Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

Avoir, faire et être

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C’est peut-être une déformation de maîtresse d’école, mais il semble bien que nos vies soient traversées par la conjugaison de trois verbes essentiels : avoir, faire et être sans lesquels nous ne pourrions exister, sans lesquels nous ne pourrions ni nous construire ni aimer.

Avoir : même si on ne se veut pas consumériste, nous ne pourrions survivre sans avoir de quoi manger, de quoi boire et un lieu pour se mettre à l’abri. Nous avons afin de pouvoir vivre. Mais nous conjuguons ce verbe au-delà du matériel! Nous avons, selon nos talents, de l’humour, de la compassion, une oreille musicale, une belle voix, un bon coup de crayon, une belle plume, le rythme dans la peau, le pouce vert, des talents culinaires, un esprit logique, etc… Nous avons une dimension qui nous caractérise, qui nous définit…

Faire : même si nous sommes davantage que ce que nous accomplissons, nous devons entrer dans l’action si nous voulons vivre ! Pour assurer notre survie, il nous faut nous bouger. Pour développer nos talents nous avons également à nous mettre à l’œuvre. C’est par l’action qu’une grande partie de nous-mêmes se construit. Il ne s’agit pas seulement d’avoir du talent, encore faut-il le faire fructifier. Sans action, non seulement il devient difficile de se construire, mais il devient également périlleux de faire exister le monde autour de nous qui a besoin de notre implication. 

Etre : même si on a tendance à confondre les titres que chacun porte avec le sens véritable d’être, nous devons nous employer à nous concentrer sur ce verbe d’état incontournable dans la vie. Bien au-delà des titres en société qui confine l’être à son statut social qui donne du vernis, comme être ministre, médecin, avocat, journaliste (…), grattons justement ce vernis pour faire apparaître la véritable essence de soi : être compatissant, chaleureux, amical, généreux, drôle, attentif… être présent, être là…

Sans ces trois verbes  à conjuguer dans nos vies, nous ne pourrions nous construire, nous ne pourrions construire le monde. Ces trois verbes sont essentiels pour parvenir à aimer ! Même Dieu, qui est le verbe (logos : la parole) a dû prendre chair afin de pouvoir être action dans l’aventure humaine. Il nous a montré le chemin par ce qu’il a été et fait. Et il avait besoin d’avoir ad minima une paire de sandale, une tunique et de quoi boire et manger afin d’accomplir sa mission. Par l’exemple de sa vie, nous comprenons que le but ultime de nos vies est celui d’aimer. 

Pour habiter ce monde il nous faut donc parvenir à conjuguer avoirfaire et être car sans eux nous passerions à côté du sens véritable de la vie qui prend forme dans le verbe le plus important à saisir, soit aimer. Si je n’aime pas, je ne suis rien…

La vie conjugale repose sur le même principe. Il nous faut la même conjugaison. Nous construisons un nid capable de faire vivre une famille. Un avoir qui s’appuie sur nos forces intérieures, nos talents, mais aussi sur un matériel que nous partageons avec amour afin d’élever nos enfants. Nous bâtissons notre vie sur des expériences communes, des histoires, des récits de ce qui nous arrive, mais également ce que nous décidons d’accomplir ensemble. Un couple a besoin de partager des activités communes qui leur permettent de se connaître mais également de perpétuer le plaisir d’être ensemble. Enfin, un couple ne peut exister sans le fait d’être présent l’un à l’autre. C’est à travers ces dimensions vécues ensemble que l’amour parvient non seulement à exister, mais également à s’inscrire dans la durée.

Caroline Pinet

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