Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

La chicane et le bon Dieu

Imprimer Par Raphaël Pinet

Quel parent n’a pas eu le cœur brisé lorsque ses enfants se disputent et, parfois, de manière particulièrement agressive. Les mots volent, les coups pleuvent et les objurgations de parents affolés n’y font rien. La chicane est au cœur de certaines relations fraternelles, installée dans la durée, enkysté dans des malentendus et des immaturités enfantines bien faciles à concevoir.

L’importance de régler le conflit est immédiate pour assurer la paix dans la communauté familiale. Mais plus profondément, la capacité des enfants à vivre en bonne intelligence avec les autres est absolument indispensable dans la conduite de leur vie future.

La prière bien sûr mais aussi l’appel aux connaissances de la psychologie des relations interpersonnelles sont indispensables. Cependant le chemin est long et le constat d’impuissance, au moins à court terme, est parfois patent.
C’est précisément ce sentiment d’impuissance qui peut nous rapprocher des blessures que l’humanité querelleuse peut infliger au Tout-Puissant. Dans une comédie légère Bruce Tout-Puissant, comédie qui ne manque pas cependant de profondeurs, Jim Carrey se voit confier le rôle de Dieu par … Dieu lui-même. Rapidement dépassé par la situation, le personnage principal Bruce, grisé par la puissance divine qui peut combler tous ses caprices se voit impuissant à imposer l’amour. L’amour ne se commande pas en effet et la puissance de Dieu s’arrête devant la grande, la suprême liberté d’aimer, liberté sans laquelle l’amour même ne peut exister sans périr immédiatement.

Le spectacle de la chicane de nos enfants nous renvoie au pitoyable spectacle que l’humanité impose à Dieu depuis que Dieu nous a fait hommes et femmes, à une échelle et à une intensité bien entendu déployées selon le savoir-faire humain en la matière : disputes sans fin, violences verbales et physiques de tous ordres quand ce n’est pas le meurtre ou la guerre.
Attachons-nous un instant à contempler, de la droite du Père l’étalage de tant de mésentente pour mieux comprendre la douleur de Celui-ci remué jusque dans ses entrailles de mère à la vue de ses enfants qu’Il aime également dans toute l’étendue de son Amour.

Impuissance de Dieu certes, mais puissance de l’amour restaurateur de l’harmonie fraternelle. Heureux les doux car ils possèderont la Terre (Mt 5, 4).

Et encore :

Là où est la discorde, que je mette l’union prie Saint François d’Assise. C’est donc notre attachement à aimer davantage qui peut restaurer la puissance de Dieu. C’est l’amour qui doit avoir le dernier mot, non celui qui blesse, mais celui qui guérit et apaise.

Tel est notre devoir de parent au sein de notre famille mais aussi de frères et de sœurs dans la grande famille humaine.

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