Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

La plus belle des histoires

Imprimer Par Caroline Pinet

Ils étaient jeunes. Enfin, sûrement l’était-elle. Quant à lui, le doute subsiste. Cela s’est passé il y a si longtemps. On ne sait plus trop exactement comment cela est arrivé. On sait qu’ils étaient du même village. Il l’avait demandée en mariage. Et un mystère se produisit. Elle se retrouva enceinte d’une manière bien plus incroyable que Jane the virgin.Lui,  a eu quand même un moment de doute. Il a dû se sentir trahi par  sa fiancée. Il était bien placé pour savoir qu’il n’était pas le père… Il aurait pu la répudier, parce qu’une femme qui le rend cocu avant même le mariage, n’était pas un bon présage pour l’avenir…

            Mais il l’aimait ! Il la connaissait… Il savait qu’elle n’était pas une fille comme ça ! Au risque de passer pour un gros naïf, il lui a fait confiance, il l’a crue… A-t-il gardé de petits doutes au début ? L’histoire ne le dit pas. Quand même, c’était dur de croire qu’un ange était passé par là…Mais déjà, l’amour avait fait son œuvre dans le cœur de ce charpentier, il s’est engagé à ses côtés.

            C’est à partir du moment où il prend la décision d’aimer que l’avenir s’ouvre pour cette famille. Un avenir merveilleux, mais non sans épreuve. Déjà, avant que le petit ne vienne au monde, des soucis administratifs leur tombent dessus. Il fallait aller régler une histoire de recensement à cent cinquante-sept kilomètres du lieu où ils habitaient. Il trouvait que cela n’avait aucun sens de partir avec sa femme sur le point d’accoucher pour aller se faire recenser à trente-trois heures de route à pied. Et encore, s’ils contournaient la grande ville, ils allaient bien mettre une heure de plus ! Mais, elle l’a rassuré, le voyant angoissé par ce souci : « Ça va aller, je vais y arriver. Et il n’y a aucun signe qu’il l’annonce pour bientôt, donc, ça devrait le faire… », lui a-t-elle dit pour lui ôter ce souci. En réalité, elle prenait sans doute sur elle. Elle aussi s’inquiétait secrètement un peu. C’était quand même son premier. Et elle aurait voulu accoucher avec celles en qui elle avait confiance au village. Mais, elle ne voulait pas le voir s’inquiéter. Elle l’aimait ! Alors, il a bâté l’âne, parce qu’il n’avait pas d’autre moyen de locomotion et il y a installé sa femme. Lui, marcherait, cela n’était pas un problème…

            La route n’a pas été si mal. Ils se sont parlé tout au long du chemin. Ils riaient parfois. Ils devaient régulièrement faire des pauses pour boire, et se mettre un peu à l’ombre. Ils avaient apporté de quoi se restaurer, alors ils ont également pique-niqué de manière frugale. Ils ont même dormi à l’abri en route apercevant la voûte céleste magnifiquement étoilée. Cela s’est passé mieux qu’ils ne l’appréhendaient. Arrivés à destination, ils ont eu le temps de se faire recenser. Ils ne s’attendaient pas à voir autant de monde dans la place ! Il y avait une cohue ! On peinait à avancer… Ils s’apprêtaient à repartir pour s’éloigner de la foule quand soudain, les premières douleurs se sont manifestées…

            Changement de programme. Il fallait au plus tôt trouver une chambre pour loger afin qu’elle puisse y faire naître le petit à l’abri. En plus, la nuit n’allait pas tarder à tomber. Malheureusement, tout était complet. Comment faire ? Comme les chambres hautes des maisons étaient toutes occupées, une bonne âme leur a ouvert une pièce au rez-de-chaussée. Il y avait là des bêtes qui dormaient. Il y avait de la paille pour isoler le sol. Le bœuf et l’âne produisaient de la chaleur suffisamment pour tenir la température ambiante assez élevée dans la pièce. Ils se sont posés. La vue donnait sur les pâturages. C’était plus calme que du côté villageois.

            On dit que durant cette période-là, une étoile brillait plus que les autres. C’était la conjonction de Jupiter et de Saturne. Une étoile si brillante ne pouvait que présager de la naissance d’un grand roi. C’est pourquoi, dans la nuit, des bergers qui avaient entendu qu’un bébé était né dans le village, sont venus le voir. Il régnait un calme autour de ce petit bébé. Une douce lumière enveloppait tous ceux qui s’approchaient. On dit que même des astronomes, intrigués par la lumière du ciel, l’ont suivi et se sont arrêtés pour voir le petit. Joseph et Marie étaient un peu intimidés aussi. Ce n’était pas tant par le cortège des invités, si importants fussent-ils, alors qu’ils étaient de condition modeste. C’était devant ce petit qui venait de naître. Ils sentaient bien  que leur fils était spécial. 

            Les pages people nous parlent des gens de la royauté qui mènent une vie de gala, posant ici et là avec leurs enfants. Ils font parfois rêver. La naissance d’un royal baby attise toujours la curiosité. Mais jamais ils ne nous touchent… L’histoire de la Nativité ne cesse de toucher notre cœur depuis deux mille ans car nous nous y reconnaissons. Ils sont simples ces gens et ils ne cessent de nous ramener à l’essentiel : l’Amour. 

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