Nous deux,

Responsable de la chronique : Caroline Pinet
Nous deux

L’obsolescence programmée de l’amour

Imprimer Par Caroline Pinet

 

Sans doute avez-vous aussi chez vous un meuble d’une grande compagnie suédoise que vous avez dû monter tant bien que mal à l’aide de croquis plus ou moins clairs… Mon mari peste toujours contre ces meubles que j’ai parfois achetés car je trouvais cela pratique et pas cher. Et le temps lui donne toujours raison car rares sont les meubles en kit qui nous ont duré. Les bibliothèques bringuebalent, les armoires ont des tiroirs défoncés et des portes qui se détachent.

Nous sommes en train de les remplacer les uns après les autres grâce aux meubles qui furent à mes beaux-parents. Il n’y a pas « photos » ! Chacun de ces meubles a traversé cinquante, soixante ans, quand ce n’est pas soixante-dix et ils sont encore solides. Rien n’a bougé ! Etonnant comme cette armoire se démonte en moins de deux et se réinstalle identique à ce qu’elle fut depuis une éternité. C’est que ces objets étaient conçus pour…durer !

C’était la fierté du menuisier que de construire pour que cela dure ! Il aurait été inconcevable de bâtir pour que le client se retrouve avec la poignée dans les mains au bout de deux mois ! Pourtant la logique de marché a fait bifurquer les entreprises vers l’obsolescence programmée des biens afin d’y trouver un meilleur profit. Cette société du changement permanent nous pousse sans cesse à innover, à changer, à renouveler…

Les couples n’ont pas échappé à ce vent d’évolution. De mon « temps » déjà on sentait s’implanter l’idée qu’on ne pouvait plus se « marier » pour la vie. Aujourd’hui, on pourrait même dire que pour certains, l’idée même d’un mariage est déjà obsolète ! Un film célèbre des dernières années annonce « L’amour dure trois ans ». Obsolète l’amour ?

Je ne crois pas, non… Je ne le crois pas… je vis au milieu de jeunes, et je peux affirmer que l’amour a devant lui de bien beaux jours ! Les jeunes croient encore à l’amour. Ils rêvent encore à l’amour, le grand, celui de toute une vie !

Tous les mariages ne vont pas « durer »… Et le but d’un mariage n’est d’ailleurs pas de durer pour durer ! Il est vrai que 45% des mariages se terminent en divorce. Mais, n’est-ce pas extraordinaire de se dire qu’aujourd’hui, alors que rien ne nous oblige à demeurer dans un couple malheureux, 55% des mariages « durent » ? Plus de la moitié des couples ont une chance de vieillir ensemble.

Qu’est-ce qui fait qu’un couple poursuive son chemin uni ? Nous pourrions avancer bien des paramètres : la maturité des individus qui forment le couple, les difficultés rencontrées et résolues, la capacité de chacun à évoluer… Bien malin qui pourrait répondre à cette question en profondeur. Il est clair cependant que l’amour joue un rôle majeur dans la durée d’un couple. Un amour qui s’approfondit avec le temps et qui scelle davantage.

Aimer est une chance extraordinaire. Il n’est en rien une obligation. Il est une grâce ! Il ne faut pas faire durer un mariage ! Jamais a-t-on suscité l’amour juste en « durant et endurant ». Il faut avoir envie d’aimer. C’est parce qu’on s’aime que cela dure ! Aimer même lorsque ce n’est pas facile ! Aimer même lorsque les difficultés sont présentes et qu’il faut les traverser. On les traverse à deux !

La source de tout amour véritable est Dieu. Dieu, nous le savons, est l’Amour. Il est éternel. Eternel est son amour. Eternel peut également être notre amour quand il se nourrit à sa source : « L’amour est patient, l’amour est serviable, l’amour n’est pas envieux, il ne se vante pas, il ne se gonfle pas d’orgueil, il ne fait rien de malhonnête, il n’est pas intéressé, il ne s’emporte pas, il n’entretient pas de rancune, il ne se réjouit pas de voir l’autre dans son tort, mais il se réjouit avec celui qui a raison ; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout. L’amour ne passera jamais. » (1ère lettre de Saint Paul aux Corinthiens 12, 4-8)

L’amour n’est jamais un kit rapide à monter. Il ne se poursuit pas par hasard ni par chance. Il est le fruit d’un travail intérieur exigeant.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nous deux

Les autres chroniques du mois