Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour la Vigile pascale (C)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Comme il l’avait dit

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 24, 1-12)

Le premier jour de la semaine,
à la pointe de l’aurore,
les femmes se rendirent au tombeau,
portant les aromates qu’elles avaient préparés.
Elles trouvèrent la pierre roulée sur le côté du tombeau.
Elles entrèrent,
mais ne trouvèrent pas le corps du Seigneur Jésus.
Alors qu’elles étaient désemparées,
voici que deux hommes se tinrent devant elles
en habit éblouissant.
Saisies de crainte,
elles gardaient leur visage incliné vers le sol.
Ils leur dirent :
« Pourquoi cherchez-vous le Vivant
parmi les morts ?
Il n’est pas ici,
il est ressuscité.
Rappelez-vous ce qu’il vous a dit
quand il était encore en Galilée :
‘Il faut que le Fils de l’homme
soit livré aux mains des pécheurs,
qu’il soit crucifié
et que, le troisième jour, il ressuscite.’ »

Alors elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.
Revenues du tombeau,
elles rapportèrent tout cela aux Onze et à tous les autres.
C’étaient Marie Madeleine, Jeanne,
et Marie mère de Jacques ;
les autres femmes qui les accompagnaient
disaient la même chose aux Apôtres.
Mais ces propos leur semblèrent délirants,
et ils ne les croyaient pas.
Alors Pierre se leva et courut au tombeau ;
mais en se penchant,
il vit les linges, et eux seuls.
Il s’en retourna chez lui,
tout étonné de ce qui était arrivé.

COMMENTAIRE

Ce n’est pas la première fois que des hommes n’auront pas cru au discours des femmes. Il n’est pas surprenant non plus que le message pascal soit communiqué, confié d’abord à des femmes. Elles le portent naturellement, étant plus émotives que les hommes, plus immédiates et spontanées dans leurs réactions, plus intuitives aussi devant le mystère, plus proches de la vie.

Nos bons hommes, eux, supposément plus réalistes et raisonnables, exigent des preuves, ils veulent contrôler. Mais cette différence d’approches nous tient, les uns et les autres, dans l’équilibre, dans une complémentarité qui témoigne de la vérité de cette expérience fondamentale qu’il nous est donné de revivre cette nuit.

Peu importe nos réactions premières, nous sommes tous mis au défi de croire, sidérés par un fait inouï, qui nous étonne encore : la mort n’a pas eu le dernier mot sur Jésus de Nazareth. Il n’est plus au tombeau. Il est vivant. Ressuscité, il a passé la mort comme il l’avait dit. Et celles et ceux qui l’ont accompagné depuis la Galilée l’apprennent avec stupeur et ravissement. Par-delà leur cheminement d’autrefois avec lui, leur déception, leur abandon, leur tristesse et leur deuil, ils se souviennent que Jésus l’avait annoncé, que tout s’accomplit comme Jésus l’avait prophétisé.

La fête de Pâques nous plonge dans la merveille de cette annonce qui a retenti, il y a plus de 2000 ans. La Nouvelle de la Résurrection du Christ se répercute sur la terre depuis lors et nous convie à une prodigieuse espérance. Grâce au Christ, les portes s’ouvrent pour nous sur un monde nouveau, sur l’infini de la grâce, de la vie, de l’amour de notre Dieu.

Certes les réalités quotidiennes et leurs nécessités suivent leur cours, mais plus rien n’est pareil pour les croyants. Nous sommes appelés à témoigner d’un avenir désormais ouvert sur autre chose que sur la mort, d’une possibilité immense d’accomplissement pour l’homme et la femme, pour la famille, pour la société, pour chacun et chacune de nous. L’évènement de Pâques nous n’avons jamais fini de l’explorer, d’en voir les effets, d’en accueillir l’énergie et tout le potentiel dans nos propres vies.

Dans un monde toujours menacé de mort et enveloppé de ténèbres, nous témoignons de la lumière radieuse et paisible du Ressuscité. Comme le soulignait S. Paul, le mystère de Pâques nous concerne tous. En Jésus nous sommes passés de la mort à la vie. Dès maintenant le baptême a signifié pour nous ce passage. « Nous tous qui avons été baptisés, écrit l’Apôtre, c’est dans sa mort que nous avons été baptisés. Si par le baptême nous sommes plongés dans la mort avec lui, c’est pour mener en lui une vie nouvelle. » Et il ajoute : « Pensez que vous êtes morts au péché, et vivants pour Dieu en Jésus Christ »

Notre foi ne porte pas sur un rêve ou une illusion, ni sur un raisonnement ou une observation scientifique, elle porte sur quelqu’un qui se pose auprès de nous, mystérieusement présent, source de vie, puissant Sauveur. Notre foi est percutante, dérangeante, explosive parce qu’elle porte sur le Vivant à jamais; elle fait de nous les témoins privilégiés de cette vie nouvelle offerte à tous par Celui qui est mort et ressuscité pour nous tous.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois