Spiritualité 2000 met à votre disposition 22 années d’archives, soit près de cinq mille articles. Un grand merci à tous nos artisans qui ont su rendre possible cette aventure ayant rejoint des millions d’internautes.

Le rosaire dans la ville,

Responsable de la chronique : Marcel Dumont, o.p.
Le rosaire dans la ville

Marie répond t-elle à nos prières?

Imprimer Par Francine Paquin

 

Que de demandes nous faisons à la Vierge Marie! Le cœur confiant et plein d’espérance, nous nous adressons avec ferveur à notre Maman du Ciel. Et pourtant, nous ne recevons pas toujours la réponse désirée ou celle-ci se fait attendre. Comment se fait-il que parfois, il nous semble que nos prières ne sont pas exaucées? La Parole de Dieu ne nous dit-t-elle pas : «Tout ce que vous demanderez dans une prière pleine de foi, vous l’obtiendrez. Demandez et vous recevrez et votre joie sera parfaite. » (Mt, 21, 22 Jn, 16, 24)

Nos demandes exprimées avec la certitude que le Père nous aime du même amour qu’il aime Jésus témoigne que l’amour de Dieu est incommensurable et ne peut vouloir que notre plus grand bien. Parfois, nous enfermons Dieu dans nos petites visions terrestres alors que le Père a sur nous, de toute éternité, le projet d’un bonheur sans fin, auprès de Lui dans le Paradis. Le bonheur de Dieu est de combler son enfant dès ici-bas et la prière de Marie qui intercède pour nous va dans le même sens, il ne peut en être autrement. Dieu donne toujours plus que ce que nous lui demandons. Parfois nous prions pour recevoir une grâce à laquelle nous nous attachons alors que le Coeur de Dieu veut nous amener à vivre plus profondément dans l’intimité de son amour. L’amour de Dieu ne peut nous donner quelque chose qui ne favorise pas notre union avec lui tout comme il se plaît à répondre à notre prière lorsque celle-ci vivifie notre foi tout en nous ouvrant à la joie du Seigneur. «Quel est d’entre vous le père auquel son fils demande du pain et qui lui remettra une pierre? Un poisson et lui remettra un serpent? Si donc, vous qui êtes mauvais savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera t-il l’Esprit-Saint à ceux qui l’en prient.» (Lc, 11, 11-13)

Devant une maladie qui perdure, une souffrance qui ne semble pas s’atténuer, nos réactions humaines sont compréhensibles lorsque nous nous sentons totalement désorientés; il y a les questionnements, les peurs, les doutes et pourtant, Quelqu’un veille nous. L’Amour veut nous redonner notre liberté d’enfant de Dieu, reçue lors de notre création; il désire nous détacher de ce qui encombre notre vie et nous empêche de goûter la paix promise par Jésus. Notre foi en un Dieu qui nous aime doit souvent être purifié : aimer le Seigneur non pour nous-mêmes mais pour lui. Accueillir son amour, sachant que ce que nous vivons en ce moment est ce dont nous avons besoin de vivre pour être sanctifié, même si cela peut apparaître incompréhensible à notre entendement humain : ainsi se mesure notre foi en la sagesse divine et l’abandon à sa sainte volonté. Se laisser reconstruire, féconder par son amour peut nous apporter une joie profonde même au milieu des plus grandes tribulations. Qui n’a pas réalisé que cette épreuve, cette prière apparemment non exaucée l’a été bien au-delà de son attente. Il en est ressorti des fruits qui donnent le vrai sens à notre existence.

La personne peut dire : «si je n’avais pas connu cela, je ne serais pas aujourd’hui la personne que je suis….mon enfant handicapé m’a ouvert aux souffrances des autres, m’a détaché de mon égo, j’ai un regard plus compatissant pour les autres. Cette épreuve m’a unit de plus en plus à Jésus en croix, j’y ai trouvé une paix et une joie que je ne connaissais pas, je suis entré plus profondément dans le mystère du salut et j’y ai rencontré un Dieu miséricordieux. Au lieu de me plaindre tout le temps, j’ai appris la louange, l’action de grâce. J’ai compris la grandeur de l’offrande qui m’unit à celle de Jésus s’offrant au Père à chaque eucharistie pour le salut des âmes et pour mon propre salut. J’y ai découvert son inexprimable valeur; ne cherchant que la volonté de Dieu et le désir de lui plaire, j’ai reçu la paix et la joie que Jésus nous a promis dans son Évangile….. »

Il arrive que la grâce si convoitée tarde à venir parce que la personne a besoin de se confesser, de se réconcilier avec Dieu avant de recevoir cette grâce qui transformera sa vie. Le Seigneur veut vivre une intimité, un cœur à cœur avec chaque personne; sa prière devient alors une prière tournée vers Dieu; une prière qui approfondit la foi en un Dieu tout-puissant qui peut tout pour celui qui croit. S’attacher à nos demandes au point de se concentrer uniquement sur elles plutôt que sur l’amour de Dieu ne laisse pas à Dieu la liberté d’agir. Nos comportements, nos attitudes à vouloir à tout prix être exaucé comme nous l’entendons retarde et empêche l’agir de Dieu. Au lieu de se faire mendiant de son amour, nous risquons de vouloir prendre le contrôle. Alors qu’un abandon confiant à la miséricorde divine élève l’âme à l’action de grâce, à la louange et la remplie de la sainte Présence, tellement plus désirable que toute autre gain. Alors, nous découvrons l’immense joie de Dieu à combler son enfant bien-au-delà de nos attentes, de notre espérance.

Dieu nous a donné sa Mère, elle intercède sans cesse pour nous, sa volonté est unie à celle de son divin Fils. Le fiat de Marie prononcé lors de l’Annonciation doit devenir le nôtre tout au long de notre vie afin de vivre dans la volonté divine, suite à notre Mère céleste. Comme une bonne Maman, elle nous montre le chemin, nous soigne, nous soutient et nous conduit vers l’Esprit de sagesse. La Vierge Marie nous associe intimement à sa vie. Lors de sa visite à sa cousine Élisabeth, Marie chante son Magnificat, elle nous associe à sa louange rendant gloire à Dieu qui a fait pour elle des merveilles qui se perpétueront en notre vie. Debout à la croix, unie à son Enfant Jésus expirant, Marie nous associe au mystère de la croix. Lors des mystères joyeux, douloureux, glorieux ou lumineux du rosaire, nous contemplons la vie de Jésus et de Marie, nous sommes constamment invités en tant qu’enfant de Dieu à entrer dans l’intimité du Coeur de Jésus et de Marie et à partager leur vie. Marie se réjouit avec nous et souffre avec nous tout comme elle l’a fait avec Jésus. Que nos prières et notre vie convergent vers la sainteté de la Vierge Marie et de son divin Fils.

Marie, en communion avec Jésus répond à nos prières, elle nous obtient ce dont nous avons besoin. Son Coeur de Maman présente notre prière à notre Père céleste, il les connaît avant même que nous les formulions. Faisons confiance à cette bonne Maman que Jésus nous a donné du haut de la croix et croyons à la Parole de Dieu : « Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice et tout cela vous sera donné par surcroît. » (Mt, 6, 34)

Francine Paquin

 

Le rosaire dans la ville

Les autres thèmes