Où est-il ton Dieu ? ». Et à me demander, en cas de non réponse, si « je n’ai pas couru en vain ». Toute autre préoccupation, aurait dit mon vieux Père-Maître belge dans son parler wallon, n’est que « carabistouilles et calembredaines ».

Et pourtant le vieux positivisme d’Auguste Comte et consorts tenait le même discours que notre journaliste fribourgeois. Il n’a pu empêcher ni freiner le réveil religieux du catholicisme populaire du XIXème et de la première moitié du XXème siècle. Lourdes et autre Fatima sont des phénomènes contemporains de la croyance scientiste au progrès infini. Ce qui a changé aujourd’hui c’est la disparition, du moins dans nos pays, de cette base «catholique ». Notre religion est de plus en plus réduite à l’état de secte, regroupant une poignée d’extraterrestres en voie de disparition.

Mais ce Dieu qui a promis aux croyants de les accompagner jusqu’à la fin des temps doit bien se camoufler quelque part. Peut-être sous les plis diffus et confus de ce qu’on appelle pudiquement aujourd’hui spiritualité. Pour ma part, je ne cesse de le chercher par-delà les dires et la vie d’un certain Jésus de Nazareth qui s’est proposé comme la voie qui conduit vers Lui. Et j’ai choisi de m’en tenir là.

Note
J’ai fait paraître il y a quelques mois un modeste feuillet intitulé : « Après quatre-vingts ans : Dieu » J’ai tenté de dire à qui je donne ma foi. Mais aussi à quoi je ne la donne pas.

Une réflexion au sujet de « Où est-il ton Dieu ? »

  1. Sonia

    Bonjour, merci pour ce billet qui ne semble pas complètement désespéré ;-).
    Comment peut-on trouver cette publication “Après 80 ans : Dieu “. Cordialement,

    Répondre

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