Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 20e Dimanche T.O. (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

COURIR POUR GAGNER

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12, 49-53

En ce temps-là,
Jésus disait à ses disciples :
    « Je suis venu apporter un feu sur la terre,
et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !
    Je dois recevoir un baptême,
et quelle angoisse est la mienne jusqu’à ce qu’il soit accompli !
    Pensez-vous que je sois venu
mettre la paix sur la terre ?
Non, je vous le dis,
mais bien plutôt la division.
    Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées :
trois contre deux et deux contre trois ;
    ils se diviseront :
le père contre le fils
et le fils contre le père,
la mère contre la fille
et la fille contre la mère,
la belle-mère contre la belle-fille
et la belle-fille contre la belle-mère. »

COMMENTAIRE

Les grandes olympiques internationales du Japon s’annoncent pour l’an prochain. La flamme sera bientôt allumée pour indiquer que le compte à rebours est commencé pour ces Jeux qui rassembleront des milliers d’athlètes de tous les points de la terre. Les piscines et les bassins, les parcours, les équipements, même les podiums sont presque prêts. Le moment sera intense. Les participants passionnés. Chacun devra être au meilleur de sa forme. Personne n’a intérêt à faire les choses à moitié. Tous veulent aller jusqu’au bout. La lutte pour atteindre le 1errang requiert toutes les énergies.

Dans la parole de ce dimanche les mots aussi sont forts pour dire le mystère du Christ et le nôtre. Ils disent le sens profond, radical, exigeant de notre témoignage. Les propos n’ont rien de mièvre ni de bien reposant.

« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! » De quel feu Jésus parle-t-il? Il faut nous rapporter ici au sens biblique du feu, qui est multiple : le feu parfois destructeur, comme à Sodome; le feu sacré du buisson ardent, pour Moïse au désert; le feu qui consume les sacrifices; le char de feu qui emporte le prophète Élie au Ciel. Le feu de l’amour! Mais c’est aussi le feu dont parle Jean Baptiste à propos de Jésus, quand  il dit que « lui, il baptisera dans l’eau et le feu. » Le feu de l’Esprit, donc, l’Esprit de Pentecôte, qui nous vient de Pâques. Le feu de l’Esprit qui renouvelle la face de la terre. Jésus avoue qu’il anticipe et désire l’avènement de ce feu : « Comme je voudrais qu’il soit déjà allumé! »

Quant au baptême dont il parle, Jésus désigne par là sa plongée prochaine dans les eaux du mal et de la mort, quand il mourra élevé en croix, devenu pour le monde arbre de vie. La grande passion de Jésus, c’est de vivre ce passage. « Je dois recevoir un baptême, dit-il, et comme il m’en coûte d’attendre qu’il soit accompli! »

Nous devinons que nous sommes ici au cœur du mystère du Christ; qu’il nous parle de son œuvre rédemptrice qui est à la veille de s’accomplir. Jésus nous dit qu’il a hâte. Il s’impatiente tellement il a hâte.

Pensons aux athlètes, là-bas, bientôt au Japon, quand les années de préparation, les efforts soutenus vont enfin aboutir et se concentrer en quelques heures, quelques minutes, quelques secondes décisives d’un combat ultime pour gagner.

Jésus est habité d’une tension analogue. Son rêve, sa mission vont enfin s’accomplir. Il révèle un état d’âme qui laisse bien voir son amour, son engagement total, le don qu’il nous fait de sa vie. Et il nous presse d’entrer dans cette même ferveur, pour, nous aussi, le suivre dans sa passion, marchant à sa suite avec courage et fidélité jusqu’au bout de notre amour qui est aussi le sien, brûlant de son feu qui est l’Esprit Saint qu’il nous donne. 

Il nous invite à la fin à prévoir les effets dérangeants de notre foi et les clarifications qu’elle nécessite. Il évoque ces conflits qui sont inévitables, alors que nous serons exposés au rejet, parfois en rupture avec nos proches. Une certaine paix ne sera plus possible. On ne peut s’accommoder de tout. L’appel de l’Évangile est radical et tranchant. La paix que le Christ nous donne est à ce prix.

« Méditez l’exemple de celui qui a enduré de la part des pécheurs une telle hostilité, et vous ne serez pas accablés par le découragement », souligne la lettre aux Hébreux, après nous avoir dit : « Débarrassons-nous de tout ce qui nous alourdit; alors nous courrons avec endurance l’épreuve qui nous est proposé, les yeux fixés sur Jésus qui est à l’origine et au terme de la foi. »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois