Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 13e Dimanche (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Libres, pour quoi faire ?

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc  (Lc 9, 51-62)

Comme s’accomplissait le temps
où il allait être enlevé au ciel,
Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
    Il envoya, en avant de lui, des messagers ;
ceux-ci se mirent en route
et entrèrent dans un village de Samaritains
pour préparer sa venue.
    Mais on refusa de le recevoir,
parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem.
    Voyant cela,
les disciples Jacques et Jean dirent :
« Seigneur, veux-tu que nous ordonnions
qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? »
    Mais Jésus, se retournant, les réprimanda.
    Puis ils partirent pour un autre village.

    En cours de route, un homme dit à Jésus :
« Je te suivrai partout où tu iras. »
    Jésus lui déclara :
« Les renards ont des terriers,
les oiseaux du ciel ont des nids ;
mais le Fils de l’homme n’a pas d’endroit où reposer la tête. »

    Il dit à un autre :
« Suis-moi. »
L’homme répondit :
« Seigneur, permets-moi d’aller d’abord
enterrer mon père. »
    Mais Jésus répliqua :
« Laisse les morts enterrer leurs morts.
Toi, pars, et annonce le règne de Dieu. »

    Un autre encore lui dit :
« Je te suivrai, Seigneur ;
mais laisse-moi d’abord faire mes adieux
aux gens de ma maison. »
    Jésus lui répondit :
« Quiconque met la main à la charrue,
puis regarde en arrière,
n’est pas fait pour le royaume de Dieu. »

Commentaire

Nous sommes entrés dans la période des grandes vacances. Ce temps de l’été rime avec un rythme différent dans nos activités, plus de détente, avec du temps libre, du temps pour plus de liberté !

On sait bien qu’il ne s’agit pas – pendant les vacances –  de perdre son temps, de ne plus rien faire ; bien au contraire : nos plus belles vacances furent peut-être celles où nous avons entrepris le plus de choses, faisant des choix importants, nous prenant davantage en main, relevant de nouveaux défis, nous engageant en des voies nouvelles et même très exigeantes, par où nous avons atteint parfois à quelque dépassement personnel, familial ou communautaire.  

La liberté, pour quoifaire ?  Voilà qui est aussi le thème principal de la Parole de Dieu aujourd’hui. Voilà qui est au cœur du sujet dont elle nous parle. 

Nous avons retrouvé dans la démarche du prophète Élie auprès d’Élisée, puis chez saint Paul, chez le Psalmiste et dans l’Évangile des variations sur ce thème de la liberté ; une liberté profonde, mise à l’épreuve, mise au défi de répondre à l’appel de Dieu, un appel sérieux, exigeant, urgent, mais qui ne s’impose pas, qui laisse libre – comme si Dieu se mettait lui-même en humble prière devant nous pour nous supplier d’accueillir ce qui est beau et grand et meilleur pour chacun de nous.

« Dieu, mon bonheur et ma joie ! » Voilà ce que nous a fait chanter le psalmiste, nous donnant à comprendre qu’en notre Seigneur lui-même est le secret, le trésor inestimable offert à notre libre, décisive et joyeuse découverte. N’est-il pas celui qui s’offre par son appel à combler nos besoins les plus profonds ?

Pour que notre réponse soit juste et bien accordée à cette proposition, il nous faut, comme dit Saint Paul, la complicité de l’Esprit de Dieu : qu’il soit notre partenaire intime de décisions parfois déchirantes, qu’il nous fasse pencher vers l’amour, vers le don de nous-mêmes et vers le service du prochain – selon les termes de Jésus lui-même tout au long de l’Évangile. « Vivez sous la conduite de l’Esprit de Dieu,écrit S. Paul ; alors vous n’obéirez pas aux tendances égoïstes de la chair ». L’Esprit saura bien nous conduire par les chemins libérateurs du renoncement. Il nous donnera le goût du bien et nous fera l’accomplir en toute fidélité au meilleur de nous-mêmes.

Aurons-nous seulement cultivé assez en nous l’espace voulu de liberté pour dire oui à la vie, oui à l’Esprit, oui à l’Évangile, oui au Dieu d’amour et de joie ? Saurons-nous nous libérer d’un certain passé idolâtrée que nous traînons parfois comme un lourd boulet ? Le Royaume de Dieu n’est-il pas devant nous et ne requiert-il pas toutes nos forces, toutes nos énergies ?

Dieu, mon bonheur et ma joie, disait le Psalmiste. Vous avez été appelés à la liberté,écrivait l’apôtre Paul. Ajoutant que cette liberté ne devait pas être un prétexte pour satisfaire notre égoïsme ; au contraire,disait-il, mettez-vous, par amour, au service les uns des autres.

« Laisse les morts enterrer leurs morts »,  répond rudement Jésus à celui qui demande un délai pour aller d’abord enterrer son père.  « Toi, va annoncer le règne de Dieu. » Et il ajoute, comme pour nous faire bien réfléchir et nous décider enfin à le suivre sans réserve : « Celui qui met la main à la charrue et regarde en arrière n’est pas fait pour le Royaume de Dieu ». 

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