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Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

Le temps des fiançailles

Imprimer Par Caroline Pinet

 

Pour épouser ma belle, Je donnerais ma vie.
Ainsi chantait un fiancé Qui s’en allait chercher fortune.
Sac au dos, sautez et dansez.
Ainsi chantait un fiancé. Sur la grand’route de Paris, Il rencontra deux camarades.
Il leur dit : Je suis fiancé.
Sac au dos sautez et dansez.
Pour épouser ma belle, Je donnerais ma vie.
Pour épouser ma belle, Je donnerais ma vie.

 -Charles Trenet


Se fiancer, tel que l’étymologie le définit, veut dire se confier. On reconnaît bien le radical de ce mot de la même famille que fier qui signifie avoir confiance. N’est-ce pas là, en ce petit mot, que repose toute promesse de mariage ? On retrouve le même sens au mot foi qui est pourtant d’une racine différente mais qui réfère également à la confiance. Ainsi, l’engagement, l’alliance, la promesse reposent sur un premier serment de confiance. Et c’est bien parce que j’ai confiance en toi que je me promets à toi…

Hollywood a forgé notre imaginaire en cristallisant ce moment autour d’un  jeune homme qui, au bon moment, pose un genou par terre et offre une bague à sa belle. La bague, signe de premier pas vers l’alliance conjugale, revêt alors un caractère fondamental. Dans ce scénario à l’américaine, la valeur de la bague traduit la valeur de l’amour du jeune homme…

À mon « époque », les fiançailles n’étaient pas à la mode ! Nous ne nous sommes pas fiancés en tant que tel. Pourtant, nous avons ensemble formulé une promesse de mariage. Autres temps, autres mœurs… Avec le recul, je pense que j’aurais beaucoup aimé être fiancée. Je constate que cette « mode » revient de plus en plus chez les jeunes se destinant au mariage.

Cette tradition remonte à l’Antiquité et n’a pas toujours eu la même valeur ni la même importance selon les époques. Au temps des mariages arrangés, les fiançailles intervenaient quelques jours avant le mariage et permettaient aux deux familles de s’entendre formellement sur les dispositions contractuelles. C’est souvent à ce moment que les futurs époux se rencontraient pour la première fois !

Au Moyen Age, les fiançailles évoluent. C’est à cette période que naît la tradition des bagues de fiançailles en diamant. L’Archiduc Maximilien, inspiré par Agnès Sorel, maîtresse de Charles VII, offre pour l’occasion une bague en diamant à celle qu’il convoite d’épouser. L’anneau serti devient alors symbole de fidélité conjugale, remplaçant le simple anneau qui était jusque-là dépourvu de pierre précieuse. Incidemment, par le faste des festivités, les fiançailles revêtaient la même importance que le mariage lui-même. C’est à partir du XIIe siècle, que ce rituel, jusque-là laïque, va se formaliser à l’Église.

Aujourd’hui, c’est sans doute le cinéma qui forge les contours de ce temps d’engagement. Ce qui ne cesse de m’étonner, c’est que même pour les jeunes générations, la jeune femme se retrouve, par ce schéma, encore dans l’attente des premiers pas d’engagement du jeune homme…

Les fiançailles semblent renaître tant dans le milieu religieux que du côté laïque. Cela demeure un moment émouvant. Mais, plutôt que d’accorder tant d’importance à la valeur de la bague (et de la montre pour le jeune homme) et au meilleur emplacement où faire sa demande, il serait bon de centrer l’essentiel de la démarche sur le sens profond qu’il revêt : je me confie à toi …

Il s’agit alors de remettre sa confiance en l’autre et de croire non seulement en lui, mais en l’amour qui grandit entre les deux amoureux sous le regard de Dieu. Car cet amour ne cessera de grandir et c’est à cette tâche première que l’on doit s’en remettre : cette promesse de ne jamais cesser de faire grandir l’amour!

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