Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le Dimanche des Rameaux

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Une charité à toute épreuve!

 

Il nous faut être bref… Nous avons mis beaucoup de temps sur la Parole jusqu’ici.

La liturgie nous a fait vivre les choses en contraste depuis le début, avec ce passage abrupt du triomphe de Jésus, entrant à Jérusalem acclamé par les foules, à la plus désolante situation où il est arrêté, mis en prison, conduit, au terme d’un procès dérisoire et par des atrocités innommables, jusqu’à la crucifixion qui le fait mourir.

C’est un peu comme lorsqu’au milieu d’un grand succès, ou d’une belle fête, nous sommes rejoints par l’annonce d’un grand malheur, frappés d’une immense tristesse. Nous connaissons bien ces deux excès : quand l’expérience d’un parfait bonheur fait place soudainement au plus grand malheur, une chose qui arrive chez nous parfois, ou bien autour de nous, ou ailleurs dans le monde.

Ce qui me touche et m’impressionne dans le récit de saint Luc, c’est cette attitude et cette manière étonnante que Jésus nous révèle quand il est aux prises avec toutes les menaces et tous les sévices qui pèsent sur lui. Sans que rien ne soit caché ou diminué de la cruelle réalité de ses souffrances, il se tient en contrôle de lui-même, en sérénité profonde et grande charité. Il n’est pas dominé ou vaincu par le mal qui s’acharne contre lui. Il démontre au contraire plein d’amour, de tendresse même en ces circonstances extrêmes et tellement pénibles. Ses paroles sont comme autant de baumes ou de beauté qu’il apporte sur un parcours effrayant. Comme des étoiles qui brillent dans une nuit obscure…

C’est que déjà la lueur de Pâques apparaît dans le récit de Luc, l’amour du Père dans le cœur de Jésus. Nous vivons ensemble une relecture des actes qui nous sauvent. C’est ainsi que l’espérance nous est donnée avec la charité du Christ au cœur même de ses souffrances et de sa détresse.

Jésus nous apprend à composer nous aussi avec les contrariétés et la souffrance, et à les faire servir, à les tourner en un chemin de paix et d’amitié, d’humilité et de pardon. Voilà une leçon bien audacieuse peut-être pour nos vies tourmentées, plus souvent portées à la révolte.

Mais si nous allions notre passion avec le Christ, lui confiant dans la foi nos malheurs et notre peine, marchant avec lui, pour déjà avoir part à la puissance de sa résurrection, qui vient après, bien sûr, mais qui déjà porte ses fruits en nous de liberté, de paix et d’amour… à toute épreuve!

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