Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 1er Dimanche du Carême. Année C

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

Le Prix de la fidélité!

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (Lc 4, 1-13)
En ce temps-là,
après son baptême,
Jésus, rempli d’Esprit Saint,
quitta les bords du Jourdain ;
dans l’Esprit, il fut conduit à travers le désert
où, pendant quarante jours, il fut tenté par le diable.
Il ne mangea rien durant ces jours-là,
et, quand ce temps fut écoulé, il eut faim.
Le diable lui dit alors :
« Si tu es Fils de Dieu,
ordonne à cette pierre de devenir du pain. »
Jésus répondit :
« Il est écrit :
L’homme ne vit pas seulement de pain. »

Alors le diable l’emmena plus haut
et lui montra en un instant tous les royaumes de la terre.
Il lui dit :
« Je te donnerai tout ce pouvoir
et la gloire de ces royaumes,
car cela m’a été remis et je le donne à qui je veux.
Toi donc, si tu te prosternes devant moi,
tu auras tout cela. »
Jésus lui répondit :
« Il est écrit :
C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras,
à lui seul tu rendras un culte.
 »

Puis le diable le conduisit à Jérusalem,
il le plaça au sommet du Temple
et lui dit :
« Si tu es Fils de Dieu, d’ici jette-toi en bas ;
car il est écrit :
Il donnera pour toi, à ses anges,
l’ordre de te garder
 ;
et encore :
Ils te porteront sur leurs mains,
de peur que ton pied ne heurte une pierre.
 »
Jésus lui fit cette réponse :
« Il est dit :
Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. »
Ayant ainsi épuisé toutes les formes de tentations,
le diable s’éloigna de Jésus jusqu’au moment fixé.

COMMENTAIRE

Il est dit que Jésus, rempli de l’Esprit-Saint, est poussé par le même Esprit au désert pour un temps d’épreuves. Un temps où il donnera la preuve de sa fidélité au dessein du Père. Suivons sa démarche et voyons dans son attitude et ses réponses comment faire pour le suivre et être avec lui.

Les évangélistes Matthieu et Luc nous rapportent les tentations en 3 étapes. Le contexte principal, c’est le désert. Un lieu de solitude, où Jésus n’est pas vraiment seul. Il est en communion avec le Père. Il se prépare à la mission qui l’attend. Dans l’aridité du désert, il ne pouvait que jeûner, c’est bien évident! C’est alors qu’une 1ère épreuve surgit. La faim! L’urgence de se nourrir. Le Fils de Dieu n’a-t-il pas les moyens de satisfaire ce besoin sur le champ? Sera-t-il fidèle à sa condition humaine? Ou bien va-t-il s’en évader en usant de son privilège divin? Un petit miracle et le tour est joué! Mais il ne saurait en être question pour lui. Jésus sera fidèle aux limites de sa nature humaine. Il refuse de tricher. Pour lui, une autre nourriture compte d’abord : la volonté bienveillante de son Père.

En cette épreuve, le Seigneur nous apprend à être nous aussi fidèles à notre condition humaine. Même si c’est parfois lourd et difficile. Même si nous avons des limites, les maladies, bien des nécessités. Nous sommes créés dans l’amour et la beauté. Nous ne sommes ni de purs esprits, ni des anges. Nous sommes corporels et physiques. Il nous faut gagner notre vie et partager notre pain. Dieu nous fait aussi le don de sa Parole. Ce pain-là nous est lui aussi nécessaire.

À Barcelone, en Espagne, à l’ouest de la ville, il y a une immense colline, une montagne, à laquelle on a donné le nom de Tibidabo (je te donnerai). Cette appellation nous reporte à la 2e épreuve que le démon fait subir à Jésus en l’emmenant sur une haute montagne. Pour se livrer avec lui à une sorte de marchandage : si Jésus accepte d’adorer le Satan, il aura en son pouvoir tous les royaumes de la terre et la gloire qui va avec ce pouvoir. Jésus va-t-il accepter de se commettre auprès du Tentateur, quitte à oublier Dieu? Sa réponse est nette. Dieu seul suffit. Il refuse le compromis et la trahison qui lui feraient opter pour une gloire qui ne viendrait pas du Père.

Nous aussi nous serons fidèles, si nous vivons sans idolâtrie ni basse soumission devant les propositions de ce monde-ci. Comme le Christ nous ferons confiance à notre Dieu, nous tenant droits et libres en sa présence, même s’il nous en coûte aux yeux du monde. Avec le Christ, à sa suite, nous servirons nos frères et sœurs dans l’humilité et le don de nous-mêmes, en ne sacrifiant pas aux idoles de l’avoir, du pouvoir et de la gloire.

Reste la 3e épreuve : plus spectaculaire peut-être mais plus subtile aussi. On est à Jérusalem, au sommet du Temple. Si Jésus se jette en bas, Dieu viendra à son secours. C’est certain! Il l’a promis. Alors pourquoi ne pas vérifier? Jésus refuse le stratagème. Il est écrit : Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. Jésus fait confiance à son Père. En lui, il s’abandonne. Il a la preuve intime de son amour.

Nous n’avons pas toujours cette confiance, le même abandon. Nous voulons des preuves que Dieu nous aime, des signes, du spécial qu’il ferait pour nous. N’est-ce pas là une façon de lui dire que nous n’avons pas assez la foi, ni l’intime conviction qu’il nous aime? Pourtant!

Jésus, au moment de sa passion, revivra les épreuves dont il a jadis triomphé au désert. Le tentateur n’aura pas plus le dernier mot. Jésus sera fidèle jusqu’au bout, jusqu’à mourir sur la croix. C’est après ce témoignage ultime d’amour et de fidélité pour nous et pour son Père, qu’il sera sauvé de la mort, et nous aussi, qui à sa suite mènerons le combat de l’amour et de la fidélité jusqu’au bout, jusqu’à tout donner, nous gagnerons de vivre avec lui.

Une réflexion au sujet de « Homélie pour le 1er Dimanche du Carême. Année C »

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Parole et vie

Les autres chroniques du mois