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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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En quête de sens : LA CONFESSION et POUR VIVRE ICI

Imprimer Par Gilles Leblanc

Il y a des événements dans la vie qui suscitent des questionnements fondamentaux. Deux films récents en sont de bonnes illustrations. Dans LA CONFESSION, le réalisateur français Nicolas Boukrief présente la relation tourmenté entre un prêtre de paroisse et une jeune femme en recherche de vérité et d’amour. Pour sa part, le Québécois Bernard Émond décrit avec le magnifique POUR VIVRE ICI le cheminement d’une femme devenue veuve et qui tente de retrouver ses repères dans le passé pour affronter son avenir immédiat.

 


 

LA CONFESSION

Brillamment porté à l’écran en 1961 par Jean-Pierre Melville, le roman, « Léon Morin, prêtre » de Béatrix Beck (prix Goncourt en 1952), fait ici l’objet d’une adaptation libre par Nicolas Boukrief, et ce, sous forme d’un long flashback.

Dans un village français sous occupation allemande, Barny, sans nouvelles de son mari capturé au début de la guerre, cache sous son toit une famille juive. La jeune mère communiste, qui a envoyé sa fillette chez sa grand-mère à la campagne, affiche ouvertement son mépris de la religion catholique.

Pourtant un matin, par défi, elle entre au confessionnal; et confronte le nouveau curé, l’abbé Léon Morin, sur ses croyances et sur les limites de son ministère en ces temps troublés. À sa grande surprise, Barny découvre un homme d’Église charmant, intelligent et surtout, très humble dans ses réponses.

Au fil de leurs discussions, la jeune athée éprouve le besoin de se convertir au catholicisme. Mais est-ce plutôt pour passer plus de temps en compagnie du très attirant prêtre, devant lequel toutes les femmes du village tombent en pâmoison?

Les joutes verbales, fascinantes et stimulantes coulent avec fluidité dans un récit riche et nuancé. Soyeuse et expressive, la photographie de Manuel Dacosse confère une sensualité enivrante à de nombreuses séquences. Enfin, la chimie est palpable entre les inspirés Marine Vacth (JEUNE ET JOLIE) et Romain Duris (MOLIÈRE, DE BATTRE MON CŒUR S’EST ARRÊTÉ).

Un film à voir pour la qualité des dialogues sur la foi chrétienne!

 


 

POUR VIVRE ICI

 

Avec son huitième long métrage de fiction, Bernard Émond (LA NEUVAINE, LE JOURNAL D’UN VIEIL HOMME) poursuit son œuvre en restant fidèle à son style dépouillé et contemplatif qui s’interroge sur les valeurs morales de notre société. Fait à noter, le cinéaste y retrouve son actrice fétiche Élise Guilbault (LA FEMME QUI BOIT) pour la quatrième fois.

Ébranlée par la mort subite de son époux, modeste ouvrier de Baie-Comeau reconnu pour sa bonté, Monique erre sans but dans les rues enneigées de la ville. Puis, au contact d’un ami de la famille, l’infirmière retraitée décide d’aller visiter ses enfants à Montréal.

Mais son fils, architecte surchargé de travail jonglant avec les exigences de la garde partagée, a peu de temps à lui consacrer. Monique trouve encore moins de réconfort auprès de sa fille journaliste, qui quitte d’urgence pour l’étranger, lui laissant la garde de son appartement.

Sans se démonter, la visiteuse de la Côte-Nord appelle Sylvie, l’ex-petite-amie de son autre fils, décédé il y a quinze ans. Auprès de la jeune éducatrice qui a voué sa vie aux autistes, Monique trouve enfin l’occasion  de partager des souvenirs de son défunt mari. L’idée lui vient alors de retourner dans son patelin natal du nord de l’Ontario, où elle n’a pas mis les pieds depuis l’adolescence. Parvenue sur place, elle constate que presque tout a disparu.

Comme à l’habitude, le rythme du film de Bernard Émond est lent, voire contemplatif. Beaucoup de silences, de regards, de non-dits. Une grande partie de la réussite du film repose sur la performance subtile et émouvante d’Élise Guilbault qui réussit, une fois de plus, à nous toucher droit au cœur.

Un film charmant et radieux qui mérite d’être vu!


Gilles Leblanc

 

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