Parole et vie,

Responsable de la chronique : Suzanne Demers, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 14e Dimanche T.O. (C)

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Joie et Paix de la Mission

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 10, 1-9)

    En ce temps-là,
parmi les disciples,
    le Seigneur en désigna encore 72,
et il les envoya deux par deux, en avant de lui,
en toute ville et localité
où lui-même allait se rendre.
    Il leur dit :
« La moisson est abondante,
mais les ouvriers sont peu nombreux.
Priez donc le maître de la moisson
d’envoyer des ouvriers pour sa moisson.
    Allez ! Voici que je vous envoie
comme des agneaux au milieu des loups.
    Ne portez ni bourse, ni sac, ni sandales,
et ne saluez personne en chemin.
    Mais dans toute maison où vous entrerez,
dites d’abord :
‘Paix à cette maison.’
    S’il y a là un ami de la paix,
votre paix ira reposer sur lui ;
sinon, elle reviendra sur vous.
    Restez dans cette maison,
mangeant et buvant ce que l’on vous sert ;
car l’ouvrier mérite son salaire.
Ne passez pas de maison en maison.
    Dans toute ville où vous entrerez
et où vous serez accueillis,
mangez ce qui vous est présenté.
    Guérissez les malades qui s’y trouvent
et dites-leur :
‘Le règne de Dieu s’est approché de vous.’ »

COMMENTAIRE

Les fêtes de la Saint-Jean et celles du premier juillet se conjuguent chez nous avec deux fêtes nationales. Il y en a pour tout le monde! Ces moments festifs se posent bien au début de la période estivale, période de vacances pour plusieurs d’entre nous. Il y a suffisamment d’évènements tristes et difficiles qui surviennent, il est bon de pouvoir nous occuper aussi de joie et de fête pour un certain temps.

La Parole de Dieu va clairement dans ce sens aujourd’hui. Le prophète Isaïe, en 1ère lecture, nous parle d’une fête et d’une consolation immense pour le peuple de l’Alliance revenant sur ses terres; Sain Luc raconte la mission des 72 disciples, qui prend allure de grande sortie, alors même qu’elle se vivra avec peu de moyens, soumise à tous les dangers, porteuse d’une paix qui ne sera pas toujours reçue.  En 2e lecture nous avions retrouvé un S. Paul soucieux de nous rappeler le mystère de la croix, incontournable dans la vie du témoin du Christ et de son Évangile.

Le message de ce dimanche a donc de quoi nous étonner tellement il va en dents de scie, alors qu’il évoque la victoire et l’exaltation, notre fragilité, nos souffrances et nos peines  et la joie promise. Vivre en chrétien, suivre le Christ sous la mouvance de l’Esprit, c’est tout ça : faire l’expérience intime d’une paix et d’une joie profondes tout en étant assujetti à l’humble condition des témoins d’une espérance souvent incomprise et mal reçue par le monde.

Le prophète Isaïe évoque de la plus belle façon le monde nouveau du Royaume promis, où Dieu rassemble ses enfants comme une mère. L’image est saisissante : « Vous serez comme des nourrissons que l’on porte sur son bras, que l’on caresse sur ses genoux. De même qu’une mère console son enfant, moi-même je vous consolerai. » Nous aimerions chanter toujours avec le psalmiste : « Terre entière, acclame Dieu, chante le Seigneur! ».

Mais le Seigneur ne veut pas faire de nous des rêveurs. Il nous rappelle aussi des choses importantes, qui viennent faire équilibre avec les propos optimistes du prophète. Il nous fait savoir que, pour l’instant, les enfants du Royaume ont part à une œuvre qui les dépasse et qui, bien qu’elle porte en elle la victoire, la promesse d’une réussite, parce que divine et sainte, elle ne peut se vivre que d’une bien humble façon et sous les traits inévitables de la pauvreté, de la souffrance, en portant chacun notre croix.

Notre part est toujours humble et pauvre. Le Seigneur nous a choisis et désignés pour accomplir une mission difficile, jusqu’à son retour, en allant nous aussi comme des agneaux au milieu des loups. Nous apportons la paix, la douceur et la non-violence. Comment allons-nous tenir devant la menace des loups? Sinon en nous laissant rassembler par le bon berger! Notre assurance vient de lui. C’est en son nom que nous sommes envoyés et que nous avons toute chance d’être efficaces.

Tout ce qui nous arrive de réconfortant, ce n’est pas pour en tirer gloire personnelle, mais pour nourrir l’espérance de tous et de chacun. Paul nous rappelle, bien à propos, quelle fierté est la sienne, et toujours aussi la nôtre : la croix de notre Seigneur Jésus Christ. Cette croix qui fait que le monde est à jamais crucifié pour lui, et lui pour le monde. Elle fait aussi que le monde est à jamais crucifié pour nous, et nous pour le monde. En elle nous avons paix et miséricorde. C’est elle seule qui nous ouvre à tous le passage vers la vie, vers la création nouvelle.

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