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Responsable de la chronique : Gilles Leblanc
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Futur antérieur : PIEDS NUS DANS L’AUBE et BLADE RUNNER 2049

Imprimer Par Gilles Leblanc

Le passé et le futur ont souvent plus de liens qu’on pense. Deux films de réalisateurs québécois le démontrent chacun à sa façon. Dans PIEDS NUS DANS L’AUBE, le talentueux Francis Leclerc illustre sous forme de chronique les appréhensions d’un jeune adolescent face à son avenir. Pour sa part, le virtuose Denis Villeneuve présente dans BLADE RUNNER 2049 des révélations surprenantes sur les origines d’un officier justicier.

 

PIEDS NUS DANS L’AUBE

 

Après presque une décennie passée à travailler pour la télévision, Francis Leclerc (MÉMOIRES AFFECTIVES) réalise son premier film pour le grand écran depuis UN ÉTÉ SANS POINT NI COUP SÛR. Ce faisant, il renoue avec l’héritage de son célèbre père en adaptant son roman autobiographique paru en 1946. Avec son coscénariste Fred Pellerin (BABINE), le cinéaste s’est appliqué à traduire en images la magnifique prose de Félix, à travers une série de tableaux de la vie rurale d’antan qui forme au final un charmant conte initiatique.

La Tuque, automne 1926. Félix Leclerc, douze ans, accompagne son père Léo, son frère et son oncle dans leurs besognes quotidiennes. Chemin faisant, il fait la connaissance de Fidor, un garçon de son âge issu d’une famille très pauvre. Les deux gamins vont nouer de très puissants liens d’amitié, tout au long de l’année qui vient et qui sera, pour Félix, celle des premières et des dernières fois.

Du premier amour impossible avec la jolie infirmière qui abrite son cheval dans l’écurie des Leclerc. Du premier voyage périlleux dans un coin reculé de la Mauricie, où Léo, coureur des bois dans l’âme, entend bientôt fonder un village. Du dernier été à La Tuque aussi, puisqu’en septembre prochain, ce premier de classe, promis à un brillant avenir, devra quitter ses parents qu’il adore pour entrer au collège à Ottawa.

Les images sont exquises et la mise en scène ne manque pas d’élégance et de fluidité. Également, la direction artistique et les costumes sont fort soignés, parfois trop. Les enfants sont très bien dirigés et les interprètes adultes font montre de conviction, en particulier Roy Dupuis en père d’un calme rassurant et Guy Thauvette en oncle droit comme un chêne.

 

BLADE RUNNER 2049

 

35 ans après le magistral BLADE RUNNER de Ridley Scott, Denis Villeneuve signe une suite ambitieuse et brillante, qui renoue fidèlement avec l’univers fascinant imaginé par le romancier Philip K. Dick. Il faut dire que le réalisateur trouve ici un sujet recoupant les principales figures de son œuvre, de la conception dans le désert (UN 32 AOÛT SUR TERRE) à la quête des origines (INCENDIES), en passant par l’obsession du double (ENEMY).

En 2049, l’équilibre précaire d’un monde agonisant, au bord du chaos, est menacé par les conflits régnant entre les êtres humains et leurs esclaves produits par bio-ingénierie. L’officier K, de la police de Los Angeles, est un « Blade Runner » chargé d’éliminer les « réplicants », des androïdes rebelles.

Mais après avoir fait une découverte troublante, le policier se retrouve lui-même la cible de tueurs envoyés par Niander Wallace, un inventeur riche et tout-puissant. Son seul espoir : retrouver la trace de Rick Deckard, un ancien « Blade Runner » disparu trente ans plus tôt en emportant ses secrets avec lui.

On est séduit d’emblée par la majesté des effets spéciaux, la pureté graphique des décors et les compositions visuelles sublimes de Roger Deakins (SICARIO). Par contre, on retrouve des longueurs ainsi qu’une certaine objectivation de la femme (allant du personnage de la compagne du protagoniste dédiée aux tâches ménagères aux statues féminines géantes dans le désert près de Las Vegas). Harrison Ford apporte, en seconde partie, un peu d’émotion à ce film souvent impressionnant mais plutôt froid dans l’ensemble.

Gilles Leblanc

 

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