Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Jésus est-il très « famille » ?

Imprimer Par Raphaël Pinet

 

« En ce temps-là, comme Jésus était dans une maison, arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » Mais il leur répond : « Qui est ma mère ? Qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui- là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Marc (3, 31-35)

Nous approchons  de Noël et nous sommes d’ores et déjà entrés dans le temps de l’Avent. Dans le meilleur des cas, la fête de la Nativité est devenue dans nos sociétés contemporaines la fête familiale par excellence. Pour les jeunes parents, l’histoire de la crèche est l’occasion d’introduire leur enfant aux mystères de la Foi. C’est un temps particulièrement favorable pour que de jeunes adultes redécouvrent les racines de leur éducation chrétienne.

Pourtant, Jésus n’est pas très tendre avec la famille. Dans la fugue de ses douze ans au Temple, il affirme la primauté du Père face à ses parents tourmentés par son absence inexpliquée. (Luc 2, 48-49). Le passage cité en introduction nous montre un Jésus particulièrement distant avec sa famille lorsque celle-ci veut le ramener à la maison et à la raison. A celui qui veut d’abord rendre les derniers hommages à son père qui vient de mourir, il va jusqu’à dire « Laissez-les morts enterrer leurs morts » (Mathieu 8, 21-22).

Il annonce plus tard que le Fils de l’Homme est venu mettre le feu et non la paix, la chicane entre le père et le fils, entre la belle-mère et la belle-fille. (Luc 12, 49-53).

Nous pourrions encore citer plusieurs passages de la Bonne nouvelle du même tonneau et nous serions rapidement convaincus que l’Evangile n’est pas le meilleur livre à poser sur la table du réveillon entre la dinde et la grosse bûche. Cela pourrait jeter un froid dans les conversations !

Jésus est venu nous parler de Dieu. Il est le dernier prophète venu nous annoncer ce que Dieu veut pour chacun d’entre nous. Il vient nous révéler l’intimité du Père. Et nous lui ramenons des histoires de familles, d’héritages à régler, de chicanes à apaiser avec mon frère. La réponse de Jésus est abrupte et directe. Tout cela n’a pas l’importance que devrait avoir la place de Dieu dans notre vie.

Il y a de cela une trentaine d’années à Montréal, un de nos amis lors du baptême de son fils aîné avait porté ce témoignage éclatant: « Maintenant que mon fils est baptisé, il n’est plus seulement mon fils mais il est devenu mon frère » C’était dire en peu de mots ce que l’irruption de Dieu dans l’économie de nos relations humaines et en particulier familiales a de bouleversant. Les rapports ne peuvent plus être les mêmes, les priorités doivent changer. Dans la grande histoire  de l’humanité, la famille est le lieu où peut éclore le fruit de l’amour. Mais ce fruit comme tous les fruits doit éclater pour davantage donner dans la longue chaîne de la transmission de la vie et, si possible, de l’Amour.

En ce sens, la famille doit être à l’image de ce que nous révèle l’Evangile, un lieu de libertés et non de carcans, un lieu de relation à l’Autre et non de relation selon la dette envers l’autre.

La dette asservit, l’amour libère.

 

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