Dieu en famille,

Responsable de la chronique : Raphaël Pinet
Dieu en famille

Les promesses de la vigne

Imprimer Par Raphaël Pinet

Septembre n’est pas seulement le mois de la rentrée, c’est aussi celui des vendanges. Dans un pays qui n’en produit pas, c’est facile à oublier ; dans une région de forte tradition viticole, c’est incontournable. Même si le traitement de la récolte du raisin a toute sa place dans la réussite d’un millésime, la vendange est le sommet de tous les efforts qu’un vigneron apporte à sa vigne. Moments d’efforts intenses, deux semaines cruciales dans une année entière, les vendanges sont le point d’orgue autour duquel vit l’exploitation, c’est-à-dire les hommes et les femmes et les enfants qui en dépendent.

Bien sûr, les aléas du temps peuvent compromettre une année. Le vigneron soigne sa vigne comme un parent suit son enfant. Malgré tous les efforts apportés, l’enfant suit son chemin qui n’est pas toujours celui escompté. Le parent peut corriger le cap mais de moins en moins au fur et à mesure que l’enfant grandit. Si le parent n’a pas la confiance nécessaire, il pourra se laisser à l’aigreur et regretter « l’ingratitude » de son enfant. Mais s’il laisse la vie s’épanouir et ouvre grandes les fenêtres de l’avenir, il sera émerveillé de voir les fruits que récoltera son enfant devenu adulte, devenu autre, devenu son frère aussi en tant qu’enfant de Dieu.

Jésus n’est pas avare de métaphores sur la vigne, lui qui vivait dans un pays qui en produisait depuis plusieurs siècles. Il savait que le travail de la terre est à la racine même de la compréhension des choses de la vie. Aussi n’est-il pas étonnant de le voir comparer le vigneron à son Père.

Ce Père qui nous aime et nous regarde grandir, s’émerveille à son tour devant le miracle de la vie qui s’épanouit dans la surprise de chaque premier matin du monde. Combien de fois le Christ ne nous appelle-t-il pas à la Vie dans son Evangile ? Tout son apostolat n’est-il pas au fond un appel à dépasser les barrières que nous érigeons entre nous, pauvres humains, pour le comble de notre malheur ?

Si tu savais le don de Dieu …

Eh bien, ce don de Dieu que nous ignorons, c’est le don de la joie, c’est le don de l’émerveillement devant son frère, c’est se laisser porter par le souffle de l’Esprit dans notre quotidien le plus banal, et parfois aussi notre réalité la plus triste.

Le don de Dieu, c’est réussir à voir dans le raisin en grappe, le vin futur qui réunira les hommes et les femmes qui le partageront, signe de joie et de communion.

C’est voir au sein de la famille, la nôtre mais aussi la grande famille humaine, les germes de la vie, la promesse de plus de joie et la certitude d’un amour démultiplié.

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