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Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
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La portée de nos gestes!

Imprimer Par Jacques Marcotte & Anne Saulnier

 

Bientôt la Saint-Valentin. Le moment de dire à l’autre « je t’aime » et souvent, de le souligner par un geste particulier.

Pour les amoureux, pas de problèmes. Mais pour d’autres qui voudraient profiter de cette fête pour poser un geste sexuel audacieux, attention ! L’onde de choc causé par le mouvement me too a de quoi faire réfléchir. Surtout après la publication dans le journal Le Monde d’une tribune signée par un collectif d’une centaine de femmes, dont Catherine Deneuve, s’insurgeant contre le mouvement tout en assurant aux hommes « la liberté d’importuner ».

Si la réaction de Catherine Deneuve a suscité bien des polémiques, elle nous oblige cependant à réfléchir sur les relations hommes femmes, et à faire une distinction entre la simple drague et le geste déplacé qui relève de l’abus de pouvoir et du non-consentement de la personne, car là est toute la différence !

Pour une foule de raisons, trop de femmes ayant subi un abus sexuel ont dû se taire durant de longues années. Nous ne pouvons que nous réjouir de l’éveil de conscience suscité par le mouvement me too. Dans le monde, des femmes se lèvent pour briser le silence et réclamer réparation. La boîte de Pandore est ouverte. Il ne se passe pas une semaine sans que nous ayons la surprise d’une nouvelle dénonciation. Par ailleurs, ces révélations se font souvent d’une façon désordonnée sur les différentes plates-formes électroniques.

Les nouvelles vont vite sur les réseaux sociaux, les jugements aussi. Il faut donc faire attention et se montrer prudent avant de porter une accusation qui risque de briser des vies. Méfions-nous aussi de nos émotions, de nos impulsions et prenons le temps du recul nécessaire. Gardons-nous de réagir trop hâtivement sur les médias sociaux et, si nous décidons de les utiliser, faisons-le dans le respect des autres. Notre société s’est dotée de lois et de procédures pour porter des accusations. Rappelons-nous que c’est à la Cour qu’il revient de trancher si une personne est coupable ou non.

Comme la culture du silence prévaut depuis trop longtemps, il était prévisible que l’éveil soit aussi brutal. Me too a offert aux femmes un tremplin pour s’affirmer et revendiquer l’égalité dans les rapports hommes femmes. Il y a sans doute un équilibre à retrouver, un nouveau langage à inventer, une simplicité à redécouvrir. Et tant que nous serons ensemble au travail, au loisir, dans la vie, il y aura ce penchant, cette attirance, ce bonheur à se retrouver l’un ou l’une avec l’autre. Oui, la vie risque d’être triste et bien ennuyeuse si la beauté et le charme y perdent leur droit, leur naturel.

Sans doute faut-il réagir et s’indigner des abus, des prises de contrôle et de nos obsessions? Il faut nous protéger des personnes qui abusent de leur pouvoir et punir sévèrement les dérèglements. Mais de grâce n’allons pas jeter le bébé avec l’eau du bain, bannir de nos vies la beauté, le charme et même la séduction qui n’ont rien à voir avec ce que dénonce le mouvement me too. N’empêchons pas la musique! Tâchons d’être prudents et en respect les uns envers les autres. Ne nous laissons pas voler la joie et le bonheur d’être ensemble dans l’harmonie d’une saine rencontre homme femme.

Bonne Saint-Valentin !

En collaboration,
Anne Saulnier et Jacques Marcotte, O.P.
Québec

 

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