Parole et vie,

Responsable de la chronique : Jacques Marcotte, o.p.
Parole et vie

Homélie pour le 6e Dimanche T.O. (B)

Imprimer Par Jacques Marcotte, o.p.

À détresse extrême, compassion extrême!

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,40-45.
En ce temps-là, un lépreux vint auprès de Jésus ; il le supplia et, tombant à ses genoux, lui dit : « Si tu le veux, tu peux me purifier. »
Saisi de compassion, Jésus étendit la main, le toucha et lui dit : « Je le veux, sois purifié. »
À l’instant même, la lèpre le quitta et il fut purifié.
Avec fermeté, Jésus le renvoya aussitôt
en lui disant : « Attention, ne dis rien à personne, mais va te montrer au prêtre, et donne pour ta purification ce que Moïse a prescrit dans la Loi : cela sera pour les gens un témoignage. »
Une fois parti, cet homme se mit à proclamer et à répandre la nouvelle, de sorte que Jésus ne pouvait plus entrer ouvertement dans une ville, mais restait à l’écart, dans des endroits déserts. De partout cependant on venait à lui.

COMMENTAIRE

Ce n’est pas drôle d’être atteint d’un mal contagieux, d’être mis en isolation, d’être en quarantaine… Toute la vie devient compliquée… pour nous-mêmes qui devons accepter d’être éloignés pour un temps des autres, privés de leur visite, de contacts normaux avec nos semblables. Ce n’est pas drôle non plus pour nos proches qui ne peuvent nous approcher sans prendre toutes les précautions nécessaires. Il y a un mur qui nous sépare. Malgré, bien sûr, que des bons soins « travaillent » intensément à nous guérir avec des chances de réussir à le faire rapidement.

C’était le sort réservé aux lépreux autrefois. On craignait la contagion. Ils étaient exclus, mis à part, sans grande possibilité – à l’époque – d’être soignés. C’était fatal dans la plupart des cas. Des morts vivants, c’est ce qu’ils devenaient. Un peu comme on a vu il y a quelques années en Afrique de l’Ouest au plus fort de l’épidémie de la fièvre Ébola.

Tout cela nous fait comprendre l’enjeu du miracle et du signe accomplis par Jésus aujourd’hui. Cette fois, le malade a franchi les barrières qui l’isolaient. Sa foi en Jésus lui a fait se frayer un passage jusqu’à lui, jusqu’à tomber à ses genoux en disant : « Si tu le veux, tu peux me purifier. » Le pauvre homme joue le tout pour le tout. La réaction normale de Jésus aurait dû être de fuir, de dénoncer ce malheureux.

Jésus choisit au contraire de jouer lui aussi le tout pour le tout en faveur de cet homme. Il s’éprend de pitié, d’une compassion extrême pour ce malheureux. Il puise en lui-même toute l’énergie divine qui lui fait dire : « Je le veux soit purifié ». Et cela après l’avoir touché, après avoir posé le geste dangereux et socialement condamné. Jésus mise sur la foi du lépreux. Il engage sa puissance divine et tout son amour. Et l’homme est purifié de sa lèpre.

La suite nous permet de voir que les conséquences, si elles sont heureuses pour l’homme guéri, ne sont pas très intéressantes pour Jésus. L’homme purifié n’a pas respecté les consignes de discrétion que lui avait prescrites Jésus. On le miraculé de n’avoir pas pu se retenir. Il était tellement content! Mais pour Jésus ça voudra dire se tenir loin des villages et des lieux habités. C’est à son tour de devoir s’isoler, se tenir à l’écart, vivre l’exclusion. On peut dire que c’était pour lui le prix à payer pour avoir guéri cet homme.

Au-delà de cet évènement déjà très beau en lui-même et révélateur de la puissance de la foi dans le Christ, révélateur de la puissance merveilleuse du Christ, il y a à considérer la portée spirituelle immense de geste qui nous rejoint chacun, chacune aujourd’hui.

Nous sommes marqués nous aussi de la lèpre du péché. La peur, l’incompréhension, l’isolement nous tiennent dans la tristesse, la solitude et l’incapacité de nous en sortir tout seul. À moins de nous tourner résolument vers le Seigneur. Lui-même il a franchi les barrières de nos solitudes, de nos souffrances, de la mort elle-même. Il en a fait personnellement l’expérience.

Ressuscité, il s’offre à nous toucher personnellement de son Esprit Saint, dans la grâce des sacrements de son Église. Il éveille lui- même notre foi. A nous de lui faire pleine confiance, de puiser abondamment à sa puissance de vie qui nous purifiera et nous rendra capables de liens fraternels authentiques avec nos frères et sœurs en communion intime et personnelle avec Dieu lui-même.

Entrons dans cette espérance et rendons grâce pour l’œuvre d’amour et de salut qui s’accomplit pour nous dans la personne de Jésus, le Christ, notre Sauveur. Amen.

 

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